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Procédure : 2006/2579(RSP)
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B6-0364/2006

Débats :

PV 15/06/2006 - 14.1
CRE 15/06/2006 - 14.1

Votes :

PV 15/06/2006 - 18.1
CRE 15/06/2006 - 18.1

Textes adoptés :

P6_TA(2006)0278

Débats
Jeudi 15 juin 2006 - Strasbourg Edition JO

14.1. Timor Oriental
PV
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  Le Président. - L’ordre du jour appelle le débat sur le Timor oriental(1).

 
  
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  Raül Romeva i Rueda (Verts/ALE), auteur. - (ES) Monsieur le Président, pour nombre d’entre nous, le cas du Timor a durant de longues années fait office d’une sorte de laboratoire pour apprendre comment gérer les conflits liés à un héritage colonial. Parallèlement, il a servi d’exemple nous permettant de tester, d’améliorer et de corriger certaines pratiques de l’aide internationale.

Cela dit, le processus d’accompagnement international qui a permis au Timor oriental de retrouver son indépendance comporte également de nombreuses zones d’ombre, comme c’est souvent le cas dans pareilles situations. Au vu de ce qui se passe pour le moment, notre première remarque devrait probablement être que le retrait international était un peu prématuré, et c’est pourquoi je pense que la décision du Conseil de sécurité de prolonger la mission des Nations unies dans ce pays est tout à fait judicieuse.

Nous devons également reconnaître et accueillir très positivement la décision des autorités timoraises de demander à une commission internationale de mener une enquête sur les violents événements du 5 mai, lorsqu’un groupe composé de centaines de soldats qui avaient déserté a affronté d’autres soldats qui étaient toujours dans l’armée. De plus, ces événements se sont déroulés dans un contexte de violence généralisée, qui a fait plusieurs morts et blessés et entraîné des milliers de réfugiés.

Ce n’est bien évidemment pas la situation que la communauté internationale souhaitait voir au Timor. Dès lors, nous ne pouvons pas maintenant fermer les yeux sur cette situation et nous devons témoigner de notre complète solidarité envers ceux qui œuvrent en vue de trouver une solution au problème. En particulier, nous devons soutenir l’action entreprise par le président Xanana Gusmão et le ministre Ramos Horta au nom du gouvernement.

Enfin, je crois également que nous devons tirer des enseignements des erreurs commises par le passé. C’est pourquoi, dans cette résolution, nous réclamons la création de mécanismes de communication horizontale et de coopération entre les forces internationales, dans le but d’apporter un meilleur service au peuple timorais, ainsi que la restauration effective de l’ordre public et de la normalité dans le fonctionnement des institutions.

 
  
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  Pedro Guerreiro (GUE/NGL), auteur. - (PT) Le Timor oriental est un État indépendant, souverain, qui existe depuis quatre ans et dont les citoyens se sont battus durant des décennies contre l’occupation indonésienne. À sa naissance, ce pays était détruit par l’occupation. On ne pourrait pas demander aux institutions timoraises d’être plus démocratiques qu’elles ne l’ont été depuis l’indépendance du pays, et cet état de fait reste inchangé malgré les récents événements.

Selon nous, ce qu’il faut faire en ces moments complexes et difficiles, c’est appuyer le retour à la normalité, en particulier du point de vue de la sécurité, ce que nous faisons en fait déjà. La souveraineté du peuple est-timorais doit également être résolument protégée, de même que leur liberté de choisir leurs représentants légitimes. De plus, il y a lieu de respecter la légitimité du fonctionnement démocratique des institutions dans le pays. La dynamique de l’ingérence étrangère des puissances régionales d’Australie et d’Indonésie doit également être rejetée, car elle n’a fait qu’empirer la situation. Il convient de promouvoir une véritable solidarité et coopération avec le Timor oriental, car elles contribueront au développement social et économique du pays et au bien-être des citoyens.

Même si la proposition de résolution à l’examen aborde certaines de ces préoccupations, son contenu est entaché par son approche partiale de la situation politique, qui ne fera qu’alimenter les tentatives intérieures et extérieures de tirer des avantages politiques de la situation et pourrait exacerber les tensions.

