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Droits de l'homme en Russie : la fin des tabous ?

Droits de l'homme - 02-10-2009 - 13:57
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Des portraits de Natalia Estemirova, militante des droits de l'homme, sur le mur du mémorial en souvenir des journalistes assassinés, à Grozny, Tchétchénie. ©BELGA/ITAR-TASS/Murat Kazbekov

Des portraits de Natalia Estemirova, militante des droits de l'homme assassinée, sur le mur du mémorial en souvenir des journalistes assassinés, à Grozny, Tchétchénie. ©BELGA/ITAR-TASS/Murat Kazbekov

Au cours d'une audition publique mercredi 30 septembre, députés européens et militants des droits de l'homme ont débattu de la dégradation de la situation en Russie, notamment dans le Nord-Caucase. Les intervenants ont insisté sur les efforts qui doivent être faits pour éviter les violations des droits de l'homme et les meurtres.

« Le contexte du débat d'aujourd'hui est plutôt triste », a rappelé en introduction Heidi Hautala (groupe des Verts), présidente de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen, qui a organisé l'audition. Cet été, « les défenseurs des droits de l'homme Natalia Estemirova, Zarema Sadulayeva, Alik Dzhabrailov et Stanislav Markelov, ainsi que son assistant, ont été assassinés ».
 
Ces victimes s'ajoutent à la longue liste des morts des guerres en Tchétchénie, pour la plupart des civils ainsi que de nombreux journalistes et défenseurs des droits de l'homme, assassinés alors qu'ils tentaient de faire la lumière sur ces terribles conflits.
 
L'Union européenne (UE), et en particulier le Parlement européen, ont toujours condamné ces crimes et appelé à des enquêtes plus poussées. Tous les six mois, des consultations sur les droits de l'homme se tiennent avec la Russie.
 
Lors de l'audition du mercredi 30 septembre, les représentants de la Commission européenne et du Conseil de l'UE ont rappelé les progrès qui ont été accomplis. « Aucun sujet n'est maintenant tabou lors des discussions », rapporte Jan Nordlander, au nom du Conseil de l'UE. Néanmoins, de très nombreux problèmes se posent encore.
 
Dialogue et pression dans les relations avec la Russie
 
Certains députés, y compris Vytautas Landsbergis (Parti populaire européen), se sont montrés sceptiques quant au dialogue politique existant entre l'UE et la Russie en matière de droits de l'homme. Via une vidéoconférence, Nizhny Novgorod Stanislav Dmitryevski, rédacteur en chef du journal Pravo-Zaschita (« Défense des droits de l'homme ») a parlé d'un « cercle vicieux ». « Les autorités russes mentent, les représentants de l'UE savent qu'on ne leur raconte pas la vérité (…) ; la Russie sait qu'ils savent (…) mais rien ne change ».
 
Militant des droits de l'homme, Sergei Kovalev a décrit les tendances politiques actuelles en Russie : « Nous avons une constitution inactive, aucune élection libre, une censure des moyens d'information et aucune séparation des pouvoirs ». M. Kovalev a aidé à fonder l'organisation Mémorial qui aide les victimes des persécutions politiques de l'ère soviétique. Mémorial figure parmi les nominés pour le Prix Sakharov 2009.
 
Des mesures concrètes pour venir en aide aux défenseurs des droits de l'homme en Russie
 
M. Dmitryevski a également invité le Parlement européen à soutenir la création d'une commission permanente en vue d'examiner les faits au Nord-Caucase. « Ne vous arrêtez pas en chemin », a lancé Magomed Khazbiev, représentant de l'opposition ingouche, à l'adresse des députés européens. Il a critiqué le régime répressif en Ingouchie, où meurtres, disparitions et torture sont largement répandus.
 
Parmi les députés qui se sont exprimés, Barbara Lochbihler (Verts) a invité les États membres de l'UE à accepter davantage de personnes émigrant d'Ingushetie. Thijs Berman (Socialistes et démocrates) a suggéré d'élargir les programmes d'échange d'étudiants, de journalistes et de scientifiques russes afin d'augmenter la conscience démocratique et de fournir plus facilement aux défenseurs de droits de l'homme des visas de séjour dans l'UE.
 
REF.: 20090925STO61223