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Plan de sauvetage de la Grèce : les députés européens sceptiques

Institutions - 07-04-2010 - 19:13
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  • Les députés européens ont débattu des conclusions du dernier Conseil européen.
  • Ils se sont montrés très critiques, certains pointant du doigt une réponse pas assez européenne, d'autres un appel au FMI, et d'autres encore une tentative d'empiéter sur la souveraineté des Etats membres.

Analyse du débat en images - Par europarltv

Résolument positif, le Président stable du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a présenté aux députés européens les résultats du dernier sommet européen. Son optimisme n'a cependant pas convaincu les parlementaires, qui auraient souhaité des mesures plus ambitieuses et plus européennes pour aider la Grèce, en proie à de graves difficultés budgétaires.

Le sommet européen des 25 et 26 mars a tenté d'apporter des réponses aux turbulences que traverse la zone euro, et notamment à la situation catastrophique de la Grèce. Les chefs d'Etat et de gouvernement se sont prononcés en faveur d'aides bilatérales et de prêts du Fonds monétaire international (FMI).
 
Herman Van Rompuy s'en est réjoui, les divergences de points de vue des Etats faisant craindre un échec du sommet. « La capacité de l'Union à trouver des compromis reste intacte », a-t-il souligné. « Après tout, le FMI est financé par l'Europe », a-t-il glissé, se heurtant à une certaine incompréhension des parlementaires.
 
Un accueil sceptique des députés européens
 
Pour les socialistes, le recours au FMI revient à abandonner toute politique européenne commune et à favoriser une approche technocratique. Fortement déçu, l'Autrichien Hannes Swoboda a comparé le Conseil (représentant les Etats membres) au Titanic, regrettant l'absence de réaction forte et concrète. « Ils heurtent un iceberg et tout ce qu'ils font, c'est mettre en place un groupe de travail », a-t-il ironisé.
 

Les objectifs du Conseil européen

  • Deux tiers d'aides bilatérales et un tiers de prêts du FMI pour la Grèce
  • Faire passer le taux d'emploi des 20-64 ans à 75 %
  • Investir 3 % du produit intérieur brut dans la R&D
  • Réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, augmenter l'efficacité énergétique de 20 % et promouvoir les énergies renouvelables
Les Verts n'ont pas vu plus de raisons de se réjouir. « Le seul résultat positif a été de mettre fin à la bataille entre Paris et Berlin », a noté l'Allemande Rebecca Harms. « Les critères de sauvetage des finances grecques seront établis par le FMI, Bruxelles a abandonné son pouvoir ».
 
Même le Parti populaire européen s'est montré plutôt circonspect, lui qui soutient souvent les décisions des Etats membres. Le renforcement des structures de gouvernance économique n'est « qu'une promesse » alors que les citoyens veulent du concret, selon la Néerlandaise Corien Wortmann-Kool. Elle a également souligné que la solidarité devait aller dans les deux sens et que la Grèce devait faire des économies budgétaires.
 
Trop ou pas assez d'Europe ?
 
Le Belge Guy Verhofstadt a émis de sérieux doutes sur le mécanisme proposé par les chefs d'Etat et de gouvernement. Au nom du groupe des libéraux et démocrates, il a regretté l'absence de solution réellement européenne et le recours à des mesures bilatérales. Il a été rejoint sur ce point par l'Allemand Lothar Bisky, de la Gauche unitaire européenne. Ce dernier a fustigé une autorisation pour les banques et les marchés financiers de « décider de la façon dont les pays doivent dépenser l'argent du contribuable ».
 
A l'autre bout de l'échiquier, eurocritiques et eurosceptiques ont rejeté en bloc toute tentative de chercher une solution européenne. « La crise ne doit pas être un prétexte pour augmenter les pouvoirs de l'Union européenne », a mis en garde le Britannique Thimothy Kirkhope (Conservateurs et réformateurs européens). Pour son compatriote Nigel Farage (Europe de la liberté et de la démocratie), toutes les tentatives de centralisation en Europe ont échoué, et ce sera le cas d'un hypothétique gouvernement économique.
 
REF.: 20100406STO72118