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Le Prix Sakarov 2009 pour l'association Memorial

Droits de l'homme - 16-12-2009 - 18:17
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Prix Sakharov : le Parlement européen honore ceux qui se battent pour la liberté de pensée.

Prix Sakharov : le Parlement européen honore ceux qui se battent pour la liberté de pensée.

Le Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit a été attribué en 2009 à l'association Memorial et à trois de ses membres en particulier : Oleg Orlov, Sergeï Kovalev et Lioudmila Alexeïeva. Memorial est une organisation de promotion des droits fondamentaux dans les Etats post-soviétiques. Tous les ans, le Prix Sakharov est remis à des individus ou des organisations internationales qui se sont distinguées dans la lutte pour les droits de l'homme.

Depuis 1988, en hommage au physicien et Prix Nobel de la Paix Andreï Sakharov, le Parlement européen remet chaque année son Prix pour la liberté de pensée. Ce faisant, il rend hommage aux personnes ou aux organisations qui se battent pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales. Le Prix de cette année coïncide avec la commémoration de la mort d'Andrei Sakharov, il y a vingt ans.
 
Coïncidence, c'est l'une des associations qu'il avait créées qui a été récompensée par le Prix Sakharov en 2009. L'association Memorial, fondée à la fin des années 1980 pour créer un complexe à la mémoire des victimes des répressions staliniennes, cherche à promouvoir les droits fondamentaux dans les pays post-soviétiques comme l'Azerbaïdjan, l'Arménie, la Géorgie, le Tadjikistan, la Moldavie et l'Ukraine. Plus tard, elle s'est élargie à la défense des droits civils.
 
Le Prix a été remis solennellement à Strasbourg le 16 décembre 2009.
 
Vous pouvez retrouver dans ce dossier tous les articles que nous avons publiés sur le sujet (cf. liens ci-dessous).
 
 
REF.: 20091207FCS66069

« La liberté de pensée est à la base de toutes les autres libertés » - Sergeï Kovalev

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Oleg Orlov, Lioudmila Alexeïeva et Sergeï Kovalev (de droite à gauche) lors de la remise du Prix Sakharov.

Oleg Orlov, Lioudmila Alexeïeva et Sergeï Kovalev (de droite à gauche) lors de la remise du Prix Sakharov.

Le Prix Sakharov pour la liberté de pensée a été remis mercredi 16 décembre à l'association russe de défense des droits de l'homme Memorial et à ses trois représentants Oleg Orlov, Sergeï Kovalev et Lioudmila Alexeïeva. Ces derniers, qui s'étaient déplacés à Strasbourg pour recevoir le Prix, l'ont dédié à leurs compatriotes assassinés en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques.
 
« Il y a des jours où je suis particulièrement fier de présider le Parlement européen, et aujourd'hui est l'un de ces jours », a déclaré Jerzy Buzek, soulignant l'importance qu'il attache au Prix Sakharov pour la liberté de pensée. Il a rendu hommage aux journalistes assassinés pour avoir défendu les droits de l'homme. « Natalia Estemirova et Anna Politkovskaïa auraient dû être ici aujourd'hui : leurs assassins doivent être traduits en justice », a-t-il martelé.
 
Au nom de l'association Memorial, Sergeï Kovalev a dédié le Prix Sakharov à tous ceux qui étaient morts pour avoir lutté pour le respect des droits de l'homme. Il a cité Natalia Estemirova, Stanislas Markelov, Anna Politkovskaïa, Anastasia Babourova, Nikolaï Girenko et Farid Babayev, précisant que malheureusement, la liste était encore bien plus longue. Les députés se sont levés pour leur rendre hommage.
 
« L'Europe ne doit pas rester silencieuse »
 
Sergeï Kovalev a par ailleurs nuancé la situation en Russie. Selon lui, « la situation n'est pas aussi simple qu'elle paraît. Nous avons beaucoup d'alliés dans la société - dans notre lutte pour les droits de l'homme comme dans celle pour faire la lumière sur le stalinisme. De plus, les autorités russes ne sont pas aussi monolithiques qu'elles semblent au premier abord ».
 
