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Procédure : 2008/2199(INI)
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Cycle relatif au document : A6-0114/2009

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A6-0114/2009

Débats :

PV 23/03/2009 - 14
CRE 23/03/2009 - 14
PV 25/03/2009 - 7
CRE 25/03/2009 - 7

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PV 26/03/2009 - 4.7
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P6_TA(2009)0193

Débats
Mercredi 25 mars 2009 - Strasbourg Edition JO

7. L’état des relations transatlantiques suite aux élections aux États-Unis (débat)
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  Le Président. - L’ordre du jour appelle le rapport (A6-0114/2009) de M. Millán Mon, au nom de la commission des affaires étrangères, sur l’état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux États-Unis [2008/2199(INI)].

 
  
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  Francisco José Millán Mon, rapporteur. (ES) Monsieur le Président, je voudrais tout d’abord remercier les rapporteurs fictifs, en particulier MM. Severin, Lambsdorff et Lagendijk, ainsi que la commission des affaires étrangères et les rapporteurs pour avis, M. García-Margallo et Mme Quisthoudt-Rowohl. Je les remercie tous de l’aide qu’ils m’ont apportée pour la rédaction du présent rapport sur les relations entre l’Union européenne et les États-Unis.

J’ai ainsi pu rédiger un rapport bénéficiant d’un large consensus sur un sujet important. Le rapport sur lequel nous voterons demain constitue donc un message fort et convaincant de la part du Parlement européen, à un moment très approprié. Si je parle d’un sujet important, c’est parce qu’il est clair que l’Union européenne et les États-Unis sont deux acteurs majeurs sur la scène internationale, qui doivent collaborer étroitement, comme doivent le faire les États qui partagent les mêmes principes et valeurs et bon nombre d’intérêts communs.

Le message principal du rapport est que nous nous trouvons à un moment très opportun pour renforcer les relations transatlantiques, et ce, pour trois raisons fondamentales. La première raison est la nouvelle administration aux États-Unis, qui est pragmatique, qui sait qu’aucun pays ne peut relever seul les défis mondiaux et qui a suscité de grandes attentes auprès du grand public en Europe et dans le monde. La deuxième raison est que l’Union européenne est plus forte. Elle est plus capable d’agir à l’extérieur que l’Union européenne de 1995, lors de la conclusion du nouvel agenda transatlantique. En outre, elle sera bientôt consolidée par les instruments de politique étrangère et de défense du traité de Lisbonne. La troisième raison est l’apparition d’un nouveau contexte, qui se caractérise par des défis mondiaux comme la crise économique et le changement climatique, et plus uniquement par les défis militaires, comme c’était le cas auparavant.

En relevant les nouveaux défis, la coopération avec l’Union européenne s’avérera très utile pour les États-Unis. Cette relation transatlantique devrait être renforcée sur deux aspects: l’aspect institutionnel et l’aspect concret, y compris la coopération dans la pratique. Nous devrions recourir au traité de Lisbonne pour consolider les structures institutionnelles: deux sommets par an, au lieu d’un seul, auxquels le nouveau président permanent du Conseil européen assistera, la création d’un Conseil politique transatlantique, qui réunira tous les trois mois le Haut représentant et Vice-président de la Commission et la Secrétaire d’État, la modernisation du dialogue des législateurs par la création d’une assemblée transatlantique et l’amélioration du Conseil économique transatlantique. Toutes ces améliorations permettront une coordination plus intense et efficace; il convient de les intégrer dans un nouvel accord de partenariat transatlantique et d’entamer des négociations lorsque le traité de Lisbonne entrera en vigueur.

Le deuxième objectif du présent rapport consiste à renforcer la coopération dans la pratique. À cet effet, il convient d’établir un ordre du jour afin de faire face ensemble à de nombreux défis et conflits, ainsi qu’à des questions bilatérales. En vue d’établir cet ordre du jour, le Conseil et la Commission doivent, dans les prochains mois, renforcer leurs contacts avec le nouveau gouvernement de Washington. Par conséquent, je me réjouis de la tenue du sommet du 5 avril à Prague avec le président Obama, comme l’indique l’amendement que mon groupe a déposé.

Le présent rapport énumère plusieurs défis mondiaux pour lesquels les États-Unis et l’Union européenne doivent chercher une approche commune, comme la crise économique, un multilatéralisme efficace intégrant les acteurs émergents, les objectifs du millénaire pour le développement, le changement climatique, la promotion du respect des droits de l’homme, etc. Ce rapport aborde également plusieurs questions régionales à propos desquelles nous devons agir de manière coordonnée: il s’agit de conflits tels que celui qui touche le Moyen-Orient et des programmes nucléaires iranien et afghan. Les relations avec la Russie et avec les pays d’Amérique latine sont également évoquées. Le désarmement et la sécurité sont d’autres domaines dans lesquels une meilleure coordination est nécessaire, y compris la lutte contre la grave menace de terrorisme, qui doit être menée dans le plein respect de la législation internationale et des droits de l’homme.

Mesdames et Messieurs, le présent rapport traite également de certaines questions bilatérales dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, y compris le problème des visas. J’insiste également sur le fait qu’il est nécessaire que le partenariat transatlantique bénéficie d’un large soutien de la part de la société civile, et en particulier des jeunes. Ce rapport couvre aussi les relations économiques et commerciales, en soulignant que nous devons faire des progrès en matière d’intégration du marché transatlantique. Sur ces sujets, j’ai, bien entendu, intégré les nombreuses suggestions de la commission des affaires économiques et monétaires et de la commission des affaires étrangères.

En conclusion, Mesdames et Messieurs, je pense que si ce rapport est adopté demain, le Parlement enverra un message clair. Nous exigeons un renforcement des relations entre l’Union européenne et les États-Unis, y compris dans le domaine institutionnel. Je crois que ce renforcement profitera aux deux parties, ainsi qu’à la communauté internationale dans son ensemble.

 
  
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  Alexandr Vondra, président en exercice du Conseil. (EN) Monsieur le Président, je suis désolé d’être un peu en retard à cause d’une réunion de la conférence des présidents, ici même. En fait, je ne suis arrivé que ce matin de Washington. Je tiens à vous remercier de votre invitation à participer à ce débat à la fois important et opportun sur les relations transatlantiques, et à remercier en particulier le rapporteur, M. Millán Mon, pour son rapport précieux et très complet, que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt pendant mon voyage. Il y a dans ce rapport beaucoup d’éléments que la Présidence et le Conseil peuvent approuver.

