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« Les citoyens européens ne sont pas abandonnés » - Christine de Veyrac sur la sécurité aérienne

Transports - 27-04-2010 - 11:27
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  • Interview de Christine de Veyrac (Parti populaire européen), rapporteur sur la prévention des accidents d'avion et le soutien aux victimes et à leurs familles.
  • But : « renforcer les mécanismes et l'efficacité des enquêtes menées après un accident » et « analyser en amont les différents incidents qui peuvent se produire ».

Interview de Christine de Veyrac, par europarltv

Le drame aérien de Smolensk et l'éruption du volcan islandais ont remis au centre du débat public la question de la sécurité aérienne. Celle-ci n'est en effet pas uniquement liée à la prévention des attentats mais aussi à des facteurs techniques, humains et naturels. La Française Christine de Veyrac prépare un rapport sur la prévention des accidents. « Ces dispositions visent à réduire l'angoisse et l'attente des familles qui sont dans l'incertitude », explique-t-elle.

Votre rapport vise à améliorer les enquêtes en cas d'accidents d'avions. Mais que peut-on faire pour pour éviter que des tragédies telles que celle qu'on a récemment connue à Smolensk ne se reproduisent pas ?
 
Christine de Veyrac : Tout d'abord, je souhaite exprimer toute ma solidarité avec le peuple polonais qui a subi de lourdes pertes dans cet accident tragique.
 
Sur la question de la prévention des accidents, je propose deux grandes dispositions dans mon rapport.
 
La première est de renforcer les mécanismes et l'efficacité des enquêtes menées après un accident. En effet, si une enquête est menée rapidement et de façon performante, elle permettra de déterminer les causes de l'accident et donc d'éviter qu'il ne se reproduise.
 
La deuxième est l'analyse en amont des différents incidents qui peuvent se produire. On sait qu'un accident est rarement causé par un seul problème mais qu'il est en général le résultat de plusieurs incidents qui se produisent en même temps. Si on arrive à identifier des incidents qui se produisent de façon répétée et qu'on parvient à corriger les déficiences, cela permettra d'éviter de nombreux accidents.
 
Comment améliorer l'assistance portée aux proches des victimes d'accidents aériens ?
 
CdV : L'assistance aux proches des victimes est encore insuffisante en Europe et elle est en retard par rapport aux Etats-Unis où toute une série de mesures ont été mises en place.
 
Dans mon projet de rapport, je propose d'instaurer un court délai pour la transmission de la liste des passagers à bord de l'avion accidenté, et des mesures pour identifier plus rapidement la personne à contacter en cas d'accident. Ces  dispositions visent à réduire l'angoisse et l'attente des familles qui sont dans l'incertitude.
 
En outre, je fais plusieurs autres propositions : la désignation d'une personne chargée du contact avec les familles, l'information privilégiée qui doit être transmise aux proches, l'obligation pour les Etats et les compagnies de disposer d'un plan d'urgence et d'appliquer les dispositions de la Convention de Montréal sur l'indemnisation des familles, etc.
 
Au Parlement, nous représentons les citoyens, il est donc normal que dans mon rapport je développe beaucoup l'aspect « assistance aux victimes et à leurs proches ».
 
Comment l'Europe peut-elle contribuer à améliorer la sécurité de l'aviation civile dans le reste du monde ? Comment garantir à ses citoyens qu'en cas d'accident dans un pays tiers ils ne seront pas tout à fait abandonnés ?
 
CdV : Le transport aérien n'est pas, par essence, national. Il ne s'arrête donc pas aux frontières d'un pays ou à celles de l'Union européenne (UE).
 
La première action de l'UE afin de contribuer à la sécurité aérienne en Europe et dans le monde est la mise en place d'une liste noire des avions interdits.
 
Concernant les accidents qui surviennent en dehors de l'Union, il faut savoir que même si l'enquête est menée par un pays tiers, le pays de la compagnie ainsi que les Etats qui ont des ressortissants à bord de l'avion participent étroitement à l'enquête. Ils sont informés de son évolution et sont en liaison constante avec les familles des victimes.
 
En outre, les mesures que je propose concernant l'assistance aux victimes s'appliquent quel que soit le lieu où se produit l'accident. Les citoyens européens ne sont donc pas abandonnés mais soutenus et informés par leur Etat.
 
La réglementation visé à moderniser l'arsenal juridique européen dans ce domaine. Le vote en commission parlementaire des transports est prévu le 1er juin, pour une adoption définitive en plénière en juillet.
 
REF.: 20100426STO73420