Dossier
Le Parlement européen en 2008, l'année du dialogue interculturel
Culture - 11-12-2008 - 11:27
On a coutume de dire que le monde est un village ; mais un village avec des cultures, des traditions et des systèmes de pensée bien différents les uns des autres. Pour que ce monde vive harmonieusement, les échanges entre les cultures sont essentiels. Tout au long de 2008, l’Année européenne du Dialogue entre les Cultures, le Parlement européen entend bien mettre sa pierre à l’édifice de la compréhension entre les peuples.
L’Année européenne du Dialogue Interculturel a été lancée le 8 janvier à Lubjana, la capitale slovène : c’est une initiative européenne visant à accroître la compréhension entre les cultures, mais aussi à aider les citoyens européens à vivre harmonieusement, dans un environnement culturel toujours plus riche et complexe.
C’est dans ce cadre que tout au long de l’année 2008, le Parlement européen recevra des personnalités de différents horizons ; il organisera aussi nombre d’évènements liés au dialogue entre les cultures. Ce dossier les recense : il s’enrichira au fil des mois par de nouvelles rencontres ou de nouveaux récits d’évènements. Revenez-y régulièrement, pour découvrir les dernières informations disponibles.
Sommaire du dossier :

"L'espoir et l'optimisme font partie de nos vies" - Entretien avec Hans-Gert Pöttering 
Satguru Baba Ji : « Une rose ne dit pas à une tulipe : tu n’existes pas » 
Grand Mufti de Syrie : «Le dialogue entre les cultures est le chemin du bonheur» 
Un train express slovène pour ouvrir le Festival du Film Interculturel au Parlement européen 
Vaya con Dios, sur la scène du Parlement pour défendre les Roms 
L'Europe et le Qatar, partenaires contre l'extrémisme selon Hans-Gert Pöttering 
La photo du jour : Européens, Israéliens et Palestiniens au Parlement 
Semaine africaine au Parlement européen 
Diaporama : le Dalaï Lama au Parlement européen. 
"Faisons des modérés, des héros"- Sir Jonathan Sacks 
Le Patriarche Œcuménique Bartholomée : "Notre planète est la maison de chacun, chrétiens et non-chrétiens." 
Diaporama de la semaine arabe 
Le poète nigérian Wole Soyinka et le dialogue entre les cultures
REF.: 20080211FCS20948
"L'espoir et l'optimisme font partie de nos vies" - Entretien avec Hans-Gert Pöttering
Depuis son élection à la présidence du Parlement européen en 2007, Hans-Gert Pöttering s’est attaché à inscrire régulièrement à son agenda politique -et donc aussi à celui du Parlement, deux thèmes sensibles : la paix au Moyen-Orient et le dialogue interculturel. Pour le président du Parlement européen, ces deux thèmes sont des sources de motivation personnelle. Au cours de l’année 2007, il a parcouru l’Europe et le monde pour soutenir la paix et le dialogue entre les cultures.
Juste avant que 2008, l’année européenne du dialogue interculturel, ne débute, nous avons rencontré Hans-Gert Pöttering et discuté avec lui du rôle du Parlement dans cet effort de paix et de réconciliation.
Juste avant que 2008, l’année européenne du dialogue interculturel, ne débute, nous avons rencontré Hans-Gert Pöttering et discuté avec lui du rôle du Parlement dans cet effort de paix et de réconciliation.
L’année 2008 est l’année européenne du dialogue interculturel. Pourquoi ce thème est-il si important pour vous ?
« Parce que la compréhension entre les cultures est cruciale pour la paix dans le monde. Les relations entre le monde occidental et le monde arabe et islamique seront décisives pour le 21ème siècle. Le terrorisme ne doit pas pouvoir prendre racine. Certains terroristes utilisent la force en affirmant que l’Islam le leur enseigne. C’est inacceptable car l’Islam en soi est une religion pacifique.
Je n’oublierai jamais le discours au Parlement européen du leader égyptien Anouar El-Sadate : il affirmait que le vrai Islam est une religion de paix. Nous devons saisir l’opportunité de relier les gens de bonne volonté dans le monde islamique. De cette manière, le clash des civilisations que certains prédisent n’aura pas lieu. Mais cela doit être à double-sens : le dialogue doit être basé sur la tolérance mutuelle et la vérité. »
Restez-vous optimiste quant à l'évolution de la situation au Moyen-Orient ?
« Avez-vous déjà vu un pessimiste l'emporter ? Nous devons rester optimistes. En tant que chrétien, je considère que l’espoir et l’optimisme font partie de nos vies. Personne ne peut pas atteindre ses objectifs s'il ne croit pas en eux.
Prenez le processus d’intégration européenne. J’ai le privilège d’être membre du Parlement européen depuis 1979. A l’époque, beaucoup n’auraient jamais cru que le continent européen se réunifie un jour, que le Parlement ou la monnaie européenne soient forts…Et pourtant nous y sommes parvenus ! Pas en une semaine bien sûr, mais par un travail de longue haleine, de la bonne volonté et de la coopération. Donc je reste optimiste quant au dialogue entre les cultures. »
« Parce que la compréhension entre les cultures est cruciale pour la paix dans le monde. Les relations entre le monde occidental et le monde arabe et islamique seront décisives pour le 21ème siècle. Le terrorisme ne doit pas pouvoir prendre racine. Certains terroristes utilisent la force en affirmant que l’Islam le leur enseigne. C’est inacceptable car l’Islam en soi est une religion pacifique.
Je n’oublierai jamais le discours au Parlement européen du leader égyptien Anouar El-Sadate : il affirmait que le vrai Islam est une religion de paix. Nous devons saisir l’opportunité de relier les gens de bonne volonté dans le monde islamique. De cette manière, le clash des civilisations que certains prédisent n’aura pas lieu. Mais cela doit être à double-sens : le dialogue doit être basé sur la tolérance mutuelle et la vérité. »
Restez-vous optimiste quant à l'évolution de la situation au Moyen-Orient ?
« Avez-vous déjà vu un pessimiste l'emporter ? Nous devons rester optimistes. En tant que chrétien, je considère que l’espoir et l’optimisme font partie de nos vies. Personne ne peut pas atteindre ses objectifs s'il ne croit pas en eux.
Prenez le processus d’intégration européenne. J’ai le privilège d’être membre du Parlement européen depuis 1979. A l’époque, beaucoup n’auraient jamais cru que le continent européen se réunifie un jour, que le Parlement ou la monnaie européenne soient forts…Et pourtant nous y sommes parvenus ! Pas en une semaine bien sûr, mais par un travail de longue haleine, de la bonne volonté et de la coopération. Donc je reste optimiste quant au dialogue entre les cultures. »
Satguru Baba Ji : « Une rose ne dit pas à une tulipe : tu n’existes pas »
Avec plus de 2000 centres à travers le monde, le mouvement spirituel de la Mission Sant Nirankari compte des millions de membres. Son leader, Satguru Baba Ji, était au Parlement européen le 26 septembre dernier, pour y rappeler les valeurs qu’il défend : le bien-être de l’humanité et la fraternité universelle. A l’occasion de l’Année Européenne du Dialogue Interculturel, sa visite tombait à point nommée. Un peu de spiritualité dans un monde parfois trop matérialiste ?
Invité par la présidente de la délégation avec l’Inde, Neena Gill, le leader de la mission Nirankari avait un agenda chargé. Parmi ses réunions figurait un entretien avec le président du Parlement européen. Et avec l’équipe du web...
