Communiqué de presse
Les femmes actrices du dialogue et de la paix
Droits de la femme/Egalité des chances - 06-03-2008 - 18:43
Commissions
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Le rôle des femmes en faveur du dialogue et de la paix a été le principal thème débattu ce mercredi, veille de la Journée internationale de la Femme, lors d'une réunion de la commission des droits de la femme du PE avec des membres des parlements nationaux. Le Président Pöttering a plaidé pour la création d'un Représentant européen pour la protection des droits de la femme dans les relations internationales.
Pour Anna Záborska (PPE-DE, SK), Présidente de la commission des droits de la femme, "le dialogue interculturel est essentiel pour parvenir à la paix et l'Union européenne est un modèle dans ce domaine". "Dialoguer, c'est écouter", a-t-elle souligné.
Un Représentant pour les droits des femmes dans les relations internationales
"L'UE doit être capable de mener un dialogue, en Afrique, au Proche-Orient, au-delà de la Méditerranée mais aussi dans le monde", a déclaré le Président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, en ouverture de la conférence. "Le rôle des femmes dans la société est essentiel dans le dialogue interculturel", a-t-il ajouté.
Le Président du PE a soutenu la proposition de la députée Kathalijne Buitenweg (Verts/ALE, NL) de nommer un Représentant européen pour la protection des droits de la femme dans les relations internationales. Ce dernier pourrait dépendre du Haut-Représentant pour la politique étrangère. Le Parlement serait impliqué dans sa nomination et informé de la mise en œuvre de son mandat.
Femmes dans les conflits
Gertrude Mongella, Présidente du Parlement Panfricain, a regretté que les femmes du monde n'aient pas pu s'organiser en faveur de la paix. "Il ne peut pas y avoir de dialogue interculturel sans coexistence pacifique", a-t-elle indiqué, en allusion aux violences diverses frappant le continent africain.
"Quel dialogue peut-on avoir en situation de conflit?", s'est aussi demandée Naomi Chazan (Israël), membre de la Commission internationale des femmes pour un processus de paix israélo-palestinien juste et durable. "Le réel dialogue est celui qui permet d'aboutir à une solution", a-t-elle souligné, précisant que son organisation se bat pour une résolution du conflit impliquant la reconnaissance de deux Etats basés sur les frontières de 1967.
"Tant qu'il y aura des contrôles et des humiliations, la violence continuera à augmenter", a affirmé Amal Khreisheh (Territoires palestiniens), membre de la même organisation. "Le soutien de la Communauté internationale est essentiel dans le processus de paix et pour permettre aux femmes de se développer. Dans les territoires palestiniens, sans la paix, il sera difficile d'arriver à une égalité hommes-femmes", a-t-elle ajouté.
A l'occasion de l'échange de vue entre invités et parlementaires nationaux, Kerstin Griese, présidente de la commission des affaires familiales et des femmes au Bundestag a expliqué le lien étroit entre le droit des femmes et le dialogue interculturel. Dans le même sens, Engström Hillevi, parlementaire suédoise, a souligné l'oppression à l'égard des femmes - crimes d'honneur, mutilations génitales féminines- dans certaines cultures et religions.
Respect des différences
Le dialogue interculturel porte sur le respect des différences, a souligné Naomi Chazan. "Il faut bâtir la culture du respect", a insisté le commissaire européen à l'éducation, Jan Figel, citant l'exemple de l'UE, "la diversité culturelle est une richesse et pas un problème". "Ce travail devra se poursuivre et ne pas s'arrêter au 31 décembre 2008", a estimé pour sa part Christa Prets (PSE, DE).
Erna Hennicot Schoepges (PPE-DE, LU), a souligné "la frilosité des instituions à parler de dialogue interreligieux, expression de peur et d'insécurité" alors que les femmes ont un rôle essentiel à jouer.
Meilleures pratiques en matière d'égalité hommes-femmes
Cette réunion a aussi été l'occasion d'échanger les meilleures pratiques en matière d'égalité hommes-femmes dans les travaux parlementaires. Les membres des Parlements nationaux sont intervenus notamment sur la place accordée aux femmes dans leurs Etats respectifs.
L'objectif est d'atteindre une représentation de 40% a indiqué Marjeta Cotman, la ministre du travail de Slovénie, précisant que son pays comptait 40% d'eurodéputés femmes grâce à une politique de quotas. De même, Gisèle Gauthier, du Sénat français, s'est félicitée de la loi sur la parité votée en 2000: "si cette loi n'avait pas été votée, nous n'aurions pas connu les progrès que nous connaissons aujourd'hui."
Selon le commissaire à l'emploi, Vladimir Spidla, "Les femmes sont toujours discriminées dans le monde du travail, la question des salaires et de l'accès aux postes de direction pose toujours problème". Un point de vue partagé par Trifon Mitev, présidente de la sous-commission de l'égalité des genres à l'Assemblée nationale bulgare, pour qui des progrès restent à faire en matière économique. "La Bulgarie se fixe comme objectif un taux de 60% des femmes au travail d'ici 2020".
Le Parlement veut être un exemple en matière d'égalité, a indiqué la vice-présidente du PE, Rodi Kratsa-Tsagaropoulou, qui est à la tête du groupe de haut-niveau pour l'égalité des chances au sein du Parlement. Olle Thorell, parlementaire suédois a cependant souligné "l'impossibilité, au Parlement européen, pour une députée qui a accouché, de se faire remplacer par un suppléant, contrairement au Parlement suédois."
06/03/2008
Commission des droits de la femme et de l'égalité des genres
Présidente : Anna ZÁBORSKÁ (PPE-DE, SK)
Présidente : Anna ZÁBORSKÁ (PPE-DE, SK)
REF.: 20080303IPR22669
