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Débats
Mercredi 31 mai 2006 - Bruxelles Edition JO

14. Interventions d’une minute sur des questions politiques importantes
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  Le Président. - L’ordre du jour appelle les interventions d’une minute sur des questions politiques importantes.

 
  
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  Avril Doyle (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, nous avons pu lire que cette semaine était intitulée «Semaine verte» et que, cette année, la Semaine verte est axée sur la perte de la biodiversité. L’année passée, c’était les changements climatiques, et les changements climatiques et la perte de la biodiversité constituent les deux principaux défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés. Je m’insurge contre le manque de temps alloué au cours de cette session à un débat sur la perte de la biodiversité alors que nous sommes dans la Semaine verte. En tant que députés, nous aurions dû faire honneur à la Semaine verte et au problème sur lequel elle est axée, à savoir la perte de la biodiversité, en organisant un débat à ce sujet. Nous avons la directive sur les oiseaux, la directive sur la conservation des habitats, la politique agricole commune, la politique commune de la pêche, les Fonds structurels, 18 000 sites Natura 2000 plus tout un réseau, et malgré cela nous ne parvenons pas à échanger nos opinions dans ce domaine.

Nous avons des espèces étrangères invasives; plus de 40% des espèces animales et végétales sont menacées dans l’UE et, malgré cela nous ne discutons pas de ce problème au cours de la Semaine dite verte. Je m’insurge contre ce fait et je vous demande, Monsieur le Vice-président, de transmettre mes récriminations au président du Parlement.

 
  
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  Lissy Gröner (PSE). - (DE) Monsieur le Président, je suis heureuse de constater que Mme Plassnik et Mme Ferrero-Waldner sont toujours présentes.

Le week-end dernier, de violents débordements ont été enregistrés à l’encontre de manifestants pacifiques à Moscou. J’estime que l’Union européenne doit absolument dire que cela ne devrait pas se reproduire dans un pays qui préside actuellement le comité des ministres du Conseil de l’Europe. Ce problème concerne un partenaire important de l’Union européenne. Nous manifesterons vendredi après-midi à Bruxelles et dans plusieurs autres villes européennes contre les violations des droits de l’homme commises contre des manifestants pacifiques.

Dans une dizaine de jours aura lieu, à Varsovie, la Gay Pride, et j’ai entendu des déclarations faites par des responsables à Varsovie selon lesquelles il pourrait là aussi y avoir des débordements et que tout participant doit s’attendre à d’éventuels actes de violence.

Je manifesterai pour le respect des droits - garantis par l’article 13 - de chaque citoyen de l’Union européenne. J’espère que nous serons nombreux à participer et à dire que l’intolérance n’a pas sa place dans l’Union européenne. Défendons le respect des droits de chacun!

 
  
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  Pedro Guerreiro (GUE/NGL). - (PT) Je voudrais saluer de cet hémicycle les pêcheurs portugais, qui, le jour de leur fête nationale, organisent une journée de protestation en masse, paralysant la flotte de pêche dans le but d’exiger l’adoption des mesures requises pour sauvegarder le présent et l’avenir d’un secteur vital non seulement pour le Portugal, mais aussi pour les différents États membres de l’UE.

La crise qui frappe depuis longtemps le secteur de la pêche et qui est due à différents facteurs comme la commercialisation de la pêche, c’est-à-dire la manière dont les prix de vente de départ sont fixés, s’est encore aggravée à la suite de la forte hausse du prix des carburants. Ces facteurs ont provoqué une asphyxie économique du secteur et entraîné un impact social profondément ancré, qui se reflète par une baisse des salaires et une augmentation du chômage. Des mesures d’urgence doivent donc être prises à l’échelon communautaire en vue de garantir les revenus du secteur et de ses travailleurs, et c’est ce que demandent depuis longtemps les représentants du secteur. C’est d’autant plus vrai qu’il existe une politique commune de la pêche.

 
  
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  Urszula Krupa (IND/DEM). - (PL) Monsieur le Président, les grèves menées en Pologne par les travailleurs de la santé ainsi que l’état déplorable dans lequel se trouvent les services de santé constituent une menace non seulement pour la santé, mais aussi pour la vie de mes compatriotes. Étant donné que je ne dispose que d’une minute, je me limiterai à vous citer deux exemples d’une mentalité libérale et destructrice où seuls l’argent et le profit comptent.

Depuis 1989, plus de 20 000 médecins ont quitté la Pologne et, pendant les cinq mois qui ont suivi l’adhésion à l’UE, 1 500 spécialistes ont quitté le pays. Chaque année, nous formons 2 000 médecins, ce qui signifie que, depuis plus de 12 ans, nous formons des médecins pour d’autres pays. De surcroît, les firmes pharmaceutiques étrangères, dont l’appétit est insatiable, consomment plus de la moitié du budget de mon pays consacré à la santé.

