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La route de la Serbie vers l’UE passe par le Parlement européen
Relations extérieures - 23-10-2007 - 14:09
L’horizon européen de la Serbie s’est éclairci l’été dernier, lorsqu’ont repris les négociations entre ce pays des Balkans et l’Union Européenne pour parvenir à un « accord de stabilisation et d’association ». La Serbie bénéficiera-t-elle bientôt d’un statut officiel de candidat à l’Union Européenne ? Quels éléments détermineront l’avenir des relations entre la Serbie et l’UE ? Le Parlement européen en débat mercredi, le jour même où il devrait voter sur un accord de facilitation des visas.
Les quinze dernières années ont été turbulentes pour les Balkans, et en particulier pour la Serbie. L’éclatement de l’ex-Yougoslavie, les frappes de l’OTAN, le statut toujours incertain du Kosovo ont miné son développement tout comme son avancée sur la voie européenne.
La Serbie d’aujourd’hui, plus proche de l’UE ?
Si l’UE a décidé de lancer en 1999 les négociations pour des Accords de Stabilisation et d’Association (ASA) avec plusieurs pays des Balkans, il a fallu attendre 2005 pour que ces négociations soient ouvertes avec la Serbie. Un tel Accord implique le respect des règles démocratiques et d’Etat de droit, il prévoit l’établissement d’une zone de libre-échange et intègre peu à peu l’économie de la région concernée au sein de celle de l’UE.
Alors que la Serbie connaissait une croissance de 5.8% en 2006, son taux de chômage et ses déficits restent néanmoins élevés. Autre problème majeur : la corruption de l'administration et du gouvernement. Selon l'indice de perception de la corruption de Transparence International, la Serbie obtient un score de 3 sur une échelle de 0 (« très corrompu ») à 10 (« très propre »).
Mais c’est un autre sujet qui a mené à l’interruption des négociations sur l’accord de stabilisation et d'association (ASA), de mai 2006 à juin 2007 : le manque de coopération de la Serbie avec le Tribunal Pénal International sur l’ex-Yougoslavie (TPIY).
La Serbie dans l’ombre de Ratko Mladić et Radovan Karadžić
Chargé de poursuivre et condamner les auteurs de crimes graves et crimes contre l’humanité lors du conflit dans l’ex-Yougoslavie, le TPIY réclame toujours la tête de quatre chefs serbes de guerre, dont Ratko Mladić et Radovan Karadžić. Si la Serbie a récemment livré quelques fugitifs au TPIY, les principaux responsables sont toujours en liberté. « La coopération de la Serbie avec le TPIY est meilleure aujourd’hui qu’il y a un an », juge le procureur général Carla del Ponte, « mais la coopération reste trop lente et pas suffisante ».
Conséquence pour la Serbie ? « Tant que la Serbie viole la Convention sur le Génocide et laisse les auteurs de massacres circuler librement sur son territoire, l’Union Européenne ne peut même pas envisager de signer l’Accord de stabilisation et d'association », déclare l’auteur du rapport voté en plénière sur le pays, le député slovène Jelko Kacin, « et encore moins offrir à la Serbie un statut officiel de pays candidat ».
Le message semble donc clair : la Serbie devra donc pleinement coopérer avec le TPIY avant de conclure tout accord avec l’UE. Reste le problème du Kosovo et de son statut : l’attitude de la Serbie face aux appels à l’indépendance sera elle aussi déterminante pour ses perspectives européennes.
Rapprocher les citoyens serbes de l’UE
Mercredi, un autre rapport sera aussi voté : il vise à faciliter la délivrance des visas de court-terme pour les citoyens européens qui se rendent en Serbie, mais aussi pour les citoyens serbes se rendant dans un pays de l’UE. « Cet accord est important », explique Jelko Kacin, « car en autorisant les jeunes et les travailleurs serbes à interagir plus facilement avec leurs homologues européens, on facilite la démocratisation de la Serbie. Surtout, on contrebalance les éléments nationalistes et xénophobes de la société serbe ».
Suivez le débat en plénière sur le rapport de Jelko Kacin sur la Serbie, mercredi dès 15 :00, en cliquant sur le lien EP Live ci-dessous.
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En savoir plus :
- Article : "Oliver Dulić, 32 ans : une nouvelle génération aux manettes de la Serbie"
- Projet de rapport de Jelko Kacin sur les relations UE-Serbie
- Article : "Carla del Ponte : « Ma motivation, ce sont les victimes des crimes de guerre »"
- Communiqué (mars 2007) : "Les députés proposent une "souveraineté supervisée" pour le Kosovo"
- Suivre les débats en direct sur EP Live

