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Egalité hommes-femmes : encore du travail !
Droits de la femme/Egalité des chances - 23-01-2007 - 17:37
Elles représentent 52% de la population européenne. Et pourtant, les femmes souffrent toujours de discriminations, en particulier sur le marché de l’emploi. Les députés européens en ont fait le constat jeudi dernier : les femmes sont sous-représentées aux postes à responsabilité, y compris au sein du Parlement ! Cette semaine encore, la Commission Femmes discute égalité hommes-femmes en Europe. L’occasion de dresser un tableau de la situation et des nombreux combats qu’il reste à mener.
S’il y a un domaine pour lequel les discriminations sont nombreuses et visibles envers les femmes, c’est bien l’accès au marché du travail. Les statistiques le prouvent.
Des écarts persistants
En Europe, les femmes occupent en moyenne moins de responsabilités que les hommes (un tiers des cadres sont des femmes, un tiers des entrepreneurs également), elles gagnent moins d’argent à compétence et travail égal (15% d’écart de salaire entre hommes et femmes actuellement), et sont plus frappées par le chômage que les hommes (9,6% d’entre elles recherchent un emploi, contre 7,6% des hommes). Il est aussi plus difficile pour les femmes de concilier leur vie privée avec leur vie professionnelle -sans aller jusqu’à parler de choix entre carrière et vie familiale.
Ces écarts ont été reconnus par l’Union Européenne (UE) comme néfastes pour la cohésion sociale, l’emploi et la croissance ; ils sont considérés comme un « gaspillage de capital humain », que l’Europe ne peut pas s’autoriser.
L’Europe soucieuse d’égalité
D’autant que c’est inscrit dans le Traité de l’UE : le principe d’égalité hommes-femmes est un droit fondamental. L’égalité de traitement de salaire pour les hommes et femmes qui fournissent un travail équivalent est lui aussi garanti (article 141). C’est sur ces bases que depuis plus de 30 ans, l’Union Européenne agit pour réduire les discriminations et faire progresser l’égalité.
Mais il reste encore à beaucoup à faire, notamment en matière d’emploi : les objectifs fixés à Lisbonne en 2000 ambitionnent que 60% des femmes européennes aient un emploi en 2010. Actuellement, elles ne sont encore que 55,7%.
En juillet 2006, une nouvelle directive a été adoptée, à propos de « la mise en œuvre du principe de l'égalité des chances et de l'égalité de traitement entre hommes et femmes en matière d'emploi et de travail ». Elle rassemble 7 directives existantes et favorise :
- l'accès à l'emploi des femmes et à la formation professionnelle;
- les conditions de travail, y compris l’égalité des rémunérations;
- les régimes professionnels de sécurité sociale.
L’année dernière, le Parlement européen a réitéré ses appels en faveur de l’augmentation du pourcentage de femmes à des postes à responsabilité. Ainsi, dans sa « résolution sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l'Union européenne », il souligne la nécessaire réconciliation entre la vie privée et professionnelle, et encourage une meilleure représentation politique des femmes dans les assemblées élues.
Enfin, en 2007 devrait débuter le travail d’un nouvel Institut Européen pour l’Egalité entre les hommes et les femmes, basé à Vilnius en Lituanie. Un nouvel espoir pour mettre fin aux discriminations ?
La « feuille de route » 2006-2010 étudiée de près par les députés
Ce mercredi, les députés européens de la Commission des droits de la Femmes discuteront de la « feuille de route pour l’égalité entre femmes et hommes » proposée par la Commission, et ils se prononceront dans un rapport rédigé par la députée italienne Amalia Sartori.
La feuille de route propose six domaines prioritaires pour la période 2006-2010. Parmi eux : l’indépendance économique entre femmes et hommes, la réconciliation entre vie privée et vie professionnelle et une représentation égale dans la prise de décision politique.
Pour Amalia Sartori, chaque État membre devraient nommer un responsable national pour l'égalité de genre (une "Madame Lisbonne"), afin d’atteindre les objectifs fixés à Lisbonne (voir plus haut).
Enfin, elle appelle la Commission à « lancer une révision des politiques de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle » en :
-
garantissant que le coût de la maternité n'est pas à la charge de l'entreprise mais de la collectivité, afin d'éradiquer des comportements discriminatoires au sein de l'entreprise ;
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améliorant l'accessibilité et la flexibilité des services de garde (par exemple en « définissant un nombre minimum de structures ouvertes également de nuit »)
-
rendant obligatoire une première forme de congé de paternité.
2007, enfin, est l’ « Année Européenne de l’égalité des chances pour tous » : un bon point de départ pour l’égalité des chances des femmes sur le marché du travail !
REF.: 20070123STO02334
En savoir plus :
- Article : "Comment concilier vie privée et vie professionnelle ?"
- Info : "Un nouvel institut pour l'égalité entre les hommes et les femmes"
- Directive (2006) sur l'égalité de traitement entre hommes et femmes en matière d'emploi
- Projet de rapport d'Amalia Sartori sur la feuille de route 2006-2010
- Texte de la feuille de route présentée par la Commission
- Résolution du Parlement européen (février 2006) sur l'égalité femmes-hommes dans l'UE

