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20 ans du Prix Sakharov - pour la démocratie et contre l'oppression.

Droits de l'homme - 25-11-2008 - 19:22
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La croyance en la démocratie et les droits universels peut se révéler être à double-tranchant. Les défenseurs des droits de l'homme affrontent souvent la discrimination, l'intimidation quand ce ne sont pas des violences physiques. Plusieurs lauréats du Prix Sakharov incarnent la résistance à l'oppression, au fondamentalisme religieux ou aux camps de travail. Nous vous les présentons ici.

Anatoli Marchenko
 
L’engagement en faveur de la défense des droits de l’homme et de la démocratie peut être une question de vie ou de mort. Le dissident soviétique Anatoli Marchenko était un ouvrier d’origine ukrainienne devenu militant des droits de l’homme. Pour cette raison, il a passé 20 ans en prison et dans des camps de travail, dont il a décrit les conditions cruelles de détention dans ses livres. Par plusieurs grèves de la faim, il a dénoncé les problèmes de droits de l’homme vécus dans l’ancienne Union soviétique. Celle de 1986 s’est avérée fatale. En prison, il a refusé de s'alimenter durant trois mois, en demandant la libération de tous les prisonniers politiques de l’URSS. Il est décédé à l’âge de 48 ans. Il est la seule personne a avoir reçu le Prix Sakharov à titre posthume (en 1988).
 
Alexander Dubček
 
Alexander Dubček est parvenu à faire changer le cours de l'histoire quand il détenait pouvoir et influence au poste de premier secrétaire du parti communiste tchécoslovaque. Ce politicien slovaque est devenu le visage du mouvement réformateur de la Tchécoslovaquie en 1968. Son objectif consistait à modifier le modèle standard soviétique du socialisme et à «donner au socialisme un visage humain». Le Parlement a décerné à M. Dubček le Prix Sakharov peu après la révolution de velours en 1989.
 
Aung San Suu Kyi
 
Le parti politique birman de la Ligue nationale pour la démocratie a remporté l’élection générale de 1990. Au lieu de devenir premier ministre, Aung San Suu Kyi, leader de ce parti, a été emprisonnée par la junte militaire au pouvoir pour réduire au silence son appel en faveur de la démocratie. Depuis, Suu Kyi a passé plus de 13 ans en résidence surveillée. Elle vit privée de voyages et de communication avec le monde extérieur, séparée de ses enfants et éloignée de son mari, décédé en Angleterre alors qu'elle était encore en Birmanie. Le Parlement européen a récompensé son courage et son engagement en faveur des valeurs de la démocratie et de la paix en 1990.
 
Taslima Nasreen
 
«Toute personne qui ne lutte pas tous les jours pour sa liberté et pour sa vie ne mérite aucune des deux». Taslima Nasreen a cité les paroles de Goethe quand elle a reçu le Prix Sakharov en 1994. Elle a consacré sa vie à mettre fin à l’oppression des femmes et au fondamentalisme religieux au Bangladesh. Elle a écrit de nombreux articles, s’attirant des critiques féroces et des menaces de mort de la part de fondamentalistes religieux. Après de nombreuses années vécues sous la menace, Mme Nasreen a appelé à l'aide le Parlement européen, qui a demandé au gouvernement du Bangladesh d’assurer sa sécurité, par le biais d’une résolution. Elle est cependant restée en danger et a été forcée de quitter son pays en 1999. Elle vit aujourd’hui en exil en Inde.
 
Wei Jingsheng
 
Le dissident chinois Wei Jingsheng, lauréat en 1996, a connu des conditions cruelles de détention. Il a, dans un premier temps, soutenu la révolution culturelle maoïste, mais, déçu, il s’est ensuite tourné vers la défense de la démocratie et des droits de l’homme. En 1978, il a placé sur le “Mur de la démocratie,” à Pékin, une affiche sur laquelle il réclamait la démocratisation de la Chine. Après cet acte et quelques autres, il s’est vu accusé de complots destinés à renverser le gouvernement et a été emprisonné durant 15 ans. Après sa libération en 1993, il n’a joui de sa liberté que pendant deux ans, car il a continué de dénoncer le manque de démocratie, ce qui lui a valu une nouvelle incarcération. En raison de la dégradation de son état de santé et des fortes pressions internationales, le gouvernement chinois l’a libéré en 1997. Il vit actuellement aux États-Unis.
 
Oswaldo Payá
 
Peut-on vaincre une dictature en utilisant des moyens légaux ? Oswaldo José Payá Sardiñas répondrait par l'affirmative. Ce militant cubain n’a pas créé une armée de rebelles pour lutter contre le régime de Fidel Castro. Au contraire, il continue d’encourager de manière légale la réforme du système. Dans le courant des années 1990, il a tenté à deux reprises de se présenter comme candidat au parlement cubain. Malgré le refus du gouvernement, il a cofondé le «Varela», qui était destiné à garantir la liberté d'expression, des élections pluralistes libres et la libération de tous les prisonniers politiques. Quelque 25 000 Cubains se sont ralliés à ces requêtes. Malgré ce soutien, La Havane a non seulement ignoré la demande d’un référendum, mais a condamné en mars 2003 deux tiers des militants (75 personnes) à des peines d’emprisonnement de plusieurs années.
 
Hauwa Ibrahim
 
L'amputation d’une main en tant que punition pour vol ? Une lapidation à mort pour adultère ? Ces pratiques semblent appartenir au Moyen-âge. Dans le Nord du Nigeria, une forme extrême de la charia islamique est encore appliquée. Hauwa Ibrahim est l’une des rares femmes juristes combattant pour les droits de l’homme et s’opposant au fondamentalisme religieux dans le pays. Grâce à son travail, elle a plaidé dans plusieurs affaires impliquant la peine de mort ou des châtiments cruels. Elle est également un ardent défenseur de l’éducation, qu’elle considère comme un outil d’émancipation des femmes et comme la meilleure protection pour les personnes les plus démunies. Hauwa Ibrahim s’est vue décerner le Prix Sakharov en 2005.
 
Alexandre Milinkevitch
 
La Biélorussie est considérée comme la dernière dictature d’Europe. Le lauréat du prix Sakharov en 2006, Alexandre Milinkevitch, a consacré sa vie à transformer son pays en un État démocratique dans le plein respect des droits de l’homme. En devenant le candidat officiel à la présidentielle de l’Opposition démocratique unie de la Biélorussie, M. Milinkevitch a représenté une alternative au régime imposé par Alexandre Loukachenko. Toutefois, ce dernier a remporté les élections en 2006. Bien que l’UE ait affirmé que les résultats aient été l’objet de fraudes, Milinkevitch a réussi à obtenir le soutien de plus de 6 % de la population. Depuis lors, il a été maintes fois arrêté et détenu sous des prétextes divers.
 
Salih Mahmoud Osman
 
Le Soudan est devenu synonyme d’instabilité et de souffrance. En dépit du danger permanent, des personnes courageuses aident les victimes des guerres civiles. L’une d’elles est Salih Mahmoud Osman. Il a fourni une assistance juridique et médicale aux personnes dont les droits de l’homme ont été violés. Cela lui a coûté cher. Le gouvernement soudanais l’a emprisonné pendant plus de sept mois et des membres de sa propre famille ont été tuées ou expulsées de chez eux par les milices. Néanmoins, il a continué de lutter en faveur de la justice et il est aujourd’hui député au parlement soudanais. M. Osman a obtenu le Prix Sakharov en 2007.
 
REF.: 20081120STO42659