Communiqué de presse
Viande de veau: un étiquetage plus transparent pour le consommateur
Agriculture - 14-03-2007 - 14:18
Séance plénière
Séance plénière
Les députés européens ont apporté ce mardi leur soutien à une proposition de la Commission visant à clarifier les distinctions entre les différentes viandes actuellement vendues sous la même dénomination de "veau" dans l'Union. Ils demandent toutefois certaines garanties supplémentaires pour les consommateurs.
"Lorsqu'on vend de la viande de veau, aucune référence n'est généralement faite ni au type d'alimentation reçue par les animaux, ni à l'âge de ces derniers au moment de l'abattage, alors que les pratiques d'élevage sont très différentes d'un Etat membre à l'autre": "les consommateurs se retrouvent face à des produits très différents, mais vendus avec une seule et même dénomination: veau" et les opérateurs sont placés dans des conditions de "concurrence déloyale". Cette constatation du rapporteur du PE, Bernadette Bourzai (PSE, FR), lors du débat précédant le vote a été largement soutenue par les députés.
Pour remédier à cette situation, la Commission européenne a proposé de réserver les dénominations "veau" ou "viande de veaux" à la viande d'animaux de moins de 8 mois à partir de juillet 2007. Les produits issus de bêtes âgées de 8 à 12 mois devraient quant à eux être étiquetés en tant que "bovin" ou "viande de jeune bovin". Le rapport Bourzai adopté en plénière le 13 mars, dans le cadre de la procédure de consultation du PE par le Conseil, approuve ces projets d'harmonisation. Il demande toutefois certaines garanties supplémentaires pour que les nouvelles règles soient effectivement appliquées et pour éviter toute confusion chez les consommateurs.
Renforcer et clarifier les règles
Les députés demandent notamment la mise en place de régimes de sanctions en cas de fraudes dans les Etats membres et l'application du règlement non seulement à la viande fraîche ou congelée, mais aussi aux produits cuits ou transformés.
Les parlementaires recommandent aussi le remplacement, par "V" pour les veaux et "Z" pour les jeunes bovins, des catégories "X" et "Y" proposées par la Commission pour marquer les viandes tout au long de la chaîne de commercialisation, ceci dans le but d'éviter de les confondre avec le sexe des animaux. Ils souhaitent par ailleurs la suppression de toute possibilité de dérogation nationale à l'obligation de mentionner ces catégories sur tous les documents commerciaux.
Les députés ont approuvé en revanche un amendement visant à exclure du règlement les produits qui se verraient octroyer à l'avenir une appellation d'origine contrôlée (AOC) ou une indication géographique protégée.
Encadrer les dérogations nationales
Le PE s'est aussi prononcé par 381 voix pour 306 contre et 9 abstentions en faveur d'une dérogation générale aux règles d'étiquetage pour le Royaume-Uni.
Les députés ne s'opposent pas non plus aux exceptions proposées pour le Danemark, la Grèce l'Espagne et les Pays Bas qui pourront toujours vendre en tant que "veau", mais uniquement sur leur marché national, des viandes d'animaux de 8 à 12 mois, selon les termes précisés dans l'annexe du règlement.
Par contre, ils refusent toute dérogation à l'obligation de distinguer les produits en deux catégories pour les pays dont la production de viande d'animaux de moins de 12 mois n'excède pas 3% de la production bovine totale.
"Veau blanc" et "veau rosé"
Deux grands types de production de viande de veau coexistent à l'heure actuelle dans l'UE. Dans la plupart des Etats membres et principalement en France, en Italie, en Belgique et en Allemagne, les animaux sont alimentés principalement à base de lait et de produits laitiers et abattus avant 8 mois. Dans une minorité de pays (Espagne et Danemark notamment), les bêtes sont nourries quasi-exclusivement de céréales et ne sont envoyées à l'abattoir qu'après 10 mois. Aux Pays-Bas cohabitent les deux filières du "veau blanc" élevé au lait (85% de la production) et du "veau rosé" engraissé aux céréales et abattu plus tard. Le premier, est généralement associé à une meilleure qualité gustative et son coût de production est plus cher de 2 à 3 euros par kg, mais tous deux sont vendus sous la même dénomination valorisante de "veau".
La production européenne de veau s'élevait en 2005 à 800 000 tonnes (équivalent carcasse), dont 85% produites dans cinq Etats membres. La France (30% de la production) est de loin le premier producteur devant les Pays-Bas, l'Italie, la Belgique et l'Allemagne. La France et l'Italie représentent à eux seuls près de 70% de la consommation européenne de veau.
Vous trouverez, dès sa disponibilité, le texte adopté tenant compte des amendements éventuels à l'adresse ci-dessous.
REF.: 20070309IPR04007
