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Internet, un espace de liberté qui se conquiert

Information - 09-06-2010 - 18:28
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Les nouvelles technologies, une aubaine pour les défenseurs des droits de l'homme… comme leurs censeurs. ©BELGA_Karsten Kramer_face to face

Les nouvelles technologies, une aubaine pour les défenseurs des droits de l'homme… comme leurs censeurs. ©BELGA_Karsten Kramer_face to face

Le développement de nouvelles technologies offre de nouvelles opportunités pour les défenseurs des droits de l'homme… mais aussi pour la censure, notamment aux mains des régimes non démocratiques. Il n'y a plus besoin de présenter la Chine, l'Iran ou la Birmanie, qui luttent contre la liberté d'expression sur le net. Députés européens, représentants du secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication et universitaires en ont débattu le 2 juin dernier.

L'internet offre de nouvelles possibilités d'expression. « Cela a démocratisé la liberté d'expression, qui a quitté les élites pour s'étendre à la population dans son ensemble », note Andrew Puddelphatt, auteur d'une étude sur le sujet à la demande de la sous-commission parlementaire des droits de l'homme. Néanmoins, une censure « sophistiquée et parfois cachée » est opérée par des Etats qui ne souhaitent pas respecter les droits de l'homme.
 
« Les blogueurs et les cyberdissidents nous transmettent des informations indépendantes en provenance de pays 'verrouillés' » mais le nombre de ces pays a terriblement augmenté pour s'établir à près de 60 aujourd'hui, s'inquiète Lucie Morillon, de Reporters sans frontières. En fait, c'est une sorte de cyber-guerre qui se joue entre gouvernements et défenseurs des libertés fondamentales.
 
Chine vs. Google, deux géants face-à-face
 
Dans ce débat, l'exemple de la Chine est édifiant. Après des semaines de bras de fer avec le gouvernement de l'Empire du milieu, Google a fini par quitter la Chine continentale pour se replier à Hong-Kong. La firme américaine s'était rebellée contre la politique de censure que le gouvernement chinois lui demandait après avoir été accusée d'activités pornographiques et avoir vu ses comptes Gmail piratés.
 

Internet et liberté d'expression

  • Un internaute sur quatre est censuré dans le monde;
  • Une soixantaine de pays censurent internet, parmi lesquels : Chine, Arabie Saoudite, Birmanie, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan et Vietnam.
  • 18 000 sites sont bloqués en permanence en Chine
  • 120 cyberdissidents sont en prison de par le monde, dont 72 en Chine.
Une attitude jugée « courageuse » par Lucie Morillon, très critiques face à l'attitude d'autres géants de l'internet comme Microsoft et Yahoo. « Vous ne pouvez arrêter la liberté d'expression sur internet ni les innovations dérangeantes », a expliqué Simon Hampton, représentant de Google.
 
Mais selon Hosuk Lee Makiyame, d'une association de réflexion sur l'économie internationale, la motivation du gouvernement chinois est avant tout économique, les sites internet étrangers étant discriminés.
 
Nokia Siemens dans la tourmente pour ses actions en Iran
 
Le second pays qui fait parler de lui dans ce domaine est l'Iran. L'entreprise de téléphonie mobile Nokia Siemens a été critiquée pour avoir transmis à ce pays une technologie permettant de surveiller les appels téléphoniques. L'un des représentants de l'entreprise, Barry French, a reconnu devant les députés européens une erreur : l'Iran a en effet été équipé de technologies de surveillance active et de centres de contrôle. Nokia Siemens s'est, en 2009, retirée de ces activités et a commencé à revoir sa politique en la matière.
 
« Nous avons la responsabilité de nous assurer que les technologies que nous fournissons sont utilisées pour soutenir - et non enfreindre - les droits de l'homme », a conclu Barry French. Une prise de conscience bénéfique ?
 
L'Europe peut agir
 
Les participants à l'audition en ont profité pour expliquer les initiatives que l'Union européenne pourrait prendre pour soutenir les défenseurs des droits de l'homme : être exemplaire, soutenir les Organisations non gouvernementales qui travaillent dans le domaine, peser politiquement dans les sommets internationaux, encourager les entreprises à adopter des codes de conduite, appeler à la libération des cyberdissidents… Le message est passé.
 
REF.: 20100607STO75582