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Session plénière de janvier - Notre dossier complet

Institutions - 15-01-2010 - 17:03
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Le Parlement européen siège en session plénière du 18 au 21 janvier 2010.

Le Parlement européen siège en session plénière du 18 au 21 janvier 2010.

Les députés européens ont siégé à Strasbourg du 18 au 21 janvier 2010. Ils ont appelé à un effort d'urgence pour Haïti, élu le Médiateur européen, débattu de la situation en Iran, des priorités de la Présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne et des résultats de la Conférence de Copenhague. Retrouvez dans ce dossier les comptes-rendus des débats et des votes principaux.

La première section propose un rapide aperçu des grands sujets inscrits à l'ordre du jour. Les sections suivantes proposent des comptes-rendus détaillés des débats et votes principaux. La dernière section propose enfin un résumé accompagné d'un diaporama.
 
Pour accéder aux différentes sections, cliquez sur les liens ci-dessous.
 
 
REF.: 20100108FCS67002

Les grands sujets de la session

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Les auditions des commissaires-désignés continuent à Strasbourg. Les quatre dernières auditions des commissaires désignés se dérouleront les lundi 18 et mardi 19 janvier à Strasbourg : Antonio Tajani (industrie et entreprise) et Maroš Šefčovič (relations interinstitutionnelles et administration) répondront aux questions des eurodéputés lundi soir. Mardi matin, ce sera au tour de Cecilia Malmström (affaires intérieures) et Maria Damanaki (affaires maritimes et pêche).

Le gouvernement espagnol présente le programme de sa présidence du Conseil de l'Union européenne (UE). Le Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero présentera aux eurodéputés le programme de la présidence espagnole du Conseil des ministres mercredi matin. La mise en œuvre du Traité de Lisbonne, la reprise économique, les relations extérieures et l'Europe des droits et des libertés en sont les grandes priorités.

Séisme à Haïti. Le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, ouvrira la séance lundi avec une déclaration sur la situation humanitaire catastrophique à Haïti, suite au séisme qui a dévasté l'île. Jeudi, les députés tiendront un débat sur le sujet.

Situation au Yémen. La situation actuelle sur le plan sécuritaire, politique et économique de ce pays au croisement de l'Afrique, du Moyen-Orient et de l'Asie sera débattue mardi après-midi après une déclaration de Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Le Yémen a été récemment évoqué comme un centre d'entraînement potentiel pour les militants d'Al-Qaïda. Pays d’origine d’Oussama ben Laden, le Yémen a été le théâtre d’attentats ces dernières années, revendiqués pour la plupart par Al-Qaïda, contre des missions diplomatiques, des installations pétrolières et des touristes étrangers.

Élection du nouveau médiateur européen. Le Parlement élira le nouveau médiateur européen, dont le mandat couvrira la durée de la législature actuelle (jusqu'en 2014). Lors d'un vote secret mercredi en plénière, les députés choisiront parmi trois candidats : l'Italien Vittorio Bottoli, le Grec Nikiforos Diamandouros et le Belge Pierre-Yves Monette. Le  médiateur européen reçoit et étudie les plaintes des citoyens concernant la mauvaise administration des institutions de l'UE.

Démocratisation en Turquie. Les progrès de la Turquie feront l'objet d'un débat avec Catherine Ashton, Haute représentante pour la politique étrangère, mercredi. Les députés s'inquiètent notamment de la dissolution du parti politique pro-Kurde DTP par la Cour constitutionnelle en décembre en raison de ses liens présumés avec le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, indépendantiste).

Situation en Iran. Le Parlement devrait débattre mardi de la situation politique en Iran et des mouvements de protestation, suite à l'élection présidentielle controversée de juin 2009. Les députés sont susceptibles de revenir sur l'annulation récente de leur voyage à Téhéran, initialement prévu début janvier avec la Haute Représentante de l'UE, Catherine Ashton. La question du programme nucléaire iranien devrait également être abordée.

Résultats du Sommet de Copenhague sur le changement climatique. Les députés feront le point avec le Conseil de l'UE et la Commission européenne sur les résultats obtenus au sommet de Copenhague en décembre dernier. La délégation du Parlement européen à la conférence était rentrée déçue et avait déploré un « accord au rabais ». Elle avait conclu que l'échec mettait en évidence la nécessité de réformer les méthodes de travail de l'ONU.
 
