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Procédure : 2008/2241(INI)
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A6-0019/2009

Débats :

PV 18/02/2009 - 19
CRE 18/02/2009 - 19

Votes :

PV 19/02/2009 - 7.8
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Textes adoptés :

P6_TA(2009)0074

Débats
Mercredi 18 février 2009 - Bruxelles Edition JO

19. Rapport annuel 2007 sur les principaux aspects et les choix fondamentaux de la PESC – Stratégie européenne de sécurité et PESD – Le rôle de l’OTAN dans l’architecture de sécurité de l’UE (débat)
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PV
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  Le Président. - L’ordre du jour appelle la discussion commune sur:

- le rapport de Jacek Saryusz-Wolski, au nom de la commission des affaires étrangères, sur le rapport annuel 2007 sur les principaux aspects et les choix fondamentaux de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), présenté au Parlement européen en application du point 43 (section G) de l’accord intersinstitutionnel du 17 mai 2006 (2008/2241(INI)) (A6-0019/2009),

- le rapport de Karl von Wogau, au nom de la commission des affaires étrangères, sur la stratégie européenne de sécurité et la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) (2008/2202(INI)) (A6-0032/2009), et

- le rapport de Ari Vatanen, au nom de la commission des affaires étrangères, sur le rôle de l’OTAN dans l ‘architecture de sécurité de l’UE (2008/2197(INI)) (A6-0033/2009).

Chers collègues, si vous n’êtes pas intéressés par la suite de nos débats, notre rapporteur vous demande, avec raison, pour la dignité de nos travaux, de bien vouloir vous retirer de cet hémicycle en silence.

 
  
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  Jacek Saryusz-Wolski, rapporteur. Monsieur le Président, je vous remercie. Je pense en effet que la politique étrangère de l’Union mérite un peu d’attention.

(EN) Monsieur le président, nous organisons aujourd’hui un débat spécial consacré à trois rapports importants sur la politique étrangère, la sécurité et la défense et les relations entre l’UE et l’OTAN.

Notre rapport annuel sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) est devenu un instrument important par lequel le Parlement exprime sa vision stratégique de la politique étrangère européenne. Dans le rapport de cette année, nous avons décidé de nous focaliser sur l’élaboration et la définition de cette politique. Nous nous sommes concentrés sur la nécessité d’établir un dialogue réel avec le Conseil concernant les objectifs principaux de la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE. Nous avons constaté que ce dialogue progresse. Pour la première fois en effet, le rapport du Conseil fait systématiquement référence aux résolutions adoptées par le Parlement européen. Nous lui en sommes reconnaissants: c’est un progrès important. Toutefois, nous regrettons que le Conseil ne s’engage pas dans un dialogue véritable avec les opinions avancées par le Parlement, et qu’il ne fasse pas référence à ces résolutions dans des documents opérationnels tels que les actions conjointes ou les positions communes.

Nous espérons que le rapport annuel du Conseil présentera des opportunités d’établir un dialogue avec le Parlement afin de développer une approche plus stratégique de la politique étrangère et de sécurité commune. Notre rapport souligne les principaux principes qui doivent guider notre politique étrangère. Selon nous, la PESC doit reposer sur les valeurs chères à l’Union européenne et à ses États membres, notamment la démocratie, la règle de droit, le respect de la dignité humaine, des droits de l’homme et des libertés fondamentales, mais aussi la promotion de la paix et d’un multilatéralisme efficace.

Nous pensons que l’Union européenne peut avoir un impact, mais uniquement si elle parle d’une seule voix et si elle se dote des instruments appropriés, tels ceux prévus par le traité de Lisbonne, et d’un budget plus généreux. Nous ne pouvons prendre des mesures effectives que si celles-ci sont les utilisées par les Parlement européen et par les parlements nationaux agissant chacun à leurs niveaux respectifs et conformément à leurs propres mandats.

Pour être crédible et pour répondre aux attentes des citoyens de l’UE, et je dis cela à la veille de nouvelles élections parlementaires, la PESC doit bénéficier de moyens à la hauteur de ses objectifs spécifiques. Nous regrettons donc que ces dernières années, le budget de la PESC ait été gravement sous-évalué.

Notre rapport aborde des questions horizontales et géographiques. Permettez-moi d’énumérer les questions horizontales les plus importantes: tout d’abord, la sauvegarde des droits de l’homme et la promotion de la paix et de la sécurité dans le voisinage de l’Europe et au niveau mondial; deuxièmement, le soutien d’un multilatéralisme effectif et le respect du droit international; troisièmement, la lutte contre le terrorisme; quatrièmement, la non-prolifération des armes de destruction massive et le désarmement; cinquièmement, le changement climatique, la sécurité énergétique et des questions telles que la sécurité informatique.

Ce rapport se veut sélectif. Nous nous concentrons donc sur certaines régions prioritaires d’un point de vue stratégique et géographique, comme les Balkans orientaux, le Moyen-Orient et le Moyen-Orient au sens large, le Caucase méridional, l’Afrique et l’Asie, et bien entendu nos relations avec notre partenaire stratégique, les États-Unis, ainsi qu’avec la Russie.

Ce rapport rejoint et complète d’autres rapports plus détaillés du Parlement. Il ne doit pas essayer de reproduire le contenu de ces rapports.

Je tiens à remercier mes collègues députés des différents groupes politiques pour leur compréhension et leur excellente coopération. Nous nous sommes efforcés de tenir compte de la plupart des préoccupations exprimées, et j’espère que ce rapport sera adopté par une large majorité de notre Parlement.

Enfin, je voudrais dire à nos partenaires du Conseil et de la Commission que j’espère que cette opportunité nous aidera à développer un dialogue stratégique plus profond entre le Parlement, le Conseil et la Commission. Ce dialogue donnera une plus grande légitimité démocratique au travail difficile que vous réalisez, Monsieur Solana et Madame Ferrero-Waldner, afin d’obtenir une plus grande coopération au sein de notre triangle.

J’espère que vous saisirez cette possibilité de développer davantage de synergies, de renforcer notre voix commune – la voix des trois acteurs – et de donner une plus grande légitimité démocratique et parlementaire à notre objectif commun, à savoir: politique étrangère; une seule voix; Union européenne.

 
  
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  Karl von Wogau, rapporteur. – (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Haut représentant, Madame la Commissaire, ce rapport doit nous permettre d’évaluer les progrès réalisés par la politique de sécurité et de défense de l’Union européenne, d’envisager notre position actuelle et le rôle que doit jouer le Parlement européen dans cette politique.

Dans ce contexte, nous devons avoir à l’esprit que 22 missions ont jusqu’à présent été organisées dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense, dont 16 missions civiles et 6 missions militaires. Cela signifie que cette politique privilégie largement l’approche civile. Cette action civile est bien sûre soumise à un contrôle démocratique fonctionnel à part entière, dans la mesure où les opérations civiles de la PESD sont financées par le budget européen et donc contrôlées par le Parlement européen. D’autres actions financées par le budget de l’Union européenne sont directement liées à la politique de sécurité. C’est le cas par exemple de la recherche en matière de sécurité, financée à hauteur d’1,3 milliard d’euros sur 7 ans, du projet Galileo, dont nous considérons qu’il présente des aspects de sécurité et qui bénéficie d’un financement de 3,4 milliards d’euros, ou encore de GMES/Kopernikus, un projet doté d’un budget d’un milliard d’euros. Nous avons également aujourd’hui, ce qui est nouveau, une législation au Parlement européen dans le domaine de la sécurité et de la défense. Nous avons adopté une directive du Parlement européen et du Conseil sur le transfert intracommunautaire de matériel de défense et sur les procédures de marchés dans le domaine de la sécurité de la défense. Il s’agit là d’un premier pas important.

Il est particulièrement important que le Parlement européen puisse disposer des informations nécessaires. Dans cette perspective, notre commission spéciale ayant accès à des informations secrètes est d’une importance particulière, tout comme les discussions régulières sur ces questions que nous organisons au sein de cette commission avec le Représentant spécial. Je profite de cette opportunité pour remercier le Haut représentant et ses collègues pour la coopération constructive qui s’est établie entre nous.

Je me tourne à présent vers les différents points de ce rapport. Ce rapport invite l’Union européenne à définir plus clairement ses propres intérêts en matière de sécurité. Nous parlons toujours des intérêts de sécurité des différents pays, mais nous avons également des intérêts de sécurité communs. La protection de nos citoyens à l’intérieur de l’Union et en dehors de celle-ci, la paix chez nos voisins, la protection de nos frontières extérieures, la protection de nos infrastructures critiques, la sécurité énergétique, la sécurité de nos routes commerciales, la sécurité de nos ressources au niveau mondial, et bien d’autres choses encore: tous ces éléments sont en fait des intérêts de sécurité individuels et des intérêts de sécurité communs de l’Union européenne.

Nous devons également définir concrètement les ambitions de l’Union européenne en matière de sécurité et de défense. Ce projet de rapport affirme très clairement que nous n’avons pas l’ambition de devenir une superpuissance comme les États-Unis. Il affirme tout aussi clairement que nous devons nous concentrer sur les environs géographiques de l’Union européenne. Nos priorités sont les Balkans (lieu des principales missions de l’Union européenne), l’Afrique du Nord, les conflits figés à l’Est et notre contribution à la résolution du conflit en Palestine. Nous devons nous concentrer très clairement sur ces régions.

Je me dois d’observer qu’à la fin de la Présidence française, le Conseil a défini des objectifs particulièrement ambitieux, à savoir le développement des capacités nécessaires pour effectuer simultanément certaines opérations. Si c’est cela que nous voulons, nous aurons besoin d’un budget à la hauteur de ces ambitions. Cela impliquera la mise en place d’un quartier général autonome et permanent à Bruxelles. Telle est la première exigence absolument claire de ce Parlement. Une très large majorité y est favorable au sein de notre commission. Deuxièmement, nous devons garder à l’esprit que les 27 États membres disposent au total de 2 millions de soldats. Trois pour cent de ces soldats devraient être mis en permanence à la disposition de l’Union européenne. Cela représenterait 60 000 soldats. C’est pourquoi le rapport demande également à ce que l’Eurocorps soit assigné en permanence à l’Union européenne. Cet appel s’adresse aux six États membres qui constituent l’Eurocorps.

Nous décrivons ensuite clairement les capacités qu’il nous faudra développer. Les 27 États membres de l’Union européenne consacrent 200 milliards d’euros par an à la défense, et ces 200 milliards doivent être dépensés plus utilement que par le passé. Nous ne pouvons pas nous permettre de réinventer la roue 27 fois, et nous vous demandons donc aujourd’hui de veiller à ce qu’à l’avenir, l’argent de l’Union européenne et des contribuables consacré à la défense soit mieux dépensé que par le passé. Merci beaucoup.

 
  
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  Ari Vatanen, rapporteur. (EN) Monsieur le Président, il y a 70 ans, Neville Chamberlain est revenu de Munich en agitant un bout de papier et en déclarant: «Voici la paix pour notre époque». Eh bien, nous savons aujourd’hui à quel point il avait tort, et nous savons également à quel point l’espérance ne remplace pas le réalisme. Aujourd’hui, sur cette question, nous devrons être brutalement honnêtes. L’UE a connu un succès remarquable de pacification. L’UE est née des événements de la deuxième Guerre Mondiale.

Je suis très heureux que M. Solana soit ici aujourd’hui, parce que nous avons enfin ce numéro de téléphone pour l’Europe. Ce numéro que M. Kissinger réclamait il y a des années, c’est celui de M. Solana.

Mais quels sont les moyens que nous, États membres et politiciens, donnons à M. Solana? Telle est la question.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise financière qui n’est pas tombée du ciel. Elle est dans une large mesure le résultat de nos propres erreurs. Nous discutons des actifs toxiques des banques et de la façon de les éliminer. Peut-être l’heure est-elle venue de nous demander également: quels sont les actifs toxiques et les obstacles à notre mission pacificatrice, à notre raison d’être?

Nous devons avancer – l’UE doit progresser dans sa pacification. Le monde évolue tellement vite autour de nous. L’obstacle le plus important est que nous ne possédons tout simplement aucune vision. Nous sommes des politiciens myopes, nous travaillons au jour le jour. Notre immobilité est notre principal problème. Le monde évolue plus vite que nous ne pouvons réagir. Quel est le résultat de nos politiques de sécurité inefficaces ou ratées? La souffrance humaine, des cadavres, des personnes mutilées et d’autres atrocités. Même si ces gens ne votent pas pour nous, nous devons prendre soin d’eux parce qu’ils sont nos frères et nos sœurs dans la famille humaine.

Le 2 avril 1917, le président américain Woodrow Wilson a déclaré: «Une paix durable ne peut être maintenue que par un partenariat des nations démocratiques.» Le président Wilson a reçu le prix Nobel de la paix, qu’il méritait bien plus qu’Al Gore.

Dans l’UE, nous ne comprenons pas les outils que nous offre notre mosaïque de 27 pays. Cette composition est un outil unique pour le rétablissement de la paix. Certains n’aiment pas les Français, d’autres n’aiment pas les Allemands, et peut-être même que certaines personnes n’aiment pas les Finlandais – même si je suis convaincu que tout le monde aime les Finlandais! Mais quand nous sommes tous ensemble, à 27 pays, personne ne peut affirmer qu’il déteste l’UE. Cette capacité unique nous permet de jouer le rôle de médecin ou d’arbitre dans n’importe quelle crise. Mais sans capacités militaires, sans crédibilité militaire, nous sommes comme un chien qui aboie mais ne mord pas. Nous avons des idéaux, mais nous ne nous donnons pas les moyens de les réaliser.

Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, comme disent les Français. Barack Obama est le nouveau président des États-Unis, et il apprécie l’Europe – il nous considère comme des alliés importants. Que devons-nous faire? Nous devons nous reprendre et remettre de l’ordre dans nos affaires.

Aujourd’hui déjà, 94 % des habitants de l’Union européenne font partie de l’OTAN, et 6 % seulement n’en font pas partie. Pourquoi ne faisons-nous pas un meilleur usage de l’OTAN? Nous le devons aux peuples du monde, parce qu’il est de notre devoir d’atténuer la souffrance humaine. C’est une obligation éthique mais c’est aussi notre intérêt à long terme. Ce n’est qu’en marchant sur les traces de nos ancêtres que nous pourrons rester fidèles à l’héritage de l’UE et faire que l’inévitable devienne inconcevable – car c’est là le sens de la pacification.

 
  
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  Javier Solana , Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune. − (EN) Monsieur le Président, je vous remercie de m’avoir invité à nouveau à participer à ce débat important sur la PESC. Il me semble que ce débat est en train de devenir une tradition annuelle, et je suis ravi d’y participer. J’aimerais remercier les trois rapporteurs, M. Saryusz-Wolski, M. von Wogau et M. Vatanen, pour leurs rapports. J’y ai trouvé de nombreux échos de nos réflexions et de nos actions. J’ai pris note de nombreux points soulevés dans ces rapports et j’espère qu’avec notre coopération, ils contribueront à faire évoluer notre réflexion.

Le fait de m’adresser aujourd’hui au Parlement européen, au début de l’année 2009, me rappelle la situation d’il y a 10 ans, en 1999. C’est à cette époque que nous avons réellement commencé à élaborer la PESC. Et quand je vois où nous en sommes aujourd’hui par rapport à la situation dans laquelle nous nous trouvions lorsque nous avons commencé à travailler à la PESC, je constate que nous avons réalisé des progrès considérables. Personne ne peut ignorer ce que nous avons accompli.

Comme cela a déjà été mentionné, plus de 20 missions civiles et militaires ont été effectuées ou sont encore en cours sur la plupart des continents, de l’Europe à l’Asie, du Moyen-Orient à l’Afrique. Des milliers d’hommes et de femmes européens participent à ces opérations, des soldats et des policiers, des garde-frontières et des observateurs, des juges et des procureurs, un large éventail de personnes qui s’efforcent d’apporter un peu de stabilité dans le monde.

Je pense que c’est là la façon européenne de faire les choses. Une approche globale de la prévention et de la gestion des crises, le choix parmi des outils nombreux et diversifiés, une capacité de réaction rapide et des efforts pour devenir ce que nous méritons d’être, un acteur global, comme les autres pays l’attendent de nous. Il va de soi que nous serions nettement plus efficaces une fois le traité de Lisbonne ratifié, comme j’espère qu’il le sera.

Je voudrais remercier le Parlement pour le soutien qu’il nous a apporté ces dernières années, pour la bonne coopération dont vous avez toujours fait preuve en tant que représentants des citoyens de l’Union européenne. Sans la dévotion, sans la compréhension, sans le soutien non seulement des députés de cette noble Assemblée, mais aussi des citoyens de l’Union européenne via d’autres mécanismes, leurs propres parlements, il serait très difficile de jouer le rôle que nous nous efforçons de jouer, avec le nombre important d’opérations engagées et avec le nombre de citoyens de l’Union européenne qui y participent.

La PESC est bien plus qu’un instrument politique. La PESC symbolise nos valeurs, vos valeurs, les valeurs de nos citoyens. Je suis réellement attaché à ces valeurs, qui sont au cœur des 27 États membres de l’Union européenne. Les droits de l’homme, la règle de droit, le droit international et le multilatéralisme effectif: tous ces termes et toutes ces notions sont sans doute une bonne représentation de ce que nous sommes. Mais la PESC contribue également à définir la coopération interne entre les États membres de l’Union européenne. C’est en travaillant et en agissant ensemble que nous définissons qui nous sommes. À ce titre, la PESC est également l’un des moyens par lesquels l’Union européenne continue jour après jour à se définir.

Je pense que le président de la commission des affaires étrangères approuvera mes propos. C’est réellement ce que nous faisons et ce qui nous définit: les valeurs, l’action, mais aussi la construction de l’Union européenne. Nous agissons en raison de qui nous sommes, et nos actions contribuent à définir qui nous sommes. Je pense qu’il est important de garder ce principe à l’esprit.