Quelle que soit notre engagement politique, nous savons tous que la relation transatlantique est cruciale pour notre avenir, pour l’avenir de l’Europe. Depuis six décennies, le solide partenariat transatlantique a été la principale force de paix, de stabilité et de prospérité pour l’Europe et l’Amérique du Nord, et pour le monde entier. Je prétends que ce n’est pas seulement de l’histoire. C’est également le meilleur agenda qui soit pour le XXIe siècle. La relation transatlantique nous permet d’atteindre ensemble des résultats qu’aucun des deux partenaires ne peut atteindre à lui tout seul. Je voudrais citer ici le vice-président Joe Biden, lorsqu’il a déclaré très clairement, lors de son premier voyage à Munich, que l’Amérique avait besoin de l’Europe et que l’Europe avait besoin de l’Amérique. Je pense que nous pouvons pleinement comprendre ce genre de déclaration. Lorsque nous sommes d’accord, nous pouvons définir le contenu de l’agenda mondial. Lorsque nous sommes en désaccord, il est difficile de faire avancer un agenda, quel qu’il soit, de sorte que la relation transatlantique nous permet d’obtenir ensemble des résultats que nous ne pourrions pas obtenir seuls.

Les élections présidentielles américaines de novembre dernier ont suscité un enthousiasme, une attente et un intérêt sans précédent en Europe. C’est pourquoi les choix du président des États-Unis sont importants aux yeux des Européens. Le président Obama a indiqué une nouvelle approche des défis auxquels nous sommes confrontés. Beaucoup, en Europe, ont été attirés par ce changement et par l’esprit de changement. De grandes attentes sont nées des deux côtés de l’Atlantique. Ces attentes représentent une chance pour notre coopération mutuelle, au moment où nous en avons le plus besoin. Mais elles doivent être gérées avec soin, car rien ne serait plus dommageable à nos relations que les espoirs déçus; or, plus les espoirs sont grands, plus il est difficile de les satisfaire.

La nouvelle administration a pris un départ énergique. Comme prévu, une grande partie de l’agenda du Président a mis l’accent sur la crise économique et financière. Il est encourageant de voir les premières décisions prises à propos de Guantanamo - dont nous parlions ici il y a quelques semaines - et d’assister à un renouvellement de l’engagement à aborder les problèmes du Moyen-Orient, ainsi qu’à la convocation de la conférence sur l’Afghanistan, qui se tiendra le 31 mai à La Haye. Toutes ces initiatives répondent à ce que beaucoup réclamaient en Europe.

Le dialogue avec les États-Unis a été relancé. Il ressort clairement de mes contacts avec la nouvelle administration, y compris des réunions tenues avec le vice-président Biden et la secrétaire d’État Clinton, ici à Bruxelles, que les États-Unis souhaitent adopter un nouveau ton à l’égard de l’Union européenne et de nos partenaires. Je me félicite de l’approche pragmatique qui a caractérisé ces premiers contacts.

Même si le changement de ton est important, il ne peut évidemment pas produire par lui-même des résultats concrets. Si nous voulons travailler de manière constructive, nous devons réexaminer ensemble nos priorités politiques et réévaluer la manière dont le partenariat transatlantique fonctionne. Votre rapport représente une contribution précieuse à ce processus. Il s’agit, bien entendu, d’un processus qui a commencé l’année dernière pour ce qui est de l’UE, lorsque les ministres des affaires étrangères ont examiné les relations transatlantiques au cours des deux réunions informelles tenues à Avignon et Marseille. Je pense que des remerciements sont de rigueur envers la présidence française pour avoir lancé le processus, ainsi qu’envers le Portugal, qui a également joué un rôle. C’est un processus qu’il conviendra de continuer à développer durant les prochains mois. Une excellente occasion se présentera la semaine prochaine lors de la réunion informelle des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra à Prague en présence du président des États-Unis. La relation transatlantique est riche et variée, et comprend une série de domaines politiques. Je ne peux pas évoquer ici chacun de ces domaines, mais je voudrais souligner ce que nous aimerions tout particulièrement aborder lors de la prochaine réunion de Prague.

Tout d’abord, la sécurité énergétique et le changement climatique. Ces sujets sont liés et préoccupent un grand nombre d’Européens. La sécurité énergétique constitue une priorité qui doit être poursuivie par une stratégie globale portant sur l’efficacité énergétique et la promotion des sources d’énergie renouvelables, ainsi que la diversification de l’approvisionnement, des sources et des approvisionnements énergétiques. Dans la mesure du possible, et chaque fois que nécessaire, l’Union européenne et les États-Unis devraient coopérer dans ces domaines et promouvoir un agenda commun. En ce qui concerne le climat, cette année sera cruciale. La conférence de l’Organisation des Nations unies sur le changement climatique à Copenhague, à la fin décembre, représente une occasion historique de réviser et d’étendre l’application des objectifs internationaux contraignants afin de lutter contre le changement climatique.

L’UE a fixé, préalablement à cette conférence, des engagements ambitieux en termes d’énergie et de changement climatique. Les déclarations du président Obama et les objectifs établis dans le domaine du changement climatique semblent être le signal d’un important changement politique, mais il reste encore énormément de travail sur ce point. Bien sûr, le soutien des États-Unis sur cette question est essentiel, mais il ne suffit pas. Nous devons aussi obtenir le soutien de pays en développement déjà avancés, comme la Chine.

Deuxièmement, la crise économique et financière. La crise actuelle est à la fois grave et d’envergure mondiale, et elle exige une réponse politique forte à tous les niveaux et partout dans le monde. L’Union européenne et les États-Unis détiennent une responsabilité particulière dans ce contexte, tant pour ce qui est des mesures qu’ils prennent chez eux qu’en matière de coordination internationale. Nous devons coopérer avec les États-Unis afin de proposer une réponse coordonnée à la crise mondiale et aux problèmes financiers actuels. Nous devons travailler ensemble pour aborder les questions de la supervision du système financier et de la réforme des institutions financières internationales. Nous devons également coordonner nos politiques pour renforcer la croissance et l’emploi. Nous devons nous assurer que les approches que nous choisissons sont bien compatibles entre elles, et ne provoquent pas de distorsions de concurrence sur le marché transatlantique. Une grande partie de ces mesures seront décidées dans le cadre de groupes comme le G8 ou le G20, en particulier lors du sommet du G20 à Londres, par lequel débutera la visite du président Obama en Europe. Il est toutefois clair que la relation transatlantique constituera la clé de l’élaboration de l’agenda mondial.