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Haïti, élection en Ukraine et Présidence espagnole évoqués lors de l'ouverture de la session

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Le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, lors de l'ouverture de la session le 18 janvier 2010.

Le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, lors de l'ouverture de la session le 18 janvier 2010.

Lors de l'ouverture de la session de janvier, le Président du Parlement européen Jerzy Buzek a exprimé sa tristesse face à la situation en Haïti et à l'exécution d'un citoyen britannique en Chine. Il a également évoqué les élections en Ukraine et la Présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne.
 
« Aujourd'hui, mes pensées vont au peuple d'Haïti touché par cette terrible tragédie du tremblement de terre ». Jerzy Buzek a rappelé que différents pays d'Europe et l'Union européenne (UE) dans son ensemble ont promis une assistance financière substantielle à Haïti ainsi que l'envoi de 150 officiers de police. Il a informé les députés européens du fait que Juarez Boal, directrice adjointe de la délégation de l'UE à Haïti - qui a également travaillé précédemment au sein du Parlement européen - est toujours portée disparue.
 
Exécution d'un citoyen britannique en Chine
 
Le Président du Parlement a déploré l'exécution en Chine d'Akmal Shaikh, citoyen britannique. « C'est l'une des quelque sept mille personnes exécutées chaque année en Chine et le premier citoyen de l'Union européenne condamné depuis 1951 dans ce pays. Le Parlement européen a toujours condamné et condamne la peine de mort et poursuivra ses efforts en vue d'obtenir un moratoire sur les exécutions », a affirmé Jerzy Buzek.

Premier tour des élections en Ukraine
 
Bien que les résultats officiels concernant le taux de participation ne soient pas encore disponibles, les observateurs du Parlement européen estiment que le premier tour des élections s'est déroulé sur la base de valeurs démocratiques. Jerzy Buzek a émis le vœu qu'il en soit de même pour le deuxième tour.
 
Lancement de la Présidence espagnole
 
À partir du 1er janvier, l'Espagne a pris la présidence du Conseil de l'Union européenne. Le Président du Parlement européen s'en est réjoui. « Je crois que dans le cadre du Traité de Lisbonne, la coopération avec la nouvelle présidence du Conseil pourra être fructueuse et atteindre ses objectifs », a-t-il déclaré.
 
Enfin, l'ordre du jour de la session a été légèrement modifié.
 
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La situation en Haïti requiert une aide rapide et une reconstruction à long terme

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Catherine Ashton dans l'hémicycle, le 19 janvier 2010.

Catherine Ashton dans l'hémicycle, le 19 janvier 2010.

Les députés européens ont souligné la nécessité d'envoyer l'aide promise par l'Union européenne (UE) le plus rapidement possible et de s'engager de manière forte pour la reconstruction. « Notre objectif est de soulager la souffrance et de reconstruire sur le long terme », a déclaré Catherine Ashton, la Haute représentante pour les affaires étrangères, lors de sa première déclaration dans l'hémicycle.
 
« J'ai demandé ce débat pour faire le point sur cet énorme désastre politique et humanitaire », a déclaré Catherine Ashton aux députés européens mardi 19 janvier. La veille, lors d'une session extraordinaire,  les ministres des affaires étrangères s'étaient accordés sur 122 millions d'euros d'aide humanitaire et 100 million d'euros pour des actions non-humanitaires. La contribution financière de l'UE pour une réponse à long-terme s'élèvera à 200 millions d'euros, selon la Britannique. La Commission évaluera avec les Etats membres si cette somme peut être augmentée, a ajouté Karel De Gucht, commissaire désigné au développement et à l'aide humanitaire.
 
« C'est une réponse importante dans un court délai. Trouver l'argent sera moins difficile que de le faire parvenir sur place », a mis en garde Catherine Ashton. Elle a également indiqué que le Conseil de l'Union européenne examinerait de nouveau la question d'Haïti le 25 janvier prochain et pourrait déployer un contingent de gendarmerie européenne à  Port-au-Prince.
 