« Je salue en particulier l'initiative du mouvement de sa Sainteté Baba Ji pour la promotion du dialogue interconfessionnel en Asie du Sud », a tout d’abord affirmé Hans-Gert Pöttering, en recevant Satguru Baba Ji. « Sa méthode consistant à réunir les chefs de diverses religions afin d'examiner le rôle de la spiritualité dans la promotion des valeurs humaines universelles est exemplaire », a-t-il continué avant de conclure : « Je suis persuadé que les chefs religieux qui prônent la coexistence pacifique et la tolérance ont beaucoup à apporter à nos sociétés ».
Satguru Baba Ji nous a ensuite accordé un entretien plein d’humanité...
Quelle valeur accordez-vous à ce type de rencontres entre des leaders spirituels et des leaders politiques ?
« Nous avons principalement discuté, avec le président du Parlement, des principes et des valeurs de la Mission Nirankari, qui vise à établir une fraternité universelle. Nous nous concentrons sur les êtres humains, qu’ils vivent en Europe, en Inde ou ailleurs. Nous faisons prendre conscience à l’humanité qu’elle doit coexister pacifiquement.
Les politiciens, parce qu’ils dirigent les gouvernements et les institutions publiques, ont un grand rôle à jouer. Pas seulement pour gérer les affaires des pays, mais aussi pour y incorporer une touche humaine. Avec le président Pöttering, nous avons discuté du côté spirituel de la politique et des moyens d’apporter de l’harmonie entre les êtres humains. »
Vous prêchez la tolérance et le respect entre les peuples. Lorsque vous observez l’Europe, avec votre expérience, comment pensez-vous que les différents groupes ethniques, culturels et religieux puissent vivre harmonieusement ?
« C’est l’amour et la compassion qui nous rassemblent. Les peuples ne sont pas soudés par nature. Ce qui apporte la fraternité, c’est l’unicité de Dieu. Dans notre mission, nous avons des Hindous, des Chrétiens, des Musulmans, des Sikhs, avec différents parcours de vie, plus de 17 langues et 83 dialectes...et je ne parle que de l’Inde !
C’est pareil en Europe : vous utilisez 23 langues au Parlement européen ! Vous avez des différences, par exemple linguistiques, mais c’est la diversité. Comme vous, nous affirmons que rassembler les gens, cela passe par « l’unité dans la diversité ». Mais il faut y travailler : lorsque des cultures différentes se rencontrent, elles doivent fleurir ensemble. Comme dans un jardin : une rose ne dit pas à une tulipe : « tu n’existes pas ».
Certains parlent d’une crise du spirituel en Europe, associée à une baisse de fréquentation des églises traditionnelles. Selon vous, cela rend-il plus facile ou difficile l'établissement d'une société pacifique et harmonieuse ?
« Cela rend les choses un peu plus difficiles. Les aspects matériels de la vie ont plus de poids. Les gens se rendent moins dans des lieux de recueillement. Or, la religion dans son vrai sens c’est l’humanité, l’amour et la compassion. Un poète indien a dit : « On n’a pas forcément besoin de lieux religieux en tant que tels. Parce qu’on peut adorer Dieu en aimant l’humanité ».
Nous devons nous demander si nous avons de l’amour et de la compassion pour les autres, si nous sommes humbles et si nous sommes capables d’aider les autres, pas par cupidité ou égoïsme, mais par amour et désintéressement. Si une personne est capable de cela, et en même temps poursuit des besoins matériels, alors c’est parfait. Mais bien sûr, il faut d’abord comprendre ce qu’est le culte : l’amour, la compassion et la tolérance en sont ses principaux ingrédients. »
Vous enseignez que si les êtres humains veulent acquérir du savoir, ils doivent le demander. Au sein de l’UE, on parle beaucoup d’apprentissage tout au long de la vie. Que doivent faire les gens pour rester ouverts à la connaissance ?
« Apprendre et acquérir du savoir est un processus sans fin. Un homme doit continuer d’apprendre jusqu’à son dernier souffle. La vraie connaissance est bénéfique pour soi et pour l’humanité. Elle permet de créer un environnement harmonieux.
Les Européens doivent rester ouverts d’esprit et de coeur : cela a d’ailleurs été la base des développements passés en Europe. Même s’il y a beaucoup de pays au sein de l’UE, ils sont unis et ont le Parlement européen. Cette touche humaine est importante pour les gens. Nous sommes une famille et comme dans toute famille, des frères peuvent se disputer sur la propriété mais au final, ils restent des frères. »
« Je salue en particulier l'initiative du mouvement de sa Sainteté Baba Ji pour la promotion du dialogue interconfessionnel en Asie du Sud », a tout d’abord affirmé Hans-Gert Pöttering, en recevant Satguru Baba Ji. « Sa méthode consistant à réunir les chefs de diverses religions afin d'examiner le rôle de la spiritualité dans la promotion des valeurs humaines universelles est exemplaire », a-t-il continué avant de conclure : « Je suis persuadé que les chefs religieux qui prônent la coexistence pacifique et la tolérance ont beaucoup à apporter à nos sociétés ».
Satguru Baba Ji nous a ensuite accordé un entretien plein d’humanité...
Quelle valeur accordez-vous à ce type de rencontres entre des leaders spirituels et des leaders politiques ?
« Nous avons principalement discuté, avec le président du Parlement, des principes et des valeurs de la Mission Nirankari, qui vise à établir une fraternité universelle. Nous nous concentrons sur les êtres humains, qu’ils vivent en Europe, en Inde ou ailleurs. Nous faisons prendre conscience à l’humanité qu’elle doit coexister pacifiquement.
Les politiciens, parce qu’ils dirigent les gouvernements et les institutions publiques, ont un grand rôle à jouer. Pas seulement pour gérer les affaires des pays, mais aussi pour y incorporer une touche humaine. Avec le président Pöttering, nous avons discuté du côté spirituel de la politique et des moyens d’apporter de l’harmonie entre les êtres humains. »
Vous prêchez la tolérance et le respect entre les peuples. Lorsque vous observez l’Europe, avec votre expérience, comment pensez-vous que les différents groupes ethniques, culturels et religieux puissent vivre harmonieusement ?
« C’est l’amour et la compassion qui nous rassemblent. Les peuples ne sont pas soudés par nature. Ce qui apporte la fraternité, c’est l’unicité de Dieu. Dans notre mission, nous avons des Hindous, des Chrétiens, des Musulmans, des Sikhs, avec différents parcours de vie, plus de 17 langues et 83 dialectes...et je ne parle que de l’Inde !
C’est pareil en Europe : vous utilisez 23 langues au Parlement européen ! Vous avez des différences, par exemple linguistiques, mais c’est la diversité. Comme vous, nous affirmons que rassembler les gens, cela passe par « l’unité dans la diversité ». Mais il faut y travailler : lorsque des cultures différentes se rencontrent, elles doivent fleurir ensemble. Comme dans un jardin : une rose ne dit pas à une tulipe : « tu n’existes pas ».
Certains parlent d’une crise du spirituel en Europe, associée à une baisse de fréquentation des églises traditionnelles. Selon vous, cela rend-il plus facile ou difficile l'établissement d'une société pacifique et harmonieuse ?
« Cela rend les choses un peu plus difficiles. Les aspects matériels de la vie ont plus de poids. Les gens se rendent moins dans des lieux de recueillement. Or, la religion dans son vrai sens c’est l’humanité, l’amour et la compassion. Un poète indien a dit : « On n’a pas forcément besoin de lieux religieux en tant que tels. Parce qu’on peut adorer Dieu en aimant l’humanité ».