Troisièmement, l’Afghanistan est une question clé pour l’Europe comme pour les États-Unis. Il s’agit d’un problème commun - les attaques terroristes aux États-Unis et en Europe trouvent leur origine dans la région. Expliquer à leurs citoyens que leur sécurité doit être défendue à Kaboul représente un défi important et difficile pour tous les dirigeants politiques européens. L’Afghanistan a également été le thème principal d’une réunion informelle de la Troïka de l’Union européenne avec le vice-président Biden, tenue à Bruxelles le 10 mars. Le vice-président y a exprimé l’espoir que l’Afghanistan reste au sommet de l’agenda européen. Il s’est montré clair quant au fait que les États-Unis recherchent non seulement notre soutien à la stratégie globale en Afghanistan, mais aussi notre engagement à affecter des ressources concrètes à ce soutien. Sachant que la question de la sécurité des citoyens afghans constitue une préoccupation majeure, nous avons accru l’envergure de notre mission de police dans le pays. En plus de la mission civile EUPOL, une police militaire est nécessaire, à savoir la «gendarmerie» dont il est question. À cet égard, l’envoi sur place de formateurs de la gendarmerie, à titre de contribution de l’Union européenne à la mission de l’OTAN, est une option que la Présidence a débattue avec l’envoyé spécial pour le Pakistan et l’Afghanistan récemment nommé ainsi qu’avec les États membres de l’UE. J’ai rencontré le Français Pierre Lellouche, par exemple, et nous sommes également en train d’en discuter avec Dick Holbrooke. Nous devons également nous assurer que les conditions sont réunies pour que les élections présidentielles en Afghanistan soient un succès, et nous devons garder à l’esprit l’aspect régional, notamment en continuant d’apporter une aide à la formation d’un gouvernement civil durable au Pakistan. Cette dimension régionale est donc très importante, et nous la prenons en considération en plus de la dimension nationale, puis de la dimension mondiale.

Quatrièmement, une réponse multilatérale sera cruciale pour faire face aux risques de prolifération des armes de destruction massive. L’UE et les États-Unis ont exprimé leur inquiétude croissante au sujet des activités nucléaires, notamment de l’Iran, et du non-respect, par ce pays, de ses obligations internationales dans le domaine nucléaire. L’UE et les États-Unis doivent garantir ensemble que le développement de la technologie nucléaire se limite à des buts civils et légitimes.

La meilleure façon d’y parvenir est d’établir des règles internationales solides et contraignantes, soutenues par des mécanismes de vérification crédibles. Dans le même temps, l’Union européenne et les États-Unis sont prêts à aborder avec l’Iran, selon une approche constructive, cette question ainsi que d’autres problèmes de la région.

Un autre défi auquel nous devons faire face est celui de savoir comment travailler ensemble pour renforcer les applications pratiques d’un multilatéralisme fondé sur des règles, et ce sur la base de nos valeurs communes. Nous pouvons accomplir ensemble beaucoup de choses dans ce domaine. Je partage le sentiment du président Obama, souligné par la secrétaire d’État Clinton et par le vice-président Biden, selon lequel le choix entre la sécurité et les idéaux est un faux problème. À cet égard, je salue l’intention du président Obama d’effectuer des progrès vers la fermeture de Guantanamo.

Nous saluons également l’engagement précoce du président Obama s’agissant de traiter le conflit israélo-arabe, y compris la nomination de George Mitchell en tant qu’envoyé spécial pour la région. Une paix durable qui réponde aux aspirations des Israéliens comme des Palestiniens revêt une importance cruciale pour la population de la région et demeure un objectif clé pour l’Union européenne et pour les États-Unis. Un accord de paix peut également offrir des avantages plus importants, notamment une meilleure compréhension entre l’Occident et le monde musulman au sens large.

J’ai lu avec intérêt les nombreuses recommandations formulées dans votre rapport au sujet de la structure institutionnelle de la relation transatlantique. Je suis tout à fait d’accord avec vous pour dire que les liens institutionnels entre l’Union européenne et les États-Unis doivent tenir compte de l’importance de cette relation. Les initiatives prises par la Présidence tchèque servent à souligner ce point. Nous avons tissé des liens avec les États-Unis et leur nouvelle administration, à tous les niveaux et depuis le début. Et dans dix jours, la Présidence accueillera le président Obama à Prague pour un sommet informel avec les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Comme je l’ai dit, ce sera l’occasion d’évaluer un certain nombre des dimensions de la relation transatlantique et de confirmer notre volonté de travailler ensemble. Ces discussions vont se poursuivre, par exemple, en organisant régulièrement des réunions informelles des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne et des États-Unis. Je crois aussi que des contacts plus réguliers et plus étroits entre le Parlement européen et le Congrès américain présenteraient quelque avantage.

Je suis reconnaissant au Parlement pour le soutien continu qu’il apporte au développement de la relation transatlantique, et en particulier pour votre rapport. Nous avons cette année une nouvelle chance de développer encore ces relations. Aux yeux de cette Présidence, ainsi que du Conseil, le partenariat transatlantique a toujours revêtu une importance stratégique pour l’Europe dans son ensemble.

Je peux vous assurer que la Présidence tchèque s’engage à veiller à ce que ce partenariat reste au cœur de notre stratégie extérieure globale, et qu’elle jouera un rôle déterminant dans la lutte contre les nombreux défis et problèmes auxquels nous sommes confrontés dans le monde d’aujourd’hui.

 
  
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  Benita Ferrero-Waldner, membre de la Commission. (EN) Monsieur le Président, les relations entre l’Union européenne et les États-Unis ont connu un nouveau départ, positif, sous la nouvelle administration du président Obama. À la Commission, nous travaillons tous avec beaucoup d’acharnement à apporter notre juste contribution à notre agenda commun ainsi redynamisé. C’est aussi la raison pour laquelle j’apprécie ce débat opportun. Je suis heureux que le Parlement et la Commission semblent partager les mêmes points de vue sur de nombreuses priorités.