Un message d'espoir, qui ne doit pas cacher la nécessité pour l'Union européenne d'agir. « Qu'attendre de l'Europe ? Andreï Sakharov l'a très bien exprimé il y a vingt ans : ´mon pays a besoin d'être soutenu et mis sous pression'. (...) Il est du devoir de l'Europe de ne pas rester silencieuse mais, encore et toujours, de répéter, de rappeler et d'insister sur le fait que la Russie doit respecter ses engagements ».
 
« La liberté de pensée est à la base de toutes les autres libertés », a rappelé en conclusion Sergeï Kovalev, avant d'être, avec Oleg Orlov et Lioudmila Alexeïeva, longuement ovationné par les députés européens.
 

En savoir plus :

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Oleg Orlov : « La principale menace vient de l'Etat russe »

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Oleg Orlov à Moscou lors de notre interview, devant un poster de sa collègue Natalia Estemirova, assassinée à l'été 2009.

Oleg Orlov à Moscou lors de notre interview, devant un poster de sa collègue Natalia Estemirova, assassinée à l'été 2009.

Alors que les températures atteignaient les - 20°C à Moscou, nous avons rencontré Oleg Orlov, membre de l'association de défense des droits de l'homme Memorial. Deux jours avant de recevoir le Prix Sakharov, il nous a raconté les menaces auxquelles les défenseurs des droits de l'homme font face en Russie et a mis en garde contre la réhabilitation de Staline. Il a également expliqué sa vision du conflit en Tchétchénie.
 
De quelle façon le Prix Sakharov changera-t-il le travail de Memorial ?
 
Oleg Orlov : Cela me redonne courage ainsi qu'à mon équipe. Il est important de recevoir du soutien de l'extérieur, car parfois vous avez l'impression de vider la mer avec une petite cuillère. C'est notamment le cas de mes collègues dans le Nord-Caucase.
 
Néanmoins, nous pensions par le passé que ce type de récompense et de publicité nous apporterait une protection supplémentaire. Malheureusement, ce n'est pas le cas.
 
Quels sont les problèmes majeurs auxquels les défenseurs des droits de l'homme font face en Russie ?
 
OO : Le problème principal, c'est que la menace vient des représentants de l'Etat. Les néofascistes représentent une autre menace : beaucoup de mes collègues ont été attaqués ou tués par des néofascistes.
 
Les menaces gouvernementales prennent diverses formes, comme des contrôles sans fin, qui nous obligent à produire des quantités de rapports et nous empêchent de faire notre travail. De tels contrôles peuvent mener à la fermeture d'une organisation ou au lancement d'une procédure judiciaire pour extrémisme, cela afin de faire taire les critiques.
 

Citation

En 2007, j'ai moi-même été enlevé, menacé de mort, frappé et laissé à moitié nu dans la neige.
Oleg Orlov
Les actions illégales et la violence à notre encontre sont encore plus dangereuses. On peut par exemple citer les menaces aux familles des défenseurs des droits de l'homme, les incendies des bureaux d'organisations de défense des droits de l'homme ou bien les violences directes. En 2007, j'ai moi-même été enlevé, menacé de mort, frappé et laissé à moitié nu dans la neige.
 
Notre chère amie Natalia Estemirova, brillante défenseuse des droits de l'homme, a ainsi été tuée.
 
Les menaces proviennent des racistes et des néofascistes qui attaquent les immigrants, des policiers corrompus ou des responsables de structures comme le FSB (les services secrets russes, ndlr). Ils menacent ceux qui ont le courage de porter plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg.
 
Y a-t-il eu des évolutions avec l'arrivée au pouvoir du Président Medvedev ?
 
OO : Contrairement au président précédent, Medvedev parle de démocratie et dit des choses  intelligentes. Cela donne de l'espoir à certaines parties de la société russe et à certaines personnes en Europe. Malheureusement, ces mots sont rarement suivis d'effets.
 
Il y a un rêveur au Kremlin, rêvant de l'avenir de la Russie, sans se rendre compte que le pays prend une toute autre direction. Nous aimerions ne voir ni rêves ni articles mais bien plutôt des décrets et des lois concrètes.
 
La Russie a-t-elle conscience des crimes commis par le passé à l'encontre de ses citoyens ? Le culte de Staline est-il toujours vivant ?
 