« L'UE a répondu rapidement mais nous avons résisté à l'urgence de nous rendre sur place, conformément aux recommandations du Secrétaire général de l'ONU », a-t-elle affirmé aux députés. Elle a précisé qu'elle se rendrait aux Etats-Unis cette semaine afin de coordonner les efforts avec les Nations Unies et l'administration américaine. De son côté, Karel De Gucht a annoncé qu'il se rendrait en Haïti et en République Dominicaine ce mercredi.
 
« Il ne s'agit pas seulement de sauver des vies humaines mais de sauver un pays tout entier », a quant à lui déclaré Karel de Gucht.  Les membres des organisations internationales sont également victimes de la catastrophe, ce qui rend plus difficile l'organisation de l'aide sur place, a-t-il expliqué, ajoutant que l'aide médicale d'urgence, l'aide technique et logistique étaient nécessaires afin d'éviter des risques supplémentaires tels qu'une épidémie de choléra.
 
Interventions des députés européens
 
Gay Mitchell (Parti populaire européen, Irlandais) a salué le fait qu'après la visite du commissaire de Gucht à Haïti et en République Dominicaine, il viendrait s'exprimer lundi 25 janvier en commission du développement. L'UE étant le premier pourvoyeur d'aide humanitaire, « elle doit être plus visible sur le terrain », a-t-il déclaré, en suggérant la présence de troupes de l'UE. Il a également attiré l'attention sur le problème sous-jacent d'Haïti, à savoir la pauvreté, et a appelé à y trouver des solutions sur le long terme.
 
Linda McAvan (Socialistes et démocrates, Britannique), en référence aux initiatives de collecte de fonds, a estimé que la population « a magnifiquement réagi », et que l'UE devrait accroître son soutien. Elle a souligné qu'une conférence internationale sur Haïti devrait porter sur la question de la dette du pays. Elle a demandé si le prêt de 100 millions d'euros du Fonds monétaire internationale à Haïti pourrait être converti en don.
 
Liam Aylward (Alliance des libéraux et démocrates, Irlandais) a déclaré que « la situation en Haïti est le pire désastre humanitaire depuis des décennies ». « Des problèmes bureaucratiques entravent clairement la distribution de l'aide, ce qui a des conséquences graves sur le terrain, où un leadership et une assistance sont requis. Le développement à long terme d'Haïti doit devenir une priorité. Quand les caméras seront parties, l'UE devra poursuivre son travail de reconstruction du pays. »
 
Eva Joly (Verts, Française), présidente de la commission du développement, a souligné l'ampleur de la tragédie, sans précédent avec les autres catastrophes. Selon elle, « les institutions internationales ont imposé des politiques erronées en Haïti et affaibli le tissu social du pays ». Il faut « apporter tout d'abord un maximum de soutien à Haïti pour régler ce qui relève de l'urgence » mais « nous devons remettre en question nos propres méthodes de développement ». Et de conclure en comparant les 150 milliards de dollars des banques américaines au volume d'aide prévu pour l'instant (130 millions d'euros à court terme, et 200 millions pour les besoins à plus long terme).
 
Nirj Deva (Conservateurs et réformateurs, Britannique) a rappelé que lors de chaque catastrophe naturelle, « les infrastructures font défaut ». « Nous devons être capable de fournir des infrastructures », a-t-il ajouté, demandant la mise en place d'une opération de sauvetage internationale permettant non seulement de fournir une aide urgente mais aussi de reconstruire les infrastructures.
 
Patrick Le Hyaric (Gauche unitaire européenne, Français) a estimé que l'assistance de l'UE devrait être renforcée et que le système bancaire mondial devrait également contribuer à aider Haïti. « Les institutions financières internationales ont asphyxié Haïti avec une dette odieuse, et notre Parlement devrait se prononcer pour une annulation immédiate et sans condition de la totalité de cette dette ». Il a ajouté, que les États-Unis ne devraient pas être autorisés « à occuper Haïti », sous prétexte de l'aide fournie.
 