Nous espérons un calendrier chargé pour les relations entre l’Europe et les États-Unis. Mon allocution d’ouverture mettra l’accent sur notre propre liste d’actions à effectuer, mais je tiens aussi à souligner, dès le début, deux points concernant les structures institutionnelles de la relation entre l’Europe et les États-Unis. Tout d’abord, je crois que le renforcement des liens entre les législateurs de l’Union européenne et des États-Unis est essentiel à la réussite du partenariat transatlantique. Deuxièmement, je vais suivre l’application des recommandations du rapport au sujet d’une révision du nouvel agenda transatlantique de 1995.

Comme bien d’autres personnes, j’ai déjà rencontré la secrétaire d’État Clinton à plusieurs reprises, et j’ai également parlé au vice-président Biden lorsqu’il était à Bruxelles récemment. Une chose est claire: cette administration américaine va chercher des partenaires fiables dans la lutte contre tous les défis mondiaux et régionaux, et elle voit en l’Europe son partenaire de choix en termes de fiabilité. Nous devons saisir cette occasion.

Mais, en même temps, ils attendront également de l’Union européenne qu’elle présente des solutions, et notamment sur des questions difficiles telles que l’Afghanistan et la fermeture de Guantanamo. Nous devons donc élaborer des positions claires sur la base de nos propres intérêts communs, et parler d’une seule voix. Permettez-moi d’être claire: cette amitié transatlantique essentielle n’est pas à sens unique. L’Europe et l’Union européenne doivent y apporter leur contribution.

Une Union européenne forte est donc un partenaire important pour les États-Unis dans la lutte contre les défis mondiaux. Je crois que nous devrions nous concentrer tout d’abord sur un nombre limité de priorités.

Le situation très difficile de l’économie mondiale se trouve bien sûr en toile de fond de tout ce que nous faisons. Le premier objectif est une plus grande coopération entre l’Union européenne, les États-Unis et d’autres acteurs importants sur les questions de politique macroéconomique et la réforme de la réglementation du secteur financier. Nous devons mieux nous coordonner afin de favoriser une reprise de la demande et de l’emploi, et nous devons nous assurer que nos politiques se renforcent mutuellement, et ne pas fausser les échanges commerciaux. Il faut résister aux tentations protectionnistes de part et d’autre de l’Atlantique. L’Union européenne et les États-Unis devraient coopérer étroitement pour mettre en œuvre les résultats du sommet du G20 qui se tiendra la semaine prochaine, notamment en élaborant des approches compatibles entre elles en matière de réforme de la réglementation du secteur financier. Le dernier Conseil européen de Bruxelles a fait un grand pas dans cette direction.

Il faut aussi que nous nous occupions de l’économie transatlantique, qui représente la moitié de la production et du commerce mondiaux. Votre rapport met à juste titre l’accent sur cette question. Nous devons renforcer le Conseil économique transatlantique (CET) afin de le rendre plus efficace dans l’élimination des obstacles réglementaires et le soutien à la croissance, tout en lui conférant en même temps des visées plus stratégiques. Le CET - comme on l’appelle - devrait être en mesure de discuter, par exemple, de moyens d’éviter une politique de concurrence égoïste dans les plans nationaux de relance.

Concernant le changement climatique: pour la première fois en une décennie, les politiques de l’Union européenne et des États-Unis commencent à converger. Nous devons nous concentrer sur l’obtention d’un accord à Copenhague en décembre. Nous devons donner ensemble l’exemple, pour rallier la Chine et l’Inde à un accord multilatéral et lancer un marché intégré du carbone dans le cadre du futur marché mondial. Nous avons tous les deux besoin de promouvoir le message selon lequel les technologies propres et efficaces ainsi que les «emplois verts» peuvent jouer un rôle dans le redressement économique. Le président Obama a déjà souligné ce point à juste titre. Cela implique aussi d’instaurer une coopération plus étroite entre nos programmes de recherche énergétique et de renforcer notre dialogue en matière de sécurité énergétique, comme l’a également déclaré notre président.

En ce qui concerne l’aide étrangère et la politique de développement, tant le président Obama que la secrétaire d’État Clinton ont mis en évidence leur importance dans le cadre d’une politique étrangère de grande envergure. Cela joue beaucoup en faveur de l’Union européenne, en tant que principal bailleur de fonds. Nous devrions chercher à obtenir un engagement renouvelé des États-Unis en faveur des objectifs du millénaire pour le développement et relancer le dialogue entre l’Union européenne et les États-Unis sur la coopération au développement, en mettant l’accent sur des questions telles que l’efficacité de l’aide et la cohérence des politiques.

L’économie se trouve en tête de liste sur l’agenda du Président Obama, mais les États-Unis ont également été prompts à passer en revue les principales questions de politique étrangère.

Sur l’Afghanistan et le Pakistan: la nouvelle administration reconnaît l’importance d’une politique plus globale, afin d’ajouter une action civile parallèlement à l’action militaire. L’accent récemment placé par les États-Unis sur le renforcement des capacités civiles et l’approche régionale, qui se concentre sur le Pakistan, converge avec des politiques européennes déjà anciennes. Les efforts de la Commission en Afghanistan comprennent un soutien à la formation de la police, la réforme du système judiciaire et la promotion de moyens de subsistance alternatifs dans les zones rurales, par exemple pour lutter contre la culture de la drogue. J’ai également reçu un signal clair de soutien de la part des États-Unis - et notamment du vice-président Biden lui-même - à notre travail actif de préparation d’une éventuelle mission d’observation de l’UE lors des élections en Afghanistan, à condition que les exigences de sécurité soient respectées. J’envisage activement la possibilité de mettre à disposition un financement supplémentaire dans tous ces domaines. L’autre jour, nous avons également discuté avec Richard Holbrooke, l’envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan. Nous nous réjouissons d’être présents à la conférence régionale de La Haye ainsi qu’à la conférence sur le Pakistan, qui se tiendra à Tokyo.

De même, au Moyen-Orient, nous avons demandé dès le début un engagement accru des États-Unis. Nous avons été encouragés par la présence de la secrétaire d’État Clinton à la conférence de Charm el-Cheikh et également par son engagement actif, de par sa présence même, dans le cadre du premier Quartette. Nous devons discuter de la meilleure manière de se comporter vis-à-vis du nouveau gouvernement israélien - et, je l’espère aussi, vis-à-vis d’un gouvernement palestinien d’unité nationale - afin de construire une solution à deux États. Nous sommes encouragés par le fait que l’administration Obama veut dialoguer avec le reste de la région, y compris la Syrie. Nous devrions également travailler avec les États-Unis en ce qui concerne la manière de traiter avec l’Iran - comme cela a déjà été dit - dans le cadre de la prévention de la prolifération nucléaire dans la région, en consolidant notre travail en matière d’incitations comme en matière de sanctions.