OO : Au tournant des années 1990, les crimes du passé ont commencé à être reconnus. Puis une lente réhabilitation de Staline a suivi. Une grande partie de la société ne souhaite pas connaître la vérité ni ne la connaît. Staline est devenu un héros, non pas seulement pour les communistes, mais aussi pour toute une partie de la jeunesse. C'est pour cela que nous devons continuer notre travail de mémoire.
 
Il y a différentes raisons pour la résurgence du mythe de Staline. Ce n'est pas uniquement un retour du communisme, mais également un syndrome « post-empire ». Un grand empire s'est effondré. Selon la version suggérée par la propagande, la Russie a été humiliée. De là vient l'image de Staline « le grand empereur ». Cet archétype a permis la résurgence d'un mythe dans la conscience de mes concitoyens. Nous devons montrer le vrai visage de cet empire et le prix que les citoyens ont payé pour sa « grandeur ».
 
Quelles erreurs ont-elles été commises en Tchétchénie et comment le problème du Caucase peut-il être résolu ?
 
OO : Des erreurs nombreuses et récurrentes ont été commises. La principale a été que les dirigeants du Kremlin n'avaient pas de stratégie. Le problème majeur, c'est que la plupart des décisions ont été prises sans tenir compte de la chose la plus importante, les droits de l'homme. Les violations des droits de l'homme déstabilisent la situation au Nord-Caucase, étendent le conflit, réduisent les possibilités de le résoudre et nourrissent le terrorisme.
 
Une erreur supplémentaire a été de ne pas négocier avec les séparatistes, qui avaient un objectif politique. D'une certaine façon, on aurait pu discuter de façon rationnelle avec eux.
 
Nous nous trouvons maintenant face à un mouvement terroriste clandestin, face à des groupes islamistes radicaux avec lesquels vous ne pouvez pas négocier, ainsi que face à tous les gens qui sont mus par un sentiment irrationnel de revanche pour leurs parents tués, pour les humiliations et les tortures.
 
Ramzan Kadyrov, qui a été mis au pouvoir en Tchétchénie, est le dirigeant de cette république qui ne veut pas respecter les lois de la Fédération de Russie. C'est une impasse. Toutes les suggestions des organisations de défense des droits de l'homme se heurtent à des réponses négatives de la part du Kremlin.
 
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Memorial, une organisation de défense des droits de l'homme lauréate du Prix Sakharov 2009

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Le Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit a été attribué à l'association Memorial et à trois de ses membres en particulier : Oleg Orlov, Sergeï Kovalev et Lioudmila Alexeïeva. Memorial est une organisation de promotion des droits fondamentaux dans les Etats post-soviétiques. Son premier responsable n'était autre que… Andreï Sakharov lui-même. La remise officielle du Prix se tiendra à Strasbourg, le 16 décembre.
 
« En remettant ce Prix à Oleg Orlov, Sergeï Kovalev et Lioudmila Alexeïeva au nom de l'association Memorial, nous espérons contribuer à la fin de la peur et de la violence à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme en Russie », a déclaré Jerzy Buzek, Président du Parlement européen, lors de l'annonce des lauréats. Il a affirmé que le Parlement européen devait promouvoir les droits les plus fondamentaux de la société civile : la liberté de pensée et la liberté d'expression.
 
Les lauréats - trois militants des droits de l'homme et leur association
 
L'association Memorial - dont le premier dirigeant fut Andreï Sakharov - cherche à promouvoir les droits fondamentaux dans les pays post-soviétiques comme l'Azerbaïdjan, l'Arménie, la Géorgie, le Tadjikistan, la Moldavie et l'Ukraine. Elle fut fondée à la fin des années 1980 pour créer un complexe à la mémoire des victimes de répressions staliniennes. Plus tard, elle s'est élargie à la défense des droits civils. « Memorial promeut la vérité sur les répressions politiques de l'Union Soviétique et se bat contre les violations des droits de l'homme dans les pays post-soviétiques, cela  afin d'assurer leur avenir démocratique », ont expliqué les partisans de sa nomination. 
 
Oleg Orlov est l'actuel président de Memorial. Le 6 octobre, il a été condamné à une amende et obligé de se rétracter publiquement suite à une poursuite en diffamation du Président tchétchène Ramzan Kadyrov. Orlov a accusé Kadyrov d'être derrière le meurtre de Natalia Estemirova, une militante des droits de l'homme en Tchétchénie. Il avait lui-même été enlevé en Ingouchie en novembre 2007 avec trois journalistes. Il avait été battu, menacé de mort puis finalement relâché.
 