La stratégie de sécurité de 2003 était un document de base qui nous a permis de définir la voie à suivre. Les trois rapports font référence à ce document. Comme vous le savez, nous l’avons mis à jour en 2008 en coopération avec la Commission et avec le Parlement. Ce document ne remplace pas le document de 2003, mais il le renforce et le met à jour en y intégrant les menaces et les défis auxquels nous somment confrontés à l’heure actuelle, du changement climatique au terrorisme, de la sécurité énergétique à la piraterie.

Permettez-moi de dire quelques mots à propos de la piraterie, parce qu’elle est l’objet de notre dernière opération, Atalanta. Je tiens à souligner qu’il s’agit de la première opération navale dans le cadre de la PESC. L’organisation de ce type d’opération est un pas en avant considérable, et un pas dans la bonne direction. Cette opération maritime contre la piraterie est organisée depuis un quartier général opérationnel européen situé au Royaume-Uni. Il implique un nombre important de pays, et de nombreux pays tiers souhaitent s’y joindre. J’ai déjeuné aujourd’hui avec le ministre suisse des affaires étrangères, qui me dit que la Suisse souhaite participer à cette opération parce qu’elle partage nos préoccupations face à la piraterie. C’est essentiel. Vous pensez sans doute, et je suis d’accord avec vous, que cette opération en mer est très importante mais que la résolution des problèmes sur terre est tout aussi importante que celle des problèmes qui se posent en mer.

Permettez-moi de dire quelques mots à propos des structures, des structures internes de la PESC. Comme vous le savez, au cours des derniers mois de la Présidence française, nous avons travaillé à un document visant à réorganiser et à mettre sur pied quelque chose qui me tient à cœur. Il s’agit du développement d’une capacité de planification stratégique à la fois civile et militaire, un objectif que je poursuis depuis le tout début et pour lequel nous disposons aujourd’hui du soutien nécessaire. Cette planification constitue une approche moderne de la gestion des crises. Je pense que ces mesures sont relativement nouvelles pour nous, ce qui nous donne la possibilité d’être encore plus efficaces, plus souples et mieux à même que d’autres à nous adapter aux nouvelles réalités. Je pense donc que notre approche, basée sur une coopération militaire et civile au niveau de la planification stratégique, est essentielle.

Je dois dire, et j’espère que vous serez d’accord avec moi, qu’une action militaire seule n’est pas en mesure de résoudre les conflits d’aujourd’hui. Mais une action civile n’est pas possible sans un environnement sûr. Tel est l’équilibre auquel nous devons parvenir, et c’est le problème qui se pose partout – au Moyen-Orient, en Afghanistan, où que l’on se tourne. Il s’agit là d’une notion importante de symbiose entre les aspects politiques, civils et de sécurité de nos vies.

Comme les trois rapporteurs l’ont déjà mentionné avec éloquence, nous avons besoin de capacités. Sans capacité nous n’avons que des documents, et nous ne résoudrons aucun conflit avec des documents.

Le Conseil européen de décembre a largement insisté sur ce point, et je remercie les trois rapporteurs de l’avoir souligné clairement. Nous rencontrons parfois des difficultés à rassembler des forces, et il est très important que vous le sachiez. Sans la possibilité de rassembler plus rapidement des effectifs, qu’il s’agisse de forces de police, de troupes ou de procureurs, il nous sera très difficile d’agir à la vitesse nécessaire pour la gestion de crises.

Permettez-moi de dire quelques mots sur les relations entre l’OTAN et l’Union européenne, qui font l’objet du rapport de M. Vatanen. Comme vous le savez, nous possédons un cadre de coopération appelé Berlin Plus. Toutefois, toutes les opérations que nous menons au nom de l’Union européenne ne s’inscrivent pas nécessairement dans ce cadre de coopération avec l’alliance atlantique. Comme vous le savez, nous rencontrons encore certains problèmes parce que cette relation n’est pas parvenue à surmonter certaines difficultés que nous avons à participer réellement aux opérations de l’OTAN en dehors du cadre Berlin Plus. Nous avons encore des problèmes non résolus au Kosovo, et nous avons des problèmes en Afghanistan. J’espère sincèrement que nous parviendrons à résoudre ces problèmes à l’approche du sommet de l’OTAN.

Je me tourne à présent vers l’Afghanistan. Il ne fait aucun doute que l’Afghanistan sera l’un des problèmes les plus importants auxquels nous seront confrontés en 2009. Vous avez vu la position du président Obama sur cette région, l’Afghanistan et le Pakistan, et sa nomination d’un représentant spécial. Nous devons obtenir des résultats, des résultats positifs et perceptibles. Nous avons besoin d’une implication plus importante. Cela ne signifie pas nécessairement une implication militaire, mais nous devons collaborer plus efficacement et de façon mieux coordonnée entre nous et avec les tiers – les États-Unis, la communauté internationale au sens large, les Nations unies. J’ai déjà eu l’opportunité de rencontrer plusieurs fois Richard Holbrooke, ainsi que le général Petraeus. Nous allons réexaminer ce concept au cours des semaines à venir, et j’espère qu’à l’issue de cette réflexion, nous serons prêts à faire face de façon constructive à un problème dans lequel nous sommes impliqués, dans lequel l’Union européenne et les États membres sont impliqués, et je pense que nous devons maintenir cet engagement.

Nous pourrions discuter pendant des heures de nombreuses autres questions – l’énergie, la non-prolifération, etc. Mais je pense que le plus important est cet accord fondamental entre nous, manifesté par les trois rapports présentés aujourd’hui, à propos de nos actions récentes. Pour conclure, je voudrais vous remercier sincèrement pour votre coopération. Je remercie tous ceux qui travaillent de façon intensive avec moi sur certains des dossiers spécifiques dans lesquels nous sommes impliqués. Comme je l’ai dit, je pense que les actes que nous posons sur la scène internationale au nom de l’Union européenne définiront également qui nous sommes. Dans ce contexte, il est essentiel de mieux agir parce que nous voulons être meilleurs.

 
  
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  Benita Ferrero-Waldner, membre de la Commission. (EN) Monsieur le président, j’apprécie cette opportunité de participer une fois de plus à ce débat global sur les questions de politique étrangère et de sécurité.

Permettez-moi de remercier les auteurs des trois rapports qui sont à la base du débat d’aujourd’hui. Je tiens à dire que les services Javier Solana et mes propres services ont très bien collaboré lors de l’élaboration du rapport sur la stratégie européenne de sécurité (SES), et je pense que les résultats obtenus en sont la preuve. Ce rapport reflète fort bien les nouveaux défis de sécurité auquel l’UE est confrontée et donne une définition large de la sécurité.

Permettez-moi tout d’abord de dire quelques mots sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Les rapports qui nous sont présentés aujourd’hui, tout comme le rapport sur la stratégie européenne de sécurité, concluent tous que l’Union européenne peut faire une différence si nous travaillons tous ensemble à une politique cohérente, une politique conforme à la PESC, à la dimension communautaire et bien sûr aux actions des États membres. Nous devons non seulement parler d’une seule voix, mais aussi agir ensemble d’une façon cohérente et coordonnée.

Ceci nécessite de rassembler la meilleure combinaison possible d’instruments politiques l’UE, des opérations de la PESC aux mesures de prévention des conflits et de gestion des crises par le biais de l’instrument de stabilité, de l’aide au développement, de l’aide humanitaire ou des outils relatifs à la démocratie et aux droits de l’homme. Permettez-moi de vous donner quelques exemples: L’Afghanistan, la Géorgie, le Kosovo et le Tchad pourraient montrer comment nous procédons en pratique.

En Afghanistan, nous avons donné une importance prépondérante à la réforme du secteur de la sécurité et à la gouvernance dans le contexte de notre stratégie d’assistance globale. Depuis 2007, la Commission a lancé un nouveau programme de réforme du secteur judiciaire. En matière de police, la mission EUPOL du Conseil assure l’accompagnement et la formation sur le terrain tandis que la Commission soutient la police nationale afghane par le biais du Fonds d’affectation spéciale pour l’ordre public (Law and Order Trust Fund, LOTFA). La Commission apporte également la contribution financière la plus importante aux coûts de fonctionnement de la police afghane – plus de 200 millions d’euros depuis 2002.

En Géorgie, l’UE apporte un soutien financier supplémentaire post-conflit. Jusqu’à présent, 120 millions d’euros – sur un paquet de 500 millions d’euros pour la période 2008-2010 – ont été versés au gouvernement. Cette aide communautaire exceptionnelle a contribué à éviter une crise humanitaire grave.

Au Kosovo, la Commission a contribué à fournir en temps utile à la mission EULEX Kosovo les effectifs et le matériel dont elle a besoin. Outre la poursuite de cette aide, nous réaliserons cette année une étude visant à identifier les moyens de favoriser le développement politique et socio-économique du Kosovo et de l’aider à progresser sur la voie de l’intégration avec l’Union européenne.

Au Tchad, nous avons dégagé un total de 311 millions d’euros dans le cadre du 10e Fonds européen pour le développement. Notre objectif dans ce pays est de contribuer à la réduction de la pauvreté et de faciliter le développement économique. Nos priorités sont la bonne gouvernance, y compris au niveau du système judiciaire et de la police, l’infrastructure et le développement rural. En outre, l’instrument de stabilité contribue 10 millions d’euros à la formation de 850 policiers tchadiens par la mission MINURCAT de l’ONU. Nous facilitons également le retour volontaire des personnes déplacées et des réfugiés tchadiens et nous apportons 30 millions d’euros d’aide humanitaire.

Je pense qu’il s’agit de l’approche correcte, et que cette approche doit être suivie systématiquement chaque fois que l’UE est confrontée à une nouvelle crise.

Le rapport de décembre dernier sur la stratégie européenne de sécurité souligne la flexibilité des différents éléments de notre politique, et les trois rapports que nous avons devant nous aujourd’hui y font également référence. Le rapport consacré à la SES affirme à juste titre que les liens entre les politiques internes et externes de l’UE sont devenus plus marqués, une évolution essentielle pour faire face à des questions telles que la sécurité énergétique et le changement climatique, ou encore pour tenir compte du lien entre la sécurité et le développement et pour prendre conscience de l’importance à long terme de la lutte contre la pauvreté en tant que moyen de réduire les menaces sécuritaires.

Ce rapport reconnaît la nécessité de mieux communiquer avec les citoyens à propos de tous les aspects de sécurité qui les concernent particulièrement, et ce afin de préserver leur soutien en faveur de notre engagement mondial. Il souligne également que toutes les actions de l’UE en matière de sécurité sont basées sur nos valeurs et nos principes et sont conformes aux objectifs de l’ONU. Nous devons continuer à communiquer ce message à nos citoyens, y compris sur des questions telles que le terrorisme, et nous devons expliquer que nos actions sont fondées sur le respect des droits de l’homme et du droit international.

Nous reconnaissons également le rôle de la société civile, des ONG et des femmes dans le rétablissement de la paix, reflétant ainsi une approche réellement européenne.

J’ai été ravie de constater que le rapport du Parlement relatif à la SES souligne la nécessité de faire appliquer les résolutions 1325 et 1820 du Conseil de sécurité de l’ONU concernant les femmes et les conflits.

Dans le domaine de l’énergie, la crise gazière qui a frappé cette année l’Union européenne a eu des effets sans précédent. Il est clair que nous devons en tirer des leçons en matière de sécurité énergétique. Il est désormais évident que nous avons besoin d’un marché intérieur européen fonctionnel de l’énergie, de projets d’interconnexion et d’infrastructure, de développer des mécanismes de gestion des crises d’approvisionnement et de doter l’UE d’une politique extérieure forte en matière d’énergie. Nous soutenons cette approche globale.

Ce rapport invite l’Union européenne à jouer un rôle plus important dans son voisinage, mais je n’aborderai pas cette question aujourd’hui.

Nos relations avec la Russie, récemment mises à l’épreuve, jouent un rôle important et ont un impact considérable en termes de sécurité.

Le lien transatlantique reste essentiel pour notre sécurité commune, et nous collaborerons prochainement avec le président Obama sur les questions prioritaires.

Permettez-moi pour conclure de dire quelques mots sur un élément particulier de la contribution de la Commission à la gestion de crise de l’UE, à savoir l’instrument de stabilité. Les deux premières années de mise en place de ce nouvel instrument ont été couronnées de succès tant en termes de mise en œuvre budgétaire que de qualité des opérations et de coordination politique avec le Conseil et le Parlement. Jusqu’à présent, 220 millions d’euros ont été alloués pour 59 opérations différentes à travers le monde en 2007 et 2008. L’Afrique en est la principale bénéficiaire, suivie par l’Asie et le Moyen-Orient, plus le Kosovo et la Géorgie. Comme Javier Solana l’a déjà mentionné, nos priorités pour 2009 incluront certainement l’Afghanistan, le Pakistan et le Moyen-Orient.

Permettez-moi de dire qu’à travers l’instrument de stabilité, et en collaboration étroite avec le secrétariat du Conseil, nous sommes impliqués dans plusieurs activités et nous jouons un rôle de plus en plus important dans la formation du personnel des missions consacrées aux marchés publics et à l’administration financière et dans la formation à la PESD des équipes de réaction civiles. Nous avons formé 600 experts policiers à la gestion civile des crises conformément aux normes de formation de l’ONU de façon à améliorer la robustesse, la flexibilité et l’interopérabilité des forces de police européennes.

Je voudrais ajouter – et je pense qu’il s’agit là d’un point très important, par exemple pour l’Afghanistan – que nous devons veiller à ce que les conditions matérielles et financières d’emploi des effectifs détachés par les États membres et du personnel sous-traitant soient suffisamment attrayantes pour attirer vers nos missions un nombre suffisant de candidats qualifiés. Je pense que nous allons devoir travailler dur dans cette direction. Cela signifie que notre expertise en matière de gestion de crise est de plus en plus demandée, et que le monde attend beaucoup de l’UE. Nous nous efforcerons de ne pas décevoir ces attentes.

 
  
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  Valdis Dombrovskis, rapporteur pour avis de la commission des budgets. (LV) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, à propos du rapport annuel 2007 sur les principaux aspects et les choix fondamentaux de la politique étrangère et de sécurité commune, je voudrais souligner certains aspects importants du point de vue de la commission des budgets. Tout d’abord, je voudrais aborder la transparence des dépenses budgétaires dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune. La pratique adoptée par la Commission européenne et qui consiste à reporter à l’année suivante les budgets inutilisés du chapitre de la politique étrangère et de sécurité commune, que la Commission européenne considère comme des revenus alloués, suscite certaines préoccupations. La commission des budgets a demandé à la Commission de fournir des informations relatives à cette pratique financière. Elle recommande que cette question soit examinée à l’occasion de l’une des réunions régulières de la politique étrangère et de sécurité commune. Deuxièmement, je voudrais discuter du transfert de dotations entre différents titres du chapitre budgétaire dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune. Il va de soi que nous devons faire preuve d’une certaine flexibilité en la matière pour pouvoir réagir aux crises qui surviennent en dehors de l’UE. La Commission pourrait toutefois améliorer la transparence et donc le contrôle démocratique dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune en informant en temps utile le Parlement des transferts internes. Ceci est d’autant plus important que la majorité des missions de la politique étrangère et de sécurité commune, notamment la mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie et la mission EULEX au Kosovo, sont politiquement sensibles. Troisièmement, en ce qui concerne les réunions relatives à la politique étrangère et de sécurité commune organisées régulièrement conformément à l’accord interinstitutionnel du 17 mai 2006 relatif à la discipline budgétaire et à la bonne gestion financière, la commission des budgets estime que l’utilité de ces réunions pourrait être grandement renforcée par l’évaluation des mesures prévues dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune et des stratégies à moyens et à long terme de l’Union européenne dans les pays tiers ainsi que par la préparation d’une position de l’autorité budgétaire avant la réunion de conciliation. Je vous remercie pour votre attention.

 
  
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  José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra, au nom du groupe PPE-DE. – (ES) Monsieur le Président, je tiens à remercier les trois rapporteurs du Parlement européen – M. Saryusz-Wolski, M. von Wogau et Mr Vatanen – pour leurs rapports et à souligner, comme l’ont fait Mme Ferrero-Waldner et M. Solana, qu’ils constituent une contribution importante de la part du Parlement au développement d’une politique étrangère, de sécurité et de défense commune forte et visible. Cette politique doit garantir la défense de nos intérêts dans le monde et protéger la sécurité de nos citoyens. Elle doit contribuer à la création d’une Union européenne qui joue son rôle dans le cadre d’un système multilatéral effectif, mais surtout, Monsieur le Président, elle doit contribuer au triomphe des droits de l’homme et des valeurs démocratiques partout dans le monde.

Je pense que le traité de Lisbonne, et les nouvelles qui nous arrivent aujourd’hui de la République d’Irlande – où les sondages indiquent une majorité de 60 % en faveur du traité – et de la République tchèque – avec la ratification du traité par le parlement tchèque – témoignent d’une nouvelle maturité de l’Union européenne en matière de politique étrangère et de sécurité. Mais par-dessus tout, ces développements doivent inciter nos gouvernements à adopter une approche plus européenne face aux crises.

Je pense que l’Union européenne doit développer ses propres considérations stratégiques – c’est évident, et la nouvelle stratégie de sécurité le prévoit – mais sans oublier que le lien transatlantique est inscrit dans les gènes de l’Union européenne. À travers l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, les États-Unis ont toujours été le garant de la sécurité de l’Europe. À l’heure actuelle, il n’existe encore aucune alternative à ce lien.

En outre, je pense que l’Europe ne pourra jamais s’affirmer en tant que «puissance» contre les États-Unis, mais plutôt aux côtés de ceux-ci, deux partenaires partageant la même vision du monde et se respectant mutuellement. Bien sûr, cela ne signifie pas que l’Union européenne doive donner carte blanche aux États-Unis: nous devons défendre nos intérêts et nos valeurs chaque fois que nous le jugeons nécessaire. Les États-Unis doivent également apprendre à respecter les positions de l’Union européenne. En effet, comme le suppose le travail de M. Ferrero-Waldner et de M. Solana, nous sommes une institution qui mérite le respect au niveau international et qui présente un potentiel important en tant qu’interlocuteur dans toutes les régions du monde.