L’UE joue également un rôle majeur dans notre voisinage oriental. Nous resterons en contact étroit avec les États-Unis concernant notre travail destiné à promouvoir la démocratie et les réformes de marché dans la région, notamment par le biais du nouveau partenariat pour l’Est, qui poursuit les objectifs d’association politique et d’intégration économique avec nos six voisins de l’Est.

Nous allons, plus que par le passé, parler avec les États-Unis de la façon de travailler avec des partenaires stratégiques tels que la Russie et la Chine, ainsi que l’Amérique latine. Dans l’immédiat, je veux faire en sorte que la réunion de l’Union européenne avec le président Obama qui se tiendra à Prague le 5 avril fasse progresser la relation de façon tangible, en mettant d’ores et déjà l’accent sur des résultats concrets. Cela plantera le décor en vue de la réussite du sommet UE-États-Unis qui aura lieu à Washington, probablement en juin.

Le mois de juin sera aussi l’occasion d’élaborer un nouvel agenda transatlantique et un programme durable de coopération concrète entre l’Union européenne et les États-Unis.

 
  
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  Albert Deß, rapporteur pour avis de la commission du commerce international. (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Président en exercice du Conseil, Madame la Commissaire, chers collègues, je voudrais tout d’abord remercier le rapporteur, M. Millán Mon, pour cet excellent rapport, qui aborde tous les points indispensables à de bonnes relations transatlantiques. Le présent projet de résolution sur l’état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux États-Unis indique à quel point ces relations sont importantes.

D’après les chiffres de la Commission, près de 14 millions d’emplois dans l’Union européenne et aux États-Unis dépendent de ces relations commerciales et d’investissement transatlantiques. J’espère que le nouveau président des États-Unis, comme il l’a annoncé dans son discours pré-électoral à Berlin, en juillet 2008, accordera une grande valeur à ces relations. Comme il l’a alors affirmé, l’Amérique n’a pas de meilleur partenaire que l’Europe.

La présente proposition de résolution nous révèle que ce partenariat constitue également le partenariat stratégique le plus important pour l’Europe. Il représente en effet une condition préalable, notamment dans le contexte actuel de la crise financière et économique mondiale, pour affronter les défis mondiaux. Toutefois, la condition requise pour assurer un partenariat transatlantique viable est que les Américains reconnaissent également les inquiétudes justifiées de l’Europe dans les échanges transatlantiques.

Dans l’Union européenne, nous disposons de normes particulièrement élevées, par exemple en matière de protection des consommateurs, de bien-être des animaux et de protection de l’environnement. Nous voulons que les produits que les États-Unis fournissent à l’Europe respectent aussi ces normes. J’espère que le nouveau président et son nouveau gouvernement mettront tout en œuvre pour introduire ces normes aux États-Unis. Nous n’aurons alors pas de problèmes non plus.

Je suis convaincu que la présente proposition de résolution sera adoptée demain, car je pense qu’elle présente tous les éléments nécessaires à de bonnes relations.

 
  
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  José Manuel García-Margallo y Marfil, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques et monétaires. (ES) Monsieur le Président, je voudrais tout d’abord remercier le rapporteur pour le travail qu’il a accompli afin de présenter aujourd’hui au Parlement un rapport complet, rigoureux et extraordinairement opportun.

La présidence et la commissaire ont évoqué les prochains rendez-vous que nous avons, en commençant par le sommet de Londres, suivi de celui de Prague, où l’Union européenne et les États-Unis entameront une nouvelle relation, dans la foulée de l’élection du président Obama.

Je voudrais me concentrer sur le rapport de la commission des affaires économiques et monétaires, qui a effectué un bon travail, adopté à l’unanimité et axé sur les objectifs suivants.

Le premier objectif consiste à sortir de la crise. Soit nous en sortons ensemble, soit nous n’en sortirons pas. En ce moment, nous avons les paquets fiscaux les plus importants que notre génération ait connus depuis la crise de 1929. Leur impact sera plus grand et le coût demandé aux contribuables sera moindre si nous sommes capables de coordonner nos efforts.

Le deuxième objectif vise à réformer l’architecture financière institutionnelle, qui s’est révélée si inopérante dans la crise actuelle, et à rétablir la transparence des produits, des institutions et des marchés. Si nous ne le faisons pas ensemble, nous ne serons pas capables de le faire. Comme la commissaire nous l’a rappelé, nous formons le plus grand bloc économique du monde et nous partageons, comme l’a précisé le rapporteur, des valeurs qui permettront ce rapprochement.

Le troisième objectif est l’intégration des marchés financiers de manière à mieux concurrencer les marchés émergents. À cette fin, il est nécessaire de rapprocher les marchés réglementaires qui permettent d’appliquer dans la pratique le principe de reconnaissance mutuelle et un meilleur contrôle par les autorités de chaque côté de l’Atlantique.

La commissaire a mentionné le quatrième objectif et l’a mieux présenté que moi: nous devons résister ensemble à la tentation de pratiquer le protectionnisme et il serait judicieux d’adopter une position commune lors du cycle de Doha.

Enfin, Madame la Commissaire, et surtout, nous devons ensemble apporter une solution aux déséquilibres mondiaux qui ont été, en grande partie, à l’origine de cette crise.

Nous devons créer un nouveau système monétaire international et il serait dommage que, en ne parvenant pas nous entendre avec notre principal allié, notre voix ne se fasse pas entendre dans le débat mondial.

 
  
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  José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra, au nom du groupe PPE-DE. (ES) Monsieur le Président, le partenariat entre les États-Unis et l’Union européenne se base essentiellement sur des valeurs et sur un énorme potentiel économique.

Le produit combiné des deux régions s’élève à 23 milliards, soit 60 % du produit intérieur brut mondial. Les deux régions représentent 60 % des échanges mondiaux et ont pu mobiliser 75 % des investissements nets mondiaux.

Le rapport rigoureux et équilibré que le rapporteur, M. Millán Mon, nous a présenté ne pouvait pas arriver à un moment plus opportun, comme il vient de le dire, puisqu’il coïncide avec la première visite en Europe du président des États-Unis récemment élu, qui participera au sommet du G20, à l’anniversaire de l’OTAN et au sommet extraordinaire entre l’Union européenne et les États-Unis.

