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Réchauffement climatique : des voitures plus propres, pour avoir moins chaud

Environnement - 26-06-2008 - 15:52
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EU regulation on CO2 emission ©BELGA_MAXPPP_LINDAUER Thierry

Vers des voitures moins émettrices de CO2 et moins gourmandes en pétrole

Avec 220 millions de voitures sur les routes européennes, la contribution du transport automobile au réchauffement climatique est importante : 1/5ème des émissions de CO2 de l’Europe provient de nos voitures. Pour mieux lutter contre le réchauffement, la Commission a présenté un plan de réduction obligatoire des émissions des véhicules légers. Objectif : pas plus de 120 g de CO2/km d’ici 2012, contre 160g/km actuellement. Les députés européens se prononceront bientôt sur cette proposition.

Dès les années 1990, l’Union Européenne s'était fixée un objectif précis : pas plus de 120g d’émission de CO2 par km parcouru, avant 2012 -soit une consommation de 4,5 litres/100 km pour les diesels et 5 litres/100 km pour les voitures à essence.
 
Mais malgré des progrès techniques significatifs, l’objectif semble être encore loin de portée : entre 1995 et 2004, les émissions moyennes des voitures neuves vendues dans l'UE-15 sont passées de 186 grammes à 163 g/km. Il reste encore du chemin pour parvenir à l'objectif de 120 g/km. Et pour cause : les innovations technologiques n’ont su compenser ni l’explosion de la circulation automobile en Europe, ni la taille toujours croissante des véhicules -proportionnelle à leur consommation. Dès lors, parce que les incitations ne sont plus suffisantes, l’Union Européenne a décidé de légiférer sur des objectifs désormais contraignants…
 
Vers des véhicules moins polluants, obligatoirement
 
Alors que les véhicules actuellement en circulation émettent en moyenne 160g/km de CO2 dans l’atmosphère, la Commission européenne a proposé fin 2007 un objectif pour 2012 de 120g/km. L’industrie automobile peut-elle y parvenir en quatre ans seulement ? Oui, selon la Commission européenne, qui détaille deux pistes pour économiser le CO2 :
  • réduire les émissions à 130g/km grâce aux nouvelles technologies automobiles
  • introduire des mesures complémentaires pour une réduction de 10g/km supplémentaire, en agissant sur les pneus, les systèmes de climatisation et sur les carburants routiers (utilisation accrue des biocarburants).
Pour y parvenir, les industriels automobiles pourront s’unir pour atteindre ces objectifs ; ceux dont les ventes européennes n’excèdent pas les 10.000 unités pourront être partiellement exemptés.
 
La balle est dans le camp du Parlement européen
 
Le Parlement européen s’était déjà prononcé sur cette stratégie en octobre 2007. A l’époque, les députés européens avaient proposé une réduction des émissions de CO2 à 125 g/km d’ici 2012. Mais ils avaient fixé un objectif très ambitieux pour 2020 : 95g de CO2/km.
 
Alors qu’ils doivent désormais donner leur avis sur la proposition législative, c’est au député italien Guido Sacconi (Parti Socialiste Européen) qu’ils ont confié la tâche de rédiger le rapport à ce sujet. Pour Guido Sacconi, l’ambition doit demeurer à la hauteur du défi climatique : « le secteur automobile doit fournir des efforts comparables aux autres secteurs de production », explique-t-il. Il propose donc de confirmer l’objectif de long-terme de 95g/km pour 2020. Aux industriels de décider la manière d’y parvenir.
 
Des amendes pour les récalcitrants, des incitations pour les acheteurs
 
Que se passera-t-il si un industriel ne respecte pas les normes européennes ? Un système d’amende sera mis en place. Pour Guido Sacconi, il ne faut pas voir cette pénalité « comme une taxe, mais comme une mesure incitative forte pour encourager les investissements ». Il proposera dans son rapport d’attribuer le montant de ces amendes au financement des technologies innovantes et à la recherche, par exemple sur l’hydrogène ou la seconde génération de biocarburants.
 
Mais la proposition législative ne concerne pas que les industriels : les acheteurs de véhicule seront eux aussi encouragés à choisir des modèles plus respectueux de l’environnement, comme le note Guido Sacconi : « Avec les prix très élevés du pétrole, nous devons clairement mettre en avant les avantages d’acheter des voitures moins gourmandes. Ainsi, émettre moins de CO2 signifiera, en même temps dépenser beaucoup moins ». Et si les prix des voitures augmentent légèrement à cause de ces normes et du coût de la recherche, ils seront vite compensés par le gain dû aux économies de pétrole.
 
Et maintenant ?
 
Le vote sur le rapport de Guido Sacconi à propos des émissions des véhicules devrait avoir lieu au mois de septembre en Commission Environnement. Des négociations avec les Etats-membres du Conseil auront ensuite lieu, afin de parvenir à un compromis final lors du vote en session plénière, a priori au mois de décembre 2008.
 
Sacconi par Sacconi
 
Député européen depuis 1999, Guido Sacconi a été, lors de son premier mandat, le vice-président influent de la Commission de l’environnement. Réélu en 2004, Guido Sacconi préside désormais la Commission temporaire sur le changement climatique. Son plus grand défi ? « Démontrer une nouvelle fois, après le système d’enregistrement des produits chimiques REACH, que le développement durable n’est pas une formule vide. Dans la lutte contre le réchauffement climatique, il est absolument nécessaire de concilier environnement, concurrence et emploi. Nous devons prouver que c'est possible ».
 
REF.: 20080616STO31715