Sergeï Kovalev a fondé la première association de défense des droits de l'homme en URSS en 1969. Il a également été l'un des fondateurs de Memorial. Il a critiqué les tendances autoritaires des régimes de Boris Eltsine et Vladimir Poutine. En signe de protestation, il démissionna en 1996 de son poste de responsable de la commission présidentielle des droits de l'homme. En 2002 il monta une commission d'enquête publique sur les attentats à la bombe en 1999 à Moscou. Cette commission ne put mener à bien son travail du fait de la persécution - et même de l'assassinat - de ses membres.
 
Lioudmila Alexeïeva est l'une des fondatrices - avec Andreï Sakharov - du groupe Moscou-Helsinki qui vérifiait la conformité des Soviétiques avec l'Acte final d'Helsinki en 1976. Depuis les années 1960, elle se bat pour des procès équitables pour les dissidents et un couverture objective par les médias. Elle a été exclue du parti communiste et déchue de son poste de journaliste dans un magazine scientifique. Elle critique le Kremlin pour sa politique en matière de droits de l'homme et a accusé le gouvernement russe d'encourager les extrémistes avec ses politiques nationalistes.
 
Le Prix Sakharov
 
Depuis 1988, en hommage au physicien et Prix Nobel de la Paix Andreï Sakharov, le Parlement européen remet chaque année son Prix pour la liberté de pensée. Ce faisant, il rend hommage aux personnes ou aux organisations qui se battent pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales. Le Prix de cette année coïncide avec la commémoration de la mort d'Andrei Sakharov, il y a vingt ans.
 
Et maintenant ?
 
Le 14 décembre 2009 se tiendra une réunion conjointe des commissions parlementaires des affaires étrangères et du développement et de la sous-commission des droits de l'homme avec les lauréats. Le Prix sera remis solennellement le 16 décembre, à Strasbourg, lors de la session plénière. Les lauréats se verront remettre la somme de 50 000 euros.
 
 
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Les trois finalistes

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Les trois finalistes 2009 du Prix Sakharov.

Les trois finalistes 2009 du Prix Sakharov.

Les trois finalistes 2009 du Prix Sakharov pour la liberté de pensée ont été sélectionnés par le Parlement européen. Il s'agit du gynécologue palestinien Izzeldin Abuelaish, de l'écrivain suédo-érythréen et prisonnier politique Dawit Isaak et de l'association Memorial qui défend les droits de l'homme en Russie.
 
Les commissions parlementaires des affaires étrangères et du développement ont dévoilé les trois finalistes 2009 du Prix Sakharov. Ils ont été choisis parmi les dix nominés proposés par les députés européens.
 
Dr. Izzeldin Abuelaish – Gynécologue palestinien à Gaza, il soigne tant les Israéliens que les Palestiniens. En janvier 2009, au cours de l'incursion israélienne à Gaza, une bombe a détruit  son appartement, tuant ses 3 filles. En souvenir de ses filles, le docteur Abuelaish souhaite créer une fondation internationale dont un des buts serait d'améliorer l'éducation des femmes à Gaza et dans le monde entier. En dépit de sa tragédie familiale, le docteur Izzeldin Abuelaish continue de se battre pour la paix entre Israël et la Palestine, tentant de jeter des ponts entre deux communautés déchirées par la guerre et la violence.
 
Dawit Isaak – Journaliste, écrivain et dramaturge suédo-érythréen, il est emprisonné pour des raisons politiques depuis 2001. Il a été arrêté en Erythrée comme « traître », en compagnie de neuf autres journalistes de la presse libre et de quinze hommes politiques. Leur crime ? Avoir demandé des réformes démocratiques et une évaluation objective et approfondie des événements ayant conduit à la guerre Érythrée-Éthiopie. Les journalistes ont également été accusés de recevoir un soutien financier de l'étranger, ce qui est considéré comme un crime. Dans une résolution, le Parlement Européen a exprimé sa « profonde inquiétude concernant l'emprisonnement sans jugement de Dawit Isaak depuis septembre 2001 » et a demandé sa libération immédiate.
 
