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Communiqué de presse
 

L'opposition syrienne doit être unie en vue de se préparer au régime post-Assad

Relations extérieures - 20-06-2012 - 10:39
Commission : Affaires étrangères
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Les députés de la commission des affaires étrangères ont appelé l'opposition syrienne à faire preuve d'unité et à présenter une vision commune pour la transition vers un régime post-Assad, lors d'un débat avec des militants de l'opposition syrienne mardi 19 juin. Ils se sont également dits frustrés par le fait que la communauté internationale ne parvienne pas à mettre fin aux massacres en Syrie, mais ne sont pas d'accord sur l'opportunité d'une intervention militaire extérieure dans le pays.


L'opposition syrienne doit s'engager dans un modèle avec un objectif commun, en vue d'envoyer un signal clair sur la direction principale et les grands principes de la transition vers un nouveau régime en Syrie dès le départ du Président Bachar Al-Assad, ont expliqué de nombreux députés aux militants de l'opposition syrienne. "L'opposition syrienne est tellement fragmentée. L'opposition en Libye s'est unie dans la lutte contre son dictateur", a déclaré Ana Gomes (S&D, PT), qui a appelé les Syriens à suivre cet exemple.


Haitman al-Maleh, militant pour la démocratie et ancien juge, a averti que malgré la poursuite des massacres par le régime syrien, qui, selon lui, ont coûté la vie de plus de 20 000 personnes et entraîné 1,5 million de réfugiés, "le régime syrien peut s'effondrer comme un château de cartes. Il peut disparaître d'une manière qui peut vous surprendre tous".


Changement de régime


Le leader de l'opposition, Kamal al-Labwani, emprisonné par le régime Assad entre 2005 et 2011, a déclaré : "Les événements qui se déroulent en Syrie ne sont pas une simple crise qu'il faut arrêter par tous les moyens. Il s'agit d'une véritable révolution". Le peuple syrien recherche "un changement total du système mais également de la culture du pays", a-t-il ajouté. Comme M. al-Maleh, il a rejeté tout dialogue avec le régime actuel.


Husam Al-Katlaby, membre du conseil national syrien, a souligné que le changement de régime demandait une pression accrue de l'UE sur la Russie, en vue de demander le départ de M. al-Assad, ainsi que l'aide de l'UE dans la transition de la Syrie vers la démocratie. "Nous souhaiterions que l'UE aide davantage les militants", afin qu'"ils manifestent en sécurité", a-t-il déclaré.


Il ne s'agit pas d'un conflit religieux


Plusieurs députés ont fait part de leurs inquiétudes quant à l'éventuel caractère religieux ou son instrumentalisation dans le conflit.  "La nouvelle Syrie doit respecter l'ensemble des groupes religieux", a déclaré M. al-Labwani. M. al-Maleh a ajouté que la constitution syrienne ne faisait aucune mention de la religion, "tel que c'est le cas en Irak, en Égypte ou au Liban. Il n'y a pas de communautés religieuses dogmatiques en Syrie", a-t-il souligné.


Dilemme de l'intervention militaire


Le "plan de Kofi Annan est resté lettre morte", a déclaré José Ignacio Salafranca (PPE, ES), se demandant si "la prolifération des groupes de contact est une solution viable". La plupart des autres députés, malgré certaines exceptions dont Willy Meyer (GUE/NGL, ES), sont d'accord sur le fait que le plan Annan ne mène, en effet, nulle part.


Les députés ne sont pas d'accord sur le meilleur moyen de mobiliser la Russie ou sur le caractère approprié d'une intervention militaire extérieure. Alors que certains avancent la responsabilité de protéger le peuple syrien, même sans un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies (en l'absence d'action de la Russie), d'autres ont rétorqué que l'intervention n'était toujours pas une option, malgré la pression morale visant à mettre fin aux massacres dans le pays.


Charles Tannock (ECR, UK) s'est demandé si la Turquie pouvait agir de sa propre initiative, en vertu de la responsabilité de protéger, et si une zone d'exclusion aérienne "était possible étant donné les systèmes de raid anti-aérien mis au point récemment par la Russie en Syrie".


Annemie Neyts (ADLE, BE) et les militants de l'opposition syrienne ont souligné que la décision d'une intervention militaire limitée était un véritable "dilemme".


Sous la présidence de: Fiorello PROVERA (EFD, IT)

18.06.12

 
REF.: 20120614IPR46888