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Mise en orbite du projet Galileo : l'Europe prête pour le déploiement

Recherche et innovation - 23-04-2008 - 12:14
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Vue de l'espace, un satellite envoie une "onde" de données sur la planète © ESA-J.Huart

Galileo, le futur concurrent européen de GPS

Offrir à l’Europe un système de navigation par satellite qui l’affranchirait de la dépendance au GPS: voilà l’ambition de Galileo. Né en 2000, ce projet avait pourtant failli échouer, en même temps que les négociations sur un partenariat public-privé...Parce qu’il pourrait révolutionner nos vies, l’UE a décidé de le sauver en le finançant à 100% sur fonds publics. Ce mercredi, les députés votent sur sa phase de déploiement : l’occasion de revenir sur ce qui fait de Galileo un projet si crucial.

« C’est une belle journée pour l’Europe : nous allons donner notre feu vert à l’un de ses plus importants projets », s'est félicitée la présidente de la Commission Industrie et Recherche, Angelika Niebler (Parti Populaire Européen-Démocrates Européens). Hier après-midi dans l'hémicycle, les députés européens n'ont eu de cesse de souligner l'importance de Galileo.
 
Galileo, c’est quoi ?
 
Le projet Galileo pourrait révolutionner notre vie quotidienne : il permettra de placer 30 satellites en orbite, à 24 000 km de la surface de la terre. Couvrant l’ensemble de la planète, ces satellites seront contrôlés par des stations au sol. Chacun sera équipé d’une horloge atomique très précise, qui permettra de localiser tout objet statique ou mouvant, à moins d’un mètre.
 
Ce type de système de navigation connaît déjà une application américaine (le GPS, pour « Global Positioning System ») et russe (Glonass), tous deux lancé à l’époque de la guerre froide dans un but militaire. Si tout le monde connaît le GPS, le système russe n’est plus que partiellement opérationnel.
 
La navigation par satellite, à quoi cela sert ?
 
« Galileo n’est pas seulement un système qui permettra aux gens de rentrer plus vite chez eux », raconte le député Norbert Glante (Parti Socialiste Européen), « c’est aussi une prouesse technologique ». La conduite assistée ne sera pas, en effet, la seule application rendue possible grâce au projet Galileo.
 
La transmission de données par satellite s’applique déjà à la téléphonie, à la télévision, à l’aviation ou au transport maritime. Mais le projet Galileo sera révolutionnaire pour plusieurs autres domaines :
  • les services d’urgence (pompiers, police, ambulances et sauveteurs en mer ou en montagne) ;
  • guider les personnes aveugles ou malades d’Alzheimer ;
  • les explorateurs, randonneurs ou marins ;
  • la surveillance topographique du développement urbain et de grands travaux publics ;
  • tout système d’information géographique ;
  • la gestion des terres agricoles ;
  • l’interconnexion entre télécommunications, électricité et réseaux bancaires.
Pourquoi faut-il un système européen ?
 
Le système actuellement dominant, le GPS américain, a plusieurs défauts, auxquels un système européen pourrait remédier. Sa précision reste aléatoire, sa fiabilité est limitée, en particulier pour les zones de latitudes extrêmes ou très densément peuplées. Le caractère militaire du GPS implique un risque pour ses utilisateurs civils en cas de crise majeure, et on compte aussi plusieurs accidents graves liés à un dysfonctionnement du système (crash d’un avion ou échouage de navire).
 
Les limites du GPS ont donc poussé l’Europe à développer son propre système. Il est toutefois prévu que les applications utilisées pour Galileo seront compatibles avec le GPS.
 
Ce qui était prévu...et pourquoi ça n’a pas marché
 
Le projet est né d'une initiative conjointe de l'Union Européenne et de l'Agence Spatiale Européenne, qui en a dessiné la structure de 1999 à 2001. Mais c’est à Nice, lors du sommet européen de décembre 2000, que la décision politique de lancer Galileo a été prise. Trois phases étaient prévues :
 
  1. développement et tests en orbite ;
  2. production et lancement de satellites, puis déploiement des stations terrestres ;
  3. phase opérationnelle (à l’origine pour 2008).
 
Le financement ? Galileo devait à l'origine être un projet de partenariat public-privé : les fonds publics devaient couvrir la phase 1, tandis que les coûts liés à la construction et au déploiement des satellites (phase 2 et 3) devaient être financés par un consortium privé.
 
Or, la phase de développement du projet a pris plusieurs années de retard sur le plan originel, tandis que les négociations entre les pouvoirs publics et un consortium de 8 entreprises, baptisé Euro-GNSS, ont fini par échouer, début 2007 : les entreprises privées craignaient des coûts supplémentaires et un partage inégal des risques.
 
Le Parlement européen soutient un financement public supplémentaire de Galileo
 
Pour sauver le projet Galileo, clairement menacé par le retrait du secteur privé, le Parlement européen et les Etats-membres réunis au sein du Conseil ont décidé, en novembre 2007, de le financer entièrement sur fonds publics, pour la somme de 3,4 milliards d'euros. Ce principe acquis, restait à régler d'autres aspects du projet.
 
Début avril 2008, une délégation parlementaire menée par la députée hongroise Etelka Barsi-Pataky (Parti Populaire Européen-Démocrates Européens) est ainsi parvenue à un compromis avec les Etats-membres sur les normes de sécurité et les règles de passation de marché.
 
Et maintenant ?
 
Ce mercredi, le Parlement européen vote sur ce compromis en session plénière. « Galileo est un pas vers une Europe plus forte », a souligné Etelka Barsi-Pataky dans l'hémicycle. Le vote des députés devrait permettre le lancement de la phase de déploiement de Galileo ; le système européen de radio navigation par satellite pourrait devenir opérationnel d'ici 2013. « Il est primordial que nous respections ce calendrier pour éviter de nouveaux retards », a déjà averti Etelka Barsi-Pataky
 
REF.: 20070615STO07872