J’en appelle donc au Parlement européen pour qu’il réfléchisse à la manière de traiter les services de santé, pour qu’il étudie la possibilité de restreindre l’entêtement économique des monopoles pharmaceutiques et pour qu’il réfléchisse à la possibilité de modifier la manière dont les soins de santé et les professions médicales sont perçus: leur finalité doit être la santé et le bien des êtres humains et pas la seule recherche du profit et des avantages financiers, d’autant plus que plusieurs autres États membres de l’UE sont touchés par des grèves dans les services de santé.

 
  
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  Bogusław Sonik (PPE-DE). - (PL) Monsieur le Président, je voudrais attirer l’attention de l’Assemblée sur le fait que l’assignation à résidence qui frappe la chef de l’opposition birmane, Mme Aung San Suu Kyi, a été prolongée la semaine dernière. Durant ces 17 dernières années, cette chef de l’opposition démocratique - et également prix Nobel de la paix - a été coupée du reste du monde pendant 10 ans. Elle aurait dû être libérée la semaine dernière, mais la junte militaire qui règne sur le Myanmar a annoncé qu’elle représentait toujours une menace pour la sécurité nationale de sorte que son arrestation a été prolongée.

Je voudrais soulever aujourd’hui une nouvelle fois la question du respect des droits de l’homme en tant que principe de base et fondamental des Communautés européennes. Je propose que le président du Parlement européen envoie une délégation spéciale dont la mission consisterait à rendre visite à la chef de l’opposition birmane, qui a déjà passé tant d’années dans l’isolement, et à lui exprimer notre soutien.

 
  
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  Csaba Sándor Tabajdi (PSE). - (HU) Monsieur le Président, depuis la déclaration de Copenhague de 1993, le respect des droits des minorités est devenu un des critères d’adhésion. Le décalage est grand entre les systèmes de protection des minorités parmi les dix nouveaux États membres et ceux des quinze anciens. Alors que l’ensemble des dix nouveaux États membres ont ratifié les deux documents du Conseil de l’Europe juridiquement contraignants qui garantissent la protection des minorités, à savoir la Charte européenne des langues et la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, trois anciens États membres - la France, la Belgique et la Grèce - ne l’ont toujours pas fait. Les anciens États membres ont du retard à rattraper par rapport aux nouveaux en matière de protection des minorités.

Il est symptomatique que les langues régionales et minoritaires ont été complètement omises dans le rapport Mavrommatis concernant le plurilinguisme, qu’a récemment adopté le Parlement européen. Il est symptomatique que les pages concernant les minorités ont été complètement omises dans le plan D lancé par la Commission européenne en vue de retrouver la confiance des citoyens européens alors qu’un Européen sur sept parle une langue minoritaire.

 
  
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  Bogusław Rogalski (IND/DEM). - (PL) Monsieur le Président, le chef du groupe socialiste au Parlement européen, M. Schulz, a attaqué aujourd’hui avec insolence et arrogance des membres du gouvernement polonais ainsi que leur droit à prendre des décisions qui reflètent la volonté de la majorité du peuple polonais. Le manque de respect témoigné par M. Schulz pour la démocratie ne me surprend pas dans la mesure où ses tenants politiques furent Karl Marx et Rosa Luxembourg.

Monsieur Schulz, sachez que la forme de totalitarisme la plus sanguinaire n’est pas née en Pologne, mais dans votre pays, où des organisations néo-fascistes montent aujourd’hui en puissance et arpentent les rues. Vous devriez par conséquent vous préoccuper de ces manifestations, qui constituent une réelle menace pour l’Europe, au lieu de condamner le Premier ministre polonais, qui n’a fait que confirmer la volonté de la majorité des Polonais qui soutiennent les valeurs familiales et désapprouvent les parades hédonistes et pornographiques des militants homosexuels. La Pologne enregistre un des taux de natalité les plus bas d’Europe et je ne pense pas que la promotion des relations homosexuelles nous serait d’un grand secours - à moins bien sûr que vous ne connaissiez un procédé de procréation que nous ne connaissons pas.

La domination allemande sur l’Europe appartient heureusement au passé. Alors, Monsieur Schulz, tenez-vous le pour dit et évitez toute ingérence des aspirations de votre pays dans les affaires intérieures de la Pologne.

 
  
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  Ryszard Czarnecki (NI). - (PL) Monsieur le Président, je souhaiterais que le Parlement européen reconnaisse les effets réels du sommet UE-Russie qui s’est tenu à Sotchi plutôt que l’impact médiatique. Je ne prendrai qu’un seul exemple très précis: la mise en œuvre de l’accord de partenariat et de coopération UE-Russie, en ce qui concerne l’interdiction qui frappe les importations de viande polonaise: cet accord n’est actuellement rien d’autre que du papier et une façade.

Comment expliquer cette absence de solidarité au sein de l’Union européenne à cet égard? Plusieurs anciens États membres de l’UE ne s’inquiètent pas le moins du monde du fait qu’alors qu’ils entretiennent des relations commerciales avec Moscou, d’autres pays, comme la Pologne, sont exclus de ces relations commerciales. Cet exemple montrera concrètement si la solidarité européenne n’est que paroles prononcés par quelques responsables politiques ou si elle existe réellement. Hélas, pour le moment - et je le dis avec peine et regret -, ce ne sont que des paroles. Si ce pouvait être l’inverse!

