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Procédure : 2008/2534(RSP)
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B6-0091/2008

Débats :

PV 21/02/2008 - 9.2
CRE 21/02/2008 - 9.2

Votes :

PV 21/02/2008 - 10.2
CRE 21/02/2008 - 10.2

Textes adoptés :

P6_TA(2008)0071

Débats
Avertissement
Jeudi 21 février 2008 - Strasbourg Edition JO

9.2. Bélarus
PV
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  Le Président. – L’ordre du jour appelle le débat sur six propositions de résolution concernant le Bélarus(1)

(2).

 
  
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  Janusz Onyszkiewicz, auteur.(PL) Monsieur le Président, la plupart des prisonniers politiques détenus au Bélarus ont récemment été libérés, en fait ils l’ont tous été à une exception près. Cela ne veut pas dire que nous puissions compter sur le fait que les choses évoluent dans le bon sens au Bélarus. Le même jour, les domiciles de nombreuses personnes liées à l’opposition au Bélarus ont fait l’objet de rafles. De plus, un professeur d’école secondaire a été renvoyé. On lui a expliqué que puisqu’il était membre du Parti Civil d’opposition, il ne représentait pas une idéologie conforme à celle de l’état.

Une situation très étrange existe au Bélarus. Dans ce pays, il y a un concept d’idéologie d’état, et il n’est donc pas surprenant que l’ont demande aux candidats aux études de journalisme, de droit et de relations internationales de présenter des recommandations de la part des autorités. Voilà comment fonctionne le processus de sélection. Cela est parfaitement inacceptable, même si nous accueillons favorablement l’avancée faite et que nous en sommes heureux bien que nous restions prudents.

Quant au Bélarus lui-même, la question qui vient immédiatement à l’esprit est celle de savoir ce que la raison sous-jacente de telles actions peut être. Il semblerait qu’à travers ces actions et en consentant à la mise en place d’une délégation de la Commission européenne à Minsk, le Président Lukashenko souhaite démontrer qu’il ne se sent pas irrévocablement obligé d’adopter une politique pro-russe à l’exclusion de toute autre. D’ailleurs, il est de plus en plus difficile d’adopter une telle politique au Bélarus. Le pays ne souhaite pas être totalement absorbé par la Russie. À ce sujet, même M. Lukashenko a adopté une telle position, mais les événements parlent d’eux-mêmes.

La Russie s’achète tout simplement le Bélarus. Gazprom vient juste de conclure une nouvelle transaction, qui fait d’elle l’actuelle propriétaire d’un quart des actions des sociétés contrôlant les voies de transit du pétrole et du gaz à travers le Bélarus. Les actions de Gazprom atteindront bientôt les 50 %. Il semble aussi que la Russie soit sur le point de réussir à persuader le Bélarus d’adopter le rouble comme monnaie nationale.

Tout cela rend la situation de plus en plus menaçante. Une aide en faveur de l’action indépendante au Bélarus et de la société civile est réellement nécessaire. Une aide est déjà disponible, mais elle doit être élargie. Elle doit en particulier être apportée aux institutions qui viennent d’être créées au Bélarus. Je pourrais insister sur des retransmissions télévisées vers ce pays, car elles constituent une ressource importante pour garantir que les personnes sur place sachent ce qui se passe réellement. Nous devrions à mon avis garder le Belarus à l’esprit, car il constitue un problème pour l’Europe toute entière. Nous ne pouvons tolérer une situation dans laquelle nous avons un pays comme le Bélarus, dirigé par un dictateur, au beau milieu de l’Europe.

 
  
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  Jiøí Maštálka, auteur.(CS) Mesdames et messieurs, malgré le ton très critique des interventions, je suis heureux de dire que la question comporte au moins deux aspects positifs.

Le premier est la création d’une délégation de la Commission européenne à Minsk qui, d’après mes sources, a aussi été approuvée par le Président du Bélarus. Je pense que la création d’une délégation de l’UE jettera les bases d’un développement plus avancé et de l’activation de relations avec l’Union européenne mutuellement avantageuses dans des domaines comme l’énergie, le transport, le transit et même la protection de l’environnement.

