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Communiqué de presse
 

Perspectives d'adhésion à l'UE de l'Albanie et du Kosovo

Elargissement - 23-06-2010 - 19:22
Commission : Affaires étrangères
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L'Albanie a progressé en matière de réforme mais doit lutter davantage contre la corruption et tous les États membres de l'UE devraient soutenir une approche commune envers le Kosovo, indique la commission des affaires étrangères dans deux résolutions sur les perspectives pour ces pays de rejoindre l'UE. Sous réserve que les critères de Copenhague d'admissibilité à l'UE soient remplis, le PE devrait soutenir l'éventuelle adhésion à l'UE de tous les pays des Balkans occidentaux, ajoute-t-elle.

Les députés reconnaissent les progrès accomplis par l'Albanie dans le processus de réformes, mais soulignent la nécessité d'efforts supplémentaires importants en vue de consolider la démocratie et l'Etat de droit, favoriser le développement durable du pays, notamment réformer le système judiciaire et lutter contre la corruption, qui "reste un problème majeur dans le pays", souligne une résolution rédigée par Nikolaos Chountis (GUE/NGL, EL).
 
Les députés appellent également à trouver une solution à l'impasse politique actuelle qui a suivi les élections législatives de juin 2009. Ils font observer que "des institutions pleinement opérationnelles, en particulier le Parlement, sont l'épine dorsale d'un système démocratique consolidé et (...) un critère politique important pour l'intégration européenne".
 
Réforme du système judiciaire
 
La réforme judiciaire, y compris l'application des décisions de justice, est une autre condition fondamentale du processus d'intégration de l'Albanie à l'Union européenne. Les députés soulignent l'importance de la séparation des pouvoirs dans une société démocratique et celle d'un appareil judiciaire transparent, impartial et efficace, soustrait au contrôle gouvernemental et à d'autres pressions, pour l'établissement d'un État de droit.
 
Vers des voyages sans visa pour les citoyens albanais
 
Les initiatives de l'Albanie visant à lever l'obligation de visa pour les pays voisins de l'UE sont considérées comme une étape positive qui facilite les contacts entre les peuples et renforce la réconciliation régionale. Mais ces initiatives devraient aller de pair avec le processus de libéralisation des visas entre les pays de l'espace Schengen et les pays de la région, estiment les députés.
 
La Commission européenne a proposé le 27 mai 2010 que les citoyens de l'Albanie (et de la Bosnie-Herzégovine) soient autorisés à voyager avec des passeports biométriques dans les pays de la zone Schengen, sans visa. La proposition est subordonnée à ce que l'Albanie remédie à des lacunes persistantes relatives à la réintégration des rapatriés albanais et à l'application de la législation visant à lutter contre la criminalité organisée et la corruption. Selon la Commission européenne, l'exercice de suivi pourrait avoir lieu pendant l'été, de sorte que le Parlement et le Conseil puissent prendre une décision définitive d'ici la fin de 2010.
 
La résolution a été approuvée en commission des affaires étrangères, par 59 voix pour et une voix contre.
 
Statut du Kosovo
 
Les députés "se féliciteraient de la reconnaissance par tous les États membres de l'indépendance du Kosovo". Prenant note de la déclaration d'indépendance du Kosovo du 18 février 2008, qui a été reconnue par 66 pays, la résolution souligne que "22 États membres ont reconnu le Kosovo en tant que pays indépendant et 5 ne l'ont pas fait". Pour que les politiques de l'UE soient plus efficaces pour tous les habitants du Kosovo, les États membres devraient "renforcer leur approche commune envers le Kosovo", affirme une résolution rédigée par Ulrike Lunacek (Verts/ALE, AT) et approuvée par 45 voix pour, 14 contre et 2 abstentions.
 
Tout en reconnaissant qu'une reconnaissance officielle du Kosovo n'est pas actuellement une option politique réalisable pour le gouvernement de Belgrade, les députés appellent néanmoins la Serbie à être pragmatique sur la question du statut et à s'abstenir de bloquer l'adhésion du Kosovo à des organisations internationales. L'attente de l'avis consultatif qui doit être rendu par la Cour internationale de justice sur la légalité de la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo ne doit pas empêcher toutes les parties concernées de s'engager résolument dans une réelle coopération transfrontalière, régionale et locale, dans l'intérêt de toute la population à l'intérieur et autour du Kosovo, ajoutent-ils.
 
Perspectives de libéralisation des visas avec l'UE
 
Les députés demandent des mesures concrètes pour que les avantages d'une coopération avec l'Union européenne deviennent plus concrets pour les citoyens du Kosovo. Ce qui suggère que le Kosovo puisse également bénéficier de la perspective d'une éventuelle libéralisation des visas, une fois toutes les conditions remplies. À cette fin, la Commission devrait communiquer sans délai aux autorités du Kosovo les mesures à prendre avant de préparer la feuille de route sur la libéralisation des visas, ajoutent les députés.
 
Nécessité d'une réforme, notamment pour lutter contre la corruption
 
2010 est une année cruciale tant pour le gouvernement du Kosovo que pour  l'administration à tous les niveaux pour faire avancer les réformes-clés telles que la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, la décentralisation et la réforme de l'administration publique, soulignent les députés. Ils sont "extrêmement préoccupés par l'omniprésence de la corruption qui, avec le crime organisé, reste l'un des problèmes majeurs du Kosovo".
 
Nord du Kosovo
 
Le nord du Kosovo qui souffre de graves lacunes de l'État de droit ainsi que de la criminalité organisée et de la présence de groupes radicaux qui font pression et intimident la société civile, représente une autre cause d'inquiétude. EULEX, la mission de l'Union européenne, devrait intensifier ses activités dans le Nord, notamment dans le but de promouvoir de bonnes relations interethniques, tout en informant la population sur le terrain des actions de l'UE, estiment les députés.
 
Pas de rapatriement forcé
 
Le Kosovo n'étant pas encore en mesure de fournir de bonnes conditions pour réintégrer les Roms qui ont été reconduits de force, les députés demandent instamment aux États membres de cesser cette pratique.
 
Les autorités allemandes et kosovares, par exemple, ont accepté de rapatrier progressivement 14.000 réfugiés au Kosovo, dont environ 10.000 sont des Roms.
 
Droits des minorités et éducation
 
En dépit du fait que le Kosovo ait adopté des lois en vue de protéger les droits de l'homme et des minorités, leur mise en œuvre "reste insatisfaisante".
 
Les députés constatent que les minorités, en particulier les Roms, sont victimes de discrimination dans "l'accès à l'éducation, au logement, aux services sociaux et à l'emploi". Ils appellent à des politiques plus actives de lutte contre les discriminations fondées sur tous les motifs (ethnie, religion, orientation sexuelle, handicap et autres).
 
Les autorités devraient introduire progressivement des classes communes et l'enseignement des langues minoritaires - en particulier le serbe - pour les élèves d'origine albanaise, et l'enseignement de l'albanais à toutes les minorités. L'éducation est d'une importance cruciale à la fois pour la transmission des compétences nécessaires au marché du travail et pour contribuer à la réconciliation entre groupes ethniques, souligne la résolution.
 
Les résolutions approuvées ce mercredi devraient être soumises à un vote en plénière en juillet.
 
 
Sous la présidence de : Gabriele ALBERTINI (PPE, IT)
22.06.2010 p.m. et 23.06.2010 a.m.
 
REF.: 20100621IPR76430