 
  
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  Helmut Kuhne, au nom du Groupe PSE. (DE) Monsieur le Président, cela ne concerne pas le Conseil, mais ce Parlement, et par conséquent la Commission, abordent aujourd’hui la dernière ligne droite de cette législature. C’est pourquoi je pense que nous ne devons pas simplement jouer le rôle de comptables vérifiant le bilan financier des réalisations de la politique européenne de sécurité et de défense, mais que nous devons au contraire adopter un rôle plus fondamental.

Je dois admettre que je suis déchiré entre deux façons d’envisager la question. Je m’arrache les cheveux lorsque nous devons faire face aux nécessités quotidiennes, lorsqu’une mission menace d’échouer parce qu’il lui manque six hélicoptères, lorsque les différentes capitales concernées par une mission ne font pas preuve de la volonté politique nécessaire ou quand des divisions menacent les projets technologiques.

Mais quand j’envisage les choses dans une perspective historique, tout semble différent. M. Solana mérite d’ailleurs toutes nos éloges à cet égard. Nous ne devons pas oublier que la politique européenne de sécurité et de défense n’existe que depuis une dizaine d’années, et que le document relatif à la stratégie de sécurité n’a été rédigé qu’en 2003. Dans ce contexte, et dans une perspective historique, les progrès accomplis sont réellement considérables. En tant qu’optimiste de l’histoire, je penche pour ce dernier point de vue en cas de doute.

En tant que social-démocrate, je voudrais aborder un deuxième point qui échappe à la responsabilité de l’Union européenne et de l’OTAN mais qui touche tous les Européens. Il s’agit des évolutions récentes concernant le système de défense antimissiles en Pologne et en République tchèque. Nous, les sociaux-démocrates, sommes heureux d’apprendre que certaines propositions que nous avons émises sont aujourd’hui mises en œuvre à la suite de changements survenus aux États-Unis.

Nous avons toujours dit qu’il n’était pas nécessaire de précipiter une décision concernant le stationnement d’équipement, dans la mesure où il n’existe à l’heure actuelle aucune menace en provenance, par exemple, de l’Iran. Hillary Clinton a déclaré la semaine dernière que les prochaines décisions aux États-Unis seraient prises dans le contexte de l’évolution de la situation en Iran. Joe Biden a déclaré que la mise en place du système dépendrait des capacités techniques et de considérations financières. Nous saluons ces nouvelles réflexions. À tout le moins, nous ne serons pas la dernière brigade condamnée agitant le drapeau de ce système de défense antimissiles.

 
  
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  Annemie Neyts-Uyttebroeck, au nom du groupe ALDE. (NL) Le débat d’aujourd’hui, basé sur ces trois rapports, prouve que contrairement aux affirmations de nombreux europessimistes et eurosceptiques, la politique européenne de défense et de sécurité et la politique étrangère européenne deviennent de plus en plus concrètes et cohérentes. Les orateurs qui m’ont précédée en ont largement apporté la preuve.

Je tiens tout d’abord et avant tout à remercier les trois rapporteurs pour la façon dont ils ont tenu compte de l’opinion des rapporteurs fictifs libéraux lors de la rédaction de leurs rapports. Nous nous réjouissons de voir que ces rapports reflètent bon nombre de nos opinions. Monsieur Vatanen s’est efforcé de tenir compte du plus grand nombre possible d’opinions et d’approches dans son rapport sur l’OTAN, et je trouve regrettable que le groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates Chrétiens) et des Démocrates Européens ainsi que le groupe socialiste du Parlement européen aient déposé des amendements à la dernière minute comme s’ils voulaient marquer ce rapport de leur empreinte.

Nous soutiendrons néanmoins ce rapport, parce que nous pensons qu’il souligne à juste titre les aspects les plus importants et qu’il fait preuve d’un réalisme suffisant. Il admet par exemple, quoique avec une grande élégance, l’existence d’une réelle concurrence entre l’Union européenne et l’OTAN. La coutume veut que l’on passe sous silence ce genre de choses, aussi réelles soient-elles.

Deuxièmement, l’amendement déposé par M. Duff et moi-même et décrivant clairement les difficultés provoquées par les attitudes de la Turquie, de la Grèce et de Chypre au sein de l’OTAN et de l’Union européenne a été accepté. D’habitude, nous n’obtenons rien de plus que des allusions diplomatiques.

Enfin, ce rapport comporte un appel à la complémentarité entre les stratégies de l’Union et de l’OTAN en matière de défense et de sécurité. Mesdames et Messieurs, cette complémentarité est essentielle.

 
  
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  Konrad Szymański, au nom du groupe UEN. – (PL) Monsieur le Président, la fin libérale de l’histoire que certains annonçaient dans les années 1990 s’est révélée être une chimère. Nous avons de bonnes raisons de nous sentir de plus en plus isolés. Il n’existe donc aucune alternative à la collaboration entre l’Union européenne et l’OTAN. Il n’existe pas d’alternative à une implication plus grande de l’Europe et des États-Unis en matière de sécurité internationale. Dans le cas contraire, les principes de l’ordre international seront dictés de facto par la Corée, l’Iran ou les terroristes du Hamas.

L’énergie, les matières premières, la piraterie et la sécurité sur Internet nécessitent une attention particulière. En Pologne, nous avons aussi appris récemment que la coordination des opérations de sauvetage d’otages posait d’énormes problèmes. Toutefois, le fait de prendre les décisions en commun ne signifie pas que ces décisions seront bonnes. J’éviterais donc de surestimer le rôle du traité de Lisbonne. Les limites de notre efficacité sont définies au niveau des capitales européennes. C’est là que nous devons chercher la volonté politique de mener une politique mondiale commune, et pas dans les procédures.

 
  
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  Angelika Beer, au nom du groupe Verts/ALE. – (DE) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, la politique étrangère et de sécurité de l’Europe a connu un développement rapide au cours de ces dernières années. Nous devons toutefois veiller à assurer une évolution et un changement tout aussi rapides face aux menaces et aux crises de toutes natures.

Mon groupe n’aime pas porter aux nues son propre travail. C’est pourquoi je ne souhaite pas non plus faire l’éloge des rapports qui nous sont présentés aujourd’hui. M. Saryusz-Wolski a rédigé un rapport sain, et nous le soutiendrons. Ceci étant dit, le dilemme stratégique est clair. M. Solana, vous avez absolument raison. Vous venez de nous dire qu’il fallait renforcer la coopération européenne au niveau stratégique. Mais tout d’abord et par-dessus tout, devons nous fixer pour objectif, nous devons élaborer une stratégie européenne commune en matière de politique étrangère et de sécurité – c’est quelque chose que nous ne possédons pas encore à l’heure actuelle.

Je dis cela parce que nous nous trouvons à un moment historique. Ces rapports, et en particulier celui de M. Vatanen sur l’OTAN, avancent à petits pas dans l’ombre du nouveau gouvernement américain. M. Vatanen a refusé d’aborder dans son rapport la question du désarmement nucléaire, que nous soumettrons à nouveau au vote demain. Mais alors de quoi parlons-nous?

Je me tourne à présent vers le rapport de M. von Wogau. Ce rapport aborde un nouveau concept: SAFE. Voici un bien beau jeu de mots, Synchronised Armed Forces Europe, mais ce concept n’existe tout simplement pas. Par ailleurs, nous ne voyons pas pourquoi nous devrions le soutenir, alors que ce concept n’est même pas encore sur la table. Dans son rapport, M. von Wogau a omis d’aborder la sécurité humaine. Mon groupe insiste pour que l’Union européenne inscrive clairement cet objectif dans sa politique internationale. Il a refusé de parler du partenariat pour la paix (Peace Building Partnership) ou du développement d’un corps de pacification civil. Je pense donc avoir de bonnes raisons de dire que ce rapport est entièrement inadéquat pour ceux qui pensent que l’Europe doit agir maintenant, au cours des mois qui viennent, dès aujourd’hui – et cette nécessité est apparue clairement lors de la conférence de Munich sur la sécurité.

La période postélectorale aux États-Unis représente une fenêtre d’opportunité. Nous ne savons pas combien de temps cette fenêtre restera ouverte. En tant qu’Européens, nous devons formuler nos propres intérêts stratégiques et les intégrer à l’alliance – à l’OTAN. Comme l’a fait remarquer Mme Ferrero-Waldner, nous devons également préciser notre définition de la sécurité vis-à-vis de la Russie. Si nous ne le faisons pas, d’ici quelques mois, le gouvernement américain prendra le pas sur l’Union européenne et définira, par le biais de discussions bilatérales avec la Russie, des positions stratégiques cruciales sans que la puissance de l’Europe – sa force politique, sa capacité à prévenir les conflits – puisse exercer la moindre influence sur cette nouvelle stabilisation de la politique de sécurité transatlantique.

C’est pourquoi j’invite chacun d’entre nous et toutes les parties concernées à renoncer réellement aux modes de pensée dépassés de la Guerre froide, aux prises de position pour un camp ou l’autre, et d’aller au contraire de l’avant. L’Europe a le devoir envers ses citoyens de créer aujourd’hui un partenariat de sécurité qui soit une garantie de paix et non de conflit.

 
  
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  Tobias Pflüger, au nom du groupe GUE/NGL. – (DE) Monsieur le Président, les rapports de M. von Wogau et de M. Vatanen sont explicites et parfaitement clairs. Ils prônent une militarisation plus poussée encore de l’Union européenne. Ces rapports réclament la transformation de facto de l’UE en une puissance militaire. Le rapport de M. von Wogau consacré à la stratégie européenne de sécurité appelle de ses vœux une «force armée européenne intégrée». Nous ne pensons pas que cette direction soit la bonne. De plus, ce rapport préconise entre autres la mise en place d’un quartier général commun pour l’Europe et d’un marché commun du matériel de défense.

Le rapport von Wogau apporte même son soutien rétroactif au programme Eurofighter au prix scandaleusement gonflé. Ce rapport accorde une importance essentielle au traité de Lisbonne, qui «introduira des innovations majeures dans le domaine de la PESD». C’est là l’une des principales raisons de notre opposition au traité de Lisbonne.

Le rapport Vatanen demande la mise en place de structures de coopération permanentes entre l’UE et l’OTAN. Nous pensons que cela ne serait pas une bonne chose. Chaque nouvelle mission militaire de l’UE est problématique. L’OTAN n’est pas une alliance pacifique – elle a été conçue pour faire la guerre, comme en Yougoslavie et aujourd’hui en Afghanistan. Quelles seront les prochaines guerres? L’OTAN symbolise la politique de la guerre. Ce rapport affirme que l’OTAN «constitue le socle de la sécurité européenne». Non! L’OTAN est synonyme d’insécurité! La fusion de l’OTAN et de l’UE serait très problématique, surtout par rapport aux deux stratégies.

Le groupe confédéral de la Gauche Unie Européenne / Gauche Verte Nordique défend l’idée d’une Union européenne civile et s’oppose à l’OTAN. Nous devons au contraire démanteler l’OTAN. L’OTAN souhaite célébrer son 60e anniversaire à Strasbourg, à Baden-Baden et à Kehl. Aujourd’hui même, devant le Parlement européen, j’appelle la population à protester contre ce sommet de l’OTAN! Soixante ans d’OTAN, c’est soixante ans de trop. 

Notre groupe a soumis des rapports minoritaires en réaction aux rapports de MM. von Wogau et Vatanen, et mes collègues aborderont plus en détail les problèmes spécifiques qui se posent par rapport à la Russie. Comme précédemment, nous rejetons le système de défense antimissiles et nous rejetons les formulations de ce rapport qui font référence à Chypre. Nous allons donc voter contre ces deux rapports.

 
  
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  Bastiaan Belder, au nom du groupe IND/DEM. (NL) Quand, il y a moins d’un an, j’ai appris avec une délégation du Parlement européen les activités de la mission européenne de police en Cisjordanie, j’ai eu un bref instant l’espoir d’une Autorité palestinienne qui ferait réellement respecter son autorité par le biais d’un système policier et de sécurité efficace. Le paragraphe 25 du rapport Saryusz-Wolski salue donc l’extension du mandat de la mission européenne de police dans les territoires palestiniens.

Entre-temps, j’ai reçu très récemment plusieurs rapports extrêmement défavorables concernant la sécurité publique en Cisjordanie, notamment les pratiques d’extorsion de certains membres du dispositif de sécurité palestinien qui se comportent la nuit comme des chefs mafieux, et même les noms de certains membres de groupes terroristes payés par l’Autorité palestinienne.

Je voudrais demander au Conseil et à la Commission si ces rapports sont fondés. S’agit-il de fiction? Bref, quelles sont les dernières nouvelles de la mission européenne de police dans les territoires palestiniens? Il s’agit après tout d’une question essentielle. Si l’objectif est de créer un État palestinien viable, il faut tout d’abord rétablir la loi et l’ordre en Cisjordanie.

 
  
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  Luca Romagnoli (NI). (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je suis d’avis que l’alliance atlantique est un instrument de défense obsolète qui a nui récemment à nos relations avec certains de nos partenaires, comme par exemple la Russie. Je pense que nous devons préserver nos relations avec la Russie et les utiliser pour préparer un partenariat privilégié.

Je suis d’accord avec Mme Ferrero-Waldner pour dire que les politiques de sécurité communes ne doivent pas nous faire oublier que récemment, l’OTAN n’a pas été l’instrument le plus utile pour la dissuasion ou le rétablissement de la paix.

Je pense que l’Europe possède aujourd’hui la maturité nécessaire pour définir sa propre stratégie de sécurité indépendante, et qu’elle en a politiquement besoin. Cela ne signifie pas qu’il faille adopter une position opposée à l’OTAN. Nous pouvons travailler côte à côte, comme d’autres députés l’ont déjà proposé, sans continuer à nous soumettre à des intérêts qui ne sont souvent pas ceux de l’Europe. C’est pourquoi il m’est impossible d’apporter mon soutien aux rapports proposés.

 
  
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  Javier Solana , Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune. – (ES) Monsieur le Président, très brièvement, et étant donné que les contributions des différents orateurs sont généralement similaires, permettez-moi de faire part au Parlement de trois ou quatre réflexions qui me sont venues à l’esprit en entendant les interventions.

Tout d’abord, les ressources et les moyens. Les rapporteurs de ces différents rapports ont reconnu l’existence de problèmes au niveau des ressources et des moyens, et ont recommandé une meilleure utilisation des ressources nationales. Toutefois, il me semble que nous ne faisons pas la meilleure utilisation possible de certains des moyens dont nous disposons, et je tenais à le souligner.

Je pense que la création de l’Agence européenne de la défense sur base de l’accord du Conseil européen, qui ne nécessite pas l’application de l’adoption du traité de Lisbonne, était une bonne idée. Je pense que cette agence peut faire un excellent travail de coordination des politiques nationales et apporter une valeur ajoutée importante à toutes les politiques mises en place.

Quelqu’un a parlé d’hélicoptères. Les hélicoptères sont nécessaires à toutes sortes de missions: les missions civiles, les missions militaires, toutes sortes de missions, pour le transport. L’hélicoptère est devenu aujourd’hui un outil essentiel de gestion de crise.

Une meilleure coordination des moyens dont nous disposons, tant en termes de matériel qu’en termes d’une meilleure utilisation des logiciels dont sont équipés les hélicoptères, nous permettrait d’en faire un meilleur usage et d’en tirer plus que nous le faisons à l’heure actuelle.

Je voudrais dire également que ces dernières semaines, nos relations stratégiques avec les États-Unis et avec la Fédération de Russie ont progressé à grands pas.

Mme Beer a parlé de la conférence de Munich sur la sécurité; je pense que cette conférence fut un événement important qui a permis de faire avancer certaines tâches non programmées, parce qu’il ne s’agissait pas d’un forum politique de décision, mais d’un forum de réflexion extrêmement important. Je pense qu’au cours des prochains mois et des prochaines années, le thème central de nos discussions sera notre relation avec les États-Unis, du point de vue de notre stratégie pour les années à venir, et avec la Russie. Tel fut le cas à Munich, et plus tard encore, quand Mme Ferrero-Waldner et moi-même avons visité Moscou pour aborder avec les dirigeants de la Fédération de Russie les nouvelles idées fondamentales en matière de sécurité européenne.

L’Europe ne souhaite pas devenir une puissance militaire. Je pense que l’Europe, l’Union européenne, est une puissance civile dotée de moyens militaires, ce qui est très différent d’une puissance militaire, et je pense qu’elle doit le rester. Ce travail ainsi que tous les documents que nous produisons, et que produisent aussi bien le Parlement que la Commission ou encore moi-même, tendent vers cet objectif.

Quelques mots sur la police dans les territoires palestiniens, un sujet que nous avons abordé lors de la session précédente. EUPOL est l’un de nos plus importants atouts pour notre crédibilité et notre travail en matière de sécurité avec les Palestiniens et dans les territoires occupés, et elle restera un atout important de l’Union européenne. Cette mission est appréciée de tous: des Palestiniens, des Israéliens et des pays avoisinants. Vous pouvez donc avoir la certitude que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour continuer notre travail en vue de cet objectif.

 
  
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  Elmar Brok (PPE-DE). – (DE) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, Monsieur Solana, je tiens à remercier les trois rapporteurs et j’aimerais faire des commentaires sur certains aspects de ces rapports. Je tiens à dire en particulier que ces 60 années d’OTAN ont été 60 années de paix et de liberté pour ma génération. C’est quelque chose dont nous devons avoir conscience.