Ce que le Parlement devrait faire maintenant, c’est adopter une attitude impartiale, apporter un soutien sans équivoque au travail et aux efforts de toutes les institutions timoraises. Or, la proposition de résolution ne va pas dans ce sens. Qui plus est, cette proposition esquive les véritables dangers de l’ingérence étrangère, qui, comme cela a bien été démontré, a influencé le déroulement des événements.

Cette approche est doublement dangereuse: tout d’abord, parce qu’elle tient l’une des institutions timoraises souveraines pour la seule responsable de la situation et, ensuite, parce qu’elle ne met pas en garde contre l’effet potentiellement déstabilisant d’une ingérence plus ou moins directe dans un pays déjà affecté par l’occupation indonésienne et par la déstabilisation que les milices armées ont souvent tenté de susciter.

Pour terminer, nous estimons qu’il n’est pas approprié, à ce stade, de soulever la question de la présence des Casques bleus de l’ONU. Ce qui importe pour le moment, c’est que les forces armées stationnées dans la région ne restent que jusqu’à ce que la situation soit stabilisée. Elles devraient obéir tant à leur chaîne de commandement nationale qu’aux autorités timoraises, conformément aux accords bilatéraux, au cadre constitutionnel du pays et aux normes du droit international. En conclusion, il s’agit d’une proposition de résolution qui, à nos yeux, ne reflète pas l’évolution de la situation sur le terrain dans toute sa complexité.

 
  
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  Anneli Jäätteenmäki (ALDE), auteur. - (FI) Monsieur le Président, il y a quelques années, le Timor oriental était dans tous les esprits en raison des mauvaises expériences qu’il traversait dans sa quête de l’indépendance et de la souffrance causée par la dure occupation pendant le quart de siècle qui a précédé. Les progrès du pays vers l’indépendance, la restauration de l’ordre et le début des secours internationaux ont rapidement fait du Timor oriental ce qui pour nous, Européens, était devenu un exemple du potentiel de la solidarité et de la coopération internationales.

Dès lors, les troubles, les violences et le grand nombre de réfugiés apparus récemment au Timor oriental ont été une déception pour la communauté internationale. Cette déception a été d’autant plus amère qu’elle a montré que la foi de la communauté internationale en une situation en permanente amélioration au Timor oriental était bien trop prématurée.

Nous devons maintenant regarder la vérité en face et admettre qu’il faut souvent plus de temps pour résoudre les problèmes profondément ancrés et assurer un suivi que ce qui n’est possible en utilisant les ressources des Nations unies, qui sont taxées par de nombreuses régions en crise, s’il n’y a pas d’autres investissements. La proposition de résolution commune sur le Timor oriental présentée par six groupes politiques peut compter sur le soutien du groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe et mérite un large soutien du Parlement européen dans son ensemble.

 
  
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  John Bowis (PPE-DE), auteur. - (EN) Monsieur le Président, j’ai ici des photographies de la mort et de la destruction au Timor oriental. Il pourrait s’agir d’images de 1999, mais ce n’est pas le cas. Elles m’ont été envoyées par un ami il y a un mois, au lendemain de ce terrible jour du 28 avril, où Dili a à nouveau connu la mort et les émeutes.

En 2002, j’ai présidé une mission de l’UE pour surveiller les élections présidentielles suivies de l’indépendance, et nous avons clairement vu l’excellent travail réalisé par l’UNTAET sous la direction du très regretté Sergio Vieira de Mello. Nous avons vu comment l’Australie et les autres troupes internationales avaient maintenu la paix. Nous avons vu comment l’UNHCR avait contribué au retour des réfugiés du Timor occidental et d’ailleurs. Ensuite, tous sont partis et, pour un temps, sous la présidence de M. Xanana et du gouvernement du Timor oriental, la situation a eu l’air de s’apaiser. Puis les perdants des combats passés, les anciens miliciens qui n’ont pas retrouvé d’emploi et d’autres mécontents ont mis a nu cette faille ethnique larvée entre Loro Monu et Loro Sae, l’ouest et l’est du Timor oriental, ainsi que les tensions entre l’armée et la police, etc.

Aujourd’hui, nous devons à nouveau faire appel aux Nations unies et à leurs agences, ainsi qu’à la police civile, mais, cette fois, elles devront rester pour assurer la stabilité, tout comme les troupes internationales de l’Australie, de la Malaisie et d’ailleurs. Aussi, cette fois-ci, l’Union européenne doit être à nouveau étroitement impliquée et ne certainement pas réduire son aide aussi vite qu’après 2002.

