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Un esprit sain dans un corps sain : état du sport en Europe

Sport - 30-04-2010 - 14:31
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  • Avec le Traité de Lisbonne, le sport tombe dans le domaine de compétence du Parlement européen.
  • Réactions de députés européens à une enquête Eurobaromètre sur l'activité physique en Europe.
Le sport est très lié à la culture d'un pays. Cela explique-t-il les disparités de comportements en Europe ? ©BELGA_ICONSPORT

Le sport est très lié à la culture d'un pays. Cela explique-t-il les disparités de comportements en Europe ? ©BELGA_ICONSPORT

Une récente enquête Eurobaromètre a révélé des disparités importantes dans la façon et la fréquence à laquelle les Européens font du sport. Quatre députés européens tentent de l'expliquer et soulignent le rôle qu'ils espèrent que le Parlement européen sera amené à jouer dans ce domaine.

Seulement 40 % des Européens font du sport une fois par semaine. Pire, 25 % n'en font absolument jamais. Quelles sont les conséquences socio-économiques d'une population peu sportive ?
 
Sean Kelly (Parti populaire européen, Irlandais) : « Cela mène à plus d'obésité et aux maladies qui s'y rapportent. Cela augmente la pression sur nos systèmes de santé qui doivent prendre en charge les problèmes liés à nos modes de vie sédentaires. L'activité physique augmente également la cohésion sociale. S'engager dans un sport, c'est s'engager dans une communauté sociale. L'année européenne du volontariat en 2011 sera une bonne occasion de souligner les bénéfices du sport pour la société. »
 
Mitro Repo (Socialistes et démocrates, Finlandais) : « Faire régulièrement de l'exercice participe au bien-être et à la qualité de vie. Malheureusement, l'expérience montre que l'aisance économique amène la paresse - on devient paresseux mentalement mais aussi physiquement. Les experts sont d'accords pour dire que le meilleur remède aux troubles du métabolisme est de faire régulièrement de l'exercice. »
 
Chrysoula Paliadeli (Socialistes et démocrates, Grecque) : « Directement lié à la santé, le sport doit être considéré comme une priorité fondamentale. La crise économique ne doit pas être une excuse pour réduire les budgets alloués au sport et aux infrastructures. Sur le long terme, les Etats devront sinon faire face aux conséquences économiques importantes d'une société pas ou moins sportive. »
 
Iva Zanicchi (Parti populaire européen, Italienne) : « Le sport promeut des valeurs qui permettent de mieux éduquer la société. Mais les familles touchées par la crise économique ont eu à couper certaines dépenses, comme l'inscription dans des clubs de gym ou de natation. »
 

Résumé de l'enquête

  • Les hommes sont plus sportifs que les femmes.
  • Le Nord de l'Europe pratique plus de sport que le Sud.
  • La raison principale pour laquelle les gens font de l'exercice est pour améliorer leur santé.
L'étude Eurobaromètre montre que le Nord de l'Europe est plus sportif que le Sud. Pourquoi ?
 
Sean Kelly : « Je ne peux que parler du pays que je connais le mieux, l'Irlande, qui a le plus haut taux de participation à des activités physiques dans toute l'Union européenne. Les associations locales n'ont pas attendu l'Etat et ont organisé et construit leurs propres infrastructures. »
 
Mitro Repo : « Pour les pays scandinaves, l'explication peut se trouver dans les facteurs historiques et socio-géographiques. L'Europe du Nord est peu densément peuplée et les distances sont longues. Tout au long de leur histoire, les gens ont appris à se déplacer pour survivre. Néanmoins, les résultats de l'enquête doivent être analysés de façon critique. Par exemple, les Finlandais sont également en lice pour être le peuple le plus gras en Europe... »
 
Chrysoula Paliadeli : « Considéré comme un luxe, le sport est plus pratiqué par les gens avec de hauts revenus. Les gens éduqués sont mieux informés sur l'importance du sport pour la santé physique et mentale. De ce point de vue, les résultats de l'enquête ne sont pas étonnants. Néanmoins, les différences climatiques et les diverses sortes de sports pratiquées au Nord et au Sud peuvent également affecter les résultats. »
 
Iva Zanicchi : « Peut-être parce que les gens du Sud sont plus paresseux… Blague à part, c'est clair que les pays nordiques promeuvent plus le sport. Les enfants commencent le sport à l'école primaire et continuent lors de leurs études secondaires. La culture sportive est plus marquée que dans le Sud de l'Europe. »
 
Que peuvent faire le Parlement européen et l'Union européenne pour encourager les gens à faire plus de sport ?
 
Sean Kelly : « Le Parlement européen, avec les nouveaux pouvoirs dans ce domaine que lui a conféré le Traité de Lisbonne, doit mettre le sport au centre de sa stratégie. Il doit entrer en contact avec les organisations de masse et ne pas se focaliser sur le sport de haut niveau. Enfin, je pense qu'il faudrait ajouter le mot ´sport´ au nom de la commission parlementaire de la culture et de l'éducation - cela montrerait que le Parlement prend le sport au sérieux. »
 
Mitro Repo : « J'espère sincèrement que la commission de la culture prendra des initiatives dans ce domaine, notamment pour encourager les gens à faire du sport plus régulièrement. Chaque député européen doit montrer l'exemple. Il faut plus de sport et moins de mots et de déclarations vides de sens ! »
 
Chrysoula Paliadeli : « L'Union européenne doit encourager, soutenir et compléter les politiques des Etats membres. Le Parlement européen doit encourager les citoyens à faire plus de sport et doit demander de meilleures infrastructures. »
 
Iva Zanicchi : « Le Parlement européen et l'Union européenne doivent continuer à promouvoir le sport. Il joue un rôle-clé pour combattre les problèmes de société comme le racisme. Il apprend le respect des règles, des coéquipiers et des adversaires. »
 
Les réactions ont été récoltées en anglais.
 
REF.: 20100406STO72101