Fiorello Provera (Europe de la liberté et de la démocratie, Italien) a exprimé sa « profonde solidarité avec les victimes de ce terrible tremblement de terre ». « Dans des situations de ce genre, où les bâtiments et les infrastructures ont été détruits à  une grande échelle avec des milliers de morts, l'aide est indispensable. Toutefois, il est difficile d'apporter une aide sans exiger un minimum de sécurité publique pour les travailleurs humanitaires. Collecter les fonds nécessaires et les distribuer correctement est essentiel. Trop souvent, à la fois l'aide publique et l'aide privée ont vu leur générosité trahie. Un système adéquat de contrôle doit être mis en place en vue d'éviter une approche désordonnée de la distribution des aides et le vol éventuel des fonds, dans un pays qui a un niveau de corruption élevé et un gouvernement faible », a-t-il estimé.
 
Nick Griffin (non-inscrit, Britannique) a jugé « l'horreur d'Haïti choquante » et « la compassion pour les victimes innocentes de cette catastrophe naturelle est humaine ». Et d'ajouter : « tout le monde ici est bien rémunéré et peut se permettre de donner. Je vais vous donner mon allocation de présence d'aujourd'hui et si tous les autres eurodéputés britanniques font de même ». « Si le nombre de morts en Haïti est choquant, cet hiver, plus de 50 000 retraités en Grande-Bretagne sont morts prématurément à cause du froid et du coût de chauffage », a-t-il fait observer.
 
Conclusions de Mme Ashton
 
« Le fait que nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités américaines représente également un élément important de notre action actuelle et future », a déclaré Mme Ashton en réponse aux questions sur la visibilité de l'aide et sur la coordination sous l'égide des États-Unis.
 
« N'oublions pas que, pour la toute première fois, le Conseil et la Commission se sont mobilisés pour répondre à la crise actuelle », a-t-elle souligné, se félicitant du fait que 21 États Membres aient répondu avec des engagements concrets d'équipes de recherche et de secours, d'hôpitaux mobiles et d'unités d''épuration des eaux.
 
Aux députés européens qui la critiquaient pour ne pas s'être rendue à Haïti, elle a déclaré : « Je n'avais rien à fournir sur le terrain sinon prendre un espace précieux alors que les avions étaient incapables d'atterrir à cause de l'état de l'aérodrome (...) Je ne suis pas un médecin, ni un pompier. Ma place était de réunir une coordination au niveau de l'UE et des Nations Unies ».
 
Reconnaissant la difficulté d'acheminer l'aide jusqu'aux personnes qui en ont besoin, elle a déclaré : « Ai-je bien agi ? Oui. Suis-je satisfaite ? Non ».
 
 
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Iran : faut-il renforcer les sanctions ou chercher le dialogue avec les autorités ?

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Les manifestations en Iran ont été sévèrement réprimées. Que peut faire l'UE pour venir en aide aux Iraniens ? ©Belga/EPA

Les manifestations en Iran ont été sévèrement réprimées. Que peut faire l'UE pour venir en aide aux Iraniens ? ©Belga/EPA

Entre enrichissement d'uranium à des fins militaires et atteintes aux droits de l'homme, la situation en Iran inquiète la communauté internationale, au premier rang de laquelle se trouve l'Union européenne. Au cours d'un débat mardi 19 janvier, les députés européens ont exprimé leurs inquiétudes et leurs propositions à la Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Catherine Ashton.
 
Depuis quelques années, l'Iran est au cœur des préoccupations de la communauté internationale. Le pays du Président Ahmadinejad est en effet soupçonné d'enrichir de l'uranium à des fins militaires. « Nous regrettons que l'Iran refuse de discuter de son programme nucléaire et ne respecte pas ses obligations internationales », a déploré Catherine Ashton devant les députés européens.
 
Elle a été rejointe par le Néerlandais Bas Belder (Europe de la liberté et de la démocratie), le Britannique Charles Tannock (Conservateurs et réformateurs européens) et la majorité des députés, selon lesquels le programme nucléaire iranien menace la sécurité internationale.
 
Il ne faut cependant pas oublier que « l'Iran a le droit de développer un programme nucléaire civil », a nuancé l'Italien Roberto Gualtieri (Socialistes et démocrates). Pour lui, les sanctions devraient toujours être accompagnées d'un dialogue avec les autorités iraniennes.
 
