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Communiqué de presse
 

Une stratégie européenne en Asie centrale

Relations extérieures - 20-02-2008 - 14:38
Séance plénière
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La situation des droits de l'homme et de la démocratie en Asie centrale, à l'exception de la République kirghize, est préoccupante et la coopération avec l'UE demeure "insuffisamment ambitieuse" dans ce domaine, souligne un rapport d'initiative. Selon les députés, l'accession à l'OMC pourrait contribuer largement à la stabilité économique de la région. L'aide internationale devrait aller prioritairement au secteur de la santé, étant donné la progression des maladies infectieuses dans la région.

Les cinq pays regroupés sous la dénomination Asie centrale (Kazakhstan, République kirghize, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan) occupent, historiquement et traditionnellement, une position-clé entre l'Europe et l'Asie et représentent un point de rencontre et de transit important entre les deux continents.
 
Le rapport d'initiative de Cem Özdemir (Verts/ALE, DE), adopté à une large majorité, se félicite de l'attention accrue accordée par l'UE à l'Asie centrale, notamment de l'adoption de sa stratégie à l'égard de cette région du monde mais déplore la lenteur avec laquelle les projets en faveur des cinq pays concernés sont mis en œuvre.
 
La Commission et le Conseil sont invités à prendre toutes les mesures appropriées pour encourager une intégration plus poussée de l'Asie centrale dans le système commercial et économique mondial, notamment par l'accession à l'OMC des quatre pays de la région qui n'en sont pas encore membres.
 
Les députés soulignent l'importance de la promotion par l'UE d'un développement économique équitable et durable dans la région et sont  convaincus que certaines questions ne peuvent être traitées efficacement "qu'au moyen d'approches régionales assorties de solutions régionales".
 
Le rapport plaide pour une différenciation de la politique de l'UE fondée notamment sur la situation des droits de l'homme dans chaque pays, le respect des engagements souscrits dans le cadre de l'OSCE par leur gouvernement, leurs besoins en matière de développement et les engagements de leur gouvernement à améliorer le bien-être des citoyens.
 
En matière de carence de respect des droits de l'homme, le rapport pointe notamment les mauvais traitements infligés aux femmes, largement répandus dans un certain nombre de régions de l'Asie centrale (mariages forcés, traite à des fins d'exploitation sexuelle, viols, etc.) et l'ampleur du recours au travail des enfants dans plusieurs secteurs (culture du coton et du tabac, extraction du charbon et artisanat).
 
Les maladies infectieuses, telles que le VIH, ayant fortement progressé dans la région, la santé et les réformes de la santé dans le secteur public devraient figurer cœur des priorités pour la communauté des donateurs, y compris la Commission, soulignent les députés.
 
Le rapport formule en outre des observations précises sur les cinq pays :
 
  • Kazakhstan : les députés approuvent la décision de confier à ce pays la présidence de l'OSCE en 2010, rendue possible grâce aux promesses faites par le pays de défendre le mandat actuel du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (BIDDH) de cette organisation et de démocratiser et de libéraliser le système politique national. Soulignant que les dernières élections législatives, du 18 août 2007, malgré certaines améliorations, n'ont pas répondu aux exigences de l'OSCE, ils s'inquiètent du fait que tous les sièges au Parlement sont revenus au parti pro-présidentiel au pouvoir, "ce qui pourrait conduire à une concentration du pouvoir entre les mains du Président Nazarbayev et de ses partisans". Le gouvernement kazakh est invité à abolir toute restriction disproportionnée à l'enregistrement de nouveaux partis politiques ;
  • République kirghize : le Parlement regrette que les élections législatives anticipées du 16 décembre 2007 n'aient pas satisfait à une série d'engagements pris dans le cadre de l'OSCE; "une occasion manquée et un recul par rapport aux élections de 2005", et demande aux autorités kirghizes de prendre les mesures nécessaires en vue de rétablir un pluralisme politique à part entière en déplorant la répression et les arrestations, par les forces de police, de membres d'ONG et de militants des droits de l'homme qui manifestaient pacifiquement contre les failles du processus électoral ;
  • Tadjikistan : depuis l'arrêt de la guerre civile en 1997, le pays se trouve dans un état de stabilité précaire, juge le rapport. Le Président ne respecte pas les minorités religieuses, "réprime l'opposition et impose des contrôles stricts sur la presse écrite et la radiodiffusion". Les députés demandent l'abolition de la peine de mort ;
  • Turkménistan : la commission parlementaire salue l'amnistie de onze prisonniers politiques, ainsi que les réformes importantes dans le système d'éducation que semble entreprendre le nouveau président, M. Berdymoukhammedov. Mais elle insiste pour que tout développement  ultérieur des relations avec l'UE, en particulier commerciales, soit conditionné par "une amélioration de la situation désastreuse des droits de l'homme" , notamment les petites communautés religieuses et les autres minorités ;
  • Ouzbékistan : le rapport "confirme son soutien aux sanctions appliquées par l'UE après le massacre d'Andijan" et "prend acte de la décision du Conseil du 15 octobre 2007 de prolonger de 12 mois l'embargo sur les armes et de lever sous condition les restrictions en matière de visas pour une période initiale de 6 mois".. Les députés déplorent que les élections présidentielles tenues le 23 décembre 2007 "n'ont à nouveau pas satisfait à bon nombre d'engagements pris dans le cadre de l'OSCE pour des élections démocratiques et que, selon le BIDDH, le scrutin se soit déroulé dans un climat politique étroitement surveillé sans laisser la place à une réelle opposition".
 
Vous trouverez, dès sa disponibilité, le texte adopté tenant compte des amendements éventuels, à l'adresse ci-dessous.
 
REF.: 20080219IPR21736