Le dernier membre des pays ACP est le Timor oriental. Nous rencontrerons ses représentants lors de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE à Vienne la semaine prochaine et j’espère que nous pourrons tous faire un effort pour veiller à serrer les rangs en vue de soutenir la population du Timor oriental, afin qu’elle puisse réitérer ses efforts en faveur de la paix, de la stabilité et de la prospérité.

 
  
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  Ana Maria Gomes (PSE), auteur. - (PT) Je me suis récemment rendue à Díli, au début de la dernière période de violences entre Timorais. Des affrontements tragiques ont eu lieu entre des agents de police et des forces armées. J’ai également été le témoin d’un moment émouvant et dramatique d’unité institutionnelle, lorsque le président, le Premier ministre et le président du parlement ont été contraints de demander de l’aide à des forces étrangères pour restaurer l’ordre et la stabilité politique dans le pays.

Je voudrais souligner que le peuple timorais a réservé un accueil enthousiaste à la Garde nationale républicaine, une force de police portugaise, et donc européenne. Les autorités timoraises ont également fait preuve d’unité et de convergence lorsqu’il y a deux jours, ils ont demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de renforcer et de proroger la mission du Bureau des Nations unies au Timor oriental (UNOTIL): au lieu d’être une mission de police sous la supervision de l’ONU, elle deviendrait, si besoin est, une mission de maintien de la paix sous le mandant et les auspices de l’ONU. Cette proposition de résolution du Parlement européen soutient cette demande et démontre que le Parlement et l’UE sont préoccupés par la situation. Elle montre aussi que nous ne doutons pas que, avec l’aide d’amis, le Timor oriental pourra surmonter cette grave crise.

En tant que socialistes européens, nous restons convaincus que le peuple est-timorais vaincra cette crise liée aux difficultés rencontrées par une démocratie en plein essor, tout comme il est venu à bout des crises précédentes, plus graves, qui ont menacé son existence même. Nous savons aussi que cela dépend beaucoup de nous, les Européens, et de la communauté internationale dans son ensemble. Cette dernière a la responsabilité particulière de garantir que l’État du Timor oriental et ses citoyens, qui ont lutté contre l’oppression en faveur de l’indépendance et de la souveraineté de leur pays, aient l’avenir qu’ils méritent.

Comme Kofi Annan l’a dit cette semaine, ce qui se passe au Timor oriental est d’autant plus douloureux que le pays est, et je cite, «un enfant de la communauté internationale». Les fondements fragiles de la jeune démocratie timoraise ont été mis au jour dans cette crise. M. Annan a ajouté que «tant les Timorais que la communauté internationale dans son ensemble doivent tirer d’importantes leçons de ces événements.» Certains membres permanents du Conseil de sécurité doivent faire un examen de conscience. Il est impossible de construire des nations dotées d’institutions démocratiques solides à la hâte en l’espace de quelques années seulement. Décréter que la mission est accomplie afin d’épargner de l’argent se révélera coûteux, et ce sont les citoyens qui paieront les pots cassés.

La situation peut être rectifiée et personne ne devrait remettre en cause la viabilité de l’État indépendant, souverain du Timor oriental, qui jouit aussi de l’indépendance et de la souveraineté sur les importantes ressources naturelles du pays. Ian Martin, le chef de la mission des Nations unies au Timor oriental (UNAMET), qui a contribué à la sécession en 1999 et qui a récemment été l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU à Díli, a expliqué avant-hier que l’essentiel n’était pas de savoir si le Timor oriental était un État raté; pour lui, l’important était que ce pays existe depuis quatre ans et qu’il apprend à gérer le poids des responsabilités découlant de l’indépendance et à relever les défis inhérents à un système démocratique.

C’est à ce niveau-là que l’UE peut faire toute la différence. À cet égard, les recommandations que cette proposition de résolution adresse à la Commission et au Conseil visent à renforcer l’aide européenne en vue de consolider les institutions démocratiques, de sorte à promouvoir les droits de l’homme et la réconciliation au Timor oriental. Par conséquent, le Parlement se félicite de la décision unanime des autorités timoraises de demander à une commission d’enquête internationale d’examiner les récents incidents qui ont fait un grand nombre de victimes et causé la fuite de milliers de Timorais de leur maison.

