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Scanners corporels : entre scepticisme et inquiétude
Sécurité et défense - 28-01-2010 - 17:15

Démonstration du fonctionnement d'un scanner corporel à l'aéroport de Manchester, le 13 octobre 2009. ©BELGA/AFP PHOTO/PAUL ELLIS
La lutte contre le terrorisme révèle bien souvent la tension qui existe entre sécurité et liberté. Comment assurer l'une sans négliger l'autre ? Après l'attentat manqué contre le vol Amsterdam-Detroit en décembre 2009, le débat sur les scanners corporels dans les aéroports a repris de plus belle. Lors d'un échange de vues avec le coordinateur européen de la lutte antiterroriste, Gilles de Kerchove, les députés européens ont exprimé leurs inquiétudes et défendu le respect de la dignité humaine.
Les scanners corporels doivent-ils être rendus obligatoires dans les aéroports ? Cette nouvelle génération de scanners permet de voir les passagers nus, et donc de détecter d'éventuels explosifs (liquides, produits chimiques…) qui n'auraient pas été détectés par les scanners à métaux, traditionnellement utilisés dans les aéroports. Aurait-on découvert la panacée en matière de sécurité aérienne ?
Non, si l'on en croit les députés européens, qui avaient déjà demandé une évaluation des impacts de ce type d'appareils à la Commission européenne, évaluation qui devrait être publiée dans les prochaines semaines. En attendant, les parlementaires de la commission des libertés civiles ont rencontré Gilles de Kerchove, coordinateur européen de la lutte antiterroriste, pendant que leurs homologues de la commission des transports débattaient également du problème.
Respect de l'intimité, efficacité, prix : les députés sceptiques
Les députés européens s'inquiètent du respect de la vie privée et de l'intimité des individus, ceux-ci apparaissant nus sur les images des scanners. Comment éviter les dérives ?
Citation
Que faire si les terroristes avalent les explosifs ?Judith Sargentini (Verts)
Gilles de Kerchove a soutenu que des recherches plus approfondies devraient être lancées - 200 millions d'euros ont déjà été débloqués pour améliorer la sécurité aérienne. Cela n'a pas convaincu tous les députés. « J'ai l'impression que la technologie est devenue une nouvelle religion dans la lutte contre le terrorisme », s'est indigné l'Allemand Alexander Alvaro (Alliance des démocrates et des libéraux).
Le prix (environ 115 000 € par scanner) pourrait d'ailleurs s'avérer prohibitif pour les petits aéroports.
Un débat programmé en plénière le 10 février
Jusqu'à aujourd'hui, les Pays-Bas, l'Italie et la Grande-Bretagne ont annoncé qu'ils pourraient utiliser les scanners corporels pour les vols en direction des Etats-Unis. Cela ne sied pas toujours à leurs élus. « Nous voulons rendre les voyages aussi sécurisés et humains que possible. Mais les gens qui pensent que les scanners corporels sont la bonne réponse vivent dans un monde imaginaire », a déclaré le Britannique Brian Simpson (Socialistes et démocrates), président de la commission des transports.
Pour Gilles de Kerchove, ils ne devraient être utilisés que s'ils s'avèrent « respectueux de l'intimité et de la santé ». Lors de la prochaine session plénière, la Commission européenne et le Conseil de l'Union européenne (représentant les Etats membres) devraient débattre du sujet avec les députés européens.
REF.: 20100121STO67830