Des inquiétudes partagées sur les droits de l'homme
 
Mais la situation en Iran ne se limite plus au problème du nucléaire. La réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad et la répression de la contestation ont mis en lumière les atteintes aux libertés fondamentales. Meurtres, exécutions, atteintes à la liberté de la presse, violations des droits de l'homme… La liste est longue, ainsi que l'a égrenée l'Espagnol José Ignacio Salafranca (Parti populaire européen).
 
« J'ai gagné les élections en critiquant mon gouvernement. Les jeunes femmes qui font de même en Iran sont arrêtées et tabassées », a rappelé la Néerlandaise Marietje Schaake (Alliance des démocrates et des libéraux). Pourtant, « le niveau d'éducation des femmes est élevé, le débat public est possible et les jeunes sont très actifs, ce qui fait que l'Iran aurait la capacité d'être une société libre », a pointé Catherine Ashton.
 
Mais une fois ce bilan posé, qu'est-ce que la communauté internationale et l'Union européenne doivent faire ? « Parfois, le silence est une trahison », a affirmé Marietje Schaake, reprenant les mots de Martin Luther King. Le Parlement européen doit fermement condamner la situation, a demandé José Ignacio Salafranca, qui se pose la question de nouvelles sanctions. L'Allemande Barbara Lochbihler (Verts) préfère quant à elle le dialogue. Elle a d'ailleurs pointé du doigt les entreprises européennes qui, en mettant à la disposition des autorités iraniennes certaines technologies, les aident à renforcer la censure.
 
Le Parlement européen votera une résolution sur la situation en Iran lors de la session plénière de février.
 
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Nikiforos Diamandouros réélu Médiateur européen

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Nikiforos Diamandouros re-elected as European Ombudsman

Nikiforos Diamandouros re-elected as European Ombudsman

Le Parlement européen a reconduit le Grec Nikiforos Diamandouros au poste de Médiateur européen. M. Diamandouros, en fonction depuis 2003, devrait rester à ce poste jusqu'en 2014. Il a obtenu l'appui de 340 députés lors d'un vote secret en séance plénière mercredi 20 janvier. Les deux autres candidats, le Belge Pierre-Yves Monette et l'Italien Vittorio Bottoli ont recueilli respectivement 289 et 19 suffrages. Le Médiateur européen enquête sur les plaintes des citoyens concernant la mauvaise administration des institutions de l'Union européenne (UE).
 
Les priorités de Nikiforos Diamandouros pour son nouveau mandat sont de veiller à ce que les citoyens bénéficient réellement des avantages promis par le traité de Lisbonne, de renforcer le dialogue avec les institutions et organes communautaires ainsi que d'améliorer le service rendu aux citoyens par une utilisation des ressources plus efficace. Le renforcement de la coopération avec les médiateurs nationaux et régionaux ainsi qu'une communication plus efficace avec les citoyens font également partie des intentions de M. Diamandouros.
 
La procédure d'élection du médiateur européen est supervisée par la commission parlementaire des pétitions. Elle vérifie si les candidats remplissent toutes les conditions exigées pour le poste, notamment « l'indépendance ». Le médiateur est élu par le Parlement lors d'un vote secret au début de chaque législature.
 
Le rôle du Médiateur, créé en 1995, est d'enquêter sur les cas de mauvaise administration des institutions de l'UE, notamment le manque de transparence et le refus de fournir des informations ou des documents.
 
Nikiforos Diamandouros a été élu en janvier 2003 suite au départ à la retraite du premier Médiateur européen, Jacob Söderman. Il avait déjà été réélu en janvier 2005.
 
 
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Coup d'envoi de la présidence espagnole : la reprise après la crise, un objectif prioritaire

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José Luis Rodríguez Zapatero face aux députés européens, le 20 janvier 2010.

José Luis Rodríguez Zapatero face aux députés européens, le 20 janvier 2010.

Réduire la dépendance énergétique de l'Union européenne (UE), promouvoir l'e-commerce entre États membres, développer l'industrie des véhicules électriques et améliorer la qualité des universités, telles ont été les quatre priorités soulignées par José Luis Zapatero lors du débat sur les politiques prioritaires de la Présidence espagnole du Conseil de l'UE. Les chefs de file des groupes politiques se sont félicités de cet objectif mais ne se sont pas toujours montrés d'accord sur les mesures concrètes proposées.
 
