Article
 

Pour que l'Afrique retrouve la santé

Développement et coopération - 15-07-2010 - 17:15
Partager
  • Les pays africains manquent souvent d'un système de santé gratuit, efficace et universel.
  • Le problème vient notamment du financement. Les députés européens souhaitent que l'Europe s'engage aux côtés des Etats africains et de la société civile.
La mise en place de systèmes de santé en Afrique serait bénéfique aux enfants - ici à Nairobi, au Kenya. ©BELGA/Xinhua/Xu Suhui

La mise en place de systèmes de santé en Afrique serait bénéfique aux enfants - ici à Nairobi, au Kenya. ©BELGA/Xinhua/Xu Suhui

Les projecteurs s'éteignent sur la première Coupe du monde de football organisée en Afrique et le continent doit retourner à son difficile quotidien. L'espérance de vie est, dans certains pays, inférieure de 30 ou 40 ans à l'Europe. La mauvaise gouvernance, le changement climatique, la pauvreté ou les guerres sont sans doute à blâmer. Néanmoins, l'aide européenne ne peut être diminuée, quels que soient les effets de la crise sur le Vieux continent, selon les députés européens.

La crise financière n'incite pas les Etats européens à tenir leurs engagements en matière d'aide au développement. Pour atteindre les Objectifs du millénaire (OMD), l'Union européenne (UE) devrait mettre sur la table 20 milliards d'euros supplémentaires, a déjà pointé du doigt un rapport du Britannique Michael Cashman (Socialistes et démocrates) en juin.
 
La Belge Véronique De Keyser (Socialistes et démocrates) souhaite maintenant mettre l'accent sur les problèmes particuliers que rencontre l'Afrique en matière de santé. Elle-même y a été infirmière il y a quelques années et elle a pu observer le manque d'infrastructures et l'éloignement des hôpitaux pour des pans entiers de la population.
 
Aujourd'hui, elle est en charge d'un rapport sur le sujet au Parlement européen. Les travaux préparatoires sont en cours et les députés européens de la commission parlementaire du développement en ont débattu lundi 12 juillet. « Ce n'est pas une question d'idéologie mais de sauvetage de vies humaines » : la rapporteuse met en garde contre toute tentative de récupération politicienne du sujet.
 
Développer les soins de santé de base
 
Selon Véronique De Keyser, la lutte contre des maladies spécifiques (SIDA, tuberculose, paludisme) s'est faite au détriment des soins de base. Le travail des organisations non gouvernementales ne peut suffire pour fournir des services à l'ensemble de la population. Elle souhaite donc que l'Union européenne s'engage pour la mise en place d'un système de santé durable et universel.
 
Le Britannique Nirj Derva (Conservateurs et réformateurs européens) voit une raison d'espérer dans l'exemple du Sri Lanka, son pays d'origine : le taux de mortalité est descendu au niveau de celui des pays occidentaux après que les services de santé aient été rendus gratuits et que la prévention ait été développée. Entre 1948 et 2010, l'espérance de vie a augmenté de 30 ans. Un chemin à suivre pour l'ensemble du continent africain ?
 
Diversifier le financement
 
Reste cependant un souci de taille : le financement d'un tel système de santé. Le projet de rapport reconnaît que les Etats ne pourront le faire sur la base de leurs seules recettes fiscales et qu'« un financement mixte doit être recherché ». Il pourrait associer la société civile africaine et l'UE.
 
Le rapport de Véronique De Keyser devrait être adopté en commission parlementaire du développement le 30 août. Il sera probablement voté en séance plénière en octobre.
REF.: 20100709STO78535