L’Union européenne et les États-Unis doivent être capables d’agir de manière à consolider un leadership dont il convient, à mon avis, de renouveler trois aspects.

Premièrement, nous devons préserver les principes et les valeurs qui renforcent cette alliance transatlantique.

Deuxièmement, il nous faut davantage d’ambition dans le dialogue transatlantique à propos de sujets que tant le rapporteur que la commissaire ont abordés: l’Iran, l’Irak, le Moyen-Orient, l’Afghanistan, etc.

Troisièmement, nous devons tâcher de susciter un nouveau dialogue sur les aspects stratégiques relatifs aux questions mondiales, telles que la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire et énergétique, la lutte contre le changement climatique, etc.

Monsieur le Président, il est tout à fait clair que l’Europe que nous souhaitons établir en tant que «puissance» ne pourra pas se consolider face aux États-Unis, mais plutôt aux côtés des États-Unis, comme deux partenaires qui partagent une certaine vision du monde et certaines valeurs et qui se respectent mutuellement.

Cela ne signifie pas, Monsieur le Président, que l’Union européenne doit émettre un chèque en blanc: elle doit défendre ses positions en cas de besoin, comme sur les questions de la peine de mort, sur le Tribunal pénal international, le protocole de Kyoto, Guantánamo et les lois à effet extraterritorial, et les États-Unis devront respecter l’Union européenne en tant que facteur de stabilité et d’équilibre dans le monde.

Monsieur le Président, la nouvelle secrétaire d’État, Hillary Clinton, l’a très bien résumé - et je termine par là - quand elle a déclaré, devant la commission des affaires étrangères du Sénat: «L’Amérique ne peut pas résoudre seule les problèmes les plus urgents et le monde ne peut pas les résoudre sans l’Amérique.»

 
  
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  Adrian Severin, au nom du groupe PSE. (EN) Monsieur le Président, les États-Unis d’Amérique ont besoin d’États-Unis d’Europe qui soient forts. L’Union européenne a besoin d’une Union américaine forte. Ensemble, les États-Unis et l’Union européenne pourraient être les garants de la sécurité et de la stabilité du monde, et proposer un modèle pour l’ordre mondial.

Ce rapport ne traite pas seulement du renforcement des relations transatlantiques, mais aussi de leur rééquilibrage. Il existe des asymétries entre les deux rives de l’Atlantique, qui affectent de manière négative la coopération transatlantique. Par conséquent, le renforcement de la politique de l’Union européenne est essentiel pour la future coopération avec les États-Unis. Il permettra un meilleur partage des tâches dans le respect des obligations internationales des deux parties.

Entre ces deux partenaires stratégiques objectifs, il est nécessaire d’approfondir et de mieux structurer les relations ainsi que l’institutionnalisation de ces relations. Le rapport que nous examinons aujourd’hui recommande un renforcement du partenariat stratégique et expose le processus qui y mène. Dans cet esprit, nous devrions envisager la création d’un véritable organe confédéral transatlantique régissant nos relations avec les États-Unis d’Amérique.

Dans le même temps, la consolidation du partenariat stratégique transatlantique devrait offrir une nouvelle occasion de faire progresser la coopération avec le troisième acteur majeur de l’hémisphère nord, à savoir la Russie. Les relations entre les États-Unis et l’Union européenne ne devraient pas être considérées comme une alliance transatlantique contre la Russie, mais comme un point de départ en vue de mettre en place une formule de coopération trilatérale visant à maintenir la sécurité et la stabilité mondiales.

Pour conclure, notre priorité n’est pas d’exprimer nos attentes en nous trompant nous-mêmes, mais de nous appuyer sur des hypothèses réalistes au sujet de ce que l’Union européenne et les États-Unis pourraient accomplir, tout en augmentant notre capacité à produire des résultats. À cet égard, nous soutenons la recommandation du rapport. Permettez-moi, à titre personnel, de remercier M. Millán Mon de son aimable et remarquable coopération afin de donner forme à ces recommandations.

 
  
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  Sarah Ludford, au nom du groupe ALDE. (EN) Monsieur le Président, je voudrais parler des questions de justice et de sécurité abordées dans le présent rapport, non pas parce que je ne m’intéresserais pas aux aspects économiques, mais parce que je ne dispose que de trois minutes.

Il existe clairement un besoin vital de coopération transatlantique afin de lutter contre le terrorisme et la grande criminalité, mais elle doit s’effectuer dans le plein respect de la primauté du droit - tant national qu’international - et des droits fondamentaux. Pour le partage des données, toutefois, il doit exister un cadre juridique solide et contraignant en matière de protection des données.

La démonstration la plus claire de ce changement d’approche de la part du président Obama est l’intention de fermer Guantanamo Bay. C’est une très bonne chose, et cette Assemblée a appelé les États membres à répondre positivement à une demande officielle des États-Unis de donner asile à quelque 60 anciens détenus à faible risque ou ne présentant aucun risque, qui ne seront pas poursuivis. Cette demande a été officiellement présentée la semaine dernière à l’occasion de la visite du vice-président Barrot et du ministre Langer, et j’espère qu’un résultat suivra prochainement. Je pense que la disposition actuelle des Américains à donner eux-mêmes asile à certains d’entre eux, comme les 17 Ouïghours, y aidera.

Il serait également bon que le président Obama puisse aller plus loin que son décret du mois de janvier, et annoncer la fermeture de tous les centres de détention de la CIA ainsi que la fin complète des transferts exceptionnels de prisonniers. La divulgation complète de ce qui s’est passé au cours des sept dernières années et demie, y compris le recours honteux à la «sous-traitance» de la torture, est nécessaire pour garantir que cela ne se reproduira pas, et surtout que l’Europe ne rééditera pas cette collusion.

Ce rapport, qui adopte un amendement que j’ai moi-même déposé, demande instamment à la nouvelle administration américaine de ratifier le statut de la Cour pénale internationale, et d’y adhérer. Cela aurait évidemment pour effet de renforcer cette juridiction. L’abolition de la peine de mort par les États-Unis donnerait également l’exemple au monde.

