Communiqué de presse
 

Un milliard d'euros pour faire face à la volatilité des prix alimentaires

Développement et coopération - 04-12-2008 - 15:16
Séance plénière
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Les députés ont donné jeudi leur accord pour octroyer un milliard d'euros supplémentaire aux pays en développement pour faire face à la volatilité des prix des denrées alimentaires.

"C'est un compromis acceptable mais nous sommes dans une situation paradoxale : les gouvernements donnent des milliards pour sauver les banques et ne sont pas capables de donner de l’argent pour sauver les pays en développement", a déclaré le rapporteur, Gay Mitchell (PPE-DE, IE). La décision a été adoptée par 561 voix pour, 24 contre et 34 abstentions.
 
Pour faire face à la "volatilité des prix alimentaires", la priorité va être donnée à des mesures "destinées à améliorer l'accès aux intrants et services agricoles, y compris les engrais et les semences". Une attention particulière est accordée aux infrastructures locales. Un dispositif de sécurité permettra de préserver ou d'améliorer la capacité de production agricole et de satisfaire les besoins en aliments de base des populations les plus vulnérables, y compris les enfants.
 
D'autres mesures seront mises en œuvre à petite échelle. Elles viseront à accroître la production en fonction des besoins des pays : le microcrédit, l'investissement, l'équipement, les infrastructures et le stockage, ainsi que la formation professionnelle et le soutien aux catégories professionnelles du secteur agricole.
 
Des pays cibles hautement prioritaires
 
"L'instrument de réponse rapide" va être réservé à "une liste limitée de pays cibles hautement prioritaires". Le niveau de pauvreté et les besoins réels des populations, l'évolution des prix des denrées alimentaires et leurs conséquences socio-économiques potentielles, ainsi que la capacité des pays à répondre et à mettre en œuvre des mesures appropriées seront les trois principaux critères de sélection.
 
Les entités pouvant bénéficier d'un financement sont les pays et les régions partenaires, les organisations internationales, y compris les organisations régionales, les organes, services ou missions des Nations unies (tels que FAO, FIDA, UNICEF et PAM), les institutions financières internationales et régionales ou encore les banques de développement.
 
Un complément aux aides existantes
 
Les mesures adoptées dans le cadre de cette facilité devraient aider les pays en développement à dynamiser leur productivité agricole au cours des prochaines campagnes, à réagir rapidement à leurs besoins immédiats et à ceux de leur population, et à prendre les premières mesures nécessaires pour prévenir autant que possible d'autres situations d'insécurité alimentaire. Elles devraient également contribuer à atténuer les effets de la volatilité des prix alimentaires au niveau mondial, et ce au bénéfice des personnes les plus démunies, des petits exploitants et également des consommateurs et des agriculteurs européens.
 
Cette aide d'urgence doit aboutir à une aide à moyen et long terme : "Le présent règlement devrait s'inscrire dans le cadre d'une stratégie à long terme visant à contribuer à la sécurité alimentaire dans les pays en développement, en fonction de leurs propres besoins et de leurs propres plans".
 
Les députés insistent sur le fait que l'instrument doit constituer un complément pour répondre aux situations de crise : cette "facilité de financement spécifique [est] complémentaire aux instruments de financement extérieur existants". Le milliard d'euros doit s'ajouter aux 800 millions d'euros disponibles pour 2008-2009 pour l'aide humanitaire et les crises d'urgence.
 
La Communauté européenne assurera ainsi 10 % de la réponse à court terme à la crise des prix alimentaires puisque les services de la Commission ont chiffré à 18 milliards d’euros les besoins de financement à court terme (2008-2009) des pays en développement les plus durement touchés.
 
La question du financement
 
Lors de la réunion de concertation budgétaire entre le Parlement et le Conseil du 21 novembre, les deux institutions ont trouvé un accord sur le financement de la mesure. Les fonds proviendront de trois sources : l'instrument de flexibilité, la réserve d'aide d'urgence et le redéploiement des fonds au sein de la rubrique "relations extérieures".
 
22 millions d'euros seront issus de la réserve d'aide d'urgence encore disponible dans le budget 2008. Une somme supplémentaire de 240 millions d'euros proviendra d'une augmentation du plafond de la réserve d'aide d'urgence qui requiert l'unanimité au Conseil et un ajustement de l'accord interinstitutionnel. 78 millions d'euros supplémentaires seront prélevés de la réserve d'aide d'urgence de 2009. Les institutions se sont également accordées sur l'utilisation de l'instrument de flexibilité pour un montant de 420 millions d'euros pour la même année.
 
Les derniers 240 millions d'euros proviendront du redéploiement des fonds de l'instrument de stabilité (pour les relations extérieures) qui n'ont pas encore été assignés à un objectif particulier : 70 millions en 2009 et 170 millions en 2010.
 
 
Vous trouverez, dès sa disponibilité, le texte adopté tenant compte des amendements éventuels, à l'adresse ci-dessous, en cliquant dans le calendrier sur le jour du vote (04.12.2008).
 
 
REF.: 20081203IPR43645

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