Memorial (Lyudmila Alexeyeva, Oleg Orlov et Sergeï Kovalev au nom de l'association Memorial et de tous les autres défenseurs des droits de l'homme en Russie) – L'association Memorial - dont le premier dirigeant fut Andreï Sakharov - cherche à promouvoir les droits fondamentaux dans les pays post-soviétiques comme l'Azerbaïdjan, l'Arménie, la Géorgie, le Tadjikistan, la Moldavie et l'Ukraine. Elle fut fondée à la fin des années 1980 pour créer un complexe à la mémoire des victimes de répressions staliniennes. Plus tard, elle s'est élargie à la défense des droits civils. « Memorial promeut la vérité sur les répressions politiques de l'Union Soviétique et se bat contre les violations des droits de l'homme dans les pays post-soviétiques, cela  afin d'assurer leur avenir démocratique », ont expliqué les partisans de la nomination de l'association pour le Prix Sakharov.
 
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Les dix nominés

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Nelson Mandela, Alexander Dubcek, Aung San Suu Kyi, Ibrahim Rugova, l'ONU et Kofi Annan… De grands noms ont été distingués par le Prix Sakharov depuis plus de 20 ans. En 2009, dix personnalités étaient en course, proposées par les groupes politiques ou au moins 40 députés européens.
 
Dr Izzeldin Abuelaish : Gynécologue palestinien, résident de Jabalia, le plus grand camp de réfugiés de la bande de Gaza, il exerce sa profession des deux côtés de la « frontière », tant en Israël qu'en Palestine, à la fois par choix et par idéal de paix. Nominé par Véronique de Keyser, Hans-Gert Pöttering, Caroline Lucas et 52 autres députés.
 
Fondation Vicente Ferrer : Fondation visant à défendre les droits des minorités en Inde et à lutter contre l'extrême pauvreté. Nominée par Andrés Perelló et 39 autres députés.
 
Dawit Isaak : Journaliste suédo-érythréen, écrivain et dramaturge, prisonnier politique depuis 2001. Nominé par Eva-Britt Svensson au nom du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), par Olle Schmidt et 31 autres députés.
 

Calendrier 2009

  • 16 septembre : nomination des candidats
  • 6 octobre : élection des trois finalistes par les commissions des affaires étrangères et du développement
  • 22 octobre : élection du lauréat par le Président du Parlement européen et les présidents des groupes politiques
  • 14 décembre : réunion conjointe des commissions des affaires étrangères et du développement et de la sous-commission des droits de l'homme avec le lauréat
  • 16 décembre : remise solennelle du Prix Sakharov
Mariam Lamizana
: Ministre de l'action sociale et de la solidarité nationale du Burkina Faso et activiste de la lutte contre les mutilations génitales féminines. Nominée par Francesco Speroni au nom du groupe Europe de la liberté et de la démocratie (ELD).
 
Lyudmila Alexeyeva, Oleg Orlov et Sergei Kovalev au nom de l'association Memorial et de tous les défenseurs des droits de l'homme en Russie : Organisation promouvant les droits fondamentaux dans les pays post-soviétiques. Nominés par Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit au nom des Verts.
 
Memorial : Organisation promouvant les droits fondamentaux dans les pays post-soviétiques. Nominée par Jacek Saryusz-Wolski et 59 autres députés.
 
Dr Denis Mukwege : Médecin, fondateur et directeur de l'hôpital Panzi à Bukavu, en République démocratique du Congo. Il s'est spécialisé dans le traitement des femmes victimes de viols et d'abus sexuels. Nominé par Guy Verhofstadt au nom de l'Alliance des libéraux et des démocrates (ALDE).
 
Père Thaddeus Nguyen Van Ly : Prêtre catholique et dissident vietnamien engagé dans les mouvements pro-démocratiques, ce qui lui a valu près de 15 années derrières les barreaux. Nominé par Michael Gahler et 44 autres députés.
 
Shadi Sadr au nom de Neda et des citoyens iraniens qui aspirent au respect des droits de l'homme : Avocate des droits de l'homme en Iran, féministe et journaliste, Shadi Sadr se bat notamment pour l'abolition de la peine de mort et de la lapidation, ainsi que pour l'égalité des sexes. Nominée par Marietje Schaake, Barbara Lochbilder et 38 autres députés.
 
