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Lancement de la campagne contre la prostitution forcée à l’occasion de la journée internationale de la femme

Droits de la femme/Egalité des chances - 09-03-2006 - 17:39
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Séminaire sur la lutte contre la prostitution forcée au parlement européen

Quelles mesures de lutte contre la prostitution forcée? Débat.

L’Union européenne doit décerner un carton rouge à la prostitution forcée et combattre le trafic des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, ont déclaré les participants au séminaire organisé par la commission des droits de la femme du Parlement européen, à l’occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars.

À la lumière des rapports alarmants faisant état d’une forte augmentation de la prostitution forcée au cours des grandes manifestations, telle la prochaine Coupe du monde de football en Allemagne, la commission a souhaité échanger des points de vue et discuter des mesures et des moyens de lutte contre la prostitution forcée. Comme annoncé par Anna Záborská, présidente de la commission, « ce n’est pas la fin du débat, celui-ci se poursuivra jusqu’à ce que la prostitution forcée cesse ».
 
Une forme moderne d’esclavage
 
La vice-présidente européenne de la commission, Margot Wallström, a exprimé sa profonde inquiétude et son indignation quant à cette « forme moderne de l’esclavage » qui vend les femmes « à un prix inférieur au prix du billet d’entrée dans le stade de football ». Son collègue, le vice-président Franco Frattini a fait quelques propositions pour s’attaquer au problème, notamment un contrôle plus sévère aux frontières extérieures et la mise en place, pendant la Coupe du monde, d’un visa de court terme pour les ressortissants des pays considérés comme source de trafic. Il n’a pas donné de liste précise, mais il a évoqué l’Amérique latine, les pays sub-sahariens, l’Asie et l’Europe de l’Est. Il a également proposé une étude sur l’incidence que les différentes législations relatives à la prostitution ont sur le trafic et il a déclaré qu’il est nécessaire de s’intéresser tant à la demande qu’à l’offre.
 
S’exprimant au nom des instances dirigeantes du football européen de l’UEFA, le vice-président Per Ravn Omdal a déclaré que « l’UEFA soutient les efforts entrepris par l’UE pour lutter contre toutes les formes de trafic et d’exploitation des êtres humains ». Mais il a fait remarquer, avec Joseph Blatter, président de la FIFA, que les associations de football ne peuvent pas contrôler ce qui passe en dehors des stades.
 
Le travail des ONG
 
Dagmar Plum de l’association Solidarité avec les femmes en détresse a déclaré que son ONG financera en Allemagne, une hotline dédiée aux victimes, pendant trois mois lors de la Coupe du monde, avec interprétation en espagnol, en portugais et dans les langues des pays de l’Europe de l’Est. « Chaque femme compte. Il s’agit d’une activité très lucrative que nous devons faire cesser. Saviez-vous qu’un trafiquant d’êtres humains peut gagner jusqu’à 67 000 dollars par an en exploitant une seule femme », a déclaré Brunhilde Raiser (Conseil national des organisations féminines allemandes) ? « Nous avons besoin d’une approche à l’échelle européenne pour protéger les victimes, poursuivre les criminels responsables et mettre en place un système de résidence pour les victimes ». Raiser soutient la légalisation allemande de la prostitution qu’elle considère comme une arme efficace pour lutter contre le trafic des êtres humains.
 
Prostitution volontaire ?
 
«ll n’y a aucune différence entre la prostitution volontaire et la prostitution forcée. La législation suédoise (qui considère les acheteurs comme des criminels) fonctionne », déclare Maria Carlshamre (ALDE, SE). « Les problèmes se posent en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas qui sont des États membres où la prostitution est légale.
 
Hiltrud Breyer, parlementaire allemande du groupe des Verts, qui a lancé l’idée de cette campagne exige le « fair-play » à l’égard de la prostitution forcée pendant la Coupe du monde et appelé la commission à proposer une directive sur la violence contre les femmes. « Ce n’est pas dirigé contre le football en tant que tel », a conclu Christa Prets (PSE, AT), auteur du rapport sur le trafic des êtres humains, adopté par le Parlement européen en janvier. « Il est incroyable de constater que certaines infractions au code de la route sont plus sévèrement sanctionnées que le trafic des êtres humains ».
 
Lorsque le Parlement se réunira en session plénière à Strasbourg, du 13 au 16 mars, les députés saisiront l’occasion d’une question orale à la Commission européenne pour débattre des éventuelles mesures à prendre pour combattre la prostitution forcée lors des grands événements sportifs.
 
REF.: 20060309STO06004