« L'UE a besoin de parier sur elle-même » et de trouver « la bonne réponse à la crise économique », a déclaré José Luis Rodríguez Zapatero. Le Président en exercice du Conseil a mis en avant quatre priorités pour son mandat : la mise en place d'un « marché commun de l'énergie » pour aider à « réduire la dépendance énergétique de l'UE », un « marché intérieur numérique » - élément clé pour accroître la productivité et promouvoir l'e-commerce, un secteur industriel plus durable pour lutter contre le changement climatique via notamment la  promotion des voitures électriques et des investissements dans la recherche et l'éducation.
 
José Luis Rodríguez Zapatero a souligné la nécessaire mise en œuvre des nouveaux instruments mis à disposition par le traité de Lisbonne pour que « les citoyens se sentent plus proches des institutions de l'UE ». Cela concerne par exemple le droit d'initiative des citoyens de proposer des mesures législatives.  M. Zapatero a également mentionné la nécessité de lutter contre la violence domestique en Europe. La tragédie récente en Haïti a enfin été largement évoquée dans son discours : « Nous allons montrer ce que les Européens peuvent faire (...) dans ces parties du monde qui souffrent le plus. Nous allons offrir une réponse forte à leurs besoins d'aide internationale. »
 
Les réactions des différents groupes politiques
 
Joseph Daul (Parti populaire européen, PPE) s'est félicité de la proposition de M. Zapatero d'une nouvelle structure européenne de gouvernance économique, mais a ajouté que le groupe conservateur ne pouvait souscrire à l'acceptation de M. Zapatero d'accroître les déficits publics : « Nous devons plutôt soutenir les petites et moyennes entreprises ». Et d'ajouter : « Je ne suis pas sûr que vos propositions et celles de votre famille politique soient réalistes ». Le président du PPE a également saisi l'occasion pour demander à M. Zapatero de s'engager à des sessions de questions-réponses spontanées avec les députés européens durant ses six mois de présidence.
 
Martin Schulz (Socialistes et démocrates) s'est félicité d'un programme « prometteur ». Quant au modèle de gouvernance économique, M. Schulz a déclaré qu'il s'agissait de « la bonne approche ». « Il faudra placer l'Europe dans une nouvelle phase. Les défis de l'Europe ne peuvent être résolus par un sommet après l'autre. Nous avons besoin que les États membres appliquent effectivement les propositions faites ». Enfin, M. Schulz a appelé à davantage de contrôle et de supervision du secteur financier.
 
Se référant également à la gouvernance économique, Guy Verhofstadt (Alliance des libéraux et des démocrates, ALDE) a souligné que « la question fondamentale est de savoir si le Conseil et les États membres sont disposés à changer de méthode car la coordination ouverte a échoué. Elle a seulement conduit à la publication de plus en plus de documents ». Concernant le changement climatique le président du groupe ALDE a plaidé pour « une autre stratégie » post-Copenhague. « Notre approche a échoué. Notre plan doit être basé sur trois éléments: un 'Monsieur ou une Madame Changement climatique', un accord trilatéral avec les États-Unis et la Chine, une responsabilité partagée sur la base d'un intérêt commun avec les États-Unis comme le système d'échange d'émissions ».
 
Daniel Cohn-Bendit (Verts) a demandé à M. Zapatero de reprendre l'idée de Michel Barnier d'une force de protection civile (EuropeAid)  qui aurait permis à l'UE de mieux se déployer en Haïti. Sur la situation économique, M. Cohn-Bendit a averti que la croissance économique peut également avoir un effet très destructeur sur le climat : « Si nous ne discutons pas du type de croissance que nous voulons au niveau européen, nous allons reproduire les mêmes erreurs ». Sur la dépendance énergétique, le co-président des Verts a estimé que « l'efficacité énergétique et les économies d'énergie sont la meilleure façon d'aborder cette question ». Il a proposé d'augmenter l'objectif d'économie d'énergie de l'UE à 30 % et de créer un grand projet européen de tramway.
 
