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Fonds monétaire européen : pour ou contre ?

Affaires économiques et monétaires - 23-03-2010 - 18:31
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Pour ou contre le FME ? - Par europarltv

La création d'un Fonds monétaire européen a été l'un des sujets majeurs débattu par la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires, lundi dernier. Une telle institution aurait-elle permis d'éviter la crise grecque ? Jean-Claude Juncker, Jean-Claude Trichet et Dominique Strauss-Kahn, poids lourds écoutés dans la zone euro, ont donné leur avis. Revue des effectifs en présence.

A la suite de la crise en Grèce, le ministre des finances allemand, Wolfgang Schaüble, a émis l'idée de la création d'un Fonds monétaire européen (FME), chargé - à l'instar du Fonds monétaire international (FMI) - de veiller à la stabilité du système monétaire en Europe, notamment en servant de prêteur aux pays en graves difficultés budgétaires.
 
La proposition a été accueillie de façons très diverses à travers l'Europe. Les 17 et 22 mars, elle a été à nouveau abordée devant la commission des affaires économiques et financières du Parlement européen, laquelle avait invité des poids lourds de la politique monétaire européenne et mondiale.
 
Supporters à part entière
 
La Grecque Rodi Kratsa-Tsagaropoulou (Parti populaire européen) soutient sans réserve une telle idée. « Le Fonds monétaire européen ne serait pas une nouvelle institution monétaire mais un mécanisme de soutien, encadrés par des règles strictes », a-t-elle développé.
 
Une bonne idée, mais inefficace dans le cas de la Grèce
 
Le Président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s'est dit en faveur de la création d'un Fonds monétaire européen car « l'Europe manque d'un instrument pour gérer correctement les crises ». Il a néanmoins souligné que cela n'aurait pas été la solution miracle dans le cas de la Grèce.
 
Le Français Pascal Canfin (Verts) a expliqué que sont groupe soutenait l'initiative, précisant cependant que le FME « ne serait pas la solution à d'autres crises mais plutôt un mécanisme de prévention, soutenant les politiques de réforme des Etats membres voulant s'attaquer aux racines structurales des crises ».
 
Pas opposés à l'idée, mais sceptiques
 
Le Français Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, a estimé que l'idée devrait être creusée… mais il ne s'est guère montré enthousiaste à l'idée de mettre en place de nouveaux mécanismes. « Faisons déjà le plus possible avec les structures existantes », a-t-il demandé.
 
L'approche de Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI, s'est avérée semblable. « Je serais heureux de commenter [cette idée] si je savais de quoi il s'agit », a-t-il glissé. Il a expliqué que le FMI serait prêt à coopérer avec une telle institution, notant néanmoins qu'elle n'aurait pas pu arrêter la crise en Grèce, qui est d'origine fiscale.
 
REF.: 20100319STO70945