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Communiqué de presse
 

Le Dalaï Lama en visite au Parlement européen

Relations extérieures - 31-05-2006 - 15:09
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Le 14ème Dalaï Lama est venu débattre avec des membres du Parlement européen ce mercredi, principalement sur les relations entre le Tibet et la Chine. Il a conseillé aux députés "patience et efforts" lorsqu'ils traitent de la Chine, affirmant que des changements graduels dans ce pays seraient le meilleur moyen d'oeuvrer à une solution pacifique négociée.

Le Dalaï Lama était reçu par la commission des affaires étrangères pour expliquer les ambitions du Tibet aux députés. Il a indiqué qu'il ne cherchait pas la séparation de la République populaire de Chine, mais seulement un statut d'autonomie dans le cadre de sa constitution. Pour lui, la solution idéale pourrait être comparée aux statuts qu'ont obtenu l'Ecosse et le Quebec au Royaume-Uni et au Canada. Le problème du Tibet est celui de la "préservation d'une culture ancienne et de l'ancrage de la tradition bouddhiste", a-t-il souligné.
 
"Il y a une amélioration dans les débats", a répondu le Dalaï Lama à Dirk Sterckx (ADLE, BE), président de la Délégation du PE pour les relations avec la Chine, qui l'interrogeait sur les relations bilatérales actuelles entre le Tibet et République populaire. Kelsang Gyaltsen, le chargé des affaires européennes de la délégation tibétaine, a souligné qu'il restait quatre points principaux points de contentieux: le refus de la Chine de reconnaître que des changements au sein du Tibet sont nécessaires; son insistance à vouloir trouver une 'compréhension commune' de l'histoire des relations entre le Tibet et la Chine; sa croyance que les leaders tibétains exilés expulseraient les non-tibétains de leur territoire si on leur accordait leur autonomie; et sa crainte que chaque concession octroyée soit un pas vers une indépendance totale du Tibet.
 
Questionné par Geoffrey Van Orden (PPE-DE, UK) sur l'impact de la croissance économique chinoise sur le Tibet, le Dalaï Lama a répondu que des progrès sont perceptibles mais que le "fossé entre riches et pauvres s'élargit".  A la campagne, "certaines zones sont encore très en retard: sans routes, ni électricité, ni éducation". Simon Coveney (PPE-DE, IE) l'a interrogé sur la situation politique au Tibet.  "A l'intérieur du Tibet, il n'y a aucun signe d'amélioration, la répression s'est intensifiée et les libertés religieuses sont plus restreintes", a affirmé le Dalai Lama.
 
Il a cité un ancien Tibétain qui disait "il existe un seul remède à des milliers de maux" et a sous-entendu que, dans le cas de l'Asie, ce remède serait une Chine démocratique. Il a insisté sur le fait, qu'actuellement, la Chine est dirigée par "un parti communiste démuni de toute idéologie communiste". "Pour devenir une véritable superpuissance, a-t-il suggéré, la Chine a besoin du respect du reste du monde et d'une autorité morale", ajoutant que le règlement pacifique de la question du Tibet pourrait contribuer à cela.
 
Vytautas Landsbergis (PPE-DE, LT) a demandé au Dalaï Lama de partager sa vision de l'Europe avec les députés européens. Il a répliqué qu'il était "un des admirateurs de l'UE" et qu'il la percevait comme "un modèle" dans le monde. Il a ajouté ceci à propos du Parlement : "à chaque fois que je viens, j'ai un sentiment de retrouvailles".
 
31/05/2006
Commission des affaires étrangères
Président : Elmar BROK (PPE-DE, DE)
REF.: 20060529IPR08509