Nous devons nous demander si nous avons de l’amour et de la compassion pour les autres, si nous sommes humbles et si nous sommes capables d’aider les autres, pas par cupidité ou égoïsme, mais par amour et désintéressement. Si une personne est capable de cela, et en même temps poursuit des besoins matériels, alors c’est parfait. Mais bien sûr, il faut d’abord comprendre ce qu’est le culte : l’amour, la compassion et la tolérance en sont ses principaux ingrédients. »
Vous enseignez que si les êtres humains veulent acquérir du savoir, ils doivent le demander. Au sein de l’UE, on parle beaucoup d’apprentissage tout au long de la vie. Que doivent faire les gens pour rester ouverts à la connaissance ?
« Apprendre et acquérir du savoir est un processus sans fin. Un homme doit continuer d’apprendre jusqu’à son dernier souffle. La vraie connaissance est bénéfique pour soi et pour l’humanité. Elle permet de créer un environnement harmonieux.
Les Européens doivent rester ouverts d’esprit et de coeur : cela a d’ailleurs été la base des développements passés en Europe. Même s’il y a beaucoup de pays au sein de l’UE, ils sont unis et ont le Parlement européen. Cette touche humaine est importante pour les gens. Nous sommes une famille et comme dans toute famille, des frères peuvent se disputer sur la propriété mais au final, ils restent des frères. »
Grand Mufti de Syrie : «Le dialogue entre les cultures est le chemin du bonheur»
Il est le plus haut dignitaire musulman sunnite du pays : le Grand Mufti de Syrie, Sheikh Ahmad Badr al-din Hassoun, a prononcé un discours de paix devant les députés européens, mardi 15 janvier. Invité à l’occasion de l’année européenne du dialogue interculturel, il est venu avec une délégation multiconfessionnelle. Nous l’avons rencontré au lendemain de son intervention, pour une discussion très…spirituelle.
Sheikh Ahmad Badr al-din Hassoun est réputé pour être un ardent défenseur du dialogue interculturel. Il en a fait une nouvelle fois la preuve à Strasbourg, en répondant à l’invitation du président du Parlement européen et surtout en venant accompagné de représentants des différentes religions de Syrie.
Parmi eux, l’évêque chrétien Antoine Odo : c’est lui qui a traduit pour nous les mots en arabe du Grand Mufti.
Hier, dans l’hémicycle, vous avez affirmé que l’humanité partageait une seule civilisation : comment interpréter cela pour que nos leaders politiques parviennent à résoudre les conflits dans le monde ?
« Hier, j’ai dit qu’il n’y avait qu’une seule civilisation mais beaucoup de cultures. La civilisation est comme un énorme vaisseau au sein duquel les cultures abondent.
Les cultures spirituelles, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes, donnent à l’humanité sa dimension morale. La civilisation humaine est fondée sur la moralité et la raison. Cette dernière construit la part matériel de la vie, tandis que la moralité soude les hommes entre eux et construit de l’amour. Voilà pourquoi, dans ce monde devenu un petit village, nous pouvons bénéficier de toutes les cultures et les rassembler dans une seule et même civilisation.
Avant, une personne ne pouvait entendre un prêche ou un sermon que dans son lieu de culte. Maintenant, elle peut recevoir des centaines de chaînes de télévisions qui offrent à voir, chacune, une culture particulière : nos enfants peuvent désormais être à l’écoute du monde entier.
On ne peut nier notre universalité, mais il faut également défendre nos identités particulières pour préserver la beauté du monde. Voilà pourquoi le dialogue entre les cultures est le chemin du bonheur pour l’homme, un chemin qui nous éloigne des conflits. »
Le Proche-Orient est une Terre sainte pour trois religions qui, toutes, affirment leur amour de la paix. Pourtant, la paix semble là-bas impossible : comment l’expliquer ?
« Le problème ne vient pas des hommes ou des religions, mais des politiciens qui interprètent mal les textes religieux, que ce soit la Bible, la Torah ou le Coran. C’est l’Homme qui est sacré, pas un bout de terre ou une église, un mur des lamentations ou une mosquée.
Dans les textes des trois grandes religions, on peut lire que les doigts d’un enfant sont plus sacrés que la Terre entière. Cet enfant est le travail de Dieu : celui qui le détruit attaque Dieu ! Détruisez un bâtiment religieux, on pourra le reconstruire ; détruisez une créature de Dieu, qui lui redonnera la vie ?
Ce qui est étrange, c’est que le message saint a été transformé pour justifier le meurtre d’hommes. Certains parlent d’un peuple saint et d’un peuple impie, d’un lieu saint et d’un lieu profane. Or, seul Dieu est saint ! Si quelqu’un détruit une œuvre de Michel-Ange, que pensera-t-on de lui ? Qu’il est ignorant, violent, semblable aux animaux et sans respect pour les valeurs humaines. Et si quelqu’un détruit une créature créée par Dieu lui-même ?
Ceux qui fabriquent des mines antipersonnel, des armes de destruction massives sont des ennemis de la civilisation humaine, car ils tuent l’homme (peut-être d’ailleurs qu’Alfred Nobel a créé son prix pour racheter le mal qu’il a fait en inventant la dynamite…). »
En tant qu’ancien Mufti de la ville d’Alep et actuel Grand Mufti de Syrie, vous êtes connu pour votre travail en faveur de la coexistence pacifique entre les peuples. Vers qui adressez-vous désormais votre message ?
« Lorsque j’ai été nommé Grand Mufti de la République arabe syrienne, les gens ont pensé que j’étais seulement Mufti des musulmans. Mais après mon premier discours à la radio et à la télévision, je suis devenu Mufti des musulmans, des chrétiens, des laïcs et de tous les citoyens de mon pays.
Je ne me limite pas à une seule communauté : j’ai d’ailleurs demandé aux autres leaders spirituels de faire la même chose. J’essaye de développer cette approche dans l'ensemble du monde arabe et musulman, et dans le monde entier.
Les leaders spirituels se doivent d’être universels et de ne pas se cantonner à une communauté ou une confession. Le Pape n’est pas seulement responsable pour les catholiques, mais pour toute l’humanité ; un Mufti n’est pas seulement responsable pour les musulmans, mais pour le monde entier. »
Parmi eux, l’évêque chrétien Antoine Odo : c’est lui qui a traduit pour nous les mots en arabe du Grand Mufti.
Hier, dans l’hémicycle, vous avez affirmé que l’humanité partageait une seule civilisation : comment interpréter cela pour que nos leaders politiques parviennent à résoudre les conflits dans le monde ?
« Hier, j’ai dit qu’il n’y avait qu’une seule civilisation mais beaucoup de cultures. La civilisation est comme un énorme vaisseau au sein duquel les cultures abondent.
Les cultures spirituelles, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes, donnent à l’humanité sa dimension morale. La civilisation humaine est fondée sur la moralité et la raison. Cette dernière construit la part matériel de la vie, tandis que la moralité soude les hommes entre eux et construit de l’amour. Voilà pourquoi, dans ce monde devenu un petit village, nous pouvons bénéficier de toutes les cultures et les rassembler dans une seule et même civilisation.
Avant, une personne ne pouvait entendre un prêche ou un sermon que dans son lieu de culte. Maintenant, elle peut recevoir des centaines de chaînes de télévisions qui offrent à voir, chacune, une culture particulière : nos enfants peuvent désormais être à l’écoute du monde entier.
On ne peut nier notre universalité, mais il faut également défendre nos identités particulières pour préserver la beauté du monde. Voilà pourquoi le dialogue entre les cultures est le chemin du bonheur pour l’homme, un chemin qui nous éloigne des conflits. »
Le Proche-Orient est une Terre sainte pour trois religions qui, toutes, affirment leur amour de la paix. Pourtant, la paix semble là-bas impossible : comment l’expliquer ?