L’entrée en vigueur rapide des accords conclus entre l’Union européenne et les États-Unis en matière d’extradition et d’assistance juridique donnerait une forte impulsion à la coopération dans le domaine du droit pénal, de même que l’élimination de la zone grise qui rend possible les vols de transferts de prisonniers. Mais cette coopération ne peut être soutenue que si elle garantit un traitement équitable. Un habitant de ma circonscription est sous la menace d’une extradition et risque de passer des décennies dans une prison-forteresse parce qu’il a piraté l’ordinateur du Pentagone. Il est alarmant de constater qu’il y est parvenu, mais c’est un fana d’informatique, et non un terroriste, et il est atteint du syndrome d’Asperger. Les États-Unis devraient renoncer à leur demande d’extradition, et laisser le Royaume-Uni le poursuivre, le cas échéant.

Enfin, je voudrais aborder le sujet des amendements du groupe ALDE concernant les jeux d’argent en ligne. Il est important de parvenir rapidement à une solution à ce litige, qui concerne les interdictions et les poursuites intentées par les États-Unis au détriment des seuls opérateurs internet européens de jeux de hasard, dans le cadre de procédures judiciaires illégalement sélectives. Les États-Unis affirment devant l’OMC que tous les paris sur internet sont interdits, mais ce n’est pas vrai. Les paris en ligne sur les courses de chevaux basés aux États-Unis, ainsi que les loteries nationales publiques, sont tolérées, mais seuls les opérateurs étrangers sont poursuivis.

Je n’ai pas d’affection particulière pour le jeu sur internet - en fait, il m’inquiète - mais les traitements discriminatoires témoignant d’un mépris éhonté des règles de l’OMC n’ont pas leur place dans une relation transatlantique saine. D’ailleurs, c’est aussi le cas des visas, et j’espère donc que nous obtiendrons très bientôt une exemption de visa pour tous les citoyens de l’Union européenne.

 
  
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  Konrad Szymański, au nom du groupe UEN. (PL) Monsieur le Président, il n’existe probablement aucun problème international important que nous puissions résoudre seuls. Je ne parle pas seulement de l’Iran, de l’Irak ou de l’Afghanistan. Les principes mêmes de l’ordre international sont ébranlés par le terrorisme international. Il est nécessaire de réformer les conventions de Genève pour pouvoir mieux réagir face aux menaces qui ne concernent pas un État particulier.

En dépit des déclarations optimistes, l’avenir de l’OTAN est remis en question aujourd’hui. Si l’alliance doit rester la garantie de notre sécurité, les pays européens doivent réaffirmer leur engagement politique et militaire. Cependant, notre coopération devrait être pragmatique; nous devons admettre que les États-Unis représentent un modèle de démocratie différent, mais tout aussi valable, et nous devons faire preuve de modération lorsque nous donnons des conseils concernant la législation internationale, le Tribunal pénal international ou la peine de mort.

 
  
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  Joost Lagendijk, au nom du groupe des Verts/ALE. – (NL) Monsieur le Président, nous sommes à la veille de nouvelles relations entre l’Union européenne et les États-Unis. Nous savons tous à quel point ces relations ont souffert à cause des huit années de présence de George W. Bush à la Maison blanche. C’est pourquoi tant d’Européens se sont réjouis de l’élection de Barack Obama et de sa promesse d’aborder certains domaines d’une manière radicalement différente. Le rapport de M. Millán Mon évoque toutes ces questions essentielles. Citons, par exemple, l’approche commune sur le changement climatique et la crise financière et économique ou encore la nécessité d’adopter une nouvelle stratégie en Afghanistan et au Pakistan et la fermeture du centre de détention de Guantánamo. Cette dernière question, concernant Guantánamo, a été l’une des erreurs qui ont fortement nui à l’autorité morale des États-Unis dans le monde entier. Des questions telles que la torture et les redditions extraordinaires en sont d’autres exemples. Le président Obama a l’intention de mettre fin à de telles pratiques, ce que mon groupe aussi soutient avec ferveur.

Une autre décision, qui est peut-être moins marquante, mais qui, à mes yeux, est également déplorable et qui doit être annulée, et ce, le plus rapidement possible est le refus des États-Unis de coopérer avec le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye. Pire encore, par vengeance, le Congrès américain a adopté la loi de protection des membres des services des États-Unis un mois après la création du TPI en juillet 2002.

Que dit au juste cette loi? Elle interdit aux institutions et aux citoyens américains de coopérer avec le TPI ou de lui transmettre des renseignements. Elle oblige les Américains à obtenir une garantie internationale d’immunité avant de participer à des opérations des Nations unies. En d’autres termes cette loi rend les poursuites impossibles. Les pays qui adhèrent au TPI peuvent être sanctionnés pour cela et les États-Unis les sanctionnent effectivement. Enfin, j’aborde l’élément qui a suscité le plus d’agitation dans mon propre pays, les Pays-Bas: cette loi accorde au président américain tous les moyens nécessaires - la possibilité de recourir à tous les moyens nécessaires - pour aboutir à la libération de tout membre du personnel américain qui serait détenu par le Tribunal pénal international. C’est la raison pour laquelle, aux Pays-Bas, nous appelons cette loi «The Hague Invasion Act» (loi sur l’invasion de La Haye).

Nous pourrions faire un tas de plaisanteries à cet égard, et c’est ce que nous avons fait, tout à fait à juste titre. Mais cela peut nous amener à sous-estimer la signification de tout ceci. Cette loi constituait une réaction extrêmement hostile et très symbolique de la part du président Bush face à la création du TPI. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est une réaction tout aussi symbolique, mais, je l’espère, très amicale de la part du président Obama. Je lui recommande vivement d’abroger cette loi et de coopérer avec le TPI et je demande instamment à la Commission et au Conseil d’attirer l’attention du président sur cette question aussi lorsqu’ils le rencontreront la semaine prochaine.

 
  
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  Jiří Maštálka, au nom du groupe GUE/NGL. (CS) Monsieur le Président, chers collègues, j’ai lu le rapport avec grand intérêt et je peux dire franchement qu’il a causé chez moi une certaine confusion. Ce rapport comprend 61 points et il est exhaustif, mais je pense qu’il est très opaque. Il ignore complètement ou n’inclut pas des questions qui touchent fortement les gens ordinaires en République tchèque et en Europe. Je ne trouve aucun avis ferme sur la guerre qui est menée de manière très infructueuse par certains États de l’UE avec les États-Unis en Afghanistan. La position adoptée dans le présent rapport est inexplicablement circonspecte. Que signifie la demande d’«élaborer un nouveau concept stratégique»? L’affirmation que le Parlement européen «se félicite de la désignation de Richard Holbrooke en tant qu’envoyé spécial unique pour le Pakistan et l’Afghanistan» est absolument inappropriée dans un rapport de cette nature et n’est rien d’autre qu’un signe de clientélisme de la part du petit groupe de politiciens qui a pris la décision de bombarder la Yougoslavie il y a dix ans. Le rapport manque aussi totalement d’un point de vue clair sur l’intention de construire en Europe centrale des éléments du système national de défense antimissile des États-Unis, qui, soit dit en passant, constitue maintenant une pomme de discorde dans les relations internationales et relance les programmes de militarisation dans l’espace.

