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Présidence suédoise, l'heure du bilan

Institutions - 16-12-2009 - 16:46
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Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt défend le bilan de sa présidence devant les députés européens, le 16 décembre 2009.

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt défend le bilan de sa présidence devant les députés européens, le 16 décembre 2009.

Mercredi matin, les députés ont tiré le bilan de la présidence suédoise de l'Union européenne. Un bilan jugé positif dans l'ensemble, à en croire les principaux groupes politiques. Début janvier, ce sera au tour de l'Espagne de prendre la présidence tournante pour six mois.

Fredrik Reinfeldt, le Premier ministre suédois, a rappelé le contexte dans lequel son pays a pris la présidence tournante de l'Union européenne (UE) en juillet dernier : le Parlement européen venait d'être élu, le Président de la Commission européenne n'avait pas été renouvelé et un référendum sur le Traité de Lisbonne était prévu en Irlande. « On ne savait pas encore si le Traité de Lisbonne serait ratifié par tous les Etats membres ni si cela pourrait se faire durant la présidence suédoise », a souligné le Premier ministre.
 
José Manuel Barroso a largement salué l'engagement de la Suède dans des dossiers comme le Traité de Lisbonne, la crise financière et la lutte contre le changement climatique. Il a même affirmé que sur les onze présidences qu'il a vécues comme Président de la Commission européenne, celle-ci serait sans aucun doute « sur le podium ».
 
Joseph Daul (Parti populaire européen, PPE) s'est réjoui de « la gestion honnête et responsable des affaires européennes, qui a été la marque de fabrique de la Présidence suédoise ». Le Polonais Michał Tomasz Kamínski (Réformateurs et conservateurs européens) a remercié le Premier ministre suédois d'avoir évité « la tentation du populisme en ces temps de crise ».
 
L'Allemand Joseph Schulz (Socialistes et démocrates) s'est montré moins enthousiaste. S'il a reconnu que les Suédois avaient travaillé dur au cours du semestre écoulé, il a regretté qu'ils n'aient pu peser plus sur des sujets comme la conférence de Copenhague.
 
La position de l'Italien Mario Borghezio (Europe de la liberté et de la démocratie) a été encore plus tranchée : il a critiqué la présidence suédoise de n'avoir pas plus agi contre l'immigration illégale, les réfugiés et la criminalité organisée. « Comment l'UE peut-elle critiquer [la Suisse], un pays qui est démocratique depuis le Moyen-âge ? », s'est-il interrogé en faisant référence au référendum sur l'interdiction des minarets.
 
Le changement climatique, deuxième sujet de préoccupation des députés européens
 
Alors que la conférence de Copenhague bat son plein, il était difficile de ne pas évoquer le sujet dans l'hémicycle ce mercredi. « La lutte contre le changement climatique a parfois été une source de division lors des Conseils européens, mais [les 10 et 11 décembre] il y a eu consensus pour dire que l'UE devait peser de tout son poids », a explique José Manuel Barroso.
 
« J'attends de Copenhague des engagements équilibrés (...) et vérifiables, assortis de sanctions financières en cas de non-respect. En d'autres termes, j'attends de Copenhague qu'il ne soit pas un marché de dupes pour l'Europe », a demandé le Français Joseph Daul (PPE).
 
Selon le Belge Guy Verhofstadt (Alliance des démocrates et des libéraux, ALDE), l'UE doit coopérer avec les Etats-Unis et la Chine car si ces trois-là se mettent d'accord, « vous avez une base convenable pour convaincre les autres ». Il a également demandé que l'UE propose un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30 %, sans conditions.
 
Pour la verte Rebecca Harms, les objectifs de réduction ne suffisent pas et les pays européens disposent d'échappatoires. « Limiter le réchauffement climatique à 2°C est mission impossible si les Européens en restent à leurs propositions actuelles », a-t-elle mis en garde.
 
Stratégie 2020 de l'UE : ne pas répéter les erreurs du passé, selon les parlementaires
 
La Commission européenne proposera début 2010 une nouvelle stratégie visant à développer une économie « verte » pour aider à sortir définitivement de la crise. « Prenons garde de ne pas répéter les erreurs de la stratégie de Lisbonne qui, en fixant des objectifs irréalistes, a déçu plus qu'autre chose », a pointé du doigt Joseph Daul (PPE).
 
L'Allemand Lothar Bisky (Gauche unitaire européenne) a critiqué le fait que la nouvelle stratégie se base sur les mêmes principes que la Stratégie de Lisbonne qui n'a pas porté de fruits. La priorité doit selon lui être donnée aux « besoins sociaux et économiques des gens » et non à la recherche du profit.
 
Le Président de la Commission européenne a proposé qu'un débat dédié à la Stratégie 2020 de l'UE soit organisé avec les députés européens.
 
REF.: 20091211STO66322