« Le problème ne vient pas des hommes ou des religions, mais des politiciens qui interprètent mal les textes religieux, que ce soit la Bible, la Torah ou le Coran. C’est l’Homme qui est sacré, pas un bout de terre ou une église, un mur des lamentations ou une mosquée.
Dans les textes des trois grandes religions, on peut lire que les doigts d’un enfant sont plus sacrés que la Terre entière. Cet enfant est le travail de Dieu : celui qui le détruit attaque Dieu ! Détruisez un bâtiment religieux, on pourra le reconstruire ; détruisez une créature de Dieu, qui lui redonnera la vie ?
Ce qui est étrange, c’est que le message saint a été transformé pour justifier le meurtre d’hommes. Certains parlent d’un peuple saint et d’un peuple impie, d’un lieu saint et d’un lieu profane. Or, seul Dieu est saint ! Si quelqu’un détruit une œuvre de Michel-Ange, que pensera-t-on de lui ? Qu’il est ignorant, violent, semblable aux animaux et sans respect pour les valeurs humaines. Et si quelqu’un détruit une créature créée par Dieu lui-même ?
Ceux qui fabriquent des mines antipersonnel, des armes de destruction massives sont des ennemis de la civilisation humaine, car ils tuent l’homme (peut-être d’ailleurs qu’Alfred Nobel a créé son prix pour racheter le mal qu’il a fait en inventant la dynamite…). »
En tant qu’ancien Mufti de la ville d’Alep et actuel Grand Mufti de Syrie, vous êtes connu pour votre travail en faveur de la coexistence pacifique entre les peuples. Vers qui adressez-vous désormais votre message ?
« Lorsque j’ai été nommé Grand Mufti de la République arabe syrienne, les gens ont pensé que j’étais seulement Mufti des musulmans. Mais après mon premier discours à la radio et à la télévision, je suis devenu Mufti des musulmans, des chrétiens, des laïcs et de tous les citoyens de mon pays.
Je ne me limite pas à une seule communauté : j’ai d’ailleurs demandé aux autres leaders spirituels de faire la même chose. J’essaye de développer cette approche dans l'ensemble du monde arabe et musulman, et dans le monde entier.
Les leaders spirituels se doivent d’être universels et de ne pas se cantonner à une communauté ou une confession. Le Pape n’est pas seulement responsable pour les catholiques, mais pour toute l’humanité ; un Mufti n’est pas seulement responsable pour les musulmans, mais pour le monde entier. »
Un train express slovène pour ouvrir le Festival du Film Interculturel au Parlement européen
Votre programme cinéma des quatre prochains mois est bouclé ! A partir du 13 février, le Festival du Film Interculturel s'ouvre au Parlement européen, pour une série de 14 films réalisés dans 14 pays de l'Union Européenne. Et ce n'est qu'un début, puisque d'autres suivront. L'objectif de ce festival est "d'explorer les possibilités de dialogue interculturel à travers le média du film", comme l'explique le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering. Premier film à découvrir : "Express, express", du réalisateur slovène Igor Stek.
Lancé à l'initiative du réseau européen des instituts culturels nationaux (EUNIC), le Festival du Film Interculturel se tiendra au Parlement européen, dès le 13 février 2008.
Cannes, version Parlement européen
Ce ne sera pas la première fois que le Parlement européen organisera des visionnages de long-métrages dans ses murs : il a créé l'année dernière son propre Prix européen du Cinéma, le Prix Lux. Mais cette fois, à l'occasion de l'Année du Dialogue Interculturel, des réalisateurs et des acteurs participeront directement à un débat avec les spectateurs, après la projection du film. En introduction, un député européen du pays de chaque film viendra le présenter.
Malheureusement, les projections ne sont pas accessibles pour tous : seront invités les membres d'Instituts Culturels et d'ambassades, ainsi que toutes les personnes accrédités au Parlement (dont les journalistes). Le Parlement européen n'a pas de secret pour vous ? Sachez que les projections auront lieu dans la salle Yehudi Menuhin, bâtiment Paul-Henri Spaak (PHS), à 19:00. Et ce, deux à trois par mois jusqu'à la fin de l'année.
Première projection : montez dans le train express slovène !
C'est le film "Express, express" qui aura l'honneur d'inaugurer le Festival, en marge de la présidence slovène de l'Union Européenne. Son réalisateur, Igor Stek sera présent, ainsi que le président du Parlement européen et le parrain de la projection, le député Romana Jordan Cizelj.
Un avant-goût du film ? Suite au décès de son père, le personnage principal monte dans un train sans retour. Il ne sait pas vraiment où il va, mais c'est au cours de son voyage qu'il fait des rencontres marquantes. Le film, comme le train, se poursuit d'aventures en aventures, avec des personnages tous marqués par ce fameux train...
Vaya con Dios, sur la scène du Parlement pour défendre les Roms
Retour en 1986. Toutes les radios passent en boucle le dernier tube à la mode : "He's just a friend of mine" d’un nouveau groupe belge, Vaya con Dios. Vingt ans et quelques succès plus tard, le groupe tourne toujours à travers le monde pour y donner des concerts. Parfois, pour défendre une cause. Lundi 7 avril, Vaya con Dios était au Parlement européen à l'occasion de la Journée Internationale des Roms. Nous avons rencontré la chanteuse du groupe, Dani Klein, juste après sa répétition.
Elle veut "rendre hommage" à la musique tzigane, a-t-elle expliqué en ouverture de son concert au Parlement, lundi 7 avril au soir: Dani Klein et son groupe, Vaya con Dios, étaient présents sur la scène du Parlement européen pour défendre les droits des Roms. Dans le cadre de cette année Européenne pour le Dialogue Interculturel, Dani Klein nous a expliqué le pourquoi de son engagement, peu après sa répétition…
Dani Klein, comment avez-vous été sensibilisée à la situation des Roms ?
« Avec mon groupe, on donne pas mal de concerts dans les pays de l’Est, où il y a beaucoup de Roms. Une chose m’a toujours frappée : quand on chante « Djelem djelem », l’hymne Rom que j’ai intégré dans mon répertoire, les gens sont toujours très enthousiastes, ils s’identifient à cette chanson.
Or, ces gens qui s’identifient ont en fait souvent une attitude personnelle assez discriminatoire vis-à-vis des Roms. J’ai trouvé cela interpellant : d’un côté on s’approprie la culture Rom, on donne une fierté à un peuple qui de l’autre côté est renié et discriminé. Moi, en tant qu’être humain cela m’a interpellé. Je n’ai pas de message politique si ce n’est qu’on devrait se respecter les uns et les autres. »
Vous défendez une approche plus positive des Roms, en soulignant notamment leur contribution à la culture européenne…
« Oui, car la musique tzigane a contribué à l’art en général ; je ne suis pas spécialiste de musique classique, mais Brahms ne serait pas Brahms s’il n’y avait pas eu la musique tzigane, et c’est le cas de beaucoup de compositeurs classiques. Leur musique, leur langue, leurs traditions, contribuent à la richesse européenne : on devrait s’intéresser davantage à qui ils sont et à ce qu’ils veulent…Les Roms sont quelque part des irréductibles, ils veulent voyager, ils ne sont pas sédentaires, or on veut les forcer à l’être…moi j’ai de l’admiration pour ces gens, car jusqu’à présent ils résistent.
