Communiqué de presse
La proposition de la Commission sur le retour des immigrés illégaux substantiellement modifiée
Immigration - 12-09-2007 - 18:35
Commissions
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La commission des libertés civiles du PE s'est prononcée, mercredi, sur plus de 200 amendements relatifs à la proposition de la Commission sur le retour des personnes en séjour irrégulier. Les députés ont fixé un délai maximum de 18 mois pour la garde provisoire et ont soutenu l'utilisation de mesures coercitives, au cas par cas, pour procéder à l'éloignement d'immigrants illégaux. Ceux-ci peuvent également se voir imposer une interdiction de réadmission
L'objectif du projet de directive, première tentative visant à créer des procédures européennes communes de retour, consiste à éliminer les différences entre les Etats membres sur la manière dont ils gèrent le retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier. La directive vise à garantir des règles communes, "claires et transparentes" sur le retour volontaire, les ordres d'éloignement, l'utilisation de mesures coercitives, la garde temporaire et l'interdiction de réadmission, tout en respectant les droits fondamentaux et la dignité du ressortissant concerné.
Le projet de texte encourage le principe de retour volontaire, et considère, qu'en règle générale, "une période de départ" doit être garantie. Les députés soulignent que cette période doit être "au minimum de 4 mois" sauf si une autorité compétente a des raisons objectives de penser que la personne prendra la fuite.
Une période de détention plus longue
Alors que des décisions individuelles sont en cours pour chaque cas d'expulsion et d'éloignement, les personnes concernées peuvent être détenues par les autorités dans des "centres de garde temporaire". Après d'intenses négociations, les députés ont finalement convenu de définir une période de trois mois après laquelle la garde temporaire n'est plus justifiée. Cependant, les Etats membres peuvent raccourcir ou rallonger cette période "jusqu'à 18 mois dans des cas où malgré les efforts, les opérations d'éloignement risquent de durer plus longtemps suite à un manque de coopération du pays tiers du ressortissant ou aux retards dans l'obtention des documents nécessaires en provenance des pays tiers ou si la personne concernée représente une menace avérée pour la sécurité publique". Ce paragraphe amende la proposition de la Commission, qui avait fixé une période de maximum six mois.
Les mineurs non-accompagnés ne doivent pas être détenus
Les députés ont décidé que "les mineurs non-accompagnés ne doivent pas être éloignés ou détenus" et ont ajouté un amendement pour s'assurer que "les familles accompagnées d'un ou plusieurs mineurs " se voient accorder un hébergement séparé et ne fasse l'objet de mesure d'enfermement "qu'en dernier ressort".
Interdiction de réadmission
Les décisions d'éloignement comportent une interdiction de réadmission d'une durée de cinq ans au maximum, ce qui est un élément particulièrement nouveau dans cette directive. Les députés ont souligné que cette interdiction doit pouvoir être décidée par l'Etat membre, au cas pas par cas, plutôt que de manière obligatoire, comme le propose la Commission.
Retour et éloignement
Afin d'harmoniser les systèmes des Etats membres actuellement divergents, la directive prévoit également une procédure en deux étapes qui implique une décision de retour comme première étape et si nécessaire, un ordre d'éloignement comme deuxième étape,. Les députés ont adopté plusieurs mesures pour établir des garanties minimales sur la conduite des retours forcés et pour empêcher les expulsions collectives.
Un médiateur au Parlement européen en matière de retour
Enfin, la commission des libertés civiles du PE a ajouté une disposition pour la nomination d'un " médiateur au Parlement européen en matière de retour" qui pourra à tout moment effectuer des inspections à l'improviste, collecter des informations et demander aux Etats membres des précisions sur le processus de retour.
Une fois la directive adoptée, les Etats membres auront 18 mois pour la mettre en vigueur.
Procédure: co-décision, première lecture
Vote en plénière: octobre II, Strasbourg
11/09/2007
Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures
Présidence : Kinga GÁL (PPE-DE, HU)
Présidence : Kinga GÁL (PPE-DE, HU)
REF.: 20070910IPR10221
