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Pour une gestion durable du bois et du poisson en Afrique de l’Ouest

Développement et coopération - 25-06-2008 - 16:30
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Un pêcheur répare ses filets, le 14 mai 2008. ©BELGA/AFP PHOTO/GIANLUIGI GUERCIA

La surpêche pousse de nombreux pêcheurs dans la pauvreté et l'exil

Pauvreté, chômage, instabilité politique : les maux qui rongent de nombreux pays dans le monde grossissent les rangs des candidats à l’exil. Une des solutions serait de favoriser le développement économique des pays touchés, en particulier sur le continent africain. La semaine dernière, les députés ont débattu concrètement des moyens d’exploiter durablement le bois et les stocks de poissons en Afrique de l’Ouest. 80% de ces ressources sont exportées vers l’Union Européenne.

Les secteurs de la pêche et de la production de bois sont vitaux pour les pays de la corne Ouest du continent africain. Ils leur apportent nourriture, emploi et commerce extérieur.
 

Les pays d'Afrique de l'Ouest

  • Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo. On considère souvent que le Cameroun fait également partie de l'Afrique de l'Ouest.
Alors que 80% du bois et du poisson est exporté vers l’Union Européenne et que de nombreuses entreprises européennes travaillent en Afrique de l’Ouest, l’Europe a une responsabilité à assumer : c’est ce qu’ont défendu les députés européens la semaine dernière, en adoptant le rapport de Frithjof Schmidt (Verts/ALE).
 
La déforestation, la surpêche…et leurs conséquences
 
« Le bois actuellement disponible en Afrique de l’Ouest ne représente que 13% du stock d’il y a 50 ans », a rappelé le rapporteur allemand dans l’hémicycle. « En d’autres termes, 87% des forêts ont été coupées ». Cette déforestation -parfois illégale- mène souvent à la désertification et a des conséquences majeures sur les populations, qui migrent des terres intérieures vers les côtes.
 
Or, les côtes ne fournissent plus non plus la quantité suffisante de poissons pour entretenir les pêcheurs locaux : il en résulte une nouvelle migration, en particulier vers l’Europe. Le rapport adopté en plénière cite, pour appuyer son propos, une récente étude de l’Organisation internationale pour les migrations, selon laquelle « l'une des principales causes de la migration à partir du Sénégal est le déclin des industries locales de la pêche ».
 
Pour les députés, il faut donc absolument promouvoir une exploitation durable des ressources naturelles des pays d’Afrique de l’Ouest.
 
Des mesures pour enrayer le déclin de la production
 
Dans le rapport adopté mardi dernier, les députés proposent plusieurs mesures, parmi lesquelles :
  • favoriser, pour tout marché public européen, national ou local, l'achat de « produits du bois portant un label écologique, en particulier ceux certifiés conformément à la norme du Conseil international de gestion forestière » ;
  • freiner la pêche illégale, surveiller et contrôler les stocks halieutiques « afin de mettre un terme au grave déclin de ces stocks au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest » ;
  • examiner le lien manifeste entre « les niveaux d'immigration des pays de l'Afrique de l'Ouest vers l'Union et le grave déclin des stocks halieutiques au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest ».
 
REF.: 20080625STO32668