Si nous parvenons aujourd’hui à renforcer la politique étrangère, de sécurité et de défense l’UE à un moment où le multilatéralisme connaît un nouvel essor, comme vient de le mentionner Monsieur le haut représentant Solana, si nous parvenons à intégrer davantage notre vision de mesures préventives et de puissance douce à une stratégie transatlantique commune en cette période de multilatéralisme, nous aurons un bel avenir devant nous.

Dans le même temps, la réintégration militaire de la France renforce la position européenne. La conférence de Munich sur la sécurité fut révélatrice: après les explications du Premier ministre Tusk, de la chancelière Merkel et du président Sarkozy – en présence du vice-président américain Joe Biden – l’idée d’un corps européen au sein de l’OTAN a fait pour ainsi dire l’unanimité. À mes yeux du moins, l’absence de protestation de la part des Américains constitue un changement sensationnel. Dans les relations transatlantiques, nous pouvons également accélérer le développement de positions communes dans le domaine militaire afin que celles-ci soient reflétées de façon crédible dans le cadre de l’OTAN. C’est pourquoi nous devons utiliser notre vision des capacités militaires centrée sur la puissance douce et la prévention pour promouvoir un nouvel agenda, qui existait déjà mais qui est apparu clairement à Munich, car les politiques du président Obama nous permettent d’entrer dans une nouvelle ère de négociations en matière de désarmement. Les Européens peuvent jouer un rôle dans ce contexte avec le traité START, avec le traité de non-prolifération, qui doit être renégocié, et en particulier avec le traité CFE, qui présente une importance particulière pour l’Europe dans la mesure où nous avons certains problèmes avec la Russie.

Si tous ces aspects sont intégrés, y compris le bouclier antimissiles, nous aurons de nouvelles opportunités, de meilleures opportunités de mener une politique transatlantique commune avec les États-Unis en tant qu’allié et avec la Russie en tant que partenaire stratégique: une politique conforme aux intérêts de l’Europe en matière de paix. Mais nous ne pourrons saisir cette opportunité qu’en renforçant notre propre influence, c’est pourquoi cette politique va dans le bon sens.

 
  
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  Ioan Mircea Paşcu (PSE). (EN) Monsieur le Président, le rapport sur le rôle de l’OTAN dans l’architecture de sécurité européenne reflète les différences d’approche au sein du Parlement européen entre ceux qui considèrent toujours l’OTAN comme l’organisation apportant la meilleure garantie de sécurité à ses membres, et ceux qui, au contraire, sont de moins en moins convaincus de la nécessité de l’OTAN dans un monde qui ne présente apparemment aucune menace majeure – ou du moins aucune menace comparable à celle que posait autrefois l’Union soviétique.

Toutefois, aucun membre de ces deux organisations n’a souhaité jusqu’ici renoncer à la garantie de sécurité de l’OTAN, même si l’UE renforce son effort de défense et de sécurité et même après qu’elle eut adopté une disposition similaire à l’article cinq du traité de Washington: la clause de solidarité du traité de Lisbonne.

Selon moi, la relation entre l’OTAN et l’UE – élément le plus important de la relation transatlantique au sens large – devrait être naturellement complémentaire et mutuellement profitable aux deux partenaires contraints de collaborer pour faire face aux défis actuels de plus en plus nombreux et complexes. À cette fin, il serait possible d’améliorer les mécanismes existants – je pense aux accords Berlin Plus – et d’envisager de nouveaux mécanismes – je pense ici à la proposition d’un quartier général opérationnel pour l’UE. Nous devons surmonter les obstacles – par exemple l’impact négatif du problème cypriote – et, surtout, améliorer les perceptions réciproques. Nous devons donc cesser de considérer l’OTAN comme un adversaire, mais il ne faut pas non plus considérer l’UE comme une annexe de l’OTAN.

Comme cela a déjà été dit, la vérité est que dans la pratique, ces deux partenaires pourraient parfaitement collaborer en se complétant mutuellement. Le rapport a été modifié dans ce sens, et j’espère que le résultat final obtenu obtiendra le soutien d’une majorité d’entre nous.

 
  
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  Andrew Duff (ALDE). (EN) Monsieur le Président, cet après-midi, plusieurs orateurs ont embelli la situation. Le fait est que toutes les missions de la PESD ne sont pas couronnées de succès: plusieurs d’entre elles n’ont pas d’objectifs clairs, d’autres sont mal financées et la campagne afghane pourrait encore échouer. C’est donc à juste titre que le Parlement apporte une contribution importante à la définition de la sécurité commune, et nous devons à présent définir des critères beaucoup plus clairs pour les missions de la PESD.

En ce qui concerne l’intégration de nos forces, les progrès sont négligeables, et je ne pense pas qu’une collision entre deux sous-marins, l’un français et l’autre britannique, soit conforme à nos attentes en la matière!

 
  
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  Ryszard Czarnecki (UEN). (PL) Monsieur le Président, quand il y a trop de présidents, il n’y en a finalement aucun. Lorsque nous abordons la question de la sécurité, nous devons parler clairement et précisément d’une question extrêmement urgente et importante. Les événements survenus l’année dernière dans le Caucase, à proximité immédiate de l’Union européenne, montrent l’importance que nous devons accorder à la politique orientale et nous rappellent que nous devons considérer cette politique comme un investissement spécifique dans la sécurité de l’Europe et de l’UE. C’est pourquoi je pense que notre partenariat avec les pays situés à l’Est de l’UE est fondamental et, bien que je me réjouisse de l’existence de ce partenariat, je m’inquiète également de la réduction de près de deux tiers du budget consacré au Partenariat oriental. Je pense qu’il s’agit là d’une question absolument fondamentale, et je pense que ce partenariat représentera un symbole spécifique de l’Union européenne non seulement pour ses voisins les plus proches, mais aussi pour des pays situés bien au-delà du Belarus, de l’Ukraine ou de la Géorgie.

 
  
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  Satu Hassi (Verts/ALE). (FI) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je remercie les trois rapporteurs. Malheureusement, je dois dire que je ne partage pas l’opinion fort peu critique vis-à-vis de l’OTAN que présente notamment le rapport de M. Vatanen.

Bien sûr, l’OTAN n’est plus ce qu’il était du temps de la Guerre froide, l’Europe non plus, et la coopération entre l’OTAN et l’UE est une excellente chose. Je ne partage cependant pas l’opinion selon laquelle tous les États membres de l’UE doivent absolument être membres de l’OTAN.

Nous devons accepter le fait que certains pays ont pu contribuer au rétablissement de la paix précisément parce qu’ils sont restés en dehors de toute alliance militaire, comme c’est le cas de mon pays, la Finlande. Étant donné que la Finlande n’appartient à aucune alliance militaire, presque personne ne la considère comme un pays hostile ou comme quelqu’un représentant son ennemi. Cela a permis à de nombreux Finlandais de mener à bien des missions de pacification. Ce fut le cas par exemple de notre ancien Premier ministre Holker en Irlande du Nord, de notre ancien président Ahtisaari en Namibie, en Indonésie (Aceh) et au Kosovo, ont encore de notre ancien ministre M. Haavisto au Soudan.

Bien que la majorité des citoyens européens vive dans des États membres de l’OTAN, nous devons également admettre que l’existence de pays non-alignés est une ressource précieuse en matière de pacification. Nous ne pouvons ignorer ce point de vue au nom d’un quelconque objectif d’harmoniser la politique militaire au sein de l’UE.

 
  
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  Vladimír Remek (GUE/NGL). (CS) J’avais prévu de discuter des dangers de la militarisation de l’espace étant donné qu’en tant qu’ancien astronaute, j’estime avoir une compréhension particulière de cette question. Toutefois, les documents présentés soulignent notamment la nécessité d’utiliser la politique de sécurité au profit des citoyens de l’Union européenne. Dans le même temps, nous ignorons entièrement leur opinion quant à la construction de nouvelles bases étrangères sur le territoire de l’Union européenne. En Pologne et en République tchèque notamment, les préparations en vue de l’installation de certains composants du système américain de défense antimissiles se poursuivent. Et dans mon propre pays en particulier, la République tchèque, les opinions et les intérêts du public sont complètement ignorés. Aucune voix officielle au sein de l’Union européenne ne s’est élevée pour défendre les intérêts des citoyens, pour lesquels l’UE n’existe peut-être pas à cet égard. Pourtant, deux tiers des habitants de la République tchèque se prononcent systématiquement contre ces bases étrangères, malgré une campagne d’information et de promotion qui dure depuis plus de deux ans. Je pense que quelque chose ne va pas dans l’Union européenne lorsque nos documents ne reflètent pas les intérêts de la population et quand les opinions du peuple peuvent être ignorées au nom de la démocratie. Il ne faut pas s’étonner alors que les citoyens se détournent de la politique européenne, qu’ils considèrent comme quelque chose qui ne les concerne pas, ou qu’ils la rejettent en bloc.

 
  
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  Bernard Wojciechowski (IND/DEM). (EN) Monsieur le Président, les citoyens de l’Europe ont besoin d’une Union forte avec une politique étrangère, de sécurité et de défense compétitive. Cela n’arrivera pas si notre Union reste passive et immobile. La Chine et l’Inde se développent non seulement en tant que puissances économiques, mais aussi en tant que puissances militaires.

L’avantage concurrentiel de l’Europe doit reposer sur la connaissance et l’innovation. C’est une approche que nous devons tous soutenir et encourager. Dans le cadre d’une stratégie de sécurité efficace, nos forces européennes doivent avoir accès à du matériel et à des ressources de toute première qualité. Alors que les États-Unis dépensent des trillions de dollars en sécurité, l’Europe tarde à développer sa propre stratégie. En cette période de crise, nous fermons des usines d’armement comme l’usine de Radom en Pologne. Nous devrions au contraire investir dans des technologies de pointe, comme par exemple les technologies de tir sans recul actuellement en cours de développement en Pologne. L’innovation crée de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois. Nous ne pouvons pas développer les capacités de l’Europe en fermant nos propres usines.

 
  
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  Roberto Fiore (NI). (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je suis en principe favorable à l’idée d’une armée européenne, mais nous devons définir quel type d’armée nous voulons et avec quelles limites.

Il est extrêmement incongru d’avoir deux forces dirigées l’une contre l’autre – l’armée turque et l’armée grecque – au sein de la même alliance. Je suis sûr que le Conseil a eu l’occasion de visiter le Nord de la Chypre et de constater les dégâts infligés par les soldats turcs par l’occupation turque à une île manifestement européenne.

Il faut admettre également que notre alliance avec les États-Unis provoque souvent des problèmes considérables. Les États-Unis nous ont entraînés dans plusieurs guerres, dans plusieurs conflits – je pense à la Serbie, à l’Irak et à l’Afghanistan – pour défendre des intérêts qui ne sont clairement pas ceux de l’Europe.

Nous ferions mieux de nous allier à la Russie et au Belarus, qui sont européens du point de vue historique, religieux, militaire et géopolitique. Tel est l’avenir de l’armée européenne: une armée qui n’est certainement pas en guerre avec les États-Unis, mais qui maintient une distance respectueuse. Une armée sans la Turquie, parce que jusqu’à preuve du contraire la Turquie est un pays d’Asie malheureusement en conflit avec un pays européen dans la Méditerranée. Et enfin, une armée alliée et collaborant étroitement avec la Russie et le Belarus.

 
  
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  Geoffrey Van Orden (PPE-DE). (EN) Monsieur le Président, vous ne serez pas surpris de mon inquiétude vis-à-vis des idées globales présentées par les rapports relatifs à la PESD, en particulier le rapport de M. von Wogau, qui regorge de suppositions erronées quant à la nature de l’Union européenne et à l’ambition de créer une armée européenne sous le contrôle de l’UE. Ce rapport considère, je cite, des «Forces armées synchronisées pour l’Europe» comme un pas sur la voie d’une «Force armée intégrée européenne». En d’autres termes, une armée européenne. Comme nous le savons tous, la PESD n’apporte aucune valeur ajoutée militaire. Il s’agit d’un outil politique destiné à promouvoir l’intégration européenne. Nous devons la voir pour ce qu’elle est.

J’affirme depuis longtemps que l’Union européenne pourrait jouer un rôle utile en fournissant des instruments civils pour la gestion de crise et la reconstruction après les conflits. Cette approche pourrait être réellement utile. À propos, aucun officier militaire de ma connaissance n’imagine un seul instant que l’on puisse résoudre des conflits comme celui qui déchire l’Afghanistan par la voie militaire uniquement. Il n’y a rien de nouveau à ce que l’on se plaît aujourd’hui à appeler «l’approche globale». Autrefois, on parlait de gagner «les cœurs et les esprits». L’UE a donc tout à fait tort, et se rend en fait coupable de mensonge, quand elle essaie de justifier son implication dans des opérations militaires en s’attribuant exclusivement l’approche globale comme une espèce d’argument de vente propre l’UE. Pour l’Union européenne, une approche honnête et raisonnable consisterait à renoncer aux ambitions de défense de la PESD et à se concentrer sur sa contribution civile. Ceci permettrait peut-être à l’Europe et à ses alliés de se concentrer sur leur contribution militaire à l’OTAN, de redynamiser l’alliance transatlantique pour les années difficiles qui nous attendent sans se laisser distraire par les ambitions redondantes de l’Union européenne.

Le problème immédiat est que les ambitions de l’UE commencent aujourd’hui à contaminer l’OTAN, et je crains sérieusement que cela n’ait un impact sur les célébrations du soixantième anniversaire. Pendant ce temps, au Royaume-Uni, nos ministres font l’autruche et prétendent ne pas remarquer tout ce qui est en train de se produire.

 
  
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  Martí Grau i Segú (PSE). (ES) Madame la Commissaire, Monsieur Solana, Mesdames et Messieurs, je voudrais tout d’abord remercier les trois rapporteurs pour leur travail. En tant que rapporteur fictif pour le rapport consacré à la politique étrangère et de sécurité commune, je me pencherai spécifiquement sur ce document en commençant par féliciter M. Saryusz-Wolski pour les résultats de son travail et pour la coopération dont il a fait preuve avec les autres groupes afin de parvenir à un résultat consensuel.

Tout comme le Parlement a souvent demandé que l’Union européenne reçoive les outils nécessaires pour lui permettre de parler d’une seule voix dans le monde, cette Assemblée elle-même est capable de présenter un front uni pour évaluer et promouvoir les grandes priorités de la politique étrangère et de sécurité commune.

Les efforts de notre groupe, le groupe socialiste du Parlement européen, poursuivent deux objectifs. Tout d’abord, faire valoir et mettre en exergue les thèmes majeurs dont nous pensons qu’ils sont essentiels dans tous les domaines de la politique étrangère, comme la lutte contre le changement climatique, la promotion de la paix dans le monde entier ou l’engagement en faveur du développement humain. Deuxièmement, proposer des façons de rétablir l’équilibre entre les priorités géographiques de la PESC telles qu’elles apparaissaient à l’origine dans le texte, si elles y apparaissaient, ou les introduire si elles en étaient absentes.

C’est pourquoi nous avons par exemple préconisé une plus grande clarification des actions entre les cadres institutionnel et coopératif de la dimension orientale récemment définie. Nous avons plaidé pour une plus grande diversification et une attention plus importante à nos relations avec l’Afrique, un continent dont nous nous souvenons uniquement lorsque éclatent des guerres particulièrement violentes, et encore.

En ce qui concerne l’Amérique latine, nous avons demandé d’examiner les processus actuels de négociation visant à conclure des accords d’association – les premières discussions bilatérales que l’Union européenne conclura dans son histoire.

En ce qui concerne la Méditerranée, nous sommes opposés à une approximation réductrice mentionnant uniquement la sécurité. Nous voulons au contraire inclure la richesse de l’héritage politique, économique et socioculturel pris en compte par le processus de Barcelone.

En ce qui concerne les amendements en séance plénière, notre groupe n’en a déposé aucun parce que nous pensons que cela permet de renforcer l’équilibre atteint grâce aux compromis. Nous nous opposerons donc à la majorité des amendements afin de ne pas porter préjudice au compromis qui s’est dégagé au sein de la commission des affaires étrangères.

 
  
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  Janusz Onyszkiewicz (ALDE). (PL) Monsieur Président, comme l’a dit un jour Tony Blair, l’Union européenne ne doit pas être un super-État mais elle doit devenir une superpuissance. Nous pourrions y ajouter: une superpuissance non seulement au niveau économique, car elle en est déjà une, mais aussi un acteur important sur la scène mondiale, car ses intérêts et les intérêts de tous ses États membres l’exigent.

On rapporte qu’Henry Kissinger a demandé un jour quel numéro de téléphone il devait appeler pour connaître la position de l’Union européenne sur des questions importantes de politique internationale. Aujourd’hui, ce numéro est celui du haut représentant. Le problème est que lorsque ce téléphone sonne, M. Solana doit savoir ce qu’il doit dire. Il est donc indispensable d’élaborer une politique étrangère commune, d’y inclure une politique en matière de sécurité et d’énergie et donc également une politique commune envers la Russie.

J’aimerais revenir sur cette proposition sans cesse répétée concernant la nécessité, pour tous les pays de l’Union européenne, de parler d’une même voix dans leur dialogue avec la Russie. Pour y parvenir, il faut développer dès que possible une politique clairement définie vis-à-vis de la Russie, une politique défendue par tous et fondée sur la solidarité. Ceci permettra de créer un cadre clair non seulement pour les discussions entre l’UE la Russie, mais aussi pour les pourparlers bilatéraux entre la Russie et les différents États membres. Le Parlement européen devrait jouer un rôle très important dans l’élaboration de cette politique en raison du mandat qu’il tire d’élections démocratiques et dont il peut être fier.

 
  
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  Adamos Adamou (GUE/NGL). (EL) Ce rapport sur le rôle de l’OTAN dans l’Union européenne a servi de prétexte pour mettre sur la table l’adhésion de la Chypre au Partenariat pour la paix et à l’OTAN. Nous devons respecter la position de la République de Chypre. Il n’est pas légitime de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un État membre souverain pour forcer une intégration que n’exige aucun traité.