L’autre facteur positif que je considère important est la réunion d’experts qui s’est tenue à Bruxelles en juin dernier, tournée essentiellement vers les questions de l'approvisionnement énergétique, de même que les discussions d’experts prévues sur les thèmes des corridors de transport et de l’environnement. Je considère ces développements comme extrêmement importants. N’oublions pas que le Bélarus lui-même lutte toujours contre les très graves conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. Les tendances actuelles dans les relations mutuelles montrent qu’un certain point de vue sur le Bélarus s’est imposé au sein de la classe politique de l’Union européenne, et ce point de vue est très critique et unilatéral.

Nous n’avons pas besoin uniquement de critiques, mais aussi de coopération. L’heure d’une avancée positive de la part du Bélarus est également venue, et je crois que le régime officiel du pays pourrait au moins prononcer un moratoire sur la peine de mort, ce qui nous permettrait d’ouvrir de nouvelles négociations quant à l’adhésion du Bélarus au Conseil de l’Europe. De la part de l’UE, j'accueillerais favorablement un assouplissement du régime des visas ou un soutien aux jeunes spécialistes du Bélarus en matière d’expérience professionnelle, en leur donnant l’opportunité de connaître les travaux des institutions européennes de manière directe.

 
  
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  Józef Pinior, auteur. – Monsieur le Président, cet après-midi, je voudrais avant tout me réjouir des signes relationnels positifs entre l’UE et le Bélarus. Les récents développements sur les accords d’établissement d’une délégation de la Commission européenne à Minsk constituent une avancée positive vers le renouvellement du dialogue entre l’Union européenne et le Bélarus.

Nous voudrions encourager la Commission à utiliser pleinement le potentiel que constitue la création d’une délégation. L’heure est venue pour la communauté internationale dans son ensemble de donner plus de soutien à la société civile au Bélarus, d’augmenter en particulier l’aide financière aux médias indépendants, aux organisations non gouvernementales et aux étudiants biélorusses étudiant à l’étranger. La décision de la Commission de soutenir financièrement l’Université européenne des lettres de Vilnius est très sage. La Commission et le Conseil devraient envisager d’offrir un soutien financier au projet, déjà existant, de créer une chaîne de télévision biélorusse indépendante, Belsat.

Par ailleurs, le Parlement européen invite la Commission et le Conseil à prendre des mesures supplémentaires pour l’assouplissement et la libéralisation des procédures de visa pour les citoyens biélorusses. Nous invitons les États membres faisant partie de l’espace Schengen à utiliser tous les outils à disposition, surtout le coût des visas nationaux, pour faciliter la circulation des citoyens biélorusses sur le territoire de chaque État membre.

Troisièmement, nous demandons au régime du Président Lukashenko de se tourner avant tout vers la libéralisation et la démocratisation, de relâcher tous les prisonniers d’opinion du pays, d’introduire l’état de droit et la liberté d’association des médias et d’abolir la peine de mort.

Enfin, je voudrais cet après-midi exprimer notre solidarité à l’Opposition démocratique unie du Bélarus, au leader du mouvement démocratique, Alexander Milinkevich, et à tous les citoyens du Bélarus dans leur lutte pour une société ouverte.

 
  
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  Adam Bielan, auteur. – (PL) Merci, Monsieur le Président. Les actions entreprises par la dictature de M. Lukashenko contre son propre peuple au Bélarus sont connues de tous. Seulement depuis le début de l’année, trois manifestations pacifiques ont été brutalement réprimées. Les autorités persécutent systématiquement les activistes de l’opposition. Elles ont mis en place des restrictions aux voyages à l’étranger pour les membres du clergé et les enseignants religieux. Certaines dispositions plutôt étranges ont également été introduites. Par exemple, toute personne souhaitant étudier le droit ou le journalisme doit recevoir l’approbation des autorités en place. Étant donnée la situation, imposer des sanctions plus strictes contre le Bélarus semble malheureusement être la seule possible réponse aux récents événements. Nous ne devons cependant pas oublier qu'il est de notre devoir et droit moral d’instaurer un soutien à la société civile au Bélarus.

