Communiqué de presse
Créer un institut européen de technologie, mais comment?
Recherche et innovation - 02-05-2007 - 19:05
Commissions
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Lors d'une audition consacrée au futur Institut européen de technologie ce mercredi au PE, les députés se sont montrés plutôt très favorables à ce projet de création de "communautés de la connaissance et de l'innovation", tout en émettant des doutes quant à sa structure juridique et financière. Experts des universités, des organismes de recherche et du monde économique ont évoqué les objectifs de l'IET ainsi que les problèmes à résoudre pour que ce projet soit couronné de succès.
"L'IET doit donner aux meilleures entreprises, aux meilleures universités et aux meilleurs organismes de recherche la possibilité de travailler la main dans la main", a indiqué Ján Figel, commissaire européen à l'éducation, la formation, la culture et la jeunesse. "Ensemble, nous pouvons faire la différence", a-t-il déclaré à l'occasion de cette audition organisée conjointement par les commissions de l'industrie et de la culture du PE.
L'IET présentera une structure à deux niveaux: un comité directeur chargé de sélectionner les universités, les centres de recherche et les entreprises qui formeront ensuite une "communauté de la connaissance et de l'innovation" (CCI). Chacune de ces CCI se concentrera sur un domaine spécifique comme le changement climatique ou l'efficacité énergétique. Bien des participants ont estimé qu'un diplôme spécial de l'IET s'imposait pour assurer la visibilité de l'institut dans les milieux européens et au-delà et pour attirer les meilleurs chercheurs.
L'innovation, talon d'Achille de l'Europe
Horst Soboll du Comité consultatif européen pour la recherche (EURAB) a souligné que c'est tout particulièrement en matière d'innovation que l'Europe doit intensifier son effort. "L'IET est un instrument pour combler le retard de l'Europe dans le domaine de l'innovation", a-t-il déclaré, exhortant les politiques à "arrêter de faire de beaux discours et de passer à l'action". Reino Paasilinna (PSE, FI), rapporteur de la commission de l'industrie, a abondé dans son sens, estimant que "l'innovation est le talon d'Achille de l'Europe". Aussi l'IET doit-il avoir pour mission première d'améliorer la capacité d'innovation de l'UE "pour relancer l'Europe".
Selon le président de la Fédération européenne des associations nationales d'ingénieurs (FEANI), Willi Fuchs, l'IET doit également s'occuper de "la pénurie aiguë ou prévisible d'ingénieurs en Europe" en veillant à organiser à leur intention la formation et la formation professionnelle nécessaires. "Ce n'est qu'à condition d'avoir suffisamment d'excellents scientifiques et ingénieurs que nous pourrons mettre au point avec succès des produits et services novateurs", a-t-il indiqué. Erich Hödl, vice-président de l'Académie européenne des Sciences et des Arts, a expliqué que "la concentration sur un nombre limité de thèmes d'innovation stratégiques et la conjonction des centres d'excellence existant pour atteindre une masse critique pourra inverser l'actuelle fuite des cerveaux en un afflux de cerveaux et promouvoir la compétitivité économique mondiale".
Kari Raivio de la Ligue européenne des universités de recherche (LERU) a qualifié l'analyse de la situation actuelle faite par la Commission de "trop pessimiste", jugeant également qu'elle généralise trop. En réalité, pour lui, "la vraie différence entre les deux côtés de l'Atlantique, c'est l'argent".
Alors que les États-Unis consacrent 300 milliards d'euros à la recherche et au développement, les pays européens sont à la traîne, emmenés par l'Allemagne avec 60 milliards et la France avec 40 milliards d'euros.
Financement peu clair
Les dépenses totales au titre de l'IET sont estimées à 2,367 milliards d'euros pour ses six premières années, de 2008 à 2013. L'IET n'ayant pas été pris en compte dans les perspectives financières de l'UE pour cette période, les 308,7 millions à fournir par l'Union européenne devront être puisés dans la réserve. "Ces 308 millions représentent un besoin minimum pour mettre sur les rails un IET crédible", a commenté le commissaire Figel. Jorgo Chatzimarkakis (ADLE, DE) a fait valoir que la structure financière proposée reste peu claire. Il a invité la Commission à avoir le courage d'affecter à l'innovation le solde des crédits non utilisés remboursé au budget communautaire en fin d'année dernière par les États membres.
Nina Skottova (PPE-DE, CZ), rapporteur de la commission des budgets, s'est élevée contre l'idée de prélever 1,5 milliard d'euros du montant total estimé sur d'autres programmes communautaires tels que le septième programme-cadre ou les Fonds structurels et régionaux. Elle a émis des "doutes juridiques" quant à ce "financement double" car les 1,25 milliard d'euros pris sur les Fonds structurels et régionaux affectés à un projet communautaire ne seraient plus, ensuite, disponibles pour d'autres projets régionaux.
M. Hödl a lui aussi dit craindre que "la réaffectation des instruments communautaires existant utilisés pour l'innovation se fasse aux dépens - au moins en partie - d'activités de recherche et d'innovation bien établies et entrave gravement le développement du système universitaire européen". Selon lui, il faudrait augmenter considérablement la contribution des entreprises privées.
"En termes de financement, il nous faudra là aussi fait preuve d'esprit d'innovation", a fait observer pour sa part M. Paasilinna. Les CCI devraient être en mesure d'attirer les crédits par elles-mêmes. "Nous devons faire preuve de plus de confiance et permettre aux gens de faire leur travail", a ajouté Erna Hennicot-Schoepges (PPE-DE, LU), co-rapporteur pour la commission de la culture.
Procédure: codécision - première lecture -- Vote en plénière: juillet, Strasbourg
02/05/2007
Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie
Présidente : Angelika Niebler (PPE-DE, DE)
Présidente : Angelika Niebler (PPE-DE, DE)
Commission de la culture et de l'éducation
Vice-président : Pál Schmitt (PPE-DE, HU)
Vice-président : Pál Schmitt (PPE-DE, HU)
Audition sur l'Institut européen de technologie
REF.: 20070430IPR06170