Le Parlement restera vigilant et prévoit de dépêcher une mission ad hoc en octobre prochain. Nous espérons que les efforts des lauréats du prix Nobel de la paix, le président Xanana Gusmão et le ministre Ramos Horta, permettront de surmonter la crise politique, de sorte que la mission puisse se concentrer sur l’aide européenne au développement au Timor oriental.

 
  
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  Marcin Libicki (UEN), auteur. - (PL) Monsieur le Président, le Timor oriental est officiellement devenu indépendant en 1975. Cependant, le pays a alors été immédiatement occupé par l’Indonésie et sa dictature islamique de gauche. Ce petit pays catholique peuplé de 300 000 habitants est resté sous le joug de la cruelle occupation ennemie pendant 25 ans. Après avoir réaccédé à l’indépendance, il a continué à faire l’objet de divers conflits internationaux, notamment en raison de ses ressources naturelles.

Le Timor oriental doit être soutenu par les organisations internationales et la mission des Nations unies doit se poursuivre. Celle-ci ne devrait pas se limiter à 130 soldats; elle devrait enrôler autant de troupes que nécessaire pour protéger la population catholique lasse du Timor oriental contre les troubles sociaux et les conflits.

Mesdames et Messieurs, si l’on pense que le régime meurtrier de Kadhafi, le régime meurtrier de Castro et d’autres régimes meurtriers ont rejoint la Commission des droits de l’homme des Nations unies, on est en droit de se demander si ces organisations internationales exercent suffisamment d’autorité. Les régimes que je viens de mentionner sont tous membres de la Commission des droits de l’homme.

Si l’on tient également compte du fait que notre Parlement, qui devrait montrer l’exemple, débat aujourd’hui une nouvelle fois du mariage entre personnes du même sexe et qu’un État membre de l’Union européenne a décidé de conférer des droits civils à des grands singes, l’on est certainement en droit de se demander si nous possédons suffisamment d’autorité pour aider les personnes les plus persécutées et qui souffrent le plus. Ces personnes ont véritablement des problèmes bien plus pressants que ceux qui sont souvent débattus au sein de cette Assemblée.

 
  
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  Charles Tannock, au nom du groupe PPE-DE. - (EN) Monsieur le Président, quelle tristesse de penser qu’en 1999, je prononçais mon premier discours devant le Parlement européen, un discours qui portait sur le Timor oriental, peu avant que les Nations unies n’envoient une force de maintien de la paix qui a fini par ouvrir la voie à l’indépendance de ce pays. À ce jour, ce pays reste le plus jeune membre des Nations unies, depuis 2002.

Nous voilà à nouveau en train de débattre des troubles qui ont lieu sur ce territoire et, une fois encore, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Portugal et la Malaisie ont dû intervenir pour rétablir l’ordre public dans un État aujourd’hui souverain.

Je tiens en particulier à dire combien j’apprécie les efforts déployés par l’Australie dans la région, en tant que gardienne de la paix, comme nous l’avons aussi récemment constaté dans le cas des îles Salomon. Je soutiens les efforts consentis pas le président Xanana Gusmão et par la communauté internationale pour contourner le Premier ministre, qui semble refuser de démissionner et se montre très intransigeant, ainsi que pour désarmer les groupes paramilitaires, rétablir l’ordre public et permettre à l’aide et à la reconstruction de revenir dans ce pays.

Je suis certain que cette Assemblée soutiendra l’Union européenne et les Nations unies dans toutes les mesures qui seront nécessaires pour parvenir à une paix durable et à la réconciliation sur cette tragique, mais merveilleuse, île lointaine.

 
  
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  John Attard-Montalto, au nom du groupe PSE. - (MT) Je voudrais dire à quel point j’ai été surpris de voir que ces événements ne se sont produits au Timor oriental que quatre ans après la reconnaissance du pays. En effet, je pensais que, hélas, tous les facteurs étaient réunis pour que ces incidents aient lieu plus tôt.

Quiconque imagine que, puisque le Timor oriental a été reconnu par la communauté internationale, il disposait de tout ce qu’il lui fallait en termes de structures démocratiques et autres ainsi qu’en matière d’éducation, d’environnement, de droits de l’homme et de tribunaux, se fait des illusions. Je pense que nous nous leurrions en imaginant que, comme nous avions reconnu l’indépendance du Timor oriental et comme les structures pertinentes y étaient désormais soi-disant en place, le pays n’avait plus besoin de notre aide pour progresser sur le plan de la démocratie et du respect des droits de l’homme.