L’une des mesures à prendre immédiatement pour aider l’opposition est de mettre fin à l’occultation de l’information. L’initiative prise par les services de télévision nationaux polonais en est un bon exemple. Ils ont commencé à diffuser des programmes au Bélarus le 10 décembre 2007, à travers la première chaîne indépendante, Belsat. Malheureusement, comme Mme Romaszewska, productrice responsable de ce projet, me l’a dit aujourd’hui, aucune aide financière de l’Union européenne n’a encore été reçue. Il n’y a pas même une ligne budgétaire qui pourrait être utilisée pour soutenir les droits de l’homme et la démocratie au Bélarus.

Mesdames et messieurs, je vous rappelle que le coût élevé des visas Schengen constitue un autre problème majeur pour les Biélorusses. Si l’accès à l’Union européenne est restreint pour les membres du régime de M. Lukashenko, nous devons faciliter l’accès à l’Union des personnes qui ne sont pas liées à ce régime.

 
  
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  José Ribeiro e Castro, auteur. – Monsieur le Président, en janvier cette année, 10 jeunes activistes du Front populaire de la jeunesse biélorusse et du Malady Front («Front de la jeunesse») ont été arrêtés après avoir rencontré une délégation de la Communauté démocratique de la jeunesse européenne (DEMYC) à Minsk, puis ont été exclus de leurs universités.

Il s’agit de la dernière vraie dictature en Europe. Le Bélarus connaît toujours la peine de mort, les prisonniers politiques, les arrestations arbitraires, la censure des médias, la violence et les restrictions d’accès à Internet. Les Européens ne devraient pas considérer leur liberté comme acquise, et les jeunes européens devraient suivre l’exemple du DEMYC pour faire preuve de solidarité avec leurs voisins en s'élevant pour la démocratie et les droits de l'homme.

Le Bélarus ne peut être un partenaire de l’UE tant que ces intimidations intolérables et ces arrestations ciblées se poursuivent. En lisant la biographie officielle en ligne du Président Lukashenko, je me suis rendu compte qu’il se considérait comme «remarquable pour sa compréhension en profondeur des événements, pour son dur labeur, pour son sens du devoir, son réalisme, son impartialité et sa fidélité aux principes». Pourquoi M. Lukashenko ne réalise t-il donc pas un fait très simple et évident: les tyrans de type soviétique appartiennent au passé.

Quant aux étudiants, réprimés et privés de leur droit fondamental à l’éducation, je demande instamment au Parlement de se joindre à moi pour paraphraser la chanson: Hey, Lukashenko, leave the kids alone! (Hey, Lukashenko, laisse les enfants tranquilles!)

 
  
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  Elisabeth Schroedter, auteur(DE) Monsieur le Président, madame la Commissaire, mesdames et messieurs, le Bélarus est et reste le mauvais élève de notre politique de voisinage. Le dictateur Lukashenko continue à faire en sorte que son pays reste systématiquement distant et isolé de ses voisins. Il piétine les droits de l’homme et maintient la peine de mort. Cela n’inquiète pas que nous, cela engendre une opposition massive au sein de la population du Bélarus. De plus en plus de jeunes gens quittent le pays. C’est une situation dramatique pour le Bélarus.

L’Union européenne a donc pour mission d’aider le Bélarus à retrouver la voie de la démocratie. À mon avis, cela n’arrivera pas avec le dictateur Lukashenko et son appareil présidentiel, mais seulement avec l’opposition, la société civile et les jeunes gens qui pourraient former la future élite du pays.

Je demande donc aux États membres de modifier leurs politiques de visas en faveur de ces personnes et de leur donner la possibilité d'échanger avec de jeunes gens de l’Union européenne, l’opportunité d’avoir une éducation démocratique et la possibilité de se confronter réellement à la démocratie en visitant l’Union européenne. La politique des visas ne doit pas être un obstacle insurmontable entravant la voie vers la démocratie. Cela est extrêmement important.

