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Elargissement : les députés débattent, les citoyens aussi

Elargissement - 04-02-2010 - 18:38
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La semaine prochaine, le Parlement européen se prononcera sur les progrès faits par la Croatie, la Turquie et l'ex-République yougoslave de Macédoine en vue d'une adhésion à l'Union européenne (UE). Tout élargissement concerne en premier lieu les citoyens : le Parlement européen a donc donné la parole aux internautes sur Facebook. Le sujet a déchaîné les passions… Bilan.

D'un côté, il y a les rapports rédigés par les députés européens de la commission parlementaire des affaires étrangères. La Croatie pourrait débuter les négociations d'adhésion dès cette année si elle lutte mieux contre la corruption, réforme la justice et coopère plus avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. La Turquie en revanche n'a fait que peu de progrès et devrait réformer sa constitution pour garantir les droits de l'homme et les libertés fondamentales. L'ex-République yougoslave de Macédoine doit quant à elle améliorer ses relations avec son voisinage et régler le conflit sur son nom, qui l'oppose à la Grèce. Moyennant quoi des négociations d'adhésion pourraient débuter dans un futur proche.
 
En face de ces évaluations, il y a l'avis des 500 millions de citoyens européens. Car l'élargissement de l'Union européenne est un processus à double sens, engageant tant les nouveaux entrants que ceux qui les accueillent. Nous avons donné la parole aux internautes… « Ne sommes-nous pas déjà assez grands ? » (Katia), « C'est trop tôt » (Björn), « Tout le monde est bienvenu » (Natalia) : les réactions ont été très diverses. Morceaux choisis.
 
« Une bonne chose »
 
La plupart des internautes pensent que l'élargissement « est une bonne chose » (Hela). Mika espère ainsi que l'UE « ne se ferme pas mais essaie d'améliorer la coopération entre les sociétés ». « Nous ferions mieux de nous préparer, il y a encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre les idées d'Erasme plutôt que celles de Machiavel », défend Galina.
 
Une question de valeurs
 
« L'élargissement doit se baser sur des valeurs communes », explique Pierre-Antoine, à l'instar de nombreux internautes. « Tous les Européens qui partagent les mêmes valeurs de liberté et de droits de l'homme sont les bienvenus. Cela comprend tous les groupes ethniques. Le racisme, le sexisme, la xénophobie n'ont pas leur place dans l'UE », d'après Maria.
 
Serait-il trop tôt ?
 
Sans s'opposer à un nouvel élargissement, de nombreux commentaires ont pointé la nécessité de le repousser. « Tant que les gens ne comprennent pas que l'UE s'occupe de l'avenir (et a été créée pour dépasser le passé), et tant que l'UE elle-même ne sait pas ce qu'elle veut être (une entité démocratique fédérale ou une union économique dominée par les élites), il est trop tôt pour des projets d'élargissement », analyse Martin.
 
« Il faut prendre le temps pour trouver le bon équilibre, qu'il soit culturel, politique ou financier », soutient Sylvie. « C'est le mauvais moment pour débattre d'élargissement », pense Javier : « La crise financière rend les gens plus sensibles aux changements, et beaucoup pourraient y voir des menaces ». Labinot, pour sa part, enjoint les Etats qui souhaitent intégrer l'UE à ne pas en être obsédés et « à faire leurs devoirs sans penser à l'UE ».
 
Quelles limites ?
 
Où se trouvent les frontières de l'Europe ? La question est toujours âprement débattue… Certains demandent de poser des limites claires aux élargissements, d'autres demandent de ne pas mettre en place un nouveau Rideau de fer et de s'ouvrir aux Balkans, à l'Islande, à la Norvège, au nord de Chypre, à la Turquie, à l'Ukraine, à la Moldavie, au Caucase et même à la Russie - s'ils s'avèrent réellement démocratiques.
 
Les députés européens reflèteront-ils ces préoccupations lors de leur débat mercredi 10 février au matin ? A vous d'en juger en regardant le direct sur internet.
 
REF.: 20100204STO68446