En ce moment, on voit beaucoup de Roms à Bruxelles, notamment aux feux rouges. Beaucoup de gens me disent « je ne donne pas, c’est facile de vivre comme ça ». Moi je pense que c’est justement très difficile de vivre comme ça ! Est-ce que quelqu’un, par choix, a envie de respirer le dioxyde de carbone à longueur de journée, par tous les temps, pour recevoir quinze ou vingt cents et en plus un regard méprisant ? Je pense que ce n’est pas la bonne approche. Il faut approcher les gens par ce qu’ils ont de valorisant, de positif. »
L’Europe peut-elle contribuer à modifier cette approche ?
« Je ne sais pas ce que sont les pouvoirs de l’Europe, je ne fais pas de politique. Mais si elle dispose de moyens, oui. L’idée de base de l’Europe était d’éviter que l’Allemagne et la France, par exemple, se fassent la guerre ! Alors si l’ambition de l’Europe est la pacification, elle peut certainement aider à faire accepter les Roms comme étant partie du peuple européen, mais avec leurs particularités. »
En tant qu’artiste, qu’est-ce qui vous pousse à vous engager pour les Roms ?
« Je m’engage quand je trouve que les causes sont justes, pour faire valoir la liberté, le respect de l’autre…C’est le propre des artistes de ne pas s’arrêter aux différences mais de s’en nourrir. Les artistes se nourrissent de toutes les influences qui les touchent. Notre musique s’est nourrie de musiques différentes.
Chez les musiciens, le racisme est moins palpable que dans d’autres milieux. Etre artiste, c’est être marginal, ne pas marcher dans les rangs : on est aussi un peu les mal-aimés de la société, on doit se battre, trouver des moyens pour s’exprimer. Le fait d’être marginal nous rapproche des autres communautés qu’on met en marge des sociétés. L’art a toujours eu cette fonction de casser les tabous, d’ouvrir les mentalités et les esprits. »
Dani Klein, comment avez-vous été sensibilisée à la situation des Roms ?
« Avec mon groupe, on donne pas mal de concerts dans les pays de l’Est, où il y a beaucoup de Roms. Une chose m’a toujours frappée : quand on chante « Djelem djelem », l’hymne Rom que j’ai intégré dans mon répertoire, les gens sont toujours très enthousiastes, ils s’identifient à cette chanson.
Or, ces gens qui s’identifient ont en fait souvent une attitude personnelle assez discriminatoire vis-à-vis des Roms. J’ai trouvé cela interpellant : d’un côté on s’approprie la culture Rom, on donne une fierté à un peuple qui de l’autre côté est renié et discriminé. Moi, en tant qu’être humain cela m’a interpellé. Je n’ai pas de message politique si ce n’est qu’on devrait se respecter les uns et les autres. »
Vous défendez une approche plus positive des Roms, en soulignant notamment leur contribution à la culture européenne…
« Oui, car la musique tzigane a contribué à l’art en général ; je ne suis pas spécialiste de musique classique, mais Brahms ne serait pas Brahms s’il n’y avait pas eu la musique tzigane, et c’est le cas de beaucoup de compositeurs classiques. Leur musique, leur langue, leurs traditions, contribuent à la richesse européenne : on devrait s’intéresser davantage à qui ils sont et à ce qu’ils veulent…Les Roms sont quelque part des irréductibles, ils veulent voyager, ils ne sont pas sédentaires, or on veut les forcer à l’être…moi j’ai de l’admiration pour ces gens, car jusqu’à présent ils résistent.
En ce moment, on voit beaucoup de Roms à Bruxelles, notamment aux feux rouges. Beaucoup de gens me disent « je ne donne pas, c’est facile de vivre comme ça ». Moi je pense que c’est justement très difficile de vivre comme ça ! Est-ce que quelqu’un, par choix, a envie de respirer le dioxyde de carbone à longueur de journée, par tous les temps, pour recevoir quinze ou vingt cents et en plus un regard méprisant ? Je pense que ce n’est pas la bonne approche. Il faut approcher les gens par ce qu’ils ont de valorisant, de positif. »
L’Europe peut-elle contribuer à modifier cette approche ?
« Je ne sais pas ce que sont les pouvoirs de l’Europe, je ne fais pas de politique. Mais si elle dispose de moyens, oui. L’idée de base de l’Europe était d’éviter que l’Allemagne et la France, par exemple, se fassent la guerre ! Alors si l’ambition de l’Europe est la pacification, elle peut certainement aider à faire accepter les Roms comme étant partie du peuple européen, mais avec leurs particularités. »
En tant qu’artiste, qu’est-ce qui vous pousse à vous engager pour les Roms ?
« Je m’engage quand je trouve que les causes sont justes, pour faire valoir la liberté, le respect de l’autre…C’est le propre des artistes de ne pas s’arrêter aux différences mais de s’en nourrir. Les artistes se nourrissent de toutes les influences qui les touchent. Notre musique s’est nourrie de musiques différentes.
Chez les musiciens, le racisme est moins palpable que dans d’autres milieux. Etre artiste, c’est être marginal, ne pas marcher dans les rangs : on est aussi un peu les mal-aimés de la société, on doit se battre, trouver des moyens pour s’exprimer. Le fait d’être marginal nous rapproche des autres communautés qu’on met en marge des sociétés. L’art a toujours eu cette fonction de casser les tabous, d’ouvrir les mentalités et les esprits. »
L'Europe et le Qatar, partenaires contre l'extrémisme selon Hans-Gert Pöttering
C’est dans le cadre de l’Année Européenne du Dialogue Interculturel que, ce week-end, le président du Parlement européen s’est rendu au Qatar. Pour sa première visite dans un pays du Golfe, Hans-Gert Pöttering a tenu à rappeler que la promotion du dialogue avec les pays arabes et musulmans était une priorité pour le Parlement. Il s’est exprimé lors d’un discours au 8ème Forum de Doha sur la démocratie, le développement et le libre échange.
« Je suis convaincu que vous êtes la « prochaine étape » de notre voisinage ! », a-t-il déclaré à propos de l’intégration du Conseil de Coopération du Golfe (le CCG, une alliance de six pays du Golfe) dans l’Assemblée du Partenariat Euro-Méditerranée, qui rassemble des députés européens et des députés de pays du pourtour méditerranéen. « Et ce, non seulement du fait de considérations géographiques et géostratégiques, mais aussi à cause de nos fortes convergences », a ajouté Hans-Gert Pöttering, avant de proposer que deux députés du CCG obtiennent le statut d’observateurs à l’Assemblée Euromed.
Selon le Président du Parlement, le partenariat entre l’Union Européenne et le CCG est « un élément clé pour assurer une stabilité géopolitique et régionale durable ». L’UE et le Qatar « doivent être partenaires de dialogue, pour surmonter les idées fausses et l’ignorance qui engendrent trop souvent des disputes, de la violence et de l’extrémisme».
Lors de sa visite au Qatar, Hans-Gert Pöttering a discuté avec des membres du gouvernement et l’Emir du Qatar de thèmes aussi variés que l’énergie, la paix au Moyen-Orient, l’Iran et la stabilité régionale, la religion ou la tolérance.
Selon le Président du Parlement, le partenariat entre l’Union Européenne et le CCG est « un élément clé pour assurer une stabilité géopolitique et régionale durable ». L’UE et le Qatar « doivent être partenaires de dialogue, pour surmonter les idées fausses et l’ignorance qui engendrent trop souvent des disputes, de la violence et de l’extrémisme».
Lors de sa visite au Qatar, Hans-Gert Pöttering a discuté avec des membres du gouvernement et l’Emir du Qatar de thèmes aussi variés que l’énergie, la paix au Moyen-Orient, l’Iran et la stabilité régionale, la religion ou la tolérance.
