Communiqué de presse
 

Stabilisation de l'Afghanistan

Relations extérieures - 08-07-2008 - 15:57
Séance plénière
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Mieux distinguer les opérations civiles des opérations militaires ©BELGA_EPA_JALIL REZAYEE

Mieux distinguer les opérations civiles des opérations militaires

Pour les députés, l'effort international de reconstruction en Afghanistan demande une coordination plus étroite entre les institutions impliquées. L'Union européenne devrait avoir un rôle politique bien plus important en Afghanistan et tous les acteurs devraient continuer à faire la distinction entre opérations militaires et actions civiles.

Le rapport d'initiative  initialement rédigé par André Brie (GUE/NGL, DE) a été adopté par 423 voix pour, 74 voix contre et 43 abstentions. Les députés y relèvent que "l'Union européenne est surtout connue, en Afghanistan en tant qu'organisation humanitaire", mais "il faut aussi qu'il apparaisse que l'UE dispose d'une plus grande influence politique". A cette fin, il fait valoir qu'un "renforcement majeur de la volonté et de l'engagement politique est nécessaire, ce qui implique non seulement de fournir des troupes de combat supplémentaires dans les zones les plus difficiles indépendamment des réticences nationales, mais aussi de renforcer d'urgence les efforts de reconstruction civile".
 
Lors d'un débat en plénière, le rapporteur a déclaré qu'il retirait son nom du rapport, considérant qu'il n'a pas pu convaincre "suffisamment de collègues que des solutions militaires ne sont pas viables pour l'Afghanistan". "Certains estiment qu'il faut considérer l'Afghanistan à travers le prisme des opérations anti-drogue et anti-terrorisme. D'autres considèrent qu'il s'agit d'une occupation. Mais je pense que nous devrions tenir compte d'un peuple qui endure une guerre sans répit depuis 30 ans", a-t-il ajouté. Il a également rendu hommage aux familles des victimes tuées lundi dans un attentat visant l'ambassade d'Inde de Kaboul.  
 
Gagner la guerre en bâtissant la paix
 
Jugeant la présence de ces troupes indispensable pour garantir l'avenir du pays, les députés soutiennent "les efforts consentis par les forces de l'OTAN pour renforcer la sécurité du pays et la lutte contre le terrorisme local et international". Ils estiment toutefois que "les problèmes de sécurité dans le pays dépassent par leur complexité ceux d'une simple guerre contre le terrorisme et nécessitent, par conséquent, davantage qu'une solution militaire". Ils invitent également le gouvernement américain à abandonner sa politique d'éradication des cultures de pavot, afin de ne pas alimenter les rancœurs contre la présence des troupes internationales.
 
Le rapport fait en particulier état de préoccupations liées aux effets des opérations militaires sur l'aide humanitaire et le développement. Il note que, si la sécurité et le développement sont interdépendants en Afghanistan, il convient de conserver une limite claire entre les actions militaires et civiles. Les députés considèrent en particulier que l'opération "Liberté immuable" pourrait "être perçue comme contre-productive si la pression militaire exercée sur les insurgés n'allait pas de pair avec un processus politique renforcé dans lequel les autorités afghanes tendent la main à toutes les composantes de la population qui reconnaissent la Constitution et déposent les armes".
 
De plus, considérant que les relations entre l'Afghanistan et le Pakistan sont la principale source d'instabilité dans la région, le Parlement appelle à la mise en place d'une politique globale axée sur ces relations, en vue d'une stabilisation.
 
Liberté des médias, société civile et réforme judiciaire
 
Le rapport relève que plusieurs domaines sont absolument cruciaux pour la reconstruction de l'Afghanistan. Il souligne que, "afin de surmonter la "culture de la violence" qui prévaut au sein de la société afghane, la communauté des donateurs internationaux devrait appuyer financièrement et techniquement  les projets locaux visant la réconciliation". Les députés soulignent également que "la liberté des médias joue un rôle essentiel dans la création d'une société démocratique", et, se disant inquiets du "nombre d'agressions contre des journalistes", demandent aux autorités afghanes d'enquêter sérieusement sur ces violations.
 
En outre, le rapport rappelle que, d’après son mandat, la mission de police de l'UE (EUPOL) peut fournir appui et formation au ministère afghan de l'intérieur, priorité absolue si l'on veut établir l'Etat de droit en Afghanistan. Dans ce contexte, il critique sévèrement les Etats membres qui n'ont pas fourni à EUPOL un personnel suffisant pour lui permettre de se déployer pleinement, et demande au Conseil de se pencher d'urgence sur cette question.
 
Présence internationale
 
La force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), dirigée par l’OTAN, compte dans ses rangs 42 000 hommes de 26 nationalités, dont des soldats français, belges et luxembourgeois.
 
Le sommet de l'OTAN à Bucarest, début avril, a été l'occasion pour Nicolas Sarkozy d'annoncer officiellement l’envoi de mille soldats français supplémentaires sur le sol afghan cet été, portant leur nombre à 2500. Lors de la conférence des donateurs sur l'Afghanistan du 12 juin dernier, il a également annoncé le doublement de l'aide française, soit un engagement de 107 millions d'euros sur la période 2008-2010. Les trois missions principales de l'armée française sur place concernent la sécurisation de la capitale, la formation de l’armée afghane et les frappes aériennes pour le compte de la coalition.
 
368 soldats belges sont actuellement opérationnels en Afghanistan, surtout pour assurer la sécurité de l’aéroport de Kaboul. En février dernier, le ministre de la Défense Pieter De Crem annonçait l’envoi, dès le 1er septembre, de quatre avions de combat F-16 à Kandahar (sud), où ils doivent assurer un appui aérien aux 1 665 combattants hollandais qui s’y trouvent. Les 9 soldats luxembourgeois présents sur le terrain sont quant à eux intégrés dans les troupes belges.
 
 
Vous trouverez, dès sa disponibilité, le texte adopté tenant compte des amendements éventuels, à l'adresse ci-dessous, en cliquant dans le calendrier sur le jour du vote (08.07.2008).
 
REF.: 20080707IPR33587

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