Communiqué de presse
 

Avenir démographique de l'UE : faire face au vieillissement de la population

Politique sociale - 21-02-2008 - 14:27
Séance plénière
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Les députés ont adopté un rapport sur l'avenir démographique de l'Europe. Le renouveau démographique, une meilleure gestion des ressources humaines, la garantie de la protection sociale et de la solidarité entre générations et l'immigration sont les grands axes du rapport.

En Europe, la moyenne d'âge pourrait passer de 39 ans en 2004 à 49 ans en 2050, la population en âge de travailler augmenterait jusqu'à 331 millions vers 2010 pour ensuite décroître à 268 millions en 2050, le nombre de personnes de plus de 80 ans passerait 4,1% en 2005 à 11,4% en 2050.
 
Le taux moyen de natalité de 1,5 enfant ne reflète pas la volonté des femmes et des citoyens à fonder une famille mais est lié au contexte social anxiogène (instabilité du travail, logement cher) et à la crainte de l'avenir, souligne le rapport de Françoise Castex (PSE, FR) dont l'objectif est de maintenir la compétitivité économique tout en préservant le modèle social européen sur le long terme.
 
En effet, face à des régions du monde qui connaissent des hausses démographiques importantes, le déséquilibre démographique aurait des conséquences sur la compétitivité et la croissance. Le financement de la protection sociale et l'équilibre des régimes de retraite s'en trouveraient également affectés.
 
Encourager le renouveau démographique
 
"Il est possible d'infléchir positivement les courbes de la natalité par des politiques publiques concertées en établissant un environnement matériel et psychologique favorable à la famille et à l'enfance", estiment les députés.
 
Ainsi, le Parlement demande aux Etats membres de prendre des mesures, dans le cadre de la directive de 1992 relative à la sécurité et à la santé des travailleuses enceintes et des jeunes mères allaitantes, contre les employeurs qui, directement ou indirectement, exercent des discriminations à l'encontre des travailleuses désireuses d'être mères.
 
Il appelle également les Etats membres à promouvoir des mesures fiscales encourageant l'augmentation du taux de natalité et attire l'attention sur la nécessité de garantir aux femmes, après la naissance, une protection et un soutien spécifiques, notamment aux jeunes mères célibataires. Ces dernières représenteraient 85% des chefs de famille monoparentales.
 
Des actions positives en faveur de la parentalité telles que des droits supplémentaires à la retraite et des allègements fiscaux pour la création de crèches d'entreprises devraient également être encouragées par les Etats membres. Le rapport souligne la nécessité d'améliorer la législation européenne en faveur de la protection de la paternité.
 
Le rapport invite également la Commission à prendre en considération "le problème sensible de l'infertilité", phénomène en augmentation qui touche actuellement environ 15 % des couples.
 
Enfin, les modèles familiaux évoluent, et les députés invitent la Commission et les Etats membres à tenir compte de cette réalité dans la définition et mise en œuvre de leurs politiques.
 
Ressources humaines
 
Face au déséquilibre entre non actifs et actifs, l'Union européenne possède toutefois une marge de progression d'emploi grâce à l'emploi des femmes, des jeunes, des seniors et des personnes handicapées.
 
C'est pourquoi, le PE invite les Etats membres à donner avant tout la priorité, avec les partenaires sociaux, à l'amélioration du taux d'emploi des femmes et des personnes issues de l'immigration. Il appelle à une réforme de la gestion actuelle des ressources humaines européennes et demande l'application de la directive 2000/78/CE qui a déclaré illégale la discrimination fondée sur l'âge. Actuellement, le sous-emploi des jeunes de moins de 25 - 30 ans et des seniors à partir de 55 ans réduit à environ trente années, la vie active d'une grande partie de la population.
 
Le rapport préconise de diminuer au plus vite le recours des entreprises aux préretraites. Pour les travailleurs âgés, c'est à dire ayant dépassé l'âge minimum de la retraite, qui ne souhaiteraient plus occuper une fonction à plein temps, des expériences de temps partiels, de travail aménagé, de télétravail et de "job-sharing" pourraient être explorées et constituer une forme innovante de retraite progressive et limitant les effets du stress de la retraite.
 
De plus, les Etats membres, en concertation avec les partenaires sociaux et dans le respect des traditions nationales devraient promouvoir et ne pas empêcher l'établissement de règles permettant aux travailleurs de prolonger leur vie active sur une base volontaire, souligne le rapport.

Solidarité
 
Le principe de solidarité entre les générations qui sous-tend les modèles sociaux européens, repose sur la prise en charge par les actifs des revenus de substitution, des coûts de protection et de santé des non-actifs.
 
Le rapport insiste pour que le principe de solidarité soit maintenu malgré le déséquilibre démographique prévisible et souligne l'importance de l'intervention active des pouvoirs publics, notamment par la présence de services sociaux d'intérêt général (SSIG).
 
Par ailleurs, le PE invite les Etats membres à une réflexion coordonnée sur de possibles réformes des systèmes de retraite et de protection sociale, prévoyant des dispositions qui garantiraient aux femmes la prise en compte de leurs congés de maternité et d'éducation dans le calcul de leurs droits à pension.
 
Immigration
 
Enfin, le recours à l'immigration est, et va continuer à être, l'un des éléments de la démographie de l'Union et pourrait constituer un apport positif du point de vue économique, social et culturel, note le rapport. Par conséquent, la Commission, les Etats membres et les partenaires sociaux sont invités à développer une approche sereine et raisonnée de l'immigration afin de contrer les opinions et attitudes xénophobes et racistes et de promouvoir l'intégration entière et effective des migrants dans la société.
 
Enfin, le rapport souligne l'urgence de mieux coordonner les politiques d'immigration des Etats membres afin de garantir une meilleure intégration des immigrés dans la société et dans l'économie formelle.
 
Quelques chiffres
 
Selon un étude de la Commission européenne, la France a l'un des taux de natalité les plus hauts de l'UE avec 1,9 enfant et en 2050, ce chiffre devrait rester identique. L'espérance de vie est également plus élevée que la moyenne européenne. Le Luxembourg et la Belgique sont également au dessus de la moyenne européenne en ce qui concerne le taux de natalité, avec respectivement 1,7 et 1,6. Au Luxembourg, l'espérance de vie est proche de la moyenne européenne. Une augmentation de la population du fait de l'immigration est prévue. En Belgique, on s'attend pour 2050 à un vieillissement de la population moins prononcé que dans l'UE.
 
REF.: 20080221IPR21951