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Institutions européennes et dignitaires religieux, unis pour la dignité humaine

Culture - 15-05-2007 - 17:54
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Hans-Gert Poettering serre la main du rabbin Chaim Soussan, devant Angela Merkel © BELGA/AFP/ John Thys

HG Poettering, Angela Merkel et le rabbin Chaim Soussan, peu avant la rencontre

« Une Europe fondée sur la dignité humaine » : tel était le thème, mardi 15 mai, de la rencontre entre les hauts dignitaires des trois religions monothéistes et les présidents de trois institutions européennes. Le président du Parlement Hans-Gert Pöttering était présent aux côtés de la présidente du Conseil Angela Merkel et du président de la Commission, José Manuel Barroso. C’était la première fois qu’ensemble, ils rencontraient vingt leaders de la foi chrétienne, juive et musulmane en Europe.

Quel rôle les religions peuvent-elles jouer dans une Europe basée sur la dignité humaine ? Comment promouvoir les valeurs européennes en dehors des frontières européennes ? Comment renforcer le dialogue entre les cultures et les religions ?
 
Voilà les questions qui étaient au cœur de la rencontre entre vingt représentants de la foi chrétienne, juive et musulmane en Europe, et les trois présidents des institutions européennes : Hans-Gert Pöttering pour le Parlement européen, José Manuel Barroso pour la Commission européenne -à l’initiative de la réunion- et Angela Merkel pour le Conseil de l’Union Européenne (UE).
 
L’immigration illégale, domaine exemplaire de l’application du principe de dignité humaine
 
Tous sont tombés d’accord : les valeurs comme la démocratie, l'état de droit, la tolérance, la justice, la solidarité, le respect mutuel et la dignité humaine représentent le ciment qui unit les Européens. C'est pour cette raison qu'elles sont citées dans la Déclaration de Berlin, adoptée le 25 mars dernier par les dirigeants des 27 pays membres de l’UE. Ce qui rapproche les religions et les institutions européennes c'est que toutes, à travers ces valeurs, œuvrent à un même but : le bien commun. Telles furent donc les conclusions de la rencontre à l’issue de laquelle les hauts dignitaires religieux et les trois présidents se sont rassemblés pour une photo de famille, et pour répondre aux questions des journalistes.
 
Le président du Parlement Hans-Gert Pöttering a parlé de « l’expérience merveilleuse d’écouter les voix chrétiennes, juives et musulmanes ». « Malgré toutes nos différences », a-t-il ajouté, « nous avons un point commun : la dignité humaine. Nous sommes tous d’accord pour la défendre : elle doit même être la base de notre travail politique ».
 
Selon lui, les institutions ont la responsabilité de mettre en œuvre concrètement la dignité humaine. Il a cité pour exemple la question de l’immigration illégale : « On entend parler des migrants qui meurent en tentant de rejoindre les côtes européennes. Mais pour sauver des vies, nous devons non seulement porter assistance aux personnes en difficulté en mer, mais aussi aider les pays desquels ces migrants viennent. »
 
Réagissant à ce sujet, le président de la Commission José Manuel Barroso, a affirmé que la Commission présenterait un projet de directive sur les droits des migrants dans l’UE. Un projet qui arrivera sur la table du Parlement européen et du Conseil, et pour lequel « le Parlement s’assurera que les principes de dignité humaine seront inclus », a promis Hans-Gert Pöttering.
 
La religion et le projet constitutionnel, suite
 
A un journaliste qui lui demandait si la référence à Dieu serait incluse dans le nouveau projet constitutionnel européen, la chancelière allemande Angela Markel a répondu : « Si personnellement, j’aurais apprécié de voir une référence à la religion dans le projet, en tant que présidente du Conseil, j’estime qu’il y a peu de chances que cela le soit. Il y avait déjà une référence à l’église dans le projet de Constitution, mais malheureusement je ne peux rien garantir d’autre pour la nouvelle mouture ». Elle a ajouté : « nous sommes tous d’accord sur l’inviolabilité de la dignité humaine, mais il y a des opinions différentes sur ses implications pratiques ».
 
José Manuel Barroso, président de la Commission, a résumé les discussions sur le thème de la dignité humaine, « valeur principale des trois religions et des institutions, avec la liberté, la paix, la justice et la solidarité ». Il a souligné l’importance de défendre la liberté de religion, « au sein de l’UE, dans tous les pays candidats à l’adhésion, et dans tous les pays du monde ». Pour cela, il a notamment proposé une révision à mi-terme des objectifs du millénaire pour le développement.
 
Les dirigeants politiques et religieux ont annoncé qu’une rencontre similaire serait organisée pendant la Présidence slovène (entre janvier et juin 2008). Un premier pas vers ce que Hans-Gert Pöttering a appelé de ses vœux : « Il est important et juste d’organiser un tel sommet. Mais nous devons aussi développer des procédures pour avoir un  dialogue avec les hauts dignitaires religieux, au jour le jour ».
 
REF.: 20070514STO06592