Alors même que la République de Chypre participe à des négociations visant à résoudre la question chypriote, l’ouverture de ces discussions porte un préjudice considérable à ce processus. Le seul objectif poursuivi par tous doit être la démilitarisation pleine et entière d’un pays occupé par le Turquie et la préservation de la viabilité d’une solution future. C’est d’ailleurs la position adoptée par le Parlement européen dans d’autres rapports.

Nous vous invitons à soutenir les amendements 22, 23 et 24 et à voter contre les points qui constituent une ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain. Nous vous demandons de confirmer que le principe du respect des droits souverains des États membres est inviolable, quelle que soit votre opinion concernant le partenariat ou l’OTAN. Nous prônons la démilitarisation et le respect des principes du droit international.

 
  
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  Georgios Georgiou (IND/DEM). (EL) Monsieur le Président, en droit international, le fait de dire «J’ai un État» signifie que je contrôle certains territoires auxquels j’applique un gouvernement qui met en œuvre une politique étrangère et de défense. Je m’interroge sur cet «État européen» dont certains nous rebattent les oreilles et je me demande où sont ses frontières, quels sont les territoires qu’il contrôle et où est sa défense, puisque cette défense est aux mains d’une grande armée – malheureusement américaine. Où est sa politique étrangère alors que le Moyen-Orient est en flammes, un vivier qui exporte le terrorisme et dont les réfugiés et les victimes ne prennent pas le chemin de l’Alabama, de l’Arizona ou du Kentucky, mais malheureusement de la Grèce, de la Chypre, de l’Allemagne et de l’Espagne?

C’est pourquoi j’avoue avoir mes doutes quant à la possibilité de soutenir l’idée qui ressortira des propositions émises par les rapports dont nous discutons aujourd’hui, et j’envisage de voter contre ces rapports demain.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE MME MARTINE ROURE
Vice-présidente

 
  
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  Jim Allister (NI). (EN) Madame la Présidente, ceux qui prétendent qu’un super-État européen n’est pas en train de se construire sous nos yeux auront bien du mal à expliquer le contenu de ces rapports impérialistes.

Les affirmations selon lesquelles une politique de défense commune – considérée désormais comme une évidence – et ce que l’on appelle l’autonomie stratégique de l’UE nécessitent une force armée européenne intégrée, ainsi que la demande d’un quartier général opérationnel autonome et permanent pour l’UE et d’un statut équivalent à celui de l’OTAN, ne laissent plus aucun doute: dans le cadre de notre politique étrangère et de sécurité commune, les partisans du projet européen exigent non seulement le pouvoir politique mais aussi le pouvoir militaire, qu’ils ne peuvent obtenir qu’aux dépens des pouvoirs, des droits et de l’indépendance des États membres. Je rejette ce super-État et l’idée d’une armée centralisée pour l’Europe, tout comme je rejette le traité de Lisbonne qui rendrait tout cela possible.

 
  
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  Tunne Kelam (PPE-DE). (EN) Madame la Présidente, le message de nos rapporteurs aujourd’hui pourrait être qu’un partenariat euro-atlantique bien vivant est la meilleure garantie de la sécurité et de la stabilité de l’Europe.

Je suis favorable à l’adoption d’un nouveau programme transatlantique et à la création d’une nouvelle série d’institutions euro-atlantiques qui permettront, en bout de course, la mise en place d’un marché commun global transatlantique.

Ari Vatanen a appelé de ses vœux une collaboration plus étroite de tous les États membres de l’UE et de l’OTAN, quelle que soit l’organisation à laquelle ils appartiennent. Je trouve que cette idée est tout à fait réaliste, tout comme son idée d’un quartier général opérationnel permanent pour l’UE complétant les structures de commandement de l’OTAN, sans bien sûr leur faire concurrence.

Un autre point très important est que nous puisons dans les mêmes ressources nationales. Jacek Saryusz-Wolski a déclaré que la PESC était gravement sous-financée – il est donc essentiel d’éviter les redondances et d’augmenter l’efficacité. Les États membres doivent se poser la question suivante: quel soutien apportent-ils à M. Solana pour mener nos politiques de défense communes?

Troisièmement, il est temps de faire face aux nouveaux défis qui se posent à nous en matière de sécurité. En fait, les conflits futurs se dérouleront et se décideront peut-être dans le cyberespace, où chaque État doit réagir et se défendre en un laps de temps parfois inférieur à une seconde. Le Parlement européen doit lui aussi prendre l’initiative de contribuer à ce défi colossal du nouveau siècle, un défi qui repose sur la démocratisation de la technologie moderne.

 
  
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  Hannes Swoboda (PSE). (DE) Madame la Présidente, les nationalistes, les membres à l’esprit étroit de cette Assemblée, sont sans aucun doute convaincus que les pays peuvent affronter seuls les risques et les problèmes de ce monde.

M. Allister en est un exemple typique. Pense-t-il réellement qu’il soit possible de lutter contre le terrorisme dans le monde en comptant sur la seule défense nationale de son pays? Pense-t-il réellement que les problèmes de la sécurité énergétique peuvent être résolus si chacun s’y attaque séparément? Cette approche est d’un autre temps. Le traité de Lisbonne, si souvent critiqué, aurait bien sûr l’énorme avantage de nous permettre de collaborer davantage, par exemple en matière de politique énergétique et de la politique étrangère et de sécurité commune, afin de faire face efficacement aux dangers et aux risques de ce monde.

Le nouveau gouvernement américain dirigé par le président Obama se réjouit de l’existence de cette politique européenne commune, qui donne aux États-Unis un partenaire dans la lutte contre bon nombre de ces problèmes. Par ailleurs, comme le démontre amplement la présence régulière de représentants russes au sein de cette Assemblée, la Russie a compris elle aussi que la vieille approche consistant à discuter séparément avec les différents pays et à les monter les uns contre les autres ne fonctionne plus. La Russie a compris qu’elle devait discuter avec l’Union européenne pour parvenir à des solutions communes, par exemple en matière de sécurité énergétique.

Le rapport de M. Saryusz-Wolski en fait d’ailleurs état à plusieurs reprises. Comment essayer de résoudre ensemble ces problèmes, comme par exemple celui de la sécurité énergétique? Je me réjouis d’apprendre que le haut représentant et un membre de son équipe prévoient d’intensifier leurs efforts dans ce domaine à l’avenir. Ceci nous permettra de montrer à nos citoyens comment la politique étrangère et de sécurité commune tient compte de leurs intérêts spécifiques, et comment nous comptons éviter que les Européens ne doivent frissonner de nouveau à l’avenir. C’est de cela qu’il s’agit, et c’est pour cette raison que nous privilégions une politique étrangère et de sécurité commune plutôt qu’une politique étrangère nationaliste.

 
  
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  Philippe Morillon (ALDE). – Madame la Présidente, je félicite nos trois rapporteurs pour cette synthèse assez remarquable qu’ils ont réalisée de l’état actuel de notre politique extérieure et de sécurité commune.

Monsieur le Haut représentant, vous le savez mieux que tout autre, l’Europe est attendue aujourd’hui sur la scène mondiale pour y prendre la place que lui assignent sa puissance économique et démographique et la richesse de ses valeurs démocratiques et humanistes.

Force est de constater qu’en dépit de la volonté manifestée régulièrement par plus des deux tiers de nos concitoyens européens, vous l’avez dit, des progrès certains ont été effectués, je vous l’accorde, depuis dix ans, mais force est aussi de constater que cette Europe n’existe toujours pas.

S’il en fallait une illustration récente, son effacement dans la solution du nouveau drame au Proche-Orient serait là pour le démontrer. Il y avait, il y a toujours, un besoin de présence européenne dans Gaza pour y jouer un rôle actif, à la fois dans l’aide à la survie des populations et à la reconstruction du pays, et dans la lutte contre la contrebande d’armes, qui avait permis de transformer ce territoire en base de lancement de roquettes de tous calibres.

En dépit des bonnes paroles prodiguées à Charm el Cheikh et à Jérusalem, rien n’a encore été fait à cet égard. Je renouvelle ici une question déjà posée à l’occasion de la crise libanaise: quand pourrons-nous, Monsieur le Haut représentant, espérer le déploiement d’une flotte européenne en Méditerranée comme celle que vous avez mise en place face à la piraterie? Nous en avons les moyens. En aurons-nous un jour la volonté?

 
  
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  Mirosław Mariusz Piotrowski (UEN). – (PL) Madame la Présidente, l’Union européenne doit agir dans l’intérêt de la sécurité des citoyens de tous les États membres. Elle doit avant tout assumer sa part de responsabilité dans la guerre contre le terrorisme et réagir vivement contre toute manifestation de terrorisme.

L’assassinat d’un ingénieur polonais pris en otage au Pakistan par les talibans locaux a eu récemment des répercussions importantes. La prétendue diplomatie européenne n’a pas participé aux pourparlers visant à assurer sa libération. Cet incident choquant, qui s’inscrit dans le problème plus large de la sécurité, devrait faire l’objet d’un débat parlementaire distinct et devrait aboutir à la prise de mesures spécifiques. À l’heure actuelle, la priorité est d’obtenir le rapatriement de la dépouille de ce Polonais assassiné et de venir en aide à sa famille. Ces mesures essentielles mais à court terme ne peuvent toutefois se substituer à une approche globale du terrorisme et au renforcement de la pression diplomatique sur des pays comme le Pakistan.

 
  
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  Pedro Guerreiro (GUE/NGL). (PT) En matière de relations internationales, le Portugal respecte les principes de l’indépendance nationale, des droits de l’homme et des peuples, de l’égalité entre les états, de la résolution pacifique des conflits internationaux, de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États et de la coopération avec tous les autres peuples afin de contribuer à l’émancipation et aux progrès de l’humanité.

Le Portugal prône l’abolition de l’impérialisme, du colonialisme et de toutes les autres formes d’agression, de contrôle et d’exploitation entre les peuples. Il est également favorable à un désarmement global, simultané et contrôlé, à la dissolution des blocs politiques et militaires et à la mise en place d’un système de sécurité collective visant à instaurer un ordre international susceptible de garantir la paix et la justice dans les relations entre les peuples.

Il suffit de lire l’article 7 de la Constitution de la République portugaise pour voir à quel point l’Union européenne est loin de respecter ces principes. En assumant le rôle de pilier européen de l’OTAN en partenariat avec les États-Unis, et en prônant de plus en plus la militarisation des relations internationales, la course aux armements, l’ingérence et l’agression pour permettre aux grandes puissances de contrôler et de partager entre elles le marché et les ressources naturelles, elle agit en contradiction totale avec ces principes.

 
  
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  Gerard Batten (IND/DEM). (EN) Madame la Présidente, ces rapports sont des rapports d’initiative, et on serait tenté de les ignorer comme de simples divagations. Mais nous savons que ces rapports sont parfois utilisés pour lancer les ambitions politiques de l’UE.

M. von Wogau fut autrefois le président de la commission des affaires économiques et monétaires, et il a joué un rôle crucial dans la création de la monnaie unique européenne. Il est aujourd’hui président de la sous-commission de la sécurité et de la défense, et quand il rédige un rapport déclarant que l’Union européenne a besoin de ses propres forces armées, nous pouvons être sûrs que c’est exactement l’intention de l’Union européenne.

Ces rapports demandent à l’UE de développer ses propres forces armées par le biais d’un achat en commun des armements, d’un système de communication commun et d’une structure autonome commune de commandement et de contrôle. M. von Wogau préconise la mise en place d’une armée européenne de 60 000 soldats disponibles à tout moment. L’Union européenne voudrait avoir ses propres soldats, ses propres canons, ses propres chars, ses propres avions et ses propres bombes afin «d’assumer ses responsabilités dans le monde «.

Quels sont au juste ces responsabilités? Pour le découvrir, vous allez devoir attendre de voir si le traité de Lisbonne est ratifié dans son ensemble et s’il permet la mise en place d’une «politique étrangère et de sécurité commune menant à une défense commune». Personne ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu des ambitions militaires de l’Union européenne.

 
  
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  Bruno Gollnisch (NI). – Madame la Présidente, quelle que soit l’amitié que nous éprouvons pour les rapporteurs Vatanen et von Wogau, il ne nous est pas possible d’approuver leurs rapports.

D’abord parce que l’OTAN, Organisation du traité de l’Atlantique Nord, a été créée en 1949 pour répondre à la terrible menace que faisait peser le communisme sur l’Europe occidentale. Elle a joué un rôle utile, indispensable même. Mais, aujourd’hui, cet épouvantable système communiste s’est effondré, le Pacte de Varsovie a été dissous.

Or, l’OTAN ne cesse de s’étendre. Ses activités s’étendent en dehors de son cadre géographique. L’Afghanistan, que je sache, n’est pas riverain de l’Atlantique Nord. Le Kosovo non plus, où l’on a contribué à l’épuration ethnique des Serbes dans une guerre injuste qui n’a rien résolu. L’OTAN viole donc la Charte des Nations unies.

Mes chers collègues, vous êtes complètement inconséquents. Vous prétendez créer une Europe forte et indépendante et vous absorbez la défense européenne dans un commandement à domination américaine. Comment la Russie et d’autres nations ne verraient-elles pas dans tout cela une attitude agressive?

L’OTAN nous asservit à la politique des États-Unis d’Amérique, dont nous sommes les amis, mais dont nous ne saurions être les vassaux et encore moins les valets. Il faut en finir, il faut en sortir. L’OTAN a fait son temps!

 
  
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  Hubert Pirker (PPE-DE). (DE) Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Monsieur Solana, comme nous le savons, les scénarios de risques évoluent sans cesse. Le Traité évolue également, et avec lui les opportunités d’une politique européenne de sécurité et de défense. Ce qui ne change pas par contre, c’est le désir de sécurité et de stabilité de la population, son désir d’une Union forte et de désarmement, en particulier de désarmement nucléaire.

Avec les trois rapports dont nous débattons aujourd’hui, le Parlement européen donne une indication claire de la façon dont il entend réaliser ces objectifs et garantir la sécurité. Il y a tout d’abord le rapport relatif à la politique étrangère et de sécurité commune, qui se focalise sur la sécurité dans les Balkans, la stabilité en Afrique et la paix dans les territoires palestiniens. Vient ensuite le rapport sur la coopération avec l’OTAN, qui insiste clairement sur une coopération plus étroite entre l’UE et l’OTAN et sur une meilleure coordination. Au cœur du troisième rapport se trouve le développement de la politique européenne de sécurité et de défense, dont l’objectif est de permettre une plus grande efficacité et une meilleure coordination en matière de dépenses militaires et d’assurer l’autonomie stratégique de l’Union dans son ensemble, allégeant ainsi la charge supportée par nos États membres.

Avec tous ces objectifs à l’esprit, nous devons soutenir les demandes exprimées par ces rapports: pour la mise en commun de la recherche et du développement, ou encore pour des normes communes et des systèmes d’achats communs – avec toujours l’objectif de l’interopérabilité. Cela permettra également une coopération optimale entre les armées des États membres, entre la police et l’armée, mais aussi la création de structures militaires permanentes et la mise en place d’un quartier général opérationnel et/ou d’un Conseil de ministres pour la défense.

Je suis convaincu que cela nous donne une opportunité cruciale de transformer notre Union en union politique et de développer une union de la sécurité donnant aux citoyens ce qu’ils attendent de l’Union: une sécurité, une stabilité et une paix durables.

 
  
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  La Présidente. – Mes chers collègues, jusqu’à maintenant les orateurs ont tenu leur temps de parole. Nous avons vraiment des problèmes de temps. Je vous demanderai donc de tenir votre temps de parole s’il vous plaît.

 
  
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  Jan Marinus Wiersma (PSE). (EN) Madame la Présidente, la PESC est devenue tout et n’importe quoi, et on peut donc dire tout et n’importe quoi dans un débat comme celui-ci. Autrefois nous ne discutions que des questions de sécurité, mais aujourd’hui nous parlons même du changement climatique, de l’énergie, etc. Il m’a donc fallu faire un choix, et j’ai décidé de parler des relations entre l’UE et les États-Unis et de l’agenda de désarmement, dont je pense que nous pourrons le faire progresser cette année.

Le nouveau gouvernement américain a pris un excellent départ, y compris au niveau symbolique en annonçant la fermeture de Guantánamo. Je pense que nous devrions travailler sur cette question et nous efforcer de collaborer pour résoudre certains des problèmes auxquels sont confrontés les Américains.

Le deuxième débat fondamental de cette année concernera la sécurité économique: les États-Unis et l’Europe sont-ils capables de collaborer pour lutter contre la crise, ou essayeront-ils chacun de leur côté, ce qui ne peut qu’entraîner un développement rapide de mesures protectionnistes?

L’Afghanistan constitue aussi un problème important. Parviendrons-nous à nous aligner sur les efforts accrus des Américains ou non, et à quelles conditions? Dans cette perspective, le signe positif est que les Américains ont dit avoir conscience de la nécessité d’une solution politique et de l’impossibilité de résoudre ce conflit par la voie militaire. Ceci implique automatiquement la participation de l’Europe.

En ce qui concerne l’agenda de désarmement: en décembre dernier, Monsieur Solana, vous avez prononcé devant ce Parlement un excellent discours décrivant vos idées ainsi que celles du Conseil et de l’Union pour promouvoir un agenda positif, en commençant par encourager les Américains et les Russes à renégocier le traité START et en collaborant avec les Américains en vue de la ratification du traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Nous serons également favorables à la suppression des armes nucléaires encore présentes sur le sol européen, et il serait utile de soutenir les idées visant à placer sous contrôle international le cycle des combustibles nucléaires. Ceci permettrait de mettre ces combustibles à la disposition des pays désireux de recourir à l’énergie nucléaire tout en empêchant leur détournement à des fins militaires.

Nous aimerions que l’Union européenne soutienne ce genre d’agenda, sachant que le président Obama a certaines ambitions dans ce domaine. Dans son discours inaugural, lorsqu’il a parlé des affaires étrangères, il a commencé par mentionner l’Irak et l’Afghanistan, mais il a ensuite mentionné son intention de faire quelque chose pour le désarmement nucléaire.