Lors des négociations avec Lukashenko, cependant, il ne doit y avoir aucune concession en matière de droits de l’homme. Il y a un consensus sur ce point au sein du Parlement, qui rallie tous les groupes parlementaires: nous voulons la libération de tous les prisonniers politiques, un moratoire sur la peine de mort, la liberté des médias et le respect de tous les principes de base de la démocratie. Voilà la condition fondamentale aux négociations. Pas de concessions. Le facteur crucial sera l’issue des prochaines élections. J’espère vraiment pour le peuple biélorusse qu’il prendra le contrôle de son propre destin.

 
  
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  Urszula Gacek, au nom du Groupe PPE-DE. – (PL) Monsieur le Président, M. Alexander Kazulin, ancien candidat à la présidence biélorusse, a fait deux des cinq ans et demi de prison auxquels il a été condamné pour vandalisme. Irina, la femme de M. Kazulin, lutte sans relâche pour obtenir la libération de son mari, bien qu’elle soit gravement malade. Le Président Lukashenko a déclaré que M. Kazulin pourrait être libéré afin d’accompagner sa femme en Allemagne où elle pourrait recevoir un traitement médical. Il a été surpris que son offre soit rejetée. Pour Mme Kazulin, accepter équivaudrait à une lâche fuite de son pays d’origine.

À mon avis, si le Président Lukashenko veut vraiment améliorer son image, il devrait libérer M. Kazulin immédiatement et sans conditions. Espérons que M. et Mme Kazulin pourront bientôt profiter d’une bonne santé et de la liberté dans leur pays.

 
  
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  Ewa Tomaszewska, au nom du Groupe UEN. (PL) Monsieur le Président, le Belarus est un voisin de l’Union européenne. Il partage avec nous le passé difficile de la domination communiste, mais ne jouit toujours pas d’un gouvernement démocratique et du respect des droits de l’homme. Le régime du Président Lukashenko réprime brutalement toute tentative de création d’une société civile. Je rappelle à ce Parlement que M. Lukashenko a violé les procédures démocratiques pour rallonger son mandat. Les journalistes et les leaders des organisations de la jeunesse et des syndicats indépendants sont victimes d’intimidations. Des membres de l’opposition politique ont été arrêtés. Je pourrais citer l’exemple de M. Kazulin dont Mme Gacek vient de parler, et la répression des minorités nationales, y compris de la minorité nationale polonaise. Dernièrement, le régime s’est inquiété de l’indépendance financière des petits entrepreneurs et a adopté des mesures répressives à leur encontre. Tel est le triste état de fait au Bélarus.

Il est du devoir moral de l’Union européenne d’apporter un soutien financier et l’information à tous ceux qui cherchent à défendre les droits de l’homme et les libertés démocratiques au Bélarus, au moyen de medias indépendants, par exemple grâce à la diffusion de programmes télévisés vers le Bélarus.

Établir une délégation de l’Union européenne à Minsk serait une bonne manière de contrôler la situation. Dix ans après la catastrophe de Tchernobyl, j’ai participé légalement à une manifestation à Minsk. J’ai vu les brigades spéciales de police OMON venues de Moscou pour s’occuper des personnes évacuées de la zone dangereuse. J’ai vu des mares de sang dans les rues de Minsk. Il ne faut pas que cela puisse se reproduire.

 
  
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  Kathy Sinnott, au nom du Groupe IND/DEM. Monsieur le Président, j’ai un neveu adoptif originaire du Bélarus, aujourd’hui adulte, que nous considérons comme un merveilleux membre de notre grande famille. Mais je me souviens des conditions dans lesquelles il était le premier été qu’il est venu habiter chez ma soeur, et c’est cette expérience qui me permet, personnellement, de comprendre les difficultés, en particulier pour une personne handicapée, élevée dans un centre et dans un environnement aussi instable.

Le Bélarus a besoin d’être secouru, pas seulement de son instabilité économique et politique, mais son peuple a besoin de secours. Le peuple biélorusse est particulièrement isolé, contrôlé par un régime qui menace les valeurs démocratiques et les libertés auxquelles ont droit les personnes.

