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La cohésion territoriale renforcée par le Traité de Lisbonne, selon Danuta Hübner

Politique régionale - 07-12-2009 - 15:27
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Une réforme radicale de la politique régionale ? - Par europarltv

Faire le lien avec l'Europe au niveau local : c'est l'une des fonctions de la commission parlementaire du développement régional. Danuta Hübner, ancienne commissaire européenne, la préside aujourd'hui. Elle nous explique les implications du Traité de Lisbonne, qui introduit le concept de cohésion territoriale et renforce les pouvoirs du Parlement européen.

La Polonaise Danuta Hübner (Parti populaire européen) a été commissaire européenne en charge de la politique régionale de 2004 à 2009. Elle préside actuellement la commission parlementaire du développement régional.
 
Le Traité de Lisbonne donne au Parlement européen plus de pouvoirs concernant la politique régionale…
 
Danuta Hübner : Maintenant que nous sommes sur un pied d'égalité avec le Conseil de l'Union européenne (représentant les Etats membres, ndlr), la voix du Parlement européen doit être prise en compte dans le débat sur les politiques régionales après 2013 (le cadre financier pluriannuel actuel se termine en 2013, ndlr).
 
Plus de pouvoir signifie aussi plus de responsabilités. C'est pour cela que nous devons renforcer notre coopération avec les autres commissions parlementaires. L'approche sectorielle, selon laquelle l'énergie, l'environnement, l'industrie etc. sont traités séparément, est dans l'impasse. Aujourd'hui tous ces secteurs sont interdépendants.
 
Qu'est-ce que cela implique ?
 
DH : Le Traité de Lisbonne a introduit le principe de responsabilité locale et régionale dans la poursuite des objectifs communs [de l'UE]. Avant, le principe de subsidiarité ne concernait que les niveaux européen et national.
 
Le Traité a également introduit le concept de cohésion territoriale. Avant on ne parlait que de cohésion sociale. Ce nouvel aspect territorial représente un défi pour tous les domaines, et non pas seulement pour la politique régionale.
 
Cette nouvelle situation nous amène à écouter [au sein de la commission du développement régional] un large éventail d'intervenants : universitaires, élus locaux et régionaux, chefs d'entreprises et militants écologistes. Nous impliquons tous ceux qui sont engagés dans la construction d'une Europe à plusieurs niveaux.
 
Avec la vague d'élargissement de 2004, une énorme part des fonds structurels est allée aux nouveaux Etats membres. Ils ont contribué largement à leur développement depuis. Qu'en pensez-vous ?
 
DH : Je suis satisfaite. Je me souviens du scepticisme concernant la capacité des nouveaux Etats membres à utiliser les fonds européens. Certains prévoyaient que seulement 50 % des fonds seraient effectivement utilisés. L'élargissement a été le plus grand défi de la politique régionale : le rapport entre les régions les plus riches et les régions les plus pauvres était parfois de onze contre un ! (…)
 
Entre 2000 et 2006, les nouveaux Etats membres ont utilisé la totalité des fonds mis à leur disposition - à l'exception, dans un seul pays, du fond social. Cela a dépassé toutes les attentes. En tant que commissaire européenne, j'ai visité la plupart des régions bénéficiaires. Je suis heureuse de voir que nous avons réussi à relancer la croissance et à amener de nouvelles régions à coopérer, à apprendre les unes des autres et à développer leur compétitivité en investissant dans les nouvelles technologies.
 
L'interview a été réalisée en polonais.
 
REF.: 20091207STO66060