Article
Stop à la violence domestique envers les femmes !
Droits de la femme/Egalité des chances - 29-10-2008 - 14:11
La violence domestique est l'une des formes les plus répandues de violation des droits de l'homme dans le monde. Une femme sur cinq est victime de violences physiques au moins une fois dans sa vie et une femme sur dix a déjà souffert d'abus sexuels avec violence.
C'est pour combattre ces chiffres alarmants que le Conseil de l'Europe a lancé sa campagne intitulée "Stop à la violence domestique envers les femmes!" dont le but est de sensibiliser les populations mondiales à cette réalité dérangeante. Dans le cadre de cette initiative, le Parlement européen a accueilli le 13 octobre 2008 une audition publique organisée par la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres.
Une plus grande sensibilisation
Violence domestique
- En Europe, la violence domestique est la première cause de mortalité et d'invalidité pour les femmes âgées de 16 à 44 ans.
- En Suède, en Allemagne et en Finlande, 30 à 35% des femmes entre 16 et 67 ans ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au moins une fois dans leur vie.
- Si l'on inclut les violences psychologiques, le pourcentage de femmes touchées par la violence domestique frôle les 50%.
- Des études estiment que 12 à 15% des femmes ont été victimes d'abus conjugaux après l'âge de 16 ans.
La violence conjugale se caractérise par une attitude violente. Celle-ci peut prendre diverses formes telles que la violence physique ou sexuelle. Mais il existe également d'autres cas, moins connus, et pourtant fréquents. Le harcèlement psychologique, qui très souvent prend naissance dans une situation de dépendance financière à laquelle la victime ne peut mettre fin, en est un.
A l'ouverture de l'audition publique, la présidente de la commission des droits de la femme et de l'égalité des chances, Mme Anna Zaborská (Slovaque, membre du PPE-DE) a rappelé que l'objectif de la campagne était de combattre la violence domestique sous toutes ses formes en déclarant que: "par violence domestique, on entend violence ou menace de violence physique, psychologique ou sexuelle". Elle a également rappelé l'importance des mots d'Ingrid Betancourt devant le Parlement, appelant à "construire une nouvelle civilisation de l'amour".
M. Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne a souligné son "engagement personnel" dans la lutte contre les violences faites aux femmes, lutte qu'il a qualifiée de "combat pour les droits humains fondamentaux". Il a également évoqué ses priorités, parmi lesquelles figurent la lutte contre le mariage forcé et l'exploitation sexuelle des enfants.
Il a mis l'accent sur l'importance de disposer "d'informations précises afin d'élaborer de meilleures campagnes de sensibilisation et pour décider des mesures appropriées".
"Une espèce de guerre civile"
M. José Mendes Bota, rapporteur de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, a appuyé les dires de M. Barrot en déclarant que "nous détenons un rôle important dans ce combat. La violence domestique envers les femmes est en fait une espèce de guerre civile. Le réel combat est entre ceux qui s'impliquent et ceux qui s'en moquent ".
Selon lui, un facteur non négligeable serait l'implication d'un plus grand nombre d'hommes dans la campagne. Comme il l'a expliqué, les hommes restent "les principaux agresseurs". C'est pourquoi leur présence est cruciale pour le succès de la campagne.
Enfin, les députés européens ont fait part de leur volonté de sensibiliser le monde entier sur cette question avant le lancement du plan d'action de l'Union européenne qui devrait voir le jour avant la fin de l'année.
REF.: 20081027STO40641