Avant Noël, j’ai rencontré deux représentants du Bélarus. Ils m’ont informé du problème actuel de la défense de la liberté de religion. L’activité religieuse est interdite sans enregistrement auprès du gouvernement, et une personne peut être verbalisée ou emprisonnée pour activité religieuse non déclarée, bien que l’enregistrement auprès du gouvernement soit extrêmement difficile à obtenir.

 
  
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  Jerzy Buzek (PPE-DE). – (PL) Monsieur le Président, j’aimerais m’associer aux déclarations faites par les précédents orateurs. De plus, cependant, j’aimerais parler d’une autre question très importante, du fait que nous ne pouvons traiter de la politique envers le Bélarus indépendamment de la politique extérieure globale de l’Union européenne. Nous avons eu tendance à pardonner à l’administration russe un grand nombre d’actions antidémocratiques. Il faut garder cela à l’esprit. Je sais que les événements au Bélarus ne peuvent être comparés à ce qui se passe actuellement en Russie, mais ils ont certainement été et sont toujours comparables à ce qui s’est passé en Tchétchénie. Nous ne pouvons adopter un mode d’action pour le Bélarus et un autre pour la Russie.

Mener notre politique extérieure du point de vue de l’élargissement de l’Union européenne est un autre aspect très important. Le sort de l’Ukraine est actuellement dans la balance, et s’il penche vers la démocratie ce pays viendra enrichir l’ensemble de l’Europe. Si nous sommes prêts à ouvrir nos portes au peuple ukrainien, cela enverra un message au peuple biélorusse et leur montrera qu’il y a une autre voie, une voie impliquant des liens et des relations plus étroites avec l’Union européenne. À l’avenir, elle pourrait aussi impliquer l’adhésion à l’Union, bien que cela puisse ne pas aboutir avant de nombreuses années.

 
  
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  Le Président. – Mesdames et messieurs, il y a un problème.

Nous avions prévu deux minutes pour la procédure «mains levées», c’est à dire deux orateurs. J’ai déjà huit ou neuf demandes, et je vois d’autres mains se lever, ce qui nous amène à 10 ou plus.

Donc, soit je donne la parole aux deux premiers, ce qui serait très simple pour moi, soit je vous demande de vous exprimer en trente seconde et nous écoutons tout le monde.

(La seconde solution a été choisie)

 
  
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  Jacek Protasiewicz (PPE-DE). – (PL) Monsieur le Président, suite à ce débat, il est clair que le Parlement reconnaît le problème du Bélarus et y attache une grande importance. J’aimerais remercier tous ceux qui ont fait référence à la situation en matière de droits de l’homme au Bélarus. J’aimerais aussi attirer l’attention de l’assemblée sur le fait que des élections législatives devraient avoir lieu au Bélarus cet automne. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir aussi bien en tant qu’eurodéputés qu’en tant que représentants des grandes familles politiques européennes, pour soutenir l’opposition biélorusse dans cette lutte inéquitable pour un Bélarus démocratique.

 
  
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  Zita Pleštinská (PPE-DE). – (SK) Beaucoup de temps a passé depuis que M. Bernd Posselt et moi-même avons allumé une bougie dans cette assemblée, malgré l’interdiction pour raisons de sécurité, dans le but de montrer notre solidarité envers le peuple biélorusse, en présence de la commissaire Ferrero-Waldner. À quoi ressemble le Bélarus aujourd’hui? Le dernier dictateur européen Alexander Lukashenko est populaire au Bélarus, malgré l’économie strictement réglementée et l’intimidation des opposants politiques. Le gouvernement intensifie la répression et emprisonne les activistes de l’opposition. Le gouvernement contrôle les medias biélorusses, c’est pourquoi les personnes dans le pays ignorent souvent que le régime de Lukashenko est inacceptable pour l’Union européenne.

Le Parlement européen ne peut se satisfaire d’attribuer le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à Alexander Milinkevich. Ce prix engage le Parlement européen à effectuer un contrôle minutieux de la situation au Bélarus.

