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Les Etats européens rejoindront-ils le Parlement dans sa lutte contre l'homophobie ?

Droits fondamentaux - 14-05-2010 - 08:03
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Manifestation à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie. ©BELGA_AFP PHTO_TED ALJIBE

Manifestation à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie. ©BELGA_AFP PHTO_TED ALJIBE

Qu'est-ce que des pays aussi divers que l'Arabie Saoudite, l'Ouganda et la Jamaïque ont en commun ? Ils considèrent l'homosexualité illégale. Alors que Journée internationale contre l'homophobie approche, les députés européens se penchent à nouveau sur la question : la situation est loin d'être idyllique au sein même de l'Union européenne.

« L'homophobie est une violation flagrante de la dignité humaine, elle remet en question des droits fondamentaux et cela doit être fermement condamné », milite le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, à l'approche de la Journée internationale contre l'homophobie (17 mai).
 
Un bilan encore sombre
 
L'homophobie est encore très mal acceptée dans beaucoup de pays du monde. Le rapporteur du Parlement européen sur la directive antidiscrimination, Raúl Romeva i Rueda (Verts), pointe du doigt des pays comme l'Ouganda, la Tanzanie, le Kenya, mais aussi des pays du Moyen-Orient et d'Asie. A certains endroits, l'homosexualité peut même mener à la peine capitale. Raúl Romeva i Rueda souligne par ailleurs que les droits des gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels sont le plus souvent bafoués dans les pays ayant une religion d'Etat.
 
La situation en Europe n'est pas très reluisante non plus, en témoigne la directive antidiscrimination qui est bloquée par les Etats membres alors qu'elle a déjà été votée par le Parlement européen. Dans la seconde moitié du 20ème siècle, l'homosexualité était encore illégale dans de nombreux pays, considérée comme un trouble mental. Aujourd'hui, les discriminations, les intimidations, l'interdiction des marches gays et lesbiennes (« gay pride ») sont malheureusement répandues. Selon Raúl Romeva i Rueda, de nombreuses personnes sont obligées de cacher leur orientation sexuelle de peur de perdre leur travail ou même d'y laisser leur vie.
 
Que faire pour améliorer la situation en Europe ?
 
Raúl Romeva i Rueda met en avant la nécessité d'engager un dialogue dans la société et d'avoir une véritable législation antidiscrimination. « La directive antidiscrimination n'est pas juste un signe en direction des sociétés pour qu'elles changent leur comportement. C'est aussi un message au reste du monde montrant que l'Union européenne protège les droits fondamentaux ».
 
Mais pourquoi donc les Etats membres bloquent-ils cette directive ? L'Espagnol estime que les différences sont encore trop marquées en Europe : certains pays sont très tolérants et ouverts, d'autres pas du tout. Le Traité de Lisbonne et la Charte des droits fondamentaux protège cependant les gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels. Reste cependant à la mettre en pratique, concrètement et au jour le jour. Le chemin sera sans doute encore long.
 
REF.: 20100507STO74266