Toute personne suivant la situation au Timor oriental aura réalisé que, souvent, le seul facteur unificateur était les forces d’occupation. À la suite de la reconnaissance de l’indépendance du Timor oriental, il était clair que la situation n’était pas sur le point de s’améliorer. Il y avait le facteur de la pauvreté, le Timor oriental étant, comme nous le savons, un des pays les plus pauvres du monde. Sans compter l’absence de structures et la possibilité, qui est ensuite devenue une réalité, d’y découvrir soudainement du pétrole.

Nous devons dès lors tirer profit de l’exemple du Timor oriental et tirer des enseignements de ce qui s’est passé là-bas. Pour conclure, je dirai que si le Timor oriental a besoin d’aide, et tel est effectivement le cas, celle-ci doit être apportée autant par la communauté internationale que par les secteurs religieux et du bénévolat.

 
  
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  Alyn Smith, au nom du groupe des Verts/ALE. - (EN) Monsieur le Président, je voudrais me faire l’écho des remarques de mon collègue, M. Romeva i Rueda, et souligner ce que lui-même et d’autres ont dit sur la situation au Timor oriental.

Nous voici à nouveau en plein débat sur une question urgente, un débat au cours duquel les quelques députés présents seront largement d’accord pour dire qu’il est regrettable que de tristes événements se produisent quelque part dans le monde. À n’en pas douter, le commissaire sera largement d’accord avec nous. Cependant - et je voudrais connaître l’avis du commissaire sur ce point -, il me tient à cœur de suggérer que le Conseil soit représenté dans ces débats afin de leur donner un peu plus de sens et d’utilité.

Comme je l’ai dit, je souligne et réitère les points de vue de MM. Tannock et Romeva i Rueda sur la situation au Timor oriental. Cette proposition de résolution renferme toute une série de mesures concrètes que nous pouvons nous-mêmes prendre pour atténuer la situation dans une partie du monde sujette aux troubles. C’est une tragédie qu’un pays ait regagné son indépendance pour finalement sombrer dans une telle anarchie et pour ne se retrouver guère avancé des années plus tard. Cette proposition de résolution contient toute une palette d’idées pour aider à atténuer cette situation et j’espère que nous travaillerons dans ce sens.

 
  
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  Kathy Sinnott, au nom du groupe IND/DEM. - (EN) Monsieur le Président, il importe parfois d’explorer le contexte d’une situation. Le Timor oriental est un pays maudit par le pétrole et le gaz. Lorsqu’un pays est riche, puissant et développé, ce peut être une chance pour lui que de posséder ces ressources naturelles, mais il semble qu’un pays pauvre doté de tels atouts soit voué à l’exploitation, aux querelles et à l’ingérence internationale. Comme beaucoup d’autres pays - la Côte d’Ivoire, l’Ouzbékistan, la Tchétchénie, etc. -, le Timor oriental a été exploité par de plus grandes puissances. Il est inexcusable que l’Australie, qui se veut une nation avancée et pacifique, occupe les champs de pétrole et de gaz sous la mer du Timor oriental et y fore des puits, et qu’elle justifie ce pillage par le fait que l’Indonésie - l’exploiteur le plus récent du Timor oriental - lui ait donné le droit d’y creuser des puits. Le plus inexcusable, c’est que nous ayons toléré cette situation.

Nous devrions encourager le Timor oriental autant que nous le pouvons et nous assurer que, ce faisant, nos intentions sont pures et non fondées sur l’espoir de tirer profit du pétrole ou du gaz. Nous devons aussi permettre au Timor oriental de continuer à s’efforcer de mettre sur pied une nation viable, pacifique et stable.

 
  
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  Vladimír Špidla, membre de la Commission. - (CS) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, l’actuelle crise au Timor oriental soulève plusieurs questions complexes. La communauté internationale n’est-elle pas parvenue à empêcher l’éruption des violences? Quelles leçons les pays donateurs doivent-ils en tirer?

