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Futur du Kosovo : les députés européens réagissent au plan de l’ONU

Relations extérieures - 19-02-2007 - 13:11
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Une bannière "Europe" sur un immeuble de Pristina

Une bannière "Europe" sur un immeuble de Pristina

C’est une des dernières pièces mouvantes du puzzle européen : le statut du Kosovo reste incertain, plus de 15 ans après la décomposition de la Yougoslavie. Début février, le médiateur de l’ONU Martti Ahtisaari a présenté un plan qui, s’il ne mentionne nulle part le mot « indépendance », préfigure néanmoins un futur Etat du Kosovo, séparé de la Serbie. Avant l’adoption d’un rapport au Parlement européen sur le Kosovo, en mars, nous avons interrogé les députés européens actifs sur ce dossier.

Administré par l’ONU depuis 1999, le Kosovo est toujours, légalement, une province autonome rattachée à la Serbie. Mais avec ses 2 millions d’albanais et ses 100 000 serbes, la population du Kosovo souhaite à une écrasante majorité l’indépendance. Une source de vives tensions et d’instabilité régionale qui perdure depuis plusieurs décennies : le plan Ahtisaari pourrait-il être la solution ?
 
Plan Ahtisaari : l’Union Européenne prendrait le relais de l’ONU au Kosovo
 
Le médiateur de l’ONU pour le Kosovo, le finlandais Martti Ahtisaari, a été chargé d’une tâche particulièrement difficile : concilier les aspirations à l’indépendance des albanais du Kosovo, avec la volonté de la Serbie de conserver son intégrité territoriale.
 
Son plan, présenté au début du mois, ne mentionne ni le mot « indépendance » pour le Kosovo, ni le mot « souveraineté » pour la Serbie. Mais il accorde en pratique au Kosovo tous les attributs d’un Etat : il aurait sa propre Constitution, son drapeau, et le droit d'être membre d'organisations internationales. Une présence internationale civile et militaire y serait néanmoins maintenue.
 
Le plan du médiateur de l’ONU a cependant été rejeté la semaine dernière par le Parlement serbe : son sort dépendra de la décision du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui devrait se prononcer le mois prochain.
 
Maintenir un Kosovo multi-ethnique : une priorité selon les députés européens
 
« Pour maintenir le caractère multi-ethnique du Kosovo et préserver les intérêts et la sécurité de la population serbe et des autres minorités du Kosovo», il faut accorder au Kosovo une « souveraineté limitée supervisée internationalement ». Tels sont les mots d’un rapport sur « le futur du Kosovo et le rôle de l’UE », rédigé par le député Vert Joost Lagendijk, et qui sera voté en commission Affaires Etrangères le 13 mars prochain.
 
Un rapport qui reflète le plan proposé par l’ONU, mais qui suscite un énorme débat au sein du Parlement européen, autour d’un mot : le mot « indépendance ». Le projet de rapport mentionne en effet explicitement l’ « indépendance» du Kosovo, alors que certains groupes politiques s’y opposent et veulent le supprimer. S’ils y parviennent, le rapport fera alors parfaitement écho au plan onusien de Martti Ahtisaari. Verdict le 13 mars.
 
Le futur du Kosovo et le rôle de l’UE
 
De toute évidence, le « rôle de l’Union Européenne (UE) au Kosovo sera beaucoup plus fort à l’avenir. Car c’est l’UE qui devra superviser et contrôler que les modalités finalement fixées par le Conseil de Sécurité de l’ONU seront bien mises en œuvre », tempère Doris Pack, présidente de la délégation du Parlement européen pour l’Europe du Sud-Est.
 
Une équipe européenne de planification (UEPE) est d’ailleurs à pied d’œuvre depuis le printemps 2006 pour préparer cette relève de l'Union européenne. Elle a pour mandat de créer les conditions pour un déploiement rapide des policiers et juges européens au Kosovo, dès l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité sur son statut.
 
En attendant la décision du Conseil de sécurité de l’ONU, le peuple du Kosovo doit être « patient », selon Doris Pack. Une attente qui ne devra pas s’éterniser, car des affrontements entre la police onusienne et des militants pro-indépendantistes ont encore fait deux morts il y a dix jours.
 
 
REF.: 20070209STO02968