La photo du jour : Européens, Israéliens et Palestiniens au Parlement
21 jeunes Européens, Israéliens et Palestiniens se sont rencontrés au Parlement européen, du 25 au 28 mai. Ils répondaient à l'invitation de Hans-Gert Pöttering, initiative rendue possible grâce aux fonds du Prix Hallstein -un prix que le président du Parlement a reçu l'année dernière à Francfort. Leurs discussions intenses contribueront à "bâtir une confiance mutuelle pour les futures générations". Cet évènement s'inscrit dans le cadre de l'Année du Dialogue Interculturel 2008.
Semaine africaine au Parlement européen
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Les photos géantes de Malick Sidibe
Autres photos disponibles
- Mr Wole Soyinka Prix Nobel de Littérature
- Participation active dans les réunions thématiques de la semaine africaine
- Performance au sein de Parlement
- Statue africaine
- Concert devant la mairie d'Ixelles
- Mr Diouf pendant notre interview
- Les masques africains n'ont pas manqué le rendez-vous
- Malick Sidib en action au Parlement.
- Statue africaine
- Concert africain à Ixelles
Organisée dans le cadre de l’Année Européenne du dialogue interculturel, la Semaine Africaine s'est tenue du 8 au 12 septembre 2008. Dans l’enceinte du Parlement européen, les visiteurs ont pu découvrir quelques éléments d’art contemporain ou traditionnel africain…
Quand l’art africain s’invite au Parlement
Sur les façades du Parlement, le travail photographique du Malien Malick Sidibé fut exposé tout au long de la semaine, tandis que l’une des entrées du Parlement accueillait une sculpture d’éléphant réalisée par le Sud-Africain Andries Botha.
Mais la photographie et la sculpture ne sont pas les seules représentations artistiques ; on trouva également au Parlement des installations audiovisuelles, des peintures d’artistes africains et même des tapisseries!
Mercredi 10 septembre, en coopération avec la Commune d’Ixelles (le quartier bruxellois où siège le Parlement et qui abrite la plus grande communauté africaine), un grand concert a mis en valeur des musiciens originaires d’Angola (Bonga) ou de Sierra Leone (Bai Kamara Jr).
L’Afrique en discussions
L’Afrique fut aussi au cœur des discussions, que ce soit en réunions de Commission ou de délégation.
Quand l’art africain s’invite au Parlement
Sur les façades du Parlement, le travail photographique du Malien Malick Sidibé fut exposé tout au long de la semaine, tandis que l’une des entrées du Parlement accueillait une sculpture d’éléphant réalisée par le Sud-Africain Andries Botha.
Mais la photographie et la sculpture ne sont pas les seules représentations artistiques ; on trouva également au Parlement des installations audiovisuelles, des peintures d’artistes africains et même des tapisseries!
Mercredi 10 septembre, en coopération avec la Commune d’Ixelles (le quartier bruxellois où siège le Parlement et qui abrite la plus grande communauté africaine), un grand concert a mis en valeur des musiciens originaires d’Angola (Bonga) ou de Sierra Leone (Bai Kamara Jr).
L’Afrique en discussions
L’Afrique fut aussi au cœur des discussions, que ce soit en réunions de Commission ou de délégation.
Une réunion extraordinaire de la Commission Développement a eu lieu, sur le thème du "mécanisme d’aide financière aux importations alimentaires", en présence du Président de la FAO, Jacques Diouf.
La semaine s'est clôturée par une session extraordinaire entre les membres du Parlement Pan-Africain (PAP) et ceux de l’Assemblée paritaire UE-ACP. Hans-Gert Pöttering, Président du Parlement européen et Gertrude Mongella, Présidente du PAP, ouvrirent la réunion. Le panel comprit également le Prix Nobel de Littérature Wole Soyinka.
Plus d’infos sur les évènements de cette Semaine Africaine ? Cliquez sur le premier lien ci-dessous !
Diaporama : le Dalaï Lama au Parlement européen.
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Attente de l'arrivée du Dalaï Lama…
Autres photos disponibles
- Le Dalaï Lama pendant son discours à l'hémicycle
- A l'extérieur de l'Assemblée, le public s'était déplacé pour voir le Dalaï Lama
- Le Dalaï Lama remercie les députés de leur accueil
- Des membres de l'Inter-groupes Tibet du Parlement européen distribuent des foulards blancs aux députés
- Le Dalaï Lama lors de sa conférence de presse au Parlement européen
Le jeudi 4 décembre 2008, le Dalaï Lama s'est adressé aux députés européens lors d'une séance solennelle. Il a rappelé l'importance du bonheur et des valeurs humaines universelles avant de demander la recherche d'une solution concertée avec la Chine pour le peuple tibétain.
Dans le cadre de l'Année européenne du dialogue interculturel, le 14ème Dalaï Lama a déclaré que son souhait le plus cher était de promouvoir les valeurs humaines et l'harmonie religieuse. "Votre approche non violente offre un exemple extraordinaire de campagne engagée et pacifique envers une cause respectable", a déclaré M. Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, en accueillant le Dalaï Lama dans l'hémicycle.
Retrouvez ici les photos du Dalaï Lama lors de sa visite au Parlement européen (en cliquant sur l'image qui accompagne cet article) et découvrez la vidéo de son discours en cliquant sur le lien ci-dessous !
En savoir plus :
- Le discours du Dalaï Lama à l'Assemblée
- Message de paix du Dalaï Lama à l'adresse des députés - par le service de presse du Parlement européen (04/12/2008)
- Le Parlement européen en 2008, l'année du dialogue interculturel - notre dossier.
- Le discours du Dalaï Lama en vidéo.
- La conférence de presse du Dalaï Lama en vidéo.
- Extrait du discours du Dalaï Lama (en anglais)
"Faisons des modérés, des héros"- Sir Jonathan Sacks
Sir Jonathan Sacks, Grand Rabbin des congrégations juives du Commonwealth britannique, était au Parlement européen le mercredi 19 novembre 2008 dans le cadre de l'Année européenne du dialogue interculturel. Après s'être adressé aux députés européens, il nous a accordé une interview exclusive sur l'espoir et l'humour.
L'Europe et l'Amérique offrent deux modèles différents de sociétés multiraciales où coexistent différentes religions. Que peuvent-elles apprendre l'une de l'autre?
Sir Jonathan Sacks- "Les Américains ont toujours intégré les nouveaux arrivants, de sorte que la notion d' "alliance" a toujours fait partie de la culture politique des Etats-Unis. Mais ce concept provient en réalité de la culture européenne d'après la Réforme, qui trouve racine dans la Bible hébraïque. Moi je pense que l'Europe devrait récupérer ce concept qui a le pouvoir d'unir les différents groupes au-delà des différences culturelles. Si nous voulons construire une société, nous devons inclure tout le monde dans sa construction. A partir du moment où vous contribuez à quelque chose, vous en faites aussi partie.
Les Etats-Unis ont eu donc cette idée en s'inspirant de l'Europe. Ils ont emprunté ce concept et ont continué à l'appliquer alors que l'Europe, elle, l'avait oublié. Il a été créé au 17ème siècle au moment où les nations européennes devaient trouver un moyen de s'unir. Les autres manières d'y parvenir n'étaient pas bonnes. La réaction romantique envers le rationalisme au 19ème siècle a fait que soient créées des Etats-Nations fondés sur la notion de race. Lorsqu'un pays se base sur la race, il se ferme. Et nous savons tous ce que cela a engendré dans le passé: deux guerres mondiales et l'holocauste. Nous ne pouvons pas emprunter cette voie une seconde fois.
Vous avez vous-même rencontré des islamistes radicaux. Mais avez-vous pu réellement leur parler?
