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Six mois de Présidence belge : attentes et limites

Institutions - 01-07-2010 - 13:44
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  • Tous les six mois, un nouveau pays prend la présidence du Conseil de l'UE, représentant les Etats membres.
  • Avec le Traité de Lisbonne, cette présidence est amenée à devenir moins politique et plus protocolaire.
La Belgique prend la Présidence du Conseil de l'UE pour six mois.

La Belgique prend la Présidence du Conseil de l'UE pour six mois.

Ce 1er juillet, la Belgique succède à l'Espagne à la Présidence tournante du Conseil de l'Union européenne. Néanmoins, le pays n'a pas encore réussi à former un nouveau gouvernement depuis les élections du 13 juin. Comment la Présidence va-t-elle fonctionner ? Et quel rôle est-elle amenée à jouer face au Président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy ? Réponse par des eurodéputés belges.

Le programme d'une Présidence du Conseil de l'Union européenne (UE) est toujours préparé très en amont, en coopération avec la présidence précédente et la présidence à venir. « Le travail fourni en amont, pour préparer cette présidence a été considérable », défend le socialiste wallon Marc Tarabella.
 
« La Belgique, l'Espagne et la Hongrie ont développé un programme pour 18 mois », explique Frieda Brepoels (groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen et membre de la N-VA en Flandre). « Cette présidence a très bien été préparée par le secrétaire d'Etat aux affaires européennes », renchérit le Wallon Louis Michel (Alliance des démocrates et des libéraux au Parlement européen et membre du Mouvement réformateur).
 
Les eurodéputés belges ne se font donc pas de souci pour les six mois à venir, même si leur pays ne réussit pas à former un gouvernement dans les semaines ou mois à venir. La Présidence sera assurée par le gouvernement démissionnaire d'Yves Leterme qui gère les affaires courantes. « Cela ne fera peu ou pas de différence », pense le Flamand Jean-Luc Dehaene (Parti populaire européen, CD&V), ancien Premier ministre de 1992 à 1999.
 
Il est vrai que les présidences belges se sont, par leur passé, distinguées par leur qualité. Seule Frieda Brepoels avoue que l'ambiance au sein du gouvernement en affaires courantes pourrait se détériorer, ce qui pourrait s'avérer handicapant.
 

Priorités de la Présidence belge

  • L'emploi et la cohésion sociale
  • L'environnement et le climat
  • Avancer vers une procédure commune d'asile, combattre le terrorisme, le crime organisé et l'immigration illégale
  • Mettre sur pied le Service européen d'action extérieure (SEAE) et l'initiative citoyenne
Un rôle secondaire avec le Traité de Lisbonne
 
La Présidence belge sera la première à se dérouler entièrement dans le cadre du Traité de Lisbonne. Ce dernier ayant introduit un Président permanent du Conseil européen (Herman Van Rompuy) et une Haute représentante pour les affaires étrangère (Catherine Ashton), l'équilibre institutionnel de l'UE s'en trouve modifié.
 
« Le rôle de la présidence est beaucoup moins politique qu'il ne l'était auparavant », analyse Jean-Luc Dehaene. « C'est un rôle qui est logistique et organisationnel. Le Président du Conseil européen a un rôle beaucoup plus en vue », acquiesce Louis Michel. Frieda Brepoels, pour sa part, avoue avoir plus confiance en Herman Van Rompuy pour gérer la crise économique qu'en la Présidence belge.
 
La tradition belge du compromis, opportunité pour l'Europe
 
Constituée de trois différentes régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles) et divisée en trois communautés linguistiques (Flamands, francophones, germanophones), la Belgique a l'habitude de la recherche de compromis. « La Belgique a toujours été basée sur un compromis et c'est ce qui a fait notre force. Les différences sont autant de richesses, n'en faisons pas de nouvelles frontières », glisse Marc Tarabella, faisant référence aux turbulences communautaires que traverse le pays.
 
Cette culture du compromis pourrait permettre à l'Europe de dépasser ses différences culturelles et politiques et d'avancer à 27, croient Louis Michel et Jean-Luc Dehaene. Les ministres belges qui présideront les différentes formations du Conseil de l'UE (économie et finances, agriculture, justice, environnement…) ont en effet l'habitude de ce genre de situation. Un plus dans la situation actuelle ?
 
La vision belge du fédéralisme pour une Europe des régions ?
 
« Il y a une conviction fédéraliste en Belgique, c'est un élément qui peut consolider l'intégration européenne », estime Louis Michel. La Présidence belge pourrait ainsi permettre d'avancer vers une Europe des régions.
 
Frieda Brepoels, membre du parti indépendantiste flamand vainqueur des récentes élections nationales, ne demande pas mieux. « Il est très important que les régions qui ont des compétences exclusives siègent à la table des négociations européennes pour défendre leurs propres intérêts », milite-t-elle. Comme quoi, la frontière entre politique européenne et politique nationale est parfois poreuse…
 
Le programme de la Présidence belge sera présenté en séance plénière aux députés européens mercredi 7 juillet.
REF.: 20100625STO76829