Roberto Saviano : Journaliste et écrivain italien, auteur notamment du bestseller « Gomorra », menacé par la mafia italienne du fait de sa dénonciation du crime organisé. Nominé par Sonia Alfano et 39 autres députés.
 
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Un homme derrière le Prix : Andreï Sakharov

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Andreï Sakharov en 1979, l'année où il a critiqué l'invasion soviétique en Afghanistan. ©BELGA_SCIENCE

Andreï Sakharov en 1979, l'année où il a critiqué l'invasion soviétique en Afghanistan. ©BELGA_SCIENCE

Physicien nucléaire, le Russe Andreï Sakharov s'était inquiété des implications de ses recherches nucléaires dès les années 1950. Son combat contre la prolifération nucléaire et pour le respect des droits de l'homme en URSS lui a valut le Prix Nobel de la Paix en 1975. Pour lui rendre hommage et promouvoir les droits de l'homme dans le monde, le Parlement européen remet chaque année son Prix Sakharov pour la liberté de pensée. Portrait d'un homme au combat courageux.
 
1921 : Naissance à Moscou. Son père était professeur de physique.
 
1942-1947 : Diplôme puis doctorat de physique.
 
1948 : Intégration dans un groupe de chercheurs soviétique dont la tâche consiste à développer la bombe atomique (bombe à hydrogène).
 
Fin des années 1950 : Sakharov s'inquiète des implications de son travail. Il devient peu à peu défenseur de la non-prolifération nucléaire et soutient le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires en 1963.
 
1967-1968 : Le tournant dans la vie de Sakharov. En 1967, il écrit aux autorités soviétiques pour les enjoindre d'accepter la proposition américaine d'abandon des défenses anti-missiles, ces derniers risquant de mener à une escalade et in fine à la guerre.
Ses demandes sont ignorées et l'année suivante, il écrit ses Réflexions sur le progrès, la coexistence et la liberté intellectuelle. « La liberté intellectuelle est essentielle à la société humaine », y écrit-il. « La liberté de pensée est la seule garantie d'une approche démocratique de la politique, de l'économie et de la culture ».
Son essai, interdit, est diffusé clandestinement. « J'ai été éloigné des dossiers top-secrets et relevé de mes privilèges au sein de la Nomenklatura soviétique », a expliqué Andreï Sakharov des années plus tard.
 
1970 : Il participe à la fondation d'un comité pour la défense des droits de l'homme à Moscou.
 
1975 : Il reçoit le Prix Nobel de la Paix. Ne pouvant quitter l'URSS, il demande à sa femme, Elena Bonner, de lire son discours à sa place.
 

Droits de l'homme au PE

  • Chaque année, le Parlement européen (PE) présente un rapport sur la situation des droits de l'homme dans le monde, ainsi qu'un rapport sur les droits fondamentaux au sein de l'Union Européenne.
  • A chaque session plénière, le Parlement réagit aux violations de droits de l'homme en adoptant des résolutions.
  • Des députés européens sont envoyés comme observateurs pour contrôler le déroulement des élections dans des pays tiers.
  • Le Parlement européen soutient l'interdiction de la torture, la protection des minorités, la prévention des conflits, l'égalité des sexes et la protection des défenseurs des droits de l'homme dans nombre de ses initiatives.
1979-1980
: Il est assigné à résidence à Nijni-Novgorod avec sa femme suite à ses critiques de l'invasion soviétique en Afghanistan.
 
1986 : Fin de son assignation à résidence au moment de la Perestroïka mise en place par Mikhaïl Gorbatchev.
 
1988 : Le Parlement européen crée un Prix pour la liberté de pensée à son nom.
 
1989 : Andreï Sakharov est élu à la nouvelle chambre de l'Union soviétique, le Congrès des députés du peuple, au mois de mars. Il décède en décembre d'une attaque cardiaque dans son appartement moscovite.
 
L'héritage d'Andreï Sakharov : le Parlement européen et les droits de l'homme
 
En Europe et dans le monde entier, le Parlement européen défend les droits de l'homme, la liberté et la démocratie. La commission parlementaire des affaires étrangères s'en occupe avec l'aide de la sous-commission des droits de l'homme.
 
Chaque année depuis 1988, le Prix Sakharov est décerné à une personne ou une organisation qui, à l'instar d'Andreï Sakharov, se bat pour la défense des droits de l'homme et de la liberté de pensée.
 
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