La condition sine qua none pour pouvoir dialoguer avec quelqu'un est que cette personne reconnaisse le droit de parole de l'autre, qu'elle le considère comme faisant partie de la conversation. Quelqu'un qui nie ma propre existence, mon identité, ou mon droit à disposer de droits, ne peut être qualifié d'interlocuteur. C'est pourquoi la question n'est pas de savoir comment parler avec un extrémiste mais plutôt comment parler avec des personnes modérées afin que les extrémistes soient isolés.
L'Europe doit pouvoir donner plus de pouvoirs aux modérés afin de marginaliser les radicaux. Il s'agit là d'un défi politique parce que, malheureusement, les médias ont tendance à rendre célèbres les extrémistes. Si vous détournez un pétrolier, faites exploser quelque chose ou si vous tuez des hommes, vous devenez célèbre. La structure des médias actuels présente les radicaux comme des modèles pour les jeunes défavorisés. Certains jeunes souhaitent leur ressembler. Si en contre partie il n'y a pas de force pour équilibrer tout cela, alors, nous sommes tous dans l'embarras.
C'est pour cela qu'il ne faut pas parler avec les extrémistes mais faire des modérés, des héros.
Ne pensez-vous pas que les religions devraient être une clé pour la compréhension plutôt qu'une raison de se battre?
La religion c'est un peu comme la météo. Il y a des jours où le soleil brille et nous sommes contents et d'autres fois où il fait froid et on ne peut plus le supporter. Il n'existe pas de religion dans laquelle il n'y aurait pas de bonnes et de mauvaises choses. Dans une époque où priment le changement, l'instabilité, l'incertitude et la peur, les gens se tournent vers ceux avec qui ils se sentent en sécurité; et ces personnes sont toujours des extrémistes. Pour eux, le monde est simple: nous avons raison et ils ont tort. Là où l'instabilité et l'extrémisme religieux règnent, les véritables héros sont ceux qui s'opposent aux radicaux de leur propre religion. Certains ont été assassinés et d'autres excommuniés pour avoir tenté de les dénoncer. Il faut beaucoup de courage pour s'opposer aux extrémistes. Mais si l'on parvient à le faire avec humour, nous parviendrons à nous battre contre eux.
Citation
La politique du désespoir a toujours été dangereuse.Sir Jonathan Sacks
Pensez-vous qu'il y ait un réel espoir de voir les différentes religions coexister un jour dans la paix?
Les gens confondent optimisme et espoir. L'optimisme est le fait de croire que les choses vont s'améliorer. L'espoir c'est la croyance que si nous y travaillons, peut-être serons-nous capables d'améliorer la situation. L'optimisme est une vertu passive alors que l'espoir est résolument actif. Il ne faut pas de courage pour être optimiste mais plutôt une certaine naïveté. Par contre, il faut une sacrée dose de courage pour avoir de l'espoir.
En sachant ce que notre peuple a vécu depuis 3 000 ans, aucun juif ne pourrait être optimiste. Mais aucun d'entre nous ne peut non plus perdre espoir. Notre rôle en tant que leaders religieux est de donner de l'espoir aux gens, dans un monde désespéré. Il n'y a pas d'autre alternative: la politique du désespoir a toujours été dangereuse.
L'humour fait-il partie de cet espoir?
Evidemment! L'humour est le cousin germain de l'espoir. J'ai même suggéré au président du Parlement européen, M. Pöttering, qu'après cette Année européenne du dialogue interculturel soit célébrée l'Année européenne de l'humour. C'était bien évidemment pour rire!
En savoir plus :
- Le grand rabbin britannique Jonathan Sacks : "quand les mots s'arrêtent, la violence commence" - par le service de presse du Parlement européen.
- Le Parlement européen en 2008, l'année du dialogue interculturel - notre dossier.
- Le site du Grand Rabbin - en anglais.
Le Patriarche Œcuménique Bartholomée : "Notre planète est la maison de chacun, chrétiens et non-chrétiens."
C'est en ces termes que le Patriarche Bartholomée a conclu son discours au Parlement, le 24 septembre. Il a ajouté que les Chrétiens et les Musulmans coexistaient, en tant qu' "enfants du même Dieu". Il y aurait donc une "place pour chacun" en Europe. Partisan du dialogue, Bartholomée Ier nous livre ici ses impressions sur la religion, la politique, la Turquie, et l'Europe.
Aujourd'hui, vous vous êtes adressé à une institution politique en tant que chef religieux. Comment concevez-vous la relation entre la religion et la politique au niveau européen?
La religion et la politique coexistent, car elles servent toutes deux les hommes, elles existent toutes deux pour les hommes. Un politicien ne peut masquer sa foi, sa religion, celles-ci font partie de l'exercice de sa fonction. La culture européenne est basée sur la foi Chrétienne, sur les leçons de l'Evangile, mais cela ne signifie pas que les autres doivent être laissés hors d'Europe.
Vous avez fait du dialogue entre les religions votre priorité. Comment décririez-vous les relations actuelles entre les Chrétiens et les Musulmans d'Europe?
Plusieurs millions de Musulmans vivent aujourd'hui en Europe. Il s'agit-là d'une réalité que l'on ne peut ignorer. Nous, en tant que Chrétiens, sommes majoritaires en Europe, et, comme les minorités, nous désirons vivre en harmonie en tant qu'enfants du même Dieu. Les Musulmans, et aucune autre minorité, ne doivent vivre dans des ghettos : ils doivent être intégrés dans une société qui les accueille et leur offre le meilleur de ce qu'elle peut.
La société européenne est ouverte. De nombreuses villes européennes ont construit des Mosquées, comme à Rome, ville du Catholicisme, ou à Cologne. Mais cela doit être réciproque. Il n'est pas normal qu'aucune église chrétienne ne soit autorisée en Arabie Saoudite. A Constantinople, nous sommes une très petite minorité chrétienne, et en tant que citoyens turcs, nous remplissons entièrement nos obligations envers l'Etat. Seulement nous ne somme pas systématiquement traités comme la majorité musulmane. Nous avons l'impression d'être une classe inférieure de citoyens, ce qui est particulièrement difficile à vivre.
A propos du Patriarche
- Sa toute Sainteté Bartholomée est Archevêque de Constantinople, la "nouvelle Rome", et Patriarche Œcuménique. Il est le 270ème successeur de l'Eglise Chrétienne locale, créée par Saint-André il y a 2000 ans. Il occupe le Premier Trône de l'Eglise Chrétienne Orthodoxe et préside, dans un esprit fraternel, le Primat Orthodoxe.
- Le Patriarche Œcuménique a la responsabilité historique et théologique d'initier et de coordonner les actions au sein des Eglises d'Alexandrie, Antioche, Jérusalem, de Russie, Serbie, Roumanie, Bulgarie, Géorgie, Chypre, Grèce, Pologne, Albanie, République Tchèque, Slovaquie, Finlande, Estonie, et d'autres nombreux diocèses.
- Le Patriarche Bartholomée est né Dimitrios Arhondonis le 29 février 1940, sur l'île d'Imvros (Gokceada), en Turquie. Il a obtenu les plus grands honneurs à l'Ecole Théologique de Halki en 1961.
Vous avez été surnommé "le Patriarche vert" parce que vous défendez les causes environnementales. Pourquoi s'engager dans cette voie ?
