Communiqué de presse
Assemblée ACP-UE: aider les pays en développement à lutter contre les effets du climat
Développement et coopération - 03-12-2009 - 15:28
Commissions
Commissions
Les parlementaires de l'Assemblée paritaire d'Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et de l'Union européenne ont adopté ce jeudi une résolution sur le changement climatique demandant que le sommet de Copenhague entérine le principe de la "responsabilité différenciée" en matière de réductions des émissions polluantes. L'Assemblée a par ailleurs condamné le coup d'Etat à Madagascar et débattu de la crise institutionnelle au Niger.
L'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE (APP) a tenu sa réunion plénière à Luanda (Angola) du 30 novembre au 3 décembre. Deux fois par an 78 députés européens et 78 élus des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique se réunissent en Assemblée paritaire.
A l'approche du sommet de Copenhague, l'APP estime que l'enjeu principal de la réunion qui se tiendra sous l'égide de l'ONU est le soutien qui sera accordé aux pays en développement pour que ces derniers puissent faire face aux défis climatiques.
Le protocole qui va prendre la succession de celui de Kyoto devrait être un accord juridiquement contraignant, estime l'APP. Ce nouveau protocole de lutte contre les bouleversements climatiques devrait notamment mettre l'accent sur "l'équité et la justice sociale" et devrait reposer sur l'idée d'une "responsabilité commune mais différenciée".
Selon ce principe, les pays industrialisés devraient donner l'exemple en réduisant leurs émissions de manière conséquente. Les pays en développement et les économies émergentes devraient, de leur côté, s'engager à adopter des mesures d'atténuation à leur portée, bien que leurs émissions de gaz à effet de serre aient considérablement augmenté.
Crises politiques à Madagascar et au Niger
L'Assemblée a condamné, avec la plus grande vigueur, la prise de pouvoir de décembre 2008 qu'elle qualifie de "coup d'Etat", dans une résolution adoptée ce jeudi. Les députés appellent au retour à l’ordre constitutionnel et au rétablissement du Parlement malgache ainsi qu'à son implication dans la recherche d'une sortie de crise.
Les députés condamnent la décision de confier la fonction de président à Andry Rajoelina qui s’est autoproclamé président et chef de la Haute Autorité de transition le 17 mars 2009, après avoir suspendu l’Assemblée nationale et le Sénat.
Les députés demandent aux quatre mouvances politiques de trouver un accord sur la répartition des postes gouvernementaux, conformément aux engagements pris à Maputo et à Addis Abeba. En cas de non-respect de ces engagements, des sanctions individuelles devraient être prises, précise la résolution. L'Union européenne a suspendu le financement de ses différents programmes, à l'exception de l'aide humanitaire.
Sur la situation au Niger, les co-présidents demandent, dans une déclaration faite au nom de l'APP, "au Président et aux autorités du Niger de rétablir dans les brefs délais l'ordre constitutionnel et de libérer tous les prisonniers politiques, les députés et les dirigeants de l'opposition".
Le 4 août dernier, le président Mamadou Tandja a procédé à un référendum, illégal, lui permettant de se maintenir au pouvoir trois années supplémentaires, et a organisé au mois d'octobre des élections législatives, elles-aussi en violation de la Constitution.
Les délégations de Madagascar, du Niger et de la Guinée Conakry n'ont bénéficié, lors de cette session, que du statut d'observateur (sans droit de vote) et de non de membre à part entière de l'Assemblée. Des enquêtes internationales indépendantes devraient permettre d'enquêter sur les violations des droits de l'homme et les arrestations arbitraires à Madagascar et au Niger.
Déclaration de Luanda sur la révision de l'Accord de Cotonou
Les négociations en cours pour la révision de Cotonou prévue pour 2010 devraient "renforcer les objectifs essentiels de l'Accord, en matière d'éradication de la pauvreté, d'intégration des États ACP dans l'économie mondiale, de préservation et ainsi que de consolidation de la cohésion et de la solidarité entre États ACP", selon la déclaration adoptée par l'Assemblée.
Limiter les effets de la crise économique sur les pays ACP
Parmi les préconisations de l'Assemblée ACP-UE pour réduire les effets de la crise financière dans les pays en développement - qui se traduit notamment par une chute des prix des produits primaires -, figurent le ciblage des dépenses vers des secteurs clés et la réduction de la dette des pays en développement.
La crise actuelle devrait être l'occasion d'approfondir les pistes existantes en termes de nouvelles sources pour le développement, comme la mise en place d'une taxe internationale sur les transactions financières. Les négociations en cours sur les accords de partenariat économique entre les États ACP et l’UE devraient par ailleurs tenir compte des effets de la crise, selon le rapport rédigé par Joseph K. Mugambé (Ouganda) et Hans-Peter Mayer (PPE, DE).
Réformer les institutions internationales
Les institutions internationales devraient être plus représentatives et permettre aux pays en développement, ceux d'Afrique notamment, de bénéficier d'une plus grande capacité de décision dans les organes directeurs du FMI et de la banque mondiale par exemple, selon une proposition des rapporteurs Donald Ramotar (Guyana) et Miguel Angel Martínez Martínez (S&D, ES).
Les députés européens et leurs homologues des pays ACP ont également adopté un rapport qui préconise de garantir un meilleur accès à l'éducation et à l'emploi pour les 15-24 ans qui représentent 31% de la population des pays en développement. Les co-rapporteurs sont Manuel Jiménez (République dominicaine) et Olle Schmidt (ADLE, SE).
Nouveau co-président ACP
L'Assemblée a clôturé sa 18ème session en élisant Charles Milupi (Zambie) au poste de co-président côté ACP et a rendu hommage à son prédécesseur, Wilkie Rasmussen (Iles Cook).
Date de la prochaine réunion
Sous présidence espagnole, la prochaine réunion de l'APP se tiendra à Ténériffe du 29 mars au 1er avril 2010.
Avec le traité de Lisbonne, en vigueur à compter du 1er décembre 2009, le Parlement européen dispose d'importants nouveaux pouvoirs législatifs. Presque toutes les législations de l'UE seront désormais décidées par le Parlement européen conjointement avec le Conseil des Ministres, y compris pour l'agriculture, l'immigration, l'énergie et le budget de l'UE. En tant que seule institution de l'UE élue au suffrage direct, la fonction du Parlement d'assurer que l'UE soit responsable devant ses citoyens est également renforcée, par exemple, les députés auront davantage leur mot à dire pour les nominations à de nombreux postes clés de l'UE.
REF.: 20091130IPR65645