 
  
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  Filip Kaczmarek (PPE-DE). – (PL) Monsieur le Président, j’aimerais faire référence à un cas en particulier. Celui de Frank Wieczorek, un jeune activiste de l’opposition qui a récemment été renvoyé de l’université. La raison officielle de son exclusion est qu’il a été absent en cours. Il était absent, cependant, parce qu’il avait été arrêté. L’exclusion de l’université signifie qu’un terme brutal est mis à l’éducation d’une personne. Cela signifie également avoir une forte chance d’être mobilisé dans l’armée. Je suppose que seules les personnes qui ont une expérience de vie sous un régime dictatorial comprendront ce que peut être le service dans l’armée du régime pour un membre de l’opposition. Cela pourrait être très dangereux pour ce jeune homme. Je crois que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour aider à résoudre la situation au Bélarus.

 
  
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  Zuzana Roithová (PPE-DE). – (CS) (Début de l’intervention inaudible)… étant médecin, j’ai personnellement visité l’épicentre de la zone affectée par les radiations. Les docteurs et les scientifiques sont victimes d’intimidation et même emprisonnés pour avoir dit la vérité sur l’état de santé de la population locale. Les gens se sont vus confisquer leurs radiomètres et ils consomment de la nourriture radioactive.

Je n’ai que trente secondes donc pour résumer: Lukashenko est un meurtrier et cela doit être dit haut et fort. Par qui, sinon par l’Union européenne?

 
  
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  Le Président. – Merci, votre message a bien été reçu.

 
  
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  Zbigniew Zaleski (PPE-DE). – (PL) Monsieur le Président, l’une des caractéristiques des dictatures est qu’elles ne prennent d’avis de qui que ce soit. Nous pouvons dire ce que nous voulons, et elles agiront comme elles voudront. Le seul moyen de contrer une dictature est l’usage de la démocratie. Je voudrais dire à la Commissaire que, si j’étais à sa place, je déploierais tous les efforts possibles pour aider à former l’élite intellectuelle démocratique. Si nous ne réussissons pas à le faire au Bélarus, nous pourrions toujours le faire dans d’autres pays. Quelqu’un doit montrer le chemin, et je suis enclin à compter sur ces élites.

 
  
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  Marcin Libicki (UEN). – (PL) Monsieur le Président, il est honteux pour le Bélarus, un pays qui se situe au coeur géographique de l’Europe, de faire aujourd’hui l’objet d’un débat au Conseil de l’Europe en raison de ses violations aux droits de l’homme. Il est honteux pour le Bélarus d’être le seul pays européen à être exclu du Conseil de l’Europe, en raison de son manque de respect pour les droits fondamentaux de l’homme.

Je pense donc que M. Bielan avait tout à fait raison de dire qu’il est important de renforcer la société civile au Bélarus en soutenant la transmission de programmes destinés à cette société à partir de la Pologne.

 
  
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  Tunne Kelam (PPE-DE). – Monsieur le Président, j’aimerais attirer l’attention sur la répression continue dont sont victimes les jeunes démocrates biélorusses. À la mi-janvier, plusieurs d’entre eux ont été emprisonnés pendant 15 jours puis renvoyés de l’université. Voici certains noms: Zmitser Zhaleznichenka, Anton Kalinouski et Franak Viachorka.

J’invite les universités de l’UE à offrir à ces courageux jeunes gens des options alternatives pour poursuivre leurs études, à faciliter l’obtention de visas et à ajouter à la liste noire de l’UE les noms de ces agents universitaires qui ont accepté de les utiliser comme outils de l’oppression de Lukashenko.

 
  
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  Christopher Beazley (PPE-DE). – Monsieur le Président, je crois comprendre que l’Université Libre de Minsk se trouve aujourd’hui à Vilnius, en Lituanie. Je me demande si le Commissaire Figel’ pourrait envisager d’écrire une lettre aux ministres de l’éducation et de la culture des 26 autres États membres pour leur dire qu’il devrait y avoir 27 Universités Libres de Minsk. En ce qui concerne le Royaume-Uni, il y a bien sûr de grandes universités comme Oxford et Cambridge, mais je recommanderais Bristol.