J'ai hérité cet intérêt pour l'écologie de mon prédécesseur, le défunt Patriarche Dimitri, qui a fait du 1er Septembre la journée de la prière pour la protection de l'environnement. C'est-là une question urgente et critique dans les quatre coins du globe, et l'Eglise a un devoir de participation. Elle doit informer les populations, et notamment les plus jeunes qui détermineront le futur de cette planète. Cette question touche l'ensemble des individus, Chrétiens ou non, car la planète est notre 'oikos' commun, notre maison. Le mot 'écologie' vient d'ailleurs du terme 'oikos', qui signifie 'maison', en grec.
Nous organisons des colloques, tous les deux ans environ, dans lesquels nous n'invitons pas seulement des Chrétiens mais aussi des membres d'autres religions ou domaines (biologistes, environnementalistes, etc.). Ensemble, nous tâchons de créer un dialogue entre la science et la religion, et nous avons accompli de nombreuses choses. Lors de notre Colloque en Amazonie, nous avons vu de nos propres yeux la déforestation au profit des plantations de soja. Or, les forêts du Brésil génèrent de grandes quantités d'oxygène qui ont un rôle essentiel dans le monde entier. Un évêque anglican était très en colère de cette situation. Quand il est retourné dans son diocèse, à Liverpool, il a contacté les autorités locales qui ont interdit l'accès au port des navires chargés de soja du Brésil.
Le huitième colloque aura lieu sur les bords du Nil, en Egypte, au mois d'avril prochain.
Vous avez une vision très particulière, à la fois sur le dialogue entre les religions et sur les relations de la Turquie avec son voisinage. Pensez-vous que cela puisse influencer les négociations d'intégration entre la Turquie et l'UE ?
La Turquie a de bonnes relations avec ses voisins, dont la Grèce, la Bulgarie, et la Roumanie, trois Etats orthodoxes membres de l'Union européenne. Ces relations vont aider la Turquie dans ses négociations, mais contribueront aussi au bien-être des populations voisines, qui au lieu de s'entretuer et de dépenser des milliards dans l'armement, pourront coopérer dans la paix. Les fonds seront alors utilisés pour les dépenses publiques, comme l'éducation.
De nombreuses voix affirment que la Turquie est entièrement musulmane et qu'elle n'a pas sa place en Europe. Nous croyons que la différence religieuse ne doit pas être un obstacle. Si la Turquie remplit les différents critères d'adhésion, elle peut être acceptée par l'UE, même si son peuple est Musulman. Le monde musulman est différent, mais peut cohabiter avec le monde chrétien, comme cela s'est souvent produit par le passé.
Tant que nous saurons nous adapter, sans nous replier en ghettos, il y aura, en Europe, une place pour chacun.
Diaporama de la semaine arabe
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"Portraits berbères" par Omar D sur les murs du Parlement.
Autres photos disponibles
- Amr Moussa, chef de file de la Ligue Arabe, était au Parlement européen.
- Démonstration de calligraphie par Hassan Massoudy.
- L'artiste en action: Hassan Massoudy.
- Le groupe "the art of Sawt" du Sultanat de Bahreïn.
- Projection du documentaire "Reel Bad Arabs" sur les stéréotypes hollywoodiens envers les Arabes.
- Amr Moussa lors de l'ouverture de la semaine arabe, le 4 novembre 2008.
- Concert place Flagey (Bruxelles) de musiciens du Maroc, du Sultanat de Bahreïn et d'Arabie Saoudite.
- Hans-Gert Pöttering lors de l'ouverture de la semaine arabe, le 4 novembre 2008.
- Le chanteur marocain Nass El Ghiwane pendant le concert du mercredi soir.
Cette semaine a vu son lot d'échanges culturels et politiques entre le monde arabe et l'Union européenne au Parlement européen à Bruxelles. Des séminaires, des ateliers, des échanges de vue ont pris place sur des sujets allant de l'éducation aux droits de l'homme, en passant par le prix (et l'avenir !) du pétrole.
La culture arabe a été mise à l'honneur dans des expositions de qualité, un concert du groupe "folk" Bahrain et des démonstrations de l'art de la calligraphie.
Cet événement qui s'est déroulé du 3 au 7 novembre 2008 s'inscrit dans le cadre de l'année européenne du dialogue interculturel. Nous vous proposons de retrouver cette atmosphère en cliquant sur la photographie qui illustre cet article pour lancer le diaporama consacrée à la semaine arabe.
Le poète nigérian Wole Soyinka et le dialogue entre les cultures
Il est écrivain, poète, auteur de théâtre et premier Africain à avoir obtenu le Prix Nobel de Littérature, en 1986. Le Nigérian Wole Soyinka était l’une des personnalités de marque présentes cette semaine au Parlement européen, lors de la Semaine africaine. Après avoir prononcé un vibrant discours pour les droits de l’homme, il nous a rejoint pour une brève conversation.
Emprisonné à plusieurs reprises au Nigéria pour son rôle de médiateur dans la guerre civile et ses critiques à l’encontre des militaires et du gouvernement, Wole Soyinka a écrit de nombreuses poésies et pièces de théâtre. La plupart ont pour thème la corruption, la tyrannie, les dictatures africaines et le culte de la personnalité.
Nous l’avons rencontré à l’issue de la table ronde sur le dialogue interculturel.
Monsieur Soyinka, comment définiriez-vous le dialogue interculturel ?
« Pour moi c’est un phénomène humain, et nous discutons des moyens de l’améliorer. Il me semble que la communauté internationale a atteint un point où la notion de hiérarchie des cultures est devenue obsolète. Les cultures inconnues ou « étranges » sont maintenant mieux reconnues, le phénomène culturel s’étend davantage. Mais les mécanismes des échanges doivent tout de même être améliorés ».
Votre travail traite de plusieurs thèmes politiques, comme la corruption, l’abus de pouvoir etc. Quel est le rôle d’un poète dans une société -en Afrique comme en Europe ?
« J’ai toujours considéré que les préoccupations politiques avaient leur propre place dans les activités culturelles. Que ce soit dans la littérature, la poésie, la prose, l’écriture et qu’elles viennent d’Afrique ou d’URSS, il est inévitable que l’élément socio-politique y trouve sa place. C’est comme l’eau qui trace son propre chemin. »
Vous avez parlé de « mécanismes d’échanges entre les cultures ». Que voulez-vous dire exactement ?
« Pour vous donner un exemple, le British Council et l’Alliance française envoient parfois des troupes de théâtre en Afrique pour jouer ou faire des ateliers -par exemple au Nigéria. Ensuite, une troupe nigériane se rend à l’étranger et joue des pièces que le public n’y avait jamais vues ! Il faut l’avoir vu pour comprendre à quel point c’est enrichissant et cela élargit nos horizons.
L’autre exemple, c’est l’internationalisation des festivals locaux. Dans mon université, il y a un festival qui s’appelle « Masques, mascarades et marionnettes ». Cela a permis aux Nigérians de présenter leur tradition des masques au monde entier, au Japon, en Chine, dans les pays scandinaves…Mais les Nigérians ont aussi découvert que cette culture du masque était aussi celle de ces pays !
C’est doublement utile aux Nigérians car vous savez, le fondamentalisme religieux déforme cette compréhension entre les cultures et les horizons des gens. De nombreux chrétiens et musulmans au Nigéria pensent que les masques sont le signe du fétichisme, du paganisme, du barbarisme -même les étudiants !
Ca vous fait quoi d’être au Parlement européen pour la Semaine africaine ?
« Mais le Parlement c’est mon QG ! Lorsqu’il y avait des troubles au Nigéria, je venais ici rencontrer les députés européens. Quand la situation s’est enfin stabilisée, je suis revenu pour dire "merci pour votre aide pendant la dernière dictature". J’espère ne jamais avoir à revenir à cause de crises dans mon pays. »