 
  
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  Samuli Pohjamo (ALDE). (FI) Madame la Présidente, je vais parler du rapport de M. Vatanen et je voudrais tout d’abord le remercier pour l’ouverture dont il a fait preuve lors de son élaboration.

Je pense toutefois que la Parlement envoie un message dangereux en insistant sur le renforcement de son organisation militaire et en soulignant l’importance d’une puissance militaire dépendante de l’OTAN comme le propose ce rapport. La coopération et le partenariat, la démocratie et les droits de l’homme pour garantir la paix et la stabilité constituent un modèle européen viable qui devrait être utilisé dans tous les endroits sensibles de la planète. En outre, nous sommes confrontés à une crise économique qui va en s’aggravant, à des problèmes environnementaux et aux défis posés par le changement climatique – autant de problèmes qui ne peuvent être résolus par la force militaire.

Selon moi, il serait plus important de souligner l’importance de la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE et de nous concentrer sur la prévention des conflits et sur l’élimination des causes de ces crises: l’élimination de la pauvreté, par exemple mais aussi la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la société civile.

Enfin, j’aimerais rappeler à tous mes collègues que certains États membres de l’Union ne sont pas membres de l’OTAN et qu’ils ont leurs raisons pour cela. Ces pays doivent avoir le droit de décider par eux-mêmes des solutions qui leur conviennent en matière de politique de sécurité sans subir de pressions de l’extérieur. La Finlande, par exemple, a réglé ses propres problèmes de défense et participe depuis des décennies à des opérations de maintien de la paix dans différents endroits du monde. De nombreux amendements ont contribué à améliorer ce rapport, mais ils ne modifient pas son ton fondamental.

 
  
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  Mario Borghezio (UEN). – (IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, l’Europe possède-t-elle sa propre géopolitique? Je n’en ai pas l’impression! Si Karl Haushofer était encore en vie, il ferait comprendre à cette Europe sans audace qu’elle a besoin d’une stratégie maritime dans l’océan Atlantique, dans le Pacifique et dans l’océan Indien mais aussi vis-à-vis des pays du Nord, où l’océan Arctique renferme des ressources énergétiques immenses et extrêmement précieuses. Or seules les superpuissances que sont les États-Unis et la Russie sont actives dans ces régions, et pas l’Europe!

La lutte contre le terrorisme implique également de lutter contre ceux qui véhiculent les instruments du terrorisme, de ceux qui sont susceptibles d’être utilisés par les terroristes. À l’heure où nous parlons, Lampedusa est en flammes parce que quelqu’un a mis le feu au centre de détention pour immigrants illégaux. L’Europe devrait soutenir le gouvernement italien, qui s’efforce d’empêcher l’invasion d’immigrants illégaux susceptibles d’être utilisés par la mafia et par les terroristes. Je ne vois cependant aucun signe de l’approche ferme et pratique dont nous aurions besoin. L’Europe doit se défendre face à cette menace, pas avec des paroles mais avec des actions, comme le font M. Maroni et le gouvernement italien.

 
  
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  Rihards Pīks (PPE-DE). (LV) Madame la Présidente, Madame Ferrero-Waldner, Monsieur Solana, ces trois rapports par nos collègues députés sont professionnels, équilibrés, et surtout, ils ont été rédigés au bon moment. Sans entrer dans tous les détails, les évaluations et les propositions que contiennent ces rapports, j’aimerais souligner deux points. Tout d’abord, il est important de réexaminer la stratégie européenne de sécurité tous les cinq ans. En effet, nous avons pu constater ces dernières années l’émergence de questions de sécurité telles que la sécurité énergétique, la sécurité informatique et la sécurité climatique. De même, les zones de conflit potentiel se sont déplacées. Deuxièmement, l’Union européenne doit renforcer considérablement ses efforts en matière de prévention des conflits. Je pense que cela aurait pu être possible dans le Sud Caucase, mais il me semble que la position de l’Union européenne avant le conflit armé était trop réservée. L’Union européenne a le droit et le devoir de mener des activités préventives et de réaliser des missions de médiation. L’Union européenne est en effet un projet de pacification, une tâche qu’elle accomplit depuis maintenant 50 ans. Pour pouvoir réagir aux défis et prendre des mesures préventives, nous avons tout d’abord besoin d’une volonté politique. Par ailleurs, nous devons créer et améliorer une politique étrangère et de sécurité commune ainsi que des instruments institutionnels en matière de politique européenne de sécurité et de défense. L’un de ces instruments est le Partenariat oriental mentionné dans le rapport de M. Saryusz-Wolski, y compris la création de l’assemblée parlementaire conjointe EURONEST. Cela nous permettrait de parvenir à une meilleure compréhension et contribuerait au développement de la démocratie au-delà de nos frontières orientales. Enfin, je tiens à exprimer ma satisfaction par rapport à l’inclusion du paragraphe 33 dans le rapport de M. von Wogau. En effet, les événements survenus dans le Caucase et le nationalisme croissant de notre voisin suscitent de graves préoccupations dans mon pays. Comme le dit avec sagesse un vieux proverbe de mon pays: «Il faut toujours espérer le meilleur mais se préparer au pire, et Dieu viendra en aide à ceux qui s’aident eux-mêmes.» Merci.

 
  
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  Ana Maria Gomes (PSE). (PT) Je voudrais remercier les rapporteurs Ari Vatanen et Karl von Wogau pour leur travail et pour les efforts qu’ils ont déployés afin de parvenir à un consensus, notamment sur la question difficile des politiques nucléaires. À un moment où le président Obama ressuscite l’espoir de libérer le monde des armes nucléaires, et où deux sous-marins nucléaires européens ont failli provoquer une catastrophe, il est grand temps que l’Union européenne et l’OTAN réexaminent ces politiques.

Les rapports Vatanen et von Wogau mettent en évidence la nécessité d’une Union européenne politiquement, stratégiquement et opérationnellement indépendante grâce à une politique européenne de sécurité et de défense (PESD) ambitieuse. Pour atteindre ces objectifs, nous avons besoin d’instruments institutionnels, financiers et opérationnels. Nous avons donc besoin d’une coopération étroite entre l’OTAN et l’Union européenne, basée sur le respect de l’indépendance politique de ces deux organisations complémentaires. Nous demandons donc l’établissement d’un quartier général opérationnel permanent à Bruxelles, avec la capacité de planifier et de diriger de façon indépendante les opérations militaires de la PESD. Nous demandons donc aux États membres de l’UE de renforcer leurs efforts pour utiliser leurs budgets nationaux de défense d’une façon plus sage, plus efficace et plus européenne. Ils n’y arriveront pas séparément.

Le message émanant de ce Parlement est sans équivoque et il doit nous servir de mise en garde. Sans une Europe de la défense, la défense de l’Europe sera menacée. Nos industries de la défense risquent d’être menacées. Les capacités dont l’Europe a besoin pour assumer sa responsabilité de protection des populations civiles et de prévention des massacres et des génocides seront menacées. Le rôle de l’Europe en tant qu’acteur global dans le domaine de la gestion des crises risque d’être compromis. L’extension de l’intégration politique européenne à la sécurité et à la défense, telle que la prévoit le traité de Lisbonne, est urgente et doit être accélérée. Cela n’est pas seulement dans l’intérêt de l’Union européenne, mais aussi dans l’intérêt de l’OTAN. En effet, ces deux organisations récolteront les bénéfices d’une Europe mieux équipée pour faire face aux menaces toujours plus graves qui pèsent sur la sécurité des Européens et sur la sécurité mondiale.

 
  
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  Andrzej Tomasz Zapałowski (UEN). (PL) Madame la Présidente, l’OTAN a prouvé son utilité en tant qu’organisation internationale de sécurité à une époque de paix relative en Europe. Bien entendu, le sentiment de sécurité qu’elle nous donne est considérablement limité par la lenteur du processus décisionnel au sein des organes qui dirigent l’alliance atlantique et par les décisions elles-mêmes. Malgré cela, l’OTAN a un effet stabilisateur sur la sécurité mondiale. Les tentatives visant à «adoucir» l’OTAN, à affaiblir sa position en renforçant les structures militaires de l’Union européenne, sont une erreur. À l’heure actuelle, l’Europe éprouve déjà des difficultés à prendre des décisions politiques difficiles. Elle aurait bien plus de mal encore à prendre des décisions militaires.

L’UE devrait se concentrer sur le renforcement de sa sécurité intérieure et sur le développement des capacités défensives de ses États membres, et en particulier des États membres voisins de pays animés par des idéologies nationalistes extrêmes et de ceux qui sont la cible de groupes terroristes. L’UE ne devrait pas s’impliquer exagérément dans la création de forces expéditionnaires importantes destinées à des opérations en dehors de l’Europe.

 
  
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  Alojz Peterle (PPE-DE). (SL) M. Solana, le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, nous a rappelé à juste titre où nous en étions en 1990. Il serait plus intéressant encore de nous demander quel genre de politique commune nous avions au début des années 1990.

À l’époque, la Communauté européenne était impuissante. Les rêves ont ensuite été remplacés par des visions, des stratégies, une volonté et des capacités politiques. Cette évolution nous a permis d’agir non seulement au niveau européen, mais aussi au niveau mondial. Durant toutes ces années, et surtout après l’élargissement historique de 2004, le contexte et les ambitions de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ont évolué considérablement.

Il y a 10 ans, nous étions encore largement plongés dans nos propres préoccupations. Mais aujourd’hui, après toutes les réussites que nous avons connues, il est devenu impossible d’envisager une PESC ou une politique européenne de sécurité et de défense (PESD) sans dimension mondiale. Dans cette perspective, je ne suis pas surpris que chacun de ces trois rapports ainsi qu’un bon nombre de nos collègues députés aient attiré notre attention sur la situation nouvelle et sur la nécessité d’une modification de notre stratégie, d’une plus grande unité et d’une coopération interinstitutionnelle accrue.

Ces demandes s’accompagnent de propositions concrètes pour l’amélioration de nos structures opérationnelles et de notre processus de décision politique, que j’approuve tout à fait. Je pense moi aussi que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de notre politique commune, et j’aimerais souligner deux aspects à cet égard.

Tout d’abord, nous devons examiner en détail l’impact potentiel de la crise financière et économique sur notre politique commune. Je suis absolument convaincu que nous devons être très attentifs aux conséquences politiques possibles de la crise, et en particulier à l’impact possible d’une crise monétaire encore plus grave.

Deuxièmement, depuis plusieurs années, j’ai constaté avec surprise que bon nombre de nos partenaires souhaitent que l’Union européenne adopte une politique étrangère uniforme et une identité mieux définie et plus puissante en matière de défense. En d’autres termes, nos partenaires attendent de l’Union européenne qu’elle devienne un acteur mondial. Dans cet esprit, il me semble important d’envisager nos partenariats bilatéraux dans une perspective plus globale que celle que nous avons adoptée jusqu’à présent et de développer des approches innovantes en termes de partenariats multilatéraux. Ces partenariats ne doivent pas tenir compte uniquement des intérêts bilatéraux, mais contribuer également à stabiliser des régions entières.

 
  
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  Maria Eleni Koppa (PSE). (EL) Madame la Présidente, le système international se trouve actuellement dans une phase transitoire et des défis considérables nous attendent. Nous devons donc réévaluer et améliorer les relations entre l’Union européenne et l’OTAN afin de faire face aux menaces communes comme le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, la recrudescence de la piraterie internationale et les nouveaux problèmes provoqués par le changement climatique.

Dans le même temps toutefois, j’estime que nous devons confirmer le rôle du Conseil de sécurité de l’ONU en tant que premier garant de la paix et de la sécurité dans le monde. Cette organisation a grand besoin de réformes, et nous avons entrepris de promouvoir ces réformes pour permettre à l’ONU de s’acquitter plus efficacement de cette tâche importante.

Nous devons également souligner que tous les États et toutes les organisations internationales, y compris l’OTAN, doivent renoncer à la menace et à l’utilisation de toute forme de violence, qui est contraire aux objectifs et aux principes de la charte de l’ONU. L’OTAN et l’Union européenne ont des intérêts communs, et leur relation ne doit pas être une relation de concurrence. Nous avons besoin d’un partenariat plus équilibré, avec une coopération renforcée et une meilleure coordination des actions. Cependant, chacune des parties doit respecter l’indépendance décisionnelle de l’autre partie et s’efforcer de parvenir à une compréhension réciproque en cas de différence dans l’évaluation des aspects militaires.

Enfin, je tiens à souligner la nécessité de respecter le droit des États à la neutralité. Je demande donc que soit supprimé l’appel lancé à la République de Chypre d’adhérer au Partenariat pour la paix. Cette décision est un droit souverain de chaque État, et Chypre est un État indépendant et souverain capable de décider de son propre avenir.

 
  
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  Jana Hybášková (PPE-DE). (CS) Le soixantième anniversaire de l’OTAN mérite d’être célébré. Des sommets importants seront organisés prochainement entre les États-Unis, l’UE et l’OTAN. Le retour de la France au sein des structures militaires de l’OTAN et l’énergie consacrée aux politiques européennes de sécurité et de défense constituent une excellente opportunité d’harmoniser les stratégies européennes de sécurité et les nouvelles stratégies potentielles de l’OTAN. La ratification du traité de Lisbonne par le parlement tchèque marque un changement fondamental pour la défense et la sécurité européennes. Nous devons créer un leadership européen commun. Nous devons rationaliser le marché européen de la défense. Nous devons consacrer des ressources à la science et à la recherche, à l’Agence européenne de la défense, créer le statut légal du soldat européen, éviter les doubles emplois et contourner littéralement le syndrome turc. Nous devons saisir l’opportunité d’une réelle coopération en Afghanistan et en matière de défense antimissiles en Europe que nous offre le nouveau gouvernement américain. Nous avons l’opportunité de faire de la politique européenne de sécurité et de défense le moteur de l’intégration et de la sécurité en Europe. Ne la laissons pas passer.

 
  
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  Libor Rouček (PSE). (CS) Je voudrais dire quelques mots sur les relations entre l’Union européenne et la Russie. Selon moi, la création d’une politique étrangère et de sécurité commune n’est pas possible en l’absence d’un dialogue avec la Russie. L’agence européenne de sécurité, qui regroupe les États-Unis, l’OTAN, l’OSCE et les traités internationaux de désarmement, devrait englober également le dialogue avec la Russie.

Je demande donc au Conseil et à la Commission d’adopter une position ouverte et constructive vis-à-vis de négociations possibles entre l’UE, les États-Unis et la Russie sur le renouvellement du dialogue transatlantique en matière de sécurité sur la base du processus d’Helsinki.

Je pense que ces négociations devraient également inclure des discussions sur le thème de la défense antimissiles. L’UE doit jouer un rôle bien plus important dans ce domaine qu’elle ne l’a fait jusqu’à présent. Selon moi, nous ne devons pas laisser les États-Unis et la Russie parvenir seuls à un accord. Les citoyens européens attendent de nous que nous agissions.

 
  
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  Józef Pinior (PSE). (PL) Madame la Présidente, le Parlement est d’accord sur la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne. Il existe un consensus à ce sujet entre les principales forces politiques. Le problème, le véritable problème politique, est de définir la façon de réaliser cet objectif essentiel.

Tout d’abord, il est nécessaire de ratifier aussi rapidement que possible le traité de Lisbonne. Les dirigeants politiques qui retardent la ratification du traité entravent le développement de la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne. Il est difficile de discuter sérieusement de la politique de sécurité commune de l’Union européenne sans le traité de Lisbonne.

Deuxièmement, je voudrais souligner la question des droits de l’homme dans le développement de la politique extérieure de l’UE. Cette politique doit soutenir le droit international, le droit humanitaire international, la démocratie libérale et la règle de droit.

Troisièmement, cette politique nécessite le développement sérieux d’une politique européenne de la défense, le développement des structures militaires de l’Union européenne et le développement de l’industrie européenne de la défense.

 
  
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  Adrian Severin (PSE). (EN) Madame la Présidente, j’ai deux remarques. Tout d’abord en ce qui concerne les valeurs. L’Union européenne est une Union de valeurs. Le respect de ces valeurs est un critère d’adhésion. Elles guident notre comportement. Elles représentent un moyen de développer l’interopérabilité avec nos partenaires extérieurs. Toutefois, nous ne devons pas limiter notre politique extérieure à l’exportation de nos valeurs. Au contraire, nous devons apprendre à fonctionner dans un monde diversifié et même à respecter le droit des autres à avoir tort.

Deuxièmement, à propos des institutions. Les institutions internationales et le droit international d’aujourd’hui ont été conçus et créés dans un monde complètement différent. Nous constatons chaque jour qu’ils ne sont plus adaptés aux nouveaux défis, aux nouvelles opportunités et aux nouvelles menaces du monde d’aujourd’hui. C’est pourquoi je pense que l’Union européenne devrait appuyer l’idée d’une nouvelle conférence sur la sécurité et la coopération en Europe dans le cadre d’une Europe élargie – de Vancouver à Shanghai, et pas seulement jusqu’à Vladivostok – afin de créer un nouvel espace de sécurité, de liberté et de coopération. Je pense que cela devrait être l’une de nos premières priorités, et nous ne devons pas reculer sous prétexte que d’autres ont peut-être des avis différents sur la question.

 
  
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  Luis Yañez-Barnuevo García (PSE). (ES) Madame la Présidente, permettez-moi tout d’abord d’exprimer mon soutien à global aux trois rapports dont nous débattons.

