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Trop tôt pour conclure sur la crise boursière, selon Jean-Claude Trichet
Affaires économiques et monétaires - 23-01-2008 - 18:28
Le président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, était au Parlement européen, ce matin, à l’occasion d’une rencontre entre des parlementaires nationaux et les membres de la commission des Affaires économiques et monétaires. Alors que les marchés boursiers connaissent de fortes turbulences, ces derniers jours, et que la Banque centrale américaine a annoncé une baisse de ses taux, la visite de Jean-Claude Trichet était très attendue.
« Nous nous attendons à un ralentissement de l’économie, mais jusqu’à présent, il n’y a pas de signes d’effets majeurs sur l’économie réelle.(…) Nous devons rester calme et continuer la course » : le ton rassurant du ministre slovène des finances, Andrej Bajuk, n'a pas échappé aux députés européens présents à la réunion du mercredi 23 janvier. Des députés européens inquiets de l’impact potentiel de la crise boursière actuelle sur l’économie européenne.
Trop tôt pour tirer des conclusions définitives, selon Jean-Claude Trichet
Mais c'est le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Jean-Claude trichet, qui était attendu. Il s'est d'abord montré prudent : « il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives », a-t-il expliqué, la correction du marché étant trop complexe pour conclure sur de simples liens de cause à effet. Néanmoins, Jean-Claude Trichet a observé que « ces turbulences sont un vif rappel qu’une perturbation dans un secteur particulier (ndlr : ici, le marché américain des crédits dits subprime) peut se propager à travers beaucoup d’autres marchés, dans beaucoup d’autres pays ».
Pour garantir la stabilité financière, les banques centrales nationales ont un rôle central à jouer, a rappelé le président de la Banque Centrale Européenne. De plus, l’efficacité de la gestion d’une crise et de sa résolution dépend pour beaucoup de « l’existence d’un cadre de supervision effectif, capable d’identifier les dangers potentiels et d’y réagir très tôt ».
Pour cela, le système de l’Euro permet des prises de décisions fortes et efficaces entre banques centrales nationales. Mais parce que les économies et les systèmes financiers sont interconnectés, des perturbations peuvent vite avoir un effet à l’échelle européenne, comme à l’échelle mondiale.
Enfin, Jean Claude Trichet a rappelé l’importance de contrôler l’inflation en toutes circonstances : c’est d’ailleurs le mandat principal de la BCE, a-t-il ajouté.
Réaction de la française Pervenche Bérès (Parti Socialiste Européen), présidente de la commission Affaires économiques et monétaires
« Il n’a pas vraiment répondu sur l’actualité immédiate. Il a indirectement répondu sur une éventuelle baisse des taux, en réaffirmant sa préoccupation en termes de stabilité des prix. Il dit en clair « si vous ne voulez pas m’obliger à augmenter les taux, il faut éviter l’augmentation des prix ».
Il interpelle dans ce contexte les partenaires sociaux, en disant « vous devez maintenir la pression sur la modération salariale » : je pense que dans la définition de son mandat c’est un peu compliqué. Et puis, au lieu de parler de ne pas augmenter les taux, on pourrait commencer par discuter de la baisse des taux, mais ce mouvement là n’est manifestement pas encore dans le raisonnement du président de la BCE. »
Réaction de José Manuel Garcia-Margallo (Parti Populaire Européen-Démocrates Européens), vice-président de la commission Affaires économiques et monétaires
« Nous ne savons toujours pas ce que la BCE veut faire concernant la politique monétaire, et s’il est opportun ou non d’introduire de l’oxygène par certaines mesures, comme ce que viennent de faire les Etats-Unis (ndlr : la Banque centrale américaine a fortement baissé son taux directeur). Pour moi, c’est un peu comme l’orchestre du Titanic qui continue de jouer pendant que le bateau coule ! ».
Réaction de M. Wolf Klinz (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe)
« Je ne m’attendais pas à de grandes révélations comme un discours sur les taux d’intérêts ou la politique monétaire…mais j’ai apprécié qu’il souligne que l’efficacité de la gestion de la crise dépend de l’existence d’un cadre de supervision des banques centrales… »
REF.: 20080123STO19499
En savoir plus :
- Communiqué : "Trichet: anchoring inflationary expectations is essential for financial stability"
- Commission Affaires économiques et monétaires
- CV de Jean-Claude Trichet
- Article (sept 2007) : "Après l'audition du président de la BCE Jean-Claude Trichet, les députés réagissent"
- Article (sept 2007): "Jean-Claude Trichet au Parlement : « Nous devons restaurer la confiance »
- Article (août 2007) : "Des Etats-Unis à l’Europe : la crise financière sous la loupe des députés"
- Audio, 24:26