 
  
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  Bernd Posselt (PPE-DE). – (DE) Monsieur le Président, il y a 20 ans, j’ai fait une intervention aux universités clandestines de Tchécoslovaquie et de Pologne. Il est très gratifiant pour moi de constater aujourd’hui combien nos collègues des pays baltes, la Slovaquie, la République Tchèque et la Pologne soutiennent l’opposition au Bélarus. J’aimerais les remercier sincèrement. Vous faites quelque chose d’important pour l’UE, plus que les personnes qui entament des discussions qui n’ont pour effet que de renforcer et de soutenir un régime corrompu qui devrait être aboli. Je suis d’accord avec M. Buzek: la Russie a une responsabilité en la matière. Il s’agit d’une situation post-coloniale et pré-coloniale, et nous ne devrions plus accepter cela.

 
  
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  Le Président. – Cela met un terme à notre nouvelle procédure «mains levées accélérée».

Vous avez prouvé qu’il était possible de dire beaucoup en peu de temps, et je vous remercie tout aussi rapidement.

Nous passons maintenant à la réaction de la Commission.

 
  
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  Meglena Kuneva, Membre de la Commission. – Monsieur le Président, ces derniers temps, la situation au Bélarus a évolué rapidement. Depuis la mi-janvier, cinq des six prisonniers politiques précédemment identifiés comme tels ont été libérés. L’un de ces prisonniers politiques, cependant, l’ancien candidat à l’élection présidentielle Aleksandr Kozulin, est toujours en prison et est en mauvaise santé.

La Commission, quant à elle, par l’intermédiaire de ma collègue la Commissaire Ferrero-Waldner, a exprimé sa satisfaction suite à la libération des prisonniers, depuis longtemps demandée par toutes les institutions de l’UE, y compris le Parlement européen.

Mais nous avons tout de même été clairs quant au fait que nous voulons voir tous les prisonniers politiques libérés, et que nous voulons qu’un terme soit mis au harcèlement systématique de la société civile biélorusse, avant de pouvoir donner une nouvelle dimension à nos relations avec le Bélarus.

En d’autres termes, le message que nous envoyons au Bélarus reste le même: il ne peut y avoir de réel partenariat avec ce pays tant qu’il n’aura pas fait d’avancées convaincantes vers la démocratisation, le respect des droits de l’homme et l’état de droit.

C’est là l’essence du message européen au Bélarus que la Commission a délivré il y a plus d’un an et qui comprend les «12 points pour la démocratisation» auxquels se réfère votre résolution. Je le répète, la libération de tous les prisonniers politiques serait une avancée importante en la matière.

Par ailleurs, nous surveillerons de près les élections parlementaires prévues pour septembre 2008. L’organisation d’élections libres et équitables serait considérée comme un pas décisif de la part des autorités biélorusses. Nous espérons que l’OSCE pourra envoyer une mission d’observation complète lors de ces élections et que le Parlement européen pourra lui aussi envoyer des représentants.

Une autre chose importante que demande votre résolution est que le Bélarus applique un moratoire sur la peine de mort. L’Union européenne a transmis ce message aux autorités biélorusses.

Pour revenir à présent aux récents développements au Bélarus, un autre sujet qui nous tient à coeur a connu de rapides progrès ces derniers mois: l’ouverture d’une délégation de la Commission européenne à Minsk, que nous avions officiellement demandée il y a plus de deux ans, est maintenant imminente. J’espère pouvoir signer bientôt l’accord d’établissement, pour que notre délégation puisse être ouverte sans attendre.

Cette délégation va nous permettre de renforcer nos liens avec la société civile biélorusse et également de développer des contacts avec la classe moyenne de l’administration qui pourrait être ouverte au changement démocratique.

À ce propos, comme le souligne votre résolution, nous avons eu un certain nombre de réunions au niveau technique avec des experts biélorusses sur des sujets d’intérêt mutuel, comme l’énergie, le transport et l’environnement. Permettez-moi, cependant, de rappeler que le champ de ces réunions restera limité tant que les conditions politiques actuelles prévaudront au Bélarus.

