Article
 

Un service diplomatique européen responsable devant les citoyens

Relations extérieures - 30-06-2010 - 16:57
Partager
Les membres du Service européen d'action extérieure devront rendre compte de leurs activités aux députés européens.

Les membres du Service européen d'action extérieure devront rendre compte de leurs activités aux députés européens.

Les exigences du Parlement européen sur la structure et le fonctionnement du Service européen d'action extérieure ont été entendues. Les députés contrôleront le budget de ce nouveau corps diplomatique et ont reçu l'assurance qu'il servira l'intérêt de l'ensemble de l'Union européenne et non d'un petit nombre d'Etats. Le Parlement devrait approuver le nouvel accord en session plénière en juillet.

Prévu par le Traité de Lisbonne, le Service européen d'action extérieur (SEAE) devrait soutenir la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, dans ses fonctions. La mise en place de ce corps diplomatique a cependant été l'objet d'un bras de fer entre le Parlement européen et les Etats membres. Ils ont finalement réussi à s'entendre la semaine dernière. Le service pourrait voir le jour dans les tous prochains mois.
 
« Dans l'accord, nous avons réussi à nous assurer que le nouveau service soit responsable politiquement devant les députés européens », selon l'Italien Roberto Gualtieri (Socialistes et démocrates), l'un des négociateurs pour le Parlement européen.
 
Un budget sous contrôle démocratique
 
Le premier point de divergence entre députés européens et Etats membres portait sur le budget. Les députés voulaient en effet avoir un droit de contrôle - à l'instar de celui dont ils disposent vis-à-vis de la Commission européenne. « Nous avons obtenu un peu plus que ce que nous espérions », s'est réjoui l'Allemand Elmar Brok (Parti populaire européen), un autre négociateur.
 
L'accord arraché de haute lutte dispose en effet que les dépenses opérationnelles du SEAE seront rattachées au budget de la Commission européenne. De ce fait, elles seront sous le contrôle direct du Parlement via la procédure de décharge budgétaire.
 
Quant aux dépenses administratives, elles seront comptabilisées à part mais seront également soumises au contrôle du Parlement.
 
Une méthode communautaire
 
Certains Etats espéraient sans doute un SEAE teinté d'intergouvernementalisme, avec de nombreux fonctionnaires nationaux. Le Parlement a réussi à imposer que 60 % du personnel provienne de la fonction publique européenne, le reste étant des diplomates nationaux. De plus, Catherine Ashton devra coopérer avec des commissaires européens dans certains domaines (élargissement, développement et aide humanitaire).
 
« Nous avons maintenant un Service d'action extérieure ambitieux avec 6 000 - 7 000 diplomates et fonctionnaires, basé de la meilleure des façons sur la méthode communautaire », a expliqué le Belge Guy Verhofstadt (Alliance des démocrates et des libéraux), le troisième négociateur.
 
Le rapport d'Elmar Brok devrait être voté en commission parlementaire des affaires étrangères le 6 juillet. Il devra ensuite être adopté en séance plénière - probablement en juillet.
REF.: 20100625STO76828