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Lutte contre le changement climatique : pourquoi la Chine compte

Environnement - 09-11-2007 - 16:17
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Trois cheminées de centrale près d'une ville © BELGA_AFP PHOTO_Frederic J BROWN

La Chine sera bientôt le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde

Avec une croissance économique exponentielle, la Chine est en passe de devenir le plus gros pollueur du monde. En amont de la conférence de l’ONU sur le changement climatique, une délégation de députés s’est rendue à Beijing pour évaluer le degré d’engagement des autorités chinoises à lutter contre le réchauffement. Or, si la Chine semble politiquement décidée à agir, elle n’est toujours pas prête à accepter des objectifs contraignants de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.

« Parce qu’elle connaît une forte croissance économique, la Chine est en passe de devenir l’un des plus gros pollueurs au monde », a expliqué le président de la commission temporaire sur le changement climatique, Guido Sacconi (PSE), après la visite de délégation qu’il a mené en Chine, du 5 au 7 novembre dernier.
 
Ces rencontres inauguraient une série de visites de la commission dans des pays tiers, en vue de forger une alliance internationale solide pour mieux lutter contre le changement climatique.
 
Quand la Chine s’engage à lutter contre le réchauffement
 
En termes de quantité d’émissions de gaz à effet de serre, la Chine se hisse au second rang mondial, encore devancée par les Etats-Unis. Mais cela ne saurait durer : selon les prévisions, la croissance exponentielle de ce gigantesque pays de 1,3 milliards d’habitants devrait, dans les prochaines années, le sacrer premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète.
 
Guido Sacconi l’a constaté pendant sa visite à Beijing : les décideurs chinois semblent avoir pris conscience de l’importance de lutter contre le réchauffement climatique. « Nous avons rencontré des membres du gouvernement chinois, du Congrès National, mais aussi des hommes d’affaires et des représentants de la société civile », explique le député italien, « et nous avons pu voir que la Chine s’est fortement engagée à améliorer son efficacité énergétique. Elle a récemment adopté un Programme sur le Changement climatique ». Révolution politique et climatique ?
 
Ce nouveau Programme semble en effet très ambitieux : il fixe pour objectif de réduire la consommation chinoise d’énergie de 20% d’ici à 2010 et d’accroître de 10% l’utilisation d’énergies renouvelables. « Bien sûr », explique le rapporteur pour la commission temporaire, Karl-Heinz Florenz (PPE-DE), « tout le défi de ce programme repose dans son application réelle, qui devra être étroitement surveillée ». Mais le signal politique semble avoir été donné.
 
Négociations sur l’après-Kyoto : que défendra la Chine ?
 
A l’heure de la lutte globale contre le réchauffement climatique et alors que le cadre actuel -le Protocole de Kyoto- expire en 2012, un engagement clair et quantifié de la Chine, mais aussi de l’Inde ou du Brésil, semble indispensable. Même si la Chine a ratifié le Protocole de Kyoto, elle n’a pas actuellement, en tant que pays en voie de développement, d’objectif chiffré de réduction de ses émissions : cela pourrait-il changer après 2012 ?
 
« Il ne pourra pas y avoir de nouveau cadre international pour l’après-Kyoto sans des pays comme la Chine et l’Inde », confirme Guido Sacconi. L’un des enjeux majeurs de la conférence onusienne sur le changement climatique qui se tiendra à Bali, du 3 au 14 décembre, sera donc d’inclure ces pays dans des objectifs quantifiés de réduction des émissions.
 
Or, sur ce point, et malgré les messages positifs reçus à Beijing, les députés européens demeurent critiques : la Chine « continue de penser que le protocole de Kyoto doit être maintenu et que les pays en développement, y compris les pays émergents, ne doivent pas prendre d'engagements chiffrés », regrette Guido Sacconi.
 
Toujours est-il que la Chine accepte de jouer le jeu des négociations internationales, comme s’en félicite Karl-Heinz Florenz : « Nous sommes heureux de constater que pour la Chine, comme pour l’Union Européenne, la Convention onusienne sur le changement climatique est le seul forum approprié pour des négociations internationales ».
 
Autre point encourageant : les autorités chinoises semblent en accord avec les européens sur la nécessité de conclure un nouvel accord au plus tard en 2009, « afin d’éviter un temps de latence entre l’expiration de l’actuel protocole de Kyoto et le futur cadre international », conclut Karl-Heinz Florenz. Selon lui, la Chine sera donc un partenaire clé pour l’UE lors des négociations sur l’après-2012 : « c’est notre intérêt commun de réussir dans la lutte contre le changement climatique ! ».
 
Le Parlement européen lance un appel avant la conférence de Bali
 
Dans une résolution adoptée le 22 octobre dernier, les membres de la commission temporaire sur le changement climatique appellent à conclure un accord international au plus tard en 2009, incluant :
  • des objectifs contraignants pour les pays industrialisés,
  • une participation plus large aux efforts de réduction, en particulier de la part des économies émergentes qui devraient poursuivre des objectifs équitables et proportionnés;
  • un système mondial d'échange de quotas basé sur une attribution de quotas équitable et proportionnée;
  • un renforcement des mécanismes financiers d'adaptation.
Ils appellent enfin les pays industrialisés à donner l’exemple en s’engageant à réduire les émissions de 60 à 80% d’ici à 2050.
 
REF.: 20071107STO12743