Timothy Kirkhope (Conservateurs et réformateurs européens) a loué la contribution de l'Espagne à l'UE. Selon lui, « établir des politiques économiques avec sanctions » plutôt que de les coordonner « n'est pas pertinent dans la situation actuelle et a un goût de socialisme ». M. Zapatero a répondu qu'il n'avait pas l'intention d'augmenter le contrôle des Etats membres mais que l'idée était plutôt « d'avoir davantage de compétitivité ». Il a expliqué que 27 systèmes nationaux, « cela ne fonctionnerait pas à un niveau mondial » et risquerait de nuire à la compétitivité de l'UE vis-à-vis de ses concurrents internationaux. M. Kirkhope a conclu que son groupe jugerait la Présidence sur ses résultats.
 
Pour Willy Meyer (Gauche unitaire européenne), « le programme ne règle pas les problèmes essentiels de l'économie. Une intervention plus importante est nécessaire », notamment dans le secteur financier. « Tout ce que vous proposez est dépassé. Vous démantelez principalement le modèle social européen ». Quant au Sahara occidental, il a exprimé à M. Zapatero son désaccord sur l'organisation d'un sommet avec le Maroc sous présidence espagnole alors que ce pays ne reconnaît pas le droit à l'auto-détermination. Il a également affirmé qu'Israël devait respecter les dispositions en matière de droits de l'homme incluses dans les accords d'association.
 
Marta Andreasen (Europe de la liberté et de la démocratie) a évoqué les abus d'urbanisation en Espagne, affirmant que « trois rapports ont été adoptés par le Parlement mais aucune action spécifique n'a été prise ». Faisant référence à sa circonscription, elle a mentionné le cas de citoyens ayant perdu leurs propriétés sur la côte.
 
 
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Déçus mais pas abattus : la lutte contre le changement climatique continue

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Un globe terrestre sous la neige : à Copenhague, beaucoup de monde espérait des mesures contraignantes contre le réchauffement climatique. © BELGA/AFP PHOTO/ADRIAN DENNIS

Un globe terrestre sous la neige : à Copenhague, beaucoup de monde espérait des mesures contraignantes contre le réchauffement climatique. © BELGA/AFP PHOTO/ADRIAN DENNIS

Une grande déception. C'est le sentiment qui prédominait dans l'hémicycle mercredi 20 janvier, alors que les députés européens débattaient du bilan de la Conférence de Copenhague sur le climat. Ce qui ne les a pas empêchés de voir quelques signes d'espoir et d'appeler à un engagement toujours plus fort de l'Union européenne.
 
La gueule de bois dure. Au lendemain de la Conférence de Copenhague sur le climat, de nombreuses voix s'étaient élevées pour critiquer le - maigre - bilan de ce qui aurait dû être le point de départ d'une politique mondiale contre le réchauffement climatique. Un mois plus tard, les députés européens sont toujours aussi désappointés. Ils ne comptent cependant pas baisser les bras.
 
« Bien sûr que nous sommes déçus », lâche la Néerlandaise Corien Wortmann-Kool (Parti populaire européen), rejointe par la Finlandaise Satu Hassi (Verts). Pas d'objectifs contraignants de réduction des émissions de CO2, pas d'accord légalement contraignant : la conférence a laissé un sentiment d'inachevé. « L'Union européenne (UE) ne peut agir efficacement que quand elle parle d'une seule voix - ce qui n'a pas été le cas à Copenhague. Nous avons besoin d'une réforme du système décisionnel des Nations unies », explique Satu Hassi.
 
Avec les premières analyses de l'échec viennent heureusement les raisons d'espérer. « Nous avons avancé sur le financement de la lutte contre le changement climatique », note Corien Wortmann-Kool. Les pays développés se sont engagés à débloquer 30 milliards de dollars pour aider les pays en voie de développement. « Pour la première fois, un document des Nations unies fait référence à la limite de la hausse de la température à 2°C », renchérit Satu Hassi.
 
Quel rôle l'UE doit-elle maintenant endosser ?
 
Pour l'Allemand Jo Leinen (Socialistes et démocrates), qui menait la délégation du Parlement européen à Copenhague, l'engagement de la Présidence espagnole du Conseil de l'UE contre le réchauffement climatique va dans la bonne direction. « Il faut reprendre le leadership dans la lutte contre le changement climatique, pour cela il faut trouver des partenaires stratégiques - notamment des pays en voie de développement - pour préparer la prochaine conférence, à Mexiko », explique-t-il.
 