Je voudrais ensuite féliciter Mme Ferrero-Waldner pour ce qu’elle a dit à propos de l’étroite coopération et de la collaboration entre son équipe et celle de M. Solana. Troisièmement, je tiens à féliciter M. Solana. Sans sa personnalité et sa créativité, la politique étrangère et de sécurité commune ne serait probablement pas ce qu’elle est aujourd’hui. La base légale et documentaire, même avec le document stratégique de 2003, n’aurait pas suffi pour accomplir les progrès considérables que la politique étrangère et de sécurité commune a connus ces dernières années. Quatrièmement, je tiens à dire qu’entre ses mains et entre les mains de l’Union européenne, le traité de Lisbonne – dont nous avons entendu aujourd’hui qu’il avait de bonnes chances d’être bientôt ratifié – sera un instrument nettement plus efficace pour faire de l’Union ce qu’elle devrait être: un acteur mondial, dans tous les sens du terme.

Je conclus sur une idée qu’il a lui-même exprimée: l’Europe doit être une puissance civile dotée de moyens militaires, et non une puissance militaire

 
  
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  Proinsias De Rossa (PSE). (EN) Madame la Présidente, après mon retour ce week-end d’une visite à Gaza, je vais utiliser mes 60 secondes pour discuter de ce que je considère comme un problème grave dans cette région. Notre principe de la sécurité humaine nous oblige à réagir à la crise humanitaire, mais il nous oblige également à réagir et à dire à Israël que cela suffit et que l’Europe ne peut plus fermer les yeux sur la violation du droit des Palestiniens à l’autodétermination.

La violation la plus importante de ce droit est la colonisation délibérée et ininterrompue de la Cisjordanie et de Jérusalem Est par Israël. À l’heure actuelle, 500 000 colons occupent illégalement un territoire qui est censé devenir le territoire principal d’un futur État palestinien indépendant. Il est de plus en plus difficile de croire qu’Israël est réellement favorable à un État palestinien indépendant alors même qu’il continue jusqu’à aujourd’hui d’annexer des parties toujours plus importantes du territoire palestinien.

Les déclarations selon lesquelles l’Europe et les États-Unis sont favorables à une solution à deux États, incluant un État palestinien souverain et viable, ne vaudront pas le papier sur lequel elles sont écrites tant que nous n’obligeons pas Israël à arrêter la colonisation. Monsieur Solana, la colonisation doit cesser immédiatement et les colonies devront finalement être démantelées, faute de quoi nous ne connaîtrons jamais une paix durable au Moyen-Orient.

 
  
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  Călin Cătălin Chiriţă (PPE-DE) . – (RO) Je tiens tout d’abord à féliciter les trois rapporteurs. L’OTAN a joué jusqu’à présent un rôle essentiel dans l’architecture de sécurité européenne, mais elle offre également des perspectives réelles pour le reste du XXIe siècle. Je pense que l’Union européenne et l’OTAN doivent coopérer en évitant toute rivalité potentielle.

Des relations transatlantiques fortes et productives sont la meilleure garantie de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Europe, tout comme le respect des principes de la démocratie, des droits de l’homme, de la règle de droit et de la bonne gouvernance. Nous vivons un moment historique; la coopération transatlantique est devenue essentielle pour permettre l’élaboration commune d’une nouvelle stratégie de sécurité pour l’Union européenne et d’un nouveau concept stratégique pour l’OTAN.

Lors du sommet de l’OTAN organisé à Bucarest en avril 2008, les alliés ont salué le rôle politique que l’Union européenne pourra jouer si elle développe une capacité d’action suffisante dans le domaine de la sécurité de la défense. Le Partenariat pour la paix promu par l’OTAN et le projet de Partenariat oriental promu par l’Union européenne sont d’une importance capitale pour le développement de la démocratie et de la règle de droit dans certains pays de la mer Noire ainsi que pour leur transition vers une économie de marché efficace.

 
  
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  Rosa Miguélez Ramos (PSE). (ES) Monsieur Solana, je suis ici depuis 3 heures de l’après-midi dans le seul but de pouvoir vous parler de la piraterie maritime et de vous féliciter d’avoir lancé l’opération navale européenne contre la piraterie maritime dans l’océan Indien. Vous savez que le gouvernement de mon pays participe pleinement à cette mission. Je tiens à vous rappeler que la saison de pêche commence en avril, et que nos pêcheurs s’inquiètent de la distribution géographique actuelle de nos forces dans l’océan Indien. Ils aimeraient voir une certaine protection plus proche de la zone dans laquelle ils pêcheront, c’est-à-dire plus au sud. J’aimerais entendre une réaction de votre part à ce sujet.

Par ailleurs, je voudrais vous dire que j’aimerais voir cette opération se poursuivre au-delà des échéances actuelles. Je pense qu’il serait dommage qu’un tel effort commun impliquant simultanément les trois piliers se termine brutalement à la fin de l’année, d’autant plus que la situation en Somalie et dans la région ne va probablement pas évoluer ni s’améliorer à court ou à moyen terme.

 
  
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  Marios Matsakis (ALDE). (EN) Madame la Présidente, l’OTAN est l’épine dorsale de la défense européenne, et la sécurité de notre Union est tributaire des forces de l’OTAN. Mais les forces de l’OTAN basées à Chypre – les forces turques de l’OTAN – ne sont pas une force de liberté, mais bien d’occupation: elles occupent le territoire de l’Union européenne. Les forces turques ont non seulement provoqué la mort et la destruction sur l’île lors de l’invasion turque en 1974, mais elles continuent aujourd’hui à diviser un État membre de l’Union européenne. Elles oppriment et terrorisent les Chypriotes grecs et turcs et entravent les négociations actuellement en cours entre les dirigeants des deux communautés de l’île.

Ainsi donc, au moment de discuter du rôle important de l’OTAN dans la défense européenne, il est bon de se souvenir que l’UE n’a pas encore exercé sur la Turquie une pression suffisante pour l’obliger à retirer immédiatement et inconditionnellement de Chypre son armée d’invasion membre de l’OTAN. N’êtes-vous pas d’accord avec moi, Monsieur Solana? Peut-être qu’il n’écoute pas. Monsieur Solana, n’êtes-vous pas d’accord pour dire que l’armée turque devrait quitter Chypre immédiatement?

 
  
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  Marie Anne Isler Béguin (Verts/ALE). – Madame la Présidente, je voudrais prendre l’exemple de la Géorgie pour vous montrer combien nous sommes encore loin de l’ambition que nous affichons en matière de PESC, cela malgré les efforts fournis par notre Haut représentant ou par la commissaire Ferrero-Waldner.

Alors, bien sûr, Monsieur Solana, vous demandez plus de capacités, plus d’aides. Pour ma part, je voudrais vous poser la question suivante: l’Union européenne est-elle actuellement en mesure de tenir ses engagements, notamment en ce qui concerne l’accord de cessez-le-feu que nous avons proposé avec la Russie?

Évidemment – j’ai entendu, Madame la Commissaire –, nous savons combien l’Union européenne a été présente et est intervenue rapidement, mais aujourd’hui nous devons savoir également que les Géorgiens ont, face à eux, l’armée russe, basée, installée sur les territoires de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Et je ne remets absolument pas en cause le travail remarquable de la mission civile d’observateurs sur le terrain. Mais quand même, que peuvent faire nos observateurs pour défendre les civils des violences quotidiennes? Pas grand-chose, mis à part en témoigner.

Et l’ambition de la PESC, dans ce cas en Géorgie, sera mesurée en fonction du courage d’y envoyer enfin des forces de maintien de la paix pour stabiliser cette région que nous avons intégrée dans notre politique de voisinage.

 
  
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  Alexandru Nazare (PPE-DE) . – (RO) Dans les trois rapports dont nous avons débattu aujourd’hui, j’ai trouvé plusieurs éléments pertinents et utiles pour définir les futures politiques de l’Union européenne en tant qu’acteur mondial.

Je voudrais faire trois observations. Tout d’abord, je voudrais souligner l’importance de l’aspect transatlantique de la politique étrangère de l’Union européenne. Nous devons profiter du climat actuel favorable de nos relations avec les États-Unis pour ouvrir un nouveau chapitre dans ce domaine et pour renforcer notre influence au niveau mondial.

Deuxièmement, la dimension de sécurité de l’Union européenne doit être harmonisée à celle de l’OTAN afin d’éviter la duplication des efforts et le manque de ressources.

Troisièmement, je pense que l’UE doit utiliser la politique européenne de sécurité et de coopération pour renforcer la stabilité des Balkans occidentaux, après la clarification du statut du Kosovo. Selon les mots du représentant spécial de l’UE, Peter Faith, le Kosovo se trouve actuellement dans une phase d’»indépendance supervisée». Bien que M. Faith ait rejeté l’utilisation du terme «protectorat de l’UE» à propos du Kosovo lors d’une audience récente du Parlement européen, il a admis que le chemin de l’»indépendance totale» serait long et difficile. «Ce serait un véritable miracle si nous parvenions à achever notre mission en deux ans», a-t-il déclaré.

Je pense cependant que nous devons estimer un calendrier clair de l’implication de l’UE au Kosovo. C’est pourquoi je me réjouis de l’initiative de la Commission d’effectuer une étude sur le Kosovo, pour autant que cette étude contribue à la réussite de la mission EULEX.

 
  
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  Benita Ferrero-Waldner , membre de la Commission. (EN) Madame la Présidente, permettez-moi de faire quelques remarques, et en particulier celle-ci: selon moi, ce débat a démontré l’acceptation croissante de l’approche suivie par l’Europe en matière de gestion des crises et de prévention des conflits. La conférence de Munich sur la sécurité a confirmé le bien-fondé de l’approche globale, parce que la sécurité et le développement vont de pair – il est impossible d’avoir l’un sans l’autre. Je pense que cette approche européenne est un élément fondamental de notre stratégie visant à promouvoir la paix et la sécurité dans notre voisinage mais également au-delà.

Elle fonctionne, mais il faut qu’elle dispose de ressources adéquates. Nous devons donc développer nos capacités et nos compétences dans le domaine civil comme dans le domaine militaire, et nous nous efforcerons de jouer notre rôle le mieux possible.

Mais je voudrais également répondre à vos questions, et notamment à la question de M. Saryusz-Wolski, le président de la commission des affaires étrangères, sur l’insuffisance du budget consacré à la PESC. Il est vrai que ce budget a été réduit cette année, mais cela ne devrait pas, du moins nous l’espérons, nuire à nos ambitions politiques en matière de PESD civile pour autant que de nouvelles missions importantes ne viennent pas s’ajouter cette année. Il est important de garder à l’esprit que le budget de la PESC ne couvre que certains coûts: les équipements, le personnel contractuel, les dépenses spéciales, par exemple pour les représentants spéciaux de l’UE. Mais les États membres couvrent également les coûts de leur personnel détaché. Le budget va augmenter – pas cette année, comme vous le savez, mais en 2013 – pour passer à 400 millions d’euros.

En ce qui concerne les transferts entre différents titres budgétaires, mentionnés par M. Dombrovskis, la Commission fournit des informations sur les transferts à l’intérieur du budget de la PESC dans ses rapports trimestriels à l’autorité budgétaire. Par ailleurs, ces dernières années, toutes les dotations effectuées dans le cadre du budget de la PESC ont été engagées.

Permettez-moi de faire des commentaires sur deux sujets spécifiques: tout d’abord, sur la sécurité humaine. La sécurité humaine est quelque chose qui me tient personnellement à cœur et que nous devons promouvoir: la protection contre la misère et la peur en tant qu’objectif de la politique étrangère et de sécurité. Notre rapport de 2008 sur la stratégie européenne de sécurité (SES), que nous avons tous deux mentionné précédemment, le reconnaît également. En outre, le rapport sur la SES reconnaît l’impossibilité d’instaurer une paix durable sans développement et sans éradiquer la pauvreté. Ce thème est donc très important, et la promotion des droits de l’homme fait également partie de cette équation.

Enfin, permettez-moi de dire quelques mots sur l’avertissement précoce et la prévention des conflits dont parlait M. Pīks. D’une façon générale, je suis d’accord pour dire que l’Union européenne doit se pencher davantage sur les premières phases du cycle des conflits, ce qui implique un avertissement précoce, la prévention des conflits et la diplomatie préventive. L’une des initiatives prises par la Commission dans ce domaine consiste à renforcer les liens avec les ONG dans le cadre d’un partenariat de pacification et à améliorer notre utilisation des sources ouvertes d’information. Cependant, nous nous efforcerons à l’avenir de renforcer la prévention précoce. Nous avons conscience de l’importance de cet aspect.

 
  
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  Javier Solana, Haut représentant pour la PESC. (EN) Madame la Présidente, je serai bref. Je voudrais remercier tous les députés qui sont intervenus; j’ai noté leurs remarques et leurs questions. Je reprendrai contact vous pour répondre aux questions qui nécessitent une réponse approfondie.

C’est la deuxième fois que nous menons un débat de cette nature au sein du Parlement européen, une discussion de près de trois heures sur la sécurité européenne. Ce débat me semble essentiel, et j’espère que nous poursuivrons cette pratique à l’avenir. Messieurs les rapporteurs, je vous remercie sincèrement pour votre travail. Vous pouvez être sûrs que nous continuerons à coopérer avec vous à l’avenir.

 
  
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  Jacek Saryusz-Wolski, rapporteur. (EN) Madame la Présidente nous avons connu un débat extrêmement vaste, et à mon sens satisfaisant, sur les réussites, les lacunes et les actions en cours. On pourrait dire sans doute que le verre est à moitié vide ou à moitié plein, selon l’état d’esprit de celui qui le regarde.

La plupart des intervenants ont apporté des réponses claires à certaines questions. Avons-nous progressé dans ce domaine? Oui. Ces progrès sont-ils suffisants? Non. Observe-t-on une convergence plus importante entre les différentes institutions comme le Parlement, le Conseil, la Commission et les États membres? Oui, il y a eu de nouveaux progrès, bien que la politique étrangère de l’Union n’ait pas encore une capacité suffisante. À cet égard, Madame Ferrero-Waldner, je me réfère à vos propres paroles concernant le financement. Si nous avions davantage d’argent, ou au moins un budget équivalent à celui proposé par la Commission pour développer l’internet à haut débit dans les régions rurales, soit 1,5 milliard d’euros, peut-être que les États membres participeraient plus volontiers aux missions de la PESC sans devoir débourser leurs propres fonds. Comme vous le savez, ce Parlement demande à ce que ces actions soient financées par le budget de l’Union.

Les citoyens apprécient-ils cette politique étrangère? La réponse, une fois de plus, est «oui». Faisons-nous un usage suffisant de la politique étrangère pour renforcer la légitimité l’Union? La réponse est «non». En ce qui concerne les capacités: au sens large du terme, en ce qui concerne la prévention des crises et la réaction rapide, nous avons tout ce qu’il est possible d’obtenir et même, je pense que M. Solana ne me contredira pas, un peu plus. J’ai déjà abordé le problème du financement. En ce qui concerne les instruments juridiques et institutionnels, à savoir Lisbonne, chacun s’accorde à dire que nous avons besoin d’instruments de meilleure qualité et mieux équipés conformément aux règles du traité.

Cette convergence se fait discrètement, et je voudrais rendre hommage à la discrétion et à la diplomatie du haut représentant, non seulement à l’extérieur mais aussi à l’intérieur. Comment cette convergence d’opinions apparaît-elle? Pour que M. Solana puisse parler au nom de l’Union tout entière, il faut que des actions aient été menées au préalable pour convaincre et obtenir l’adhésion de toutes les parties concernées.

La question des valeurs a été soulevée. Sommes-nous d’accord sur les valeurs? Nous le sommes, mais nous avons différentes pratiques et ce croisement des valeurs et des intérêts est également présent. Le meilleur exemple en est la façon dont nous travaillons vis-à-vis de l’Asie centrale: il était clairement présent dans le débat sur la stratégie par rapport à l’Asie centrale.

Pour conclure, je voudrais dire que j’ai été très touché par les paroles de M. Solana quand il a dit que l’Union européenne s’identifiait à travers sa politique étrangère. L’Union renforce ainsi son identité. L’approche adoptée par le Parlement lui apporte quant à elle une plus grande légitimité, et donc un pouvoir plus fort. C’est pourquoi elle peut faire partie intégrante de l’intégration européenne. La teneur principale du débat montre l’appétit pour plus d’Europe en matière de politique étrangère et la nécessité de regrouper davantage les ressources politiques et matérielles de l’Europe.

 
  
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  La Présidente. – Nous laissons un petit peu plus de temps aux rapporteurs, mais là nous avons des contraintes horaires et nous ne pouvons pas continuer comme ça.

 
  
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  Karl von Wogau, rapporteur. – (DE) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, je voudrais faire des commentaires sur quelques points précis.

Tout d’abord, je tiens à expliquer pourquoi je n’ai pas inclus dans mon rapport les principes de la «sécurité humaine» et de la «responsabilité de protéger». Ce choix a été fort controversé. Je pense personnellement que ces concepts que nous avons développés, bien que très importants, ne s’inscrivent pas dans une politique de sécurité. Ils pourraient en effet être détournés pour justifier des interventions militaires dans le monde entier. Je considère cela comme un risque bien réel. Je suis donc tout à fait favorable à ces deux concepts, mais pas dans le cadre de la politique de sécurité.

On a dit également que j’étais en train de créer une armée européenne et que mon rapport appelait de ses vœux une telle armée. Je vous demanderai de relire l’ensemble du rapport – vous n’y trouverez certainement pas les mots «armée européenne». Ce que dit ce rapport, c’est que l’argent des contribuables devrait être mieux dépensé dans ce domaine qu’il ne l’a été jusqu’à présent.

Je me tourne à présent vers la stratégie européenne de sécurité, qui bénéficie aujourd’hui du soutien de tous. Le travail nécessaire à l’élaboration de cette stratégie a pris plusieurs années et il a été couronné de succès. Selon moi, la prochaine étape doit être de produire un document sur la mise en œuvre de la politique de sécurité, un livre blanc sur la politique de sécurité. Ce travail devrait être au programme de la prochaine législature.

Dernier point mais non des moindres, je pense que les prochaines discussions sur ce sujet doivent aborder le problème de la mission EUBAM Rafah: comment relancer cette mission, et comment l’élargir éventuellement.