En ce qui concerne les actions de la Commission pour soutenir la société civile au Bélarus, la Commission est plus déterminée que jamais à soutenir la société civile biélorusse, et notre programme d’assistance 2008 vise en particulier à renforcer la société civile biélorusse et les médias indépendants. De plus, la Commission a aussi fait savoir que son soutien à l’Université européenne des lettres en exil à Vilnius continuerait aussi longtemps que nécessaire. Nous transmettrons aussi le message concernant l’Université libre au Commissaire Figel’. Je crois que c’est une idée brillante et très intéressante.

Je voudrais ajouter quelque chose à l’attention de M. Pinior et Melle Schroedter. L’ouverture de négociations sur l’assouplissement du régime des visas et sur la réadmission fait partie des éléments qui seraient envisagés en cas de véritable avancée dans nos relations. Conformément à la politique de l’UE, l’assouplissement du régime des visas ne peut être envisagé que dans le cadre de la politique de réadmission de la Commission européenne, comme élément d’un véritable partenariat dans le champ des relations extérieures.

Cela a été expliqué au Bélarus dans les notes verbales envoyées par la Commission le 8 mai. La volonté de l’Union européenne d'entamer de telles négociations avec les pays voisins ayant un plan d’action en vigueur a aussi été réaffirmée dans la communication de la Commission sur le sujet en décembre 2006. Dans le cas du Bélarus, ces conditions ne sont pas remplies.

Sur le point soulevé par M Bielan, les marchés de la Commission sont attribués suite à de strictes procédures d’appel d’offres afin de garantir une concurrence transparente et équitable. Cela signifie que la Commission ne soutient pas de stations de radio ou de chaînes de télévision en tant que telles, mais plutôt des programmes spécifiques. Le programme régional d’information et de communication de l’IEVP soutient les activités des médias à hauteur de 7 millions d’EUR sur 3 ans dans 7 pays. La procédure d’appel d’offres est en cours, et les médias de l’Union européenne comme ceux des pays partenaires peuvent soumissionner pour obtenir un marché.

 
  
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  Le Président. – Le débat est clos.

Le vote aura lieu à la fin des débats.

Déclarations écrites (article 142)

 
  
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  Genowefa Grabowska (PSE), par écrit. – (PL) En tant que coauteur de la résolution du Parlement européen sur le Bélarus, j’aimerais attirer l’attention sur l’état de la démocratie, du respect des droits de l’homme et de manière générale sur la situation du peuple au Bélarus. Le Bélarus n’est pas seulement un proche voisin de l’Union, rentrant dans le champ de la politique européenne de voisinage, c’est aussi un voisin immédiat de mon pays, la Pologne. Nous avons une frontière commune.

Cela explique probablement au mieux pourquoi la question de répondre aux réels espoirs et attentes de personnes ordinaires dans ce pays revêt une si grande importance pour moi, dans mon travail ici au Parlement européen. Après tout, il n’est pas possible de rester indifférent à ce que l’on voit se passer juste de l’autre côté de la frontière: les restrictions et la pression administrative sur les ONG, les intimidations, la persécution et l’emprisonnement des activistes de l’opposition démocratique, y compris des leaders des mouvements de jeunes connus sous les noms de Front populaire biélorusse et Front de la jeunesse.

Un véritable dialogue entre les autorités biélorusses et l’Union européenne doit donc être instauré rapidement. Demander au gouvernement biélorusse de libérer tous les prisonniers politiques, de garantir la liberté des medias, l’indépendance du pouvoir judiciaire, et également le respect des valeurs démocratiques et des droits fondamentaux du peuple biélorusse n’est pas uniquement un droit pour l’Union, c’est aussi un devoir. La priorité doit être donnée à l’abolition de la peine de mort.

Pour sa part, le Parlement européen est favorable à la simplification de l’entrée et du séjour des citoyens biélorusses sur le territoire de l’UE. La réduction ou même la suppression totale des coûts des visas est actuellement envisagée. C’est le seul moyen d’empêcher le Bélarus et ses citoyens d’être encore plus isolés.

 
  

(1)See Minutes.
(2)See Minutes.

Dernière mise à jour: 7 octobre 2008Avis juridique