 
  
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  Laima Liucija Andrikienė (PPE-DE). - (LT) J’ai eu l’occasion, dimanche dernier, de faire partie d’une délégation ad hoc du Parlement européen en vue d’observer les élections présidentielles en Colombie. À la suite de modifications apportées à la constitution il y a quelques années, le président Álvaro Uribe Vélez a été élu, pour la première fois dans l’histoire de la Colombie, pour un deuxième mandat de quatre ans. Les élections furent marquées par le fait que 45% seulement des citoyens colombiens ayant le droit de vote ont profité de cette possibilité pour se rendre aux urnes. Pourtant, en qualité d’observatrice, je peux vous assurer qu’à l’exception de quelques erreurs et infractions, aucune violation fondamentale n’a été observée et que les élections étaient démocratiques, libres et justes. Monsieur le Président, je suggère que le Parlement européen envoie un message de félicitations au nouveau président élu et qu’il renforce son soutien à la Colombie, en particulier pour l’application de la loi sur la justice et la paix, qui pourrait résoudre les problèmes de sécurité que connaît ce pays.

 
  
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  Le Président. - Je vous remercie pour votre suggestion. Je pense que nous le ferons.

 
  
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  Lidia Joanna Geringer de Oedenberg (PSE). - (PL) Monsieur le Président, je voudrais attirer l’attention de l’Assemblée sur un grave problème qui se fait actuellement jour dans certains États membres de l’UE et qui constitue une menace pour les libertés et droits fondamentaux ainsi que pour les libertés civiles.

Le Parlement européen ne peut assister passivement aux restrictions imposées à la démocratie, aux droits des citoyens européens d’exprimer leurs propres opinions et à la liberté de rassemblement. Cette menace est d’autant plus grave lorsque ce sont des représentants de gouvernements qui consentent à ce que les droits des citoyens soient enfreints; c’est malheureusement le cas actuellement dans mon pays, la Pologne. Nous devons être vigilants par rapport à de telles situations et réagir efficacement lorsqu’un État membre enfreint des principes de base qui constituent un critère d’adhésion à l’Union européenne.

La violation des droits des citoyens n’est pas une affaire intérieure des États membres. Il faut réagir à ces situations non pas par le silence, mais par une action immédiate. C’est ce que tous les citoyens d’une organisation démocratique comme l’Union européenne attendent de la part du Conseil européen.

 
  
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  Marios Matsakis (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, Chypre possède une petite flotte d’hélicoptères militaires de défense, dont deux hélicoptères français du type Gazelle. Il y a un an, l’indicateur de carburant d’un de ces deux hélicoptères a été envoyé à une société britannique appelée Vibro-Meter pour réparation. La réparation a été rapidement effectuée, mais depuis, le gouvernement britannique s’oppose à la réexportation de l’élément réparé vers Chypre sous prétexte que le Royaume-Uni a décrété un embargo sur l’équipement de défense à destination de Chypre. Conjointement avec la Grande-Bretagne, Chypre participe aux actions de défense et de sécurité communes de l’UE, notamment aux missions de maintien de la paix menées par l’UE, aux formations de combat de l’UE ainsi qu’à l’Agence européenne de défense.

Est-il concevable voire logique qu’un État membre - la Grande-Bretagne - puisse décréter un embargo sur les armes par rapport à un autre État membre - Chypre? Cela enfreint sans aucun doute les principes sur lesquels repose l’Union. Je vous demande de faire les démarches nécessaires auprès du gouvernement britannique pour que, dans l’intérêt de l’unité de notre Union européenne, cet embargo soit immédiatement levé.

 
  
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  Thomas Wise (IND/DEM). - (EN) Monsieur le Président, j’ai lu dans un article récemment publié dans la presse britannique - et je cite - que «l’industrie vinicole britannique, en pleine expansion, sera sabordée par les règlements de l’UE, qui souhaite interdire aux producteurs britanniques, dont aucun ne reçoit de subventions, de planter de nouvelles vignes si leurs ventes continuent à croître».

Les viticulteurs, dont plusieurs travaillent dans ma région, ont demandé à la Commission de relever le seuil ou de l’abolir complètement. Je me demande bien ce qui peut rendre le vin anglais si menaçant. Est-ce parce que, lorsqu’on les goûte à l’aveuglette, les vins anglais sont meilleurs que les vins français ou autres et que nos concurrents sont jaloux? Ou est-ce parce qu’il y a des régions dans d’autres pays de l’UE qui produisent des raisins largement subventionnés et qui ne produiront jamais du bon vin? Ou est-ce tout simplement parce que, lorsque l’UE voit qu’une activité se porte bien, elle doit intervenir, réglementer et la détruire?

Cela vous étonne-t-il que de plus en plus de gens ne veulent plus entendre parler de l’UE dès lors qu’elle supprime leur gagne-pain?

 
  
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  Le Président. - Ce point est clos.

(La séance, suspendue à 20h20, est reprise à 21h00)

 
  
  

PRÉSIDENCE DE MME KAUFMANN
Vice-présidente

 
Dernière mise à jour: 27 juillet 2006Avis juridique