 
  
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  Ari Vatanen, rapporteur. (EN) Madame la Présidente, je voudrais simplement répéter ce que le président Wilson a dit en 1917 et ce que notre estimé collègue M. Swoboda a dit il y a une demi-heure: un pays seul ne peut pas résoudre les problèmes. L’Union européenne et ce Parlement en témoignent. Nous devons tirer les leçons de nos erreurs. Quelle que soit notre position, nous devons travailler ensemble: dans le monde réel, on ne choisit pas les meilleurs morceaux et on ne profite pas librement des efforts des autres. Nous ne pouvons pas permettre que seuls quelques pays doivent supporter la majeure partie des efforts: en tant que nations démocratiques, nous devons partager la charge. Il s’agit là d’une cause noble.

J’ai parfois du mal à comprendre pourquoi, dès que l’on mentionne le mot OTAN, certaines personnes se braquent – peut-être par antiaméricanisme, ou encore par opposition de principe à la force militaire. Oui, nous sommes des pacifistes. Qui n’en est pas un? Toutes les personnes sensées sont pacifistes. Qui désire la souffrance, qui veut la guerre? Mais nous devons nous donner les moyens d’éviter la souffrance et la guerre. Nous devons nous montrer proactifs. Les guerres vont et viennent avec ce genre d’attitude, mais nous devons travailler activement à construire la paix.

Je rends hommage à la majorité des députés de cette Assemblée. Ce soir, ils ont prouvé une fois de plus que le bon sens constructif et responsable triompherait, que ce Parlement était bien ce qu’il doit être: un parlement qui va de l’avant. Parce que si nous ne travaillons pas ensemble, c’est la paix qui en sera la première victime.

Permettez-moi de faire un dernier commentaire. M. Platini, un maître du football, parle en ce moment même dans une autre enceinte. J’étais en France à l’époque du massacre au Rwanda – et je ne dis pas cela contre la France, c’est simplement un commentaire sur la façon dont les médias rapportent l’information. Toujours est-il que le massacre au Rwanda a littéralement été éclipsé par la nouvelle que M. Zidane, la star du football, avait une verrue au genou. Non, nous ne pouvons pas rester silencieux: nous devons être proactifs; autrement, nous nous rendons complices de ces événements dans le monde entier.

 
  
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  La Présidente. – Le débat est clos.

Le vote aura lieu jeudi 19 février 2009.

Déclarations écrites (article 142)

 
  
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  Alexandra Dobolyi (PSE), par écrit.(HU) Comment l’Europe doit-elle réagir à la montée en puissance, le long de ses frontières orientales, de l’Organisation de coopération de Shanghai, une organisation régionale composée de plusieurs superpuissances émergentes et d’États riches en ressources énergétiques? À travers la Russie, l’OCS est limitrophe de l’Union européenne, et cette organisation mérite donc une attention considérable de la part de l’UE. Un seul regard sur la liste des membres et des observateurs de l’OCS permet de conclure que ces pays détiennent une proportion importante des réserves mondiales de pétrole et de gaz.

Dans cette perspective, il est inévitable de revoir notre stratégie par rapport à la Russie et à l’Asie centrale. Cet examen doit inclure une évaluation spécifique des risques politiques pour chaque pays.

Permettez-moi également de souligner que, comme l’a montré le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine, la vulnérabilité actuelle de l’UE et sa dépendance énergétique considérable entravent le développement d’une politique étrangère et de sécurité commune authentique, efficace et cohérente.

En outre, les pays réagissent différemment selon leur expérience historique et leurs intérêts financiers. Aujourd’hui plus que jamais, il est particulièrement important de prendre des mesures politiques uniformes et d’harmoniser les positions et les intérêts nationaux divergents.

Il est indispensable pour l’UE d’améliorer l’efficacité et la cohérence de ses actions sur la scène mondiale. La ratification du traité de Lisbonne et l’adoption des outils politiques qu’il prévoit devraient contribuer grandement à cet objectif.

L’UE doit opérer de plus en plus rapidement et de plus en plus efficacement, et les événements demandent de plus en plus rapidement des réponses réfléchies. Pour faire face à cette évolution, nous devons réexaminer les mécanismes organisationnels et décisionnels qui régissent notre politique extérieure afin d’apporter des réponses structurelles appropriées.

 
  
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  Glyn Ford (PSE), par écrit. – (EN) Je félicite M. Vatanen pour son rapport, que je soutiens. Je suis notamment favorable à la création d’un quartier général militaire opérationnel pour l’Union européenne. Bien sûr, l’OTAN doit rester et reste notre premier recours lorsque la sécurité de l’Europe est menacée. Toutefois, pendant les débats Bush-Gore il y a à peine 10 ans, George Bush a déclaré que s’il avait été président, il ne serait pas intervenu au Kosovo.

Malgré mon antipathie envers la politique étrangère du gouvernement Bush, cela me semble une position tout à fait raisonnable sur la base des intérêts américains. Mais ce n’est pas une position que l’Europe aurait pu ou dû adopter. Outre l’obligation morale de protéger les personnes menacées du génocide des Serbes, nous devions également envisager l’impact de dizaines ou de centaines de milliers de réfugiés. Dans notre propre intérêt comme dans le leur, nous devons avoir la capacité d’agir sans les Américains. La mise en place d’un quartier général opérationnel permanent pour l’UE est un bien modeste prix à payer pour nous préparer à une telle éventualité.

 
  
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  Anneli Jäätteenmäki (ALDE) , par écrit. – (FI) Madame la Présidente, la Finlande n’a pas à avoir honte des solutions qu’elle a choisies pour sa politique de sécurité. La Finlande en dehors de l’OTAN est en bonne compagnie avec la Suède, l’Autriche et la Suisse. Il est facile de s’identifier à ces pays. Le non-alignement par rapport à l’OTAN est l’alternative moderne d’un État mature.

Nous avons commencé à parler d’un OTAN plus doux après le remplacement, aux États-Unis, d’un président «belliqueux» par un président plus «pacifique». Il faut s’attendre à ce que les discours extatiques sur un OTAN adouci sous le président Obama et la secrétaire d’État Hillary Clinton se fassent plus fréquents. Mais laissons passer le temps et attendons de voir comment l’OTAN évolue.

Je pense quant à moi que la nature fondamentale de l’OTAN n’a absolument pas changé depuis l’échec du système de sécurité bipolaire. La propagande vantant les mérites d’un OTAN adouci a par contre connu un succès considérable.

Nous n’arriverons à rien en nous tournant simplement vers la Russie (Russie, Russie, Russie) ou en attendant une nouvelle Guerre froide. L’OTAN n’est pas non plus une réponse adéquate aux problèmes plus importants auxquels la Finlande sera confrontée dans un avenir proche, qui sont principalement de nature économique.

 
  
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  Adrian Manole (PPE-DE), par écrit. – (RO) Pour évaluer le rôle de l’alliance OTAN-UE, il faut commencer par reconnaître que le paysage politique de l’Europe et des États-Unis a connu une évolution fondamentale ces derniers temps. L’Union européenne a désormais un rôle légitime à jouer en matière de sécurité globale.

Cette situation requiert une «repolitisation» de l’alliance. Elle doit devenir un forum de dialogue ouvert sur les questions majeures dans lesquelles elle sera impliquée. Un dialogue transatlantique honnête concernant par exemple l’approche à adopter pour faire face au terrorisme est absolument nécessaire, précisément parce que les alliés ont des perspectives différentes sur la façon de réagir à ce défi commun.

Dans la situation actuelle, les États membres sont confrontés à une variété toujours plus grande de défis en matière de sécurité mondiale, depuis les conflits interethniques dans le voisinage immédiat du territoire des alliés jusqu’aux réseaux terroristes mondiaux et à la prolifération des armes de destruction massive. Dans ce contexte, ils doivent accorder une importance particulière à la réflexion et au dialogue sur cette question et soutenir les processus de réforme de l’alliance. Je pense en particulier aux problèmes de sécurité qui touchent notre voisinage immédiat. L’alliance atlantique peut jouer un rôle essentiel dans la création d’institutions démocratiques de défense et de sécurité dans les Balkans et dans la région de la mer Noire.

 
  
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  Marian-Jean Marinescu (PPE-DE) , par écrit.(RO) Nous avons besoin d’une politique européenne de sécurité commune, cohérente et actuelle pour renforcer notre identité européenne et pour permettre à l’UE de parler d’une seule voix et d’être crédible sur la scène internationale.

La réalité à laquelle nous somme confrontés actuellement présente de nombreux défis majeurs tels que la crise économique, la sécurité énergétique, le changement climatique et la gestion des flux migratoires. Face à cette situation, les États membres doivent coopérer et faire preuve de responsabilité pour protéger leurs intérêts communs et promouvoir la paix, la sécurité et le respect de l’intégration territoriale.

L’Union européenne ne peut avoir un impact que si elle parle d’une seule voix et si elle possède et utilise efficacement les instruments nécessaires pour renforcer sa coopération avec les pays voisins.

Nous devons adopter une perspective stratégique, nous impliquer activement et agir de façon cohérente au niveau mondial. Nous avons également besoin de sécurité régionale et de liens étroits avec les acteurs régionaux concernés.

La conclusion de partenariats stratégiques avec les pays voisins à l’Est de l’UE est une nécessité. Nous devons également investir dans nos relations avec la Russie et déployer une stratégie cohérente avec des engagements communs et mutuellement profitables.

Nous devons investir dans les pays voisins, en particulier à l’Est de l’UE, et leur offrir les incitants nécessaires pour poursuivre leurs réformes et pour pouvoir renforcer la présence de l’Union européenne dans la région. Nous disposons de nouveaux instruments, comme par exemple le Partenariat oriental, qui nous aideront à mettre en place une nouvelle approche consolidée à un niveau plus élevé avec nos partenaires de la région.

 
  
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  Zdzisław Zbigniew Podkański (UEN), par écrit. (PL) La sécurité internationale est l’une des valeurs les plus importantes dans tous les domaines des relations internationales. Nous assistons aujourd’hui à une redéfinition de ce concept et à un déplacement du centre de gravité vers des facteurs non militaires qui menacent la stabilité et la sécurité internationale. Ces menaces sont par exemple le crime organisé, le terrorisme sur internet, la piraterie (comme nous le découvrons au large des côtes de la Somalie), le changement climatique et les dangers provoqués par la crise économique mondiale. Alors même qu’elle dirige son attention sur la mise en place d’instruments militaires communs tels que l’Eurocorps, la Flotte européenne de transport aérien et le quartier général opérationnel permanent de l’UE, l’Union européenne ne doit pas perdre de vue d’autres menaces qui sont tout aussi importantes. Nous devons accorder plus d’attention au développement d’organes et d’institutions qui nous permettront de surmonter les difficultés financières provoquées par la crise économique mondiale et de protéger l’environnement naturel et la biodiversité. Nous ne devons pas non plus négliger les menaces internes, comme par exemple le problème de la drogue, la pauvreté au sein de nos sociétés et la cybercriminalité.

Tous ces éléments sont des facteurs importants qui ont un impact sur la sécurité internationale, la sécurité de l’Union européenne et même de chaque nation. La création d’une stratégie européenne de sécurité stable n’est pas possible sans une réponse à ces questions fondamentales.

 
  
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  Flaviu Călin Rus (PPE-DE), par écrit.(RO) La politique de sécurité commune a fait l’objet de nombreux débats, et elle a fait couler beaucoup d’encre. L’Union européenne est un facilitateur de plus en plus important au niveau régional et mondial. C’est précisément pour cette raison que je pense que l’Union européenne doit agir de façon visible à l’intérieur de ses frontières et se montrer proactive dans toutes les régions du monde.

Après avoir examiné les trois rapports qui nous sont présentés aujourd’hui, le rapport annuel 2007 sur les principaux aspects et les choix fondamentaux de la PESC, le rapport sur la stratégie européenne de sécurité et la PESD et celui consacré au rôle de l’OTAN dans l’architecture de sécurité de l’UE, je pense que nous pouvons tirer trois conclusions:

1. L’Union européenne doit se doter d’une politique de sécurité commune capable de soutenir les démocraties à l’intérieur de ses frontières et les partenariats qu’elle conclut avec les pays voisins.

2. L’Union européenne doit projeter l’image d’un ensemble uni et elle a besoin d’une force de réaction rapide capable d’intervenir à tout moment pour défendre la paix, la démocratie et les droits de l’homme.

3. L’Union européenne doit consolider sa position au niveau mondial et continuer d’agir en tant que facilitateur pour préserver l’équilibre et la stabilité entre les grandes puissances du monde.

 
  
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  Katrin Saks (PSE), par écrit. – (ET) Monsieur Président, j’aimerais remercier mon collègue M. Vatanen pour son excellent rapport sur les synergies entre l’UE et l’OTAN. L’intensification générale de la coopération et du partenariat, l’utilisation raisonnable des ressources et l’évitement de la duplication, l’appel lancé aux membres des deux organisations d’adopter un comportement plus souple, pragmatique et orienté vers les résultats – ce rapport contient tout ce que l’Europe, y compris le Parlement européen, a toujours mis en exergue dans ses positions.

Parmi tous les éléments importants de ce rapport, je remarque la recommandation d’accorder un statut temporaire au sein de l’Agence européenne de la défense (AED) aux pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne qui sont également membres de l’OTAN. Du point de vue de l’OTAN, ceci apporterait manifestement une solution à la question de la Turquie.

Le rapport de notre collègue M. von Wogau consacré à la PESD et à la SES frappe généralement dans le mille. Le rapport sur la SES approuvé par le Conseil en décembre dernier répond à la plupart des questions soulevées. Les nouveaux aspects présentés par ce rapport et les positions qui guident les activités de l’UE en matière de sécurité aideront l’UE à défendre plus efficacement ses intérêts de sécurité, comme le recommande le rapport von Wogau. La perspective de ce rapport, qui encourage l’UE à rechercher une coopération avec d’autres partenaires, mérite notre soutien.

Merci!

 
  
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  Theodor Dumitru Stolojan (PPE-DE), par écrit. – (RO) Je tiens à exprimer mon soutien en faveur du rapport de M. Saryusz-Wolski, qui souligne à juste titre que la protection de la sécurité énergétique des citoyens européens doit devenir l’une des grandes priorités de la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne.

Je le dis haut et clair: si nous ne construisons pas le gazoduc Nabucco, la sécurité de notre approvisionnement énergétique, et en particulier la diversification de nos sources d’approvisionnement en gaz, ne resteront que des rêves.

L’ensemble de l’UE doit adopter le projet Nabucco en tant qu’objectif stratégique. Ce projet nécessite à la fois un investissement financier considérable et une politique étrangère et de sécurité commune efficace pour l’Europe. Une politique efficace permettra de garantir la stabilité des régions traversées par le gazoduc. Avec cet objectif à l’esprit, nous devons faire tous les efforts nécessaires pour donner à notre politique étrangère et de sécurité commune la structure cohérente et efficace dont elle a tant besoin pour obtenir des résultats tangibles.

Je pense par exemple que l’UE a besoin d’un haut responsable pour la politique énergétique étrangère bénéficiant d’un soutien politique fort et disposant des instruments nécessaires pour agir.

Je comprends que l’Union européenne a besoin d’allouer des ressources financières et humaines suffisantes à sa politique étrangère et de sécurité commune pour obtenir les résultats concrets que les citoyens européens attendent de nous.

 
  
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  Daniel Strož (GUE/NGL), par écrit.(CS) Je rejette catégoriquement le rapport sur la stratégie européenne de sécurité et sur une politique européenne de sécurité et de défense sous sa forme actuelle (A6-0032/2009). Ce rapport est un exemple typique de la militarisation de l’Union européenne. Il est la preuve qu’en matière de sécurité pour l’UE, les moyens et les mesures militaires doivent remplacer et même supplanter les mesures nécessaires de nature politique. Bon nombre des conclusions et des recommandations de ce rapport sont absolument contraires au principe selon lequel l’UE doit être un projet de paix. Il n’est pas surprenant que les citoyens européens expriment leur opposition au traité de Lisbonne chaque fois qu’ils ont l’occasion d’exprimer leur opinion, notamment à cause de la façon dont ce traité confirme la nature militariste de l’Union européenne. Ce rapport adopte une position extrêmement aberrante et dangereuse dans la mesure où il parle des intérêts de sécurité de l’Union européenne tout en reprochant à la Russie de défendre ses propres intérêts légitimes de sécurité dans le Caucase.

 
  
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  Dushana Zdravkova (PPE-DE), par écrit.(BG) Mesdames et Messieurs, le fait que nous débattions au sein de ce Parlement de trois rapports consacrés à la sécurité et à la défense est l’expression de notre responsabilité politique envers les citoyens de l’Europe à la veille du sommet de l’OTAN. La pratique établie consistant à adopter des résolutions sur les principaux aspects et les principales décisions du rapport du Conseil relatif à la politique étrangère commune et à la sécurité constitue une excellente opportunité d’inviter les États membres à adopter cette pratique au niveau national.

Il est particulièrement important de développer une capacité académique indépendante d’analyse et d’évaluation de la politique européenne de sécurité et de défense parallèlement aux politiques de sécurité nationales. Ceci formera la base d’un débat public sur la PESD par un réseau de centres d’analyse basés dans les États membres.

Il n’est pas possible d’élaborer un livre blanc sur la sécurité et la défense de l’Union européenne si les États membres ne transposent pas ce document dans leurs stratégies nationales. Ceci implique de renforcer la capacité analytique au niveau national ainsi que les capacités d’apprentissage et de formation par l’informatique afin de tester et de comprendre les nouveaux concepts dans le domaine de la coopération civile et militaire.

Nous devons encourager les États membres à réaliser un examen stratégique conjoint dans le domaine de la sécurité afin de créer une base solide à l’interaction entre l’UE et l’OTAN pour le développement d’un nouveau concept stratégique pour l’OTAN dans le contexte de la PESD.

 
Dernière mise à jour: 25 avril 2009Avis juridique