La Française Corinne Lepage (Alliance des libéraux et des démocrates) souligne que l'UE doit mettre en place une stratégie « robuste et ambitieuse ». « Nous devons maintenir notre rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique. Nous ne réussirons que si nous parlons d'une seule voix ». Sur ce point, Jo Leinen s'avère d'ailleurs inquiet étant donné les divisions entre Etats membres sur un certain nombre d'enjeux.
 
Les institutions européennes s'engagent
 
Lors d'une rencontre informelle des ministres européens de l'environnement à Séville le 15 janvier, la Commission européenne a appelé à une rapide application de l'accord de Copenhague. Elle a également souligné la nécessité d'arriver à un accord contraignant et global cette année.
 
Le Parlement européen, pour sa part, votera une résolution sur le bilan de la Conférence de Copenhague lors de la session plénière de février.
 
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Dix choses à retenir

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S'il n'y avait qu'une chose à retenir, ce serait… Le retrait de la commissaire européenne désignée par la Bulgarie. Ou la venue de Jerzy Buzek sur Twitter. Ou les priorités de la Présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne. Ou tout ça à la fois ! Retrouvez les dix choses à retenir de cette semaine à Strasbourg.
 
Un petit tour et puis s'en va. Mardi, la candidate bulgare Rumiana Jeleva s'est retirée de la course à la Commission européenne. « Le processus démocratique fonctionne », a affirmé le Président du Parlement européen Jerzy Buzek. L'audition de la nouvelle candidate bulgare aura lieu le 3 février.
 
Twitter. Le Parlement européen était déjà en 22 langues sur Twitter. C'est au tour de son Président, Jerzy Buzek, de rejoindre lui aussi la communauté des microblogueurs.
 
« L'Union européenne a besoin de parier sur elle-même ». Le Premier Ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a présenté les priorités de la Présidence espagnole de l'UE aux députés européens : crise économique, marché commun de l'énergie et lutte contre le réchauffement climatique.
 
Compassion et appels à l'aide (humanitaire). Les députés européens ont rendu hommage aux victimes du tremblement de terre en Haïti. Ils ont plaidé pour une aide d'urgence ainsi qu'une aide à la reconstruction sur le long terme.
 
Esclavage en Europe ? « Des milliers de personnes sont vendues aujourd'hui alors que l'esclavage a été aboli il y a 200 ans en Europe », explique Anna Hedh. La députée européenne milite pour des sanctions plus sévères en Europe.
 
Le Médiateur européen réélu. Le Parlement européen a réélu le Grec Nikiforos Diamandouros en tant que Médiateur européen. Il examine les plaintes de mauvaise administration dans les institutions européennes. Deux autres candidats étaient en lice : l'Italien Vittorio Bottoli et le Belge Pierre-Yves Monette.
 
La situation en Iran. Les députés ont débattu de la situation en Iran avec la nouvelle Haute représentante pour les affaires étrangères, Catherine Ashton. Ils ont évoqué le programme nucléaire iranien et la répression des manifestations.
 
Faut-il oublier Copenhague ? Les députés sont revenus sur le bilan de la conférence de Copenhague sur le changement climatique. La déception prédominait mais les parlementaires se sont projetés dans l'avenir, le nouvel objectif étant d'arriver à un accord à la prochaine conférence au Mexique à la fin de l'année.
 
SWIFT. « Irritation », « action kamikaze », « inacceptable » – ainsi a été décrit le processus qui a mené à un accord entre l'UE et les Etats-Unis sur le transfert des données bancaires SWIFT afin de lutter contre le terrorisme. Les Etats membres ont négocié cet accord juste avant l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, évitant ainsi de devoir consulter le Parlement européen. Le texte de l'accord sera mis à disposition des députés dans leurs langues maternelles le 25 janvier - une semaine avant son entrée en vigueur.
 
Dans la peau du Président. Notre photographe a suivi le Président Buzek tout au long de la session plénière. Découvrez le travail du premier magistrat du Parlement européen en images - en cliquant sur la photo ci-dessus.
 
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