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La Réunion, les Canaries, Madère, les Açores : reconnaître la spécificité de leur agriculture
Politique régionale - 26-05-2010 - 18:37
Pour la première fois et suite à l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le Parlement européen a pu émettre un avis contraignant dans une décision concernant l'agriculture. Le 18 mai dernier, il a adopté un rapport sur l'agriculture dans les régions ultrapériphériques de l'Union européenne. Son auteur, le Portugais Luís Paulo Alves (Socialistes et démocrates), parle d'un moment « symbolique » et d'un « esprit de solidarité en Europe ».
Quelles sont les régions qualifiées d'« ultrapériphériques » dans votre rapport, et quelles sont leurs principales difficultés ?
Luís Paulo Alves : Le rapport vise à adapter la législation européenne en matière d'agriculture aux conditions spécifiques que rencontrent les régions ultrapériphériques de l'Union européenne. Cette possibilité est ouverte par le Traité de Lisbonne. Cela concerne les Açores et Madère (Portugal), les îles Canaries (Espagne) et La Réunion (France).
Par exemple, les Canaries seront autorisées à continuer de produire de la poudre de lait combinée à des graisses végétales, un produit traditionnel utilisé dans l'alimentation.
La Réunion connaît des problèmes pour s'approvisionner en poudre de lait. La production locale est insuffisante. Comme l'île se trouve en dehors des circuits d'approvisionnement en lait frais, elle pourra reconstituer du lait UHT avec des pourcentages de lait frais inférieurs à ce que dispose la législation pour le reste de l'Union européenne (UE). De plus, le rapport supprime l'obligation d'indiquer le pourcentage de lait frais du fait de la difficulté à le mesurer. Cela s'applique également à Madère. (…)
Quels sont les buts de ces mesures ?
LPA : En ces temps de crise, alors que des mesures exceptionnelles sont prises dans toute l'Europe pour soutenir la production et l'emploi, nous devons permettre aux régions ultrapériphériques de maintenir et de développer leurs ressources agro-industrielles.
Ces régions sont éloignées des marchés principaux et ont un marché local réduit. Elles ont toutes un produit majeur qui sous-tend toute leur économie. Aux Açores, c'est le lait ; aux Canaries, la banane.
Il est symbolique de voir que le premier rapport sur l'agriculture adopté en codécision (le Parlement européen est sur un pied d'égalité avec les Etats membres, ndlr) concerne les régions ultrapériphériques. Cela montre un esprit de solidarité active, dont l'UE a bien besoin ces jours-ci.
Quelle est la place des régions ultrapériphériques dans l'UE ?
LPA : Du fait des contraintes naturelles auxquelles elles sont soumises, les régions ultrapériphériques auront toujours besoin de soutien. En même temps, elles représentent un potentiel important pour la construction européenne. Elles donnent une dimension maritime à l'UE et certaines d'entre elles sont à la pointe en ce qui concerne les énergies renouvelables, fondamentales pour la compétitivité européenne.
L'interview a été menée en portugais.
REF.: 20100521STO74888