D’après les toutes dernières nouvelles, la situation sécuritaire est plus calme, bien que les pillages et les affrontements se poursuivent et aient entraîné l’évacuation de plus de 100 000 personnes dans des camps. Ces évacués reçoivent maintenant l’assistance d’organisations humanitaires, y compris de partenaires de la Commission qui ont déjà apporté de l’aide à ce pays par le passé. Toutefois, nous devons faire bien plus que cela, surtout en termes de sécurité, de protection, de nourriture, d’installations d’eau et d’hygiène ainsi que de soins de santé et d’abris.

La situation politique dans le pays est très compliquée. À la suite du licenciement d’un tiers des forces armées, de profondes tensions sociales et économiques affectant tout le pays se sont fait jour. Le chômage de masse et la pauvreté persistante sont principalement causés par des facteurs politiques. Les différences ethniques jouent peut-être aussi un rôle, même si elles ne sont pas en elles-mêmes à l’origine des problèmes économiques et politiques de base.

Qu’est-ce que la Commission européenne peut faire? À court terme, la Commission est bien décidée à aider le pays à surmonter sa crise actuelle en apportant une aide humanitaire aux évacués. La Commission a déjà demandé à certains de ses partenaires humanitaires de modifier les projets en cours afin de canaliser l’aide pour qu’elle réponde aux besoins les plus pressants des personnes se trouvant dans les camps. La Commission est également en train d’élaborer une décision sur le financement, qui comblera les autres besoins humanitaires des habitants. Dans le même temps, nous devrions essayer de trouver des moyens de contribuer au processus politique. L’UE a dès le départ absolument tenu à aider le gouvernement et les citoyens du Timor oriental. Il ne sera pas aisé de trouver une solution, dans la mesure où la crise actuelle se manifeste au niveau tant du gouvernement que des membres socialement désavantagés de la société.

L’ONU comme la communauté internationale continuent de jouer leur rôle à cet égard. Mais le Timor oriental ne saurait prospérer - ni maintenant ni à l’avenir - simplement grâce à la présence des forces de maintien de la paix de l’ONU, mais bien avant toute chose grâce au développement et à la démocratie. Les prochaines élections parlementaires, qui se tiendront en 2007, devraient être l’occasion de soutenir la démocratie et, dans le même temps, elles seront un test pour le gouvernement et les citoyens est-timorais, car ils décideront de la voie à suivre. La Commission continuera de consulter étroitement les États membres, les pays partenaires et les agences de l’ONU sur toutes ces questions et elle poursuivra bien entendu le dialogue politique avec les autorités du Timor oriental, tant au niveau bilatéral que dans le cadre de l’accord de Cotonou.

Tout État démocratique viable a besoin d’institutions fortes, agissant en vertu de règles transparentes, et les règles établissant les droits de l’homme sont une pierre angulaire de la démocratie. Je crains que certaines institutions est-timoraises n’aient pas répondu à nos attentes à cet égard. Le pays a obtenu son indépendance précisément parce qu’il a su accorder à ses citoyens les droits qui leurs étaient refusés dans le passé. L’organisation non gouvernementale internationale Human Rights Watch a publié un rapport circonstancié sur le sujet et je me concentrerai donc uniquement sur certains domaines.

Des progrès ont manifestement été accomplis. Citons pour exemple le bureau du médiateur pour les droits de l’homme. Je suis également heureux de mentionner la préparation d’une commission bilatérale sur les droits et l’amitié avec l’Indonésie, qui, je l’espère, jouira d’un vaste mandat. Il faut toutefois encore progresser au niveau du fonctionnement des forces de police et du système judiciaire dans leur ensemble, ainsi qu’en matière de liberté d’expression et d’association.

Nous continuerons d’apporter notre soutien à ce propos. Notre dernier projet porte sur le financement de la Commission pour l’accueil, la vérité et la réconciliation. Ce projet a permis de récolter d’importantes informations sur les violations des droits de l’homme commises par le passé. Le rapport de cette Commission a été publié en 2005. Nous envisageons maintenant d’apporter une autre contribution à l’instauration de la paix dans ce pays.

Aussi bien les membres de ce Parlement que les citoyens est-timorais doivent savoir que l’Union européenne soutient résolument le processus de paix dans ce pays.

 
  
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  Le Président. - Le débat est clos.

Le vote aura lieu à 17 heures.

 
  

(1) Cf. procès-verbal.

Dernière mise à jour: 10 août 2006Avis juridique