Bien que le rapport s’éloigne visiblement de la politique de deux poids, deux mesures en ce qui concerne l’Europe de l’Est et mette davantage l’accent sur la législation internationale, il s’apparente, dans l’ensemble, à un document militaire destiné au haut représentant de l’UE, Javier Solana. Le travail a été bien fait et il n’est pas nécessaire d’apporter des modifications fondamentales. Ce document réclame la création de deux nouveaux organismes communs à l’UE et aux États-Unis et une proposition à ce sujet. Je pense que les créations littéraires de ce type ne devraient pas être soumises au Parlement européen. Nous avons plutôt besoin d’une résolution sur la manière de traiter les questions fondamentales qui touchent le monde actuellement.

 
  
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  Bastiaan Belder, au nom du groupe IND/DEM. – (NL) Monsieur le Président, je partage tout à fait l’esprit qui prévaut dans le rapport de M. Millán Mon à propos de l’importance absolue pour l’Union européenne d’entretenir des relations transatlantiques saines. Le rapporteur a raison de parler de valeurs politiques et sociales réellement partagées.

Outre ces éloges, je voudrais également formuler quelques critiques. Je pense qu’il est dommage que le rapporteur ne recommande qu’incidemment, au point 35, une approche transatlantique commune à l’égard de la Chine. Il ne présente pas de propositions concrètes, et ceci en ces temps de crise mondiale et à l’approche du G20 de Londres, où tous les regards se tourneront vers les réserves financières et la puissance de Pékin. Il est vrai qu’au point 47 le rapporteur souligne effectivement les intérêts économiques transatlantiques communs, tels que le renforcement des droits de la propriété intellectuelle. Monsieur Millán Mon, qu’en est-il de la préoccupation commune, à savoir la Chine?

Ma deuxième observation porte sur la mise en perspective du multilatéralisme, une idée si souvent exprimée dans ce Parlement. Ce sont les États-Unis seuls, compte tenu de leur volonté politique et de leur capacité miliaire, qui sont disposés et aptes à assurer la stabilité et la sécurité mondiales. Procédons à une rapide comparaison avec l’Europe. La tâche de l’Europe consiste simplement à soutenir Washington de manière responsable et fiable. Pour moi, il s’agit purement d’une véritable coopération transatlantique, puisque, si les États-Unis ont besoin de l’Europe, nous devons savoir que l’Europe a bien plus besoin des Américains qu’ils n’ont besoin de nous. Nous devons tenir compte de ce point.

 
  
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  Jana Bobošíková (NI). - (CS) Chers collègues, je félicite M. Millán Mon pour son rapport utile et enthousiasmant sur l’état des relations transatlantiques. Comme je n’ai pas le temps d’effectuer ici une analyse détaillée, je voudrais simplement formuler quelques commentaires. Premièrement, le texte de la résolution, au point B, ne devrait pas affirmer avec tant de certitude que le traité de Lisbonne entrera en vigueur. Nous ne le savons pas encore. Deuxièmement, les sections qui abordent avec justesse la nécessité de réformer le système financier international, la Banque mondiale et le FMI n’incluent pas la nécessité de réformer et de réglementer de façon stricte les agences de notation. Ces agences ont attribué aux banques et aux compagnies d’assurance la meilleure note – un triple A - y compris à un moment où elles détenaient des actifs toxiques, où elles étaient de facto en faillite et où elles versaient des milliards à leurs dirigeants. Troisièmement, le point 24 fait référence au rapport d’un groupe américain de 16 nouvelles agences sur les tendances mondiales jusqu’à 2025. Je dois faire remarquer que des analyses similaires ont été menées en Russie et en Chine, mais ce rapport ne tient pas suffisamment compte de ces analyses. Quoi qu’il en soit, la Chine doit faire l’objet d’une plus grande attention. Je voudrais souligner que, comme l’a indiqué le Financial Times la semaine dernière, les trois plus grandes banques au monde, d’après leur capitalisation boursière, sont chinoises. Le PIB de la Chine rattrape celui des États-Unis. L’UE devrait adapter son comportement en conséquence. Quatrièmement, les points 31 et 32 contiennent une série de plans précis relatifs à la Russie. Le rapporteur parle de la nécessité d’avoir une coopération constructive, mais dès le point 33, l’UE et les États-Unis sont invités à mettre sur pied une stratégie commune concernant les six États de l’ex-URSS où l’on parle largement le russe et qui comptent également une population russe. Chers collègues, d’après le rapport, cette stratégie doit être mise en œuvre sans la Fédération de Russie. Si c’est le cas, je crois bien que nous ne parlons malheureusement pas de coopération constructive, mais de semer une série de conflits et j’espère que ce n’est pas ce que nous souhaitons.

 
  
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  Elmar Brok (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, Monsieur le Président en exercice du Conseil, chers collègues, l’Union européenne et ses États membres et les États-Unis d’Amérique font autorité en matière de liberté et de démocratie. Ils attachent plus d’importance aux valeurs que presque tout autre État de cette planète.

Les États-Unis ont à nouveau prouvé au cours des dernières élections qu’ils sont capables de renouveau et de rajeunissement dans ce processus fondé sur les valeurs et la démocratie. Dans cet ordre mondial, comme l’a encore montré la crise du crédit, il est primordial que les Européens collaborent plus étroitement avec les Américains et mettent en commun leurs intérêts, car c’est uniquement de cette manière que nous pourrons établir des normes et approfondir les relations entre nos États.

C’est la raison pour laquelle j’estime que le rapport de M. Millán Mon est extrêmement important en ce moment. Nous devons nous efforcer de faire avancer à grands pas le Conseil économique transatlantique et nous devons appliquer une politique qui supprime les obstacles non tarifaires au commerce afin de nous assurer que les intérêts sont mis en commun, qu’un marché transatlantique est réalisé et que les relations politiques sont ainsi approfondies de manière permanente.

Nous devons reconnaître ici que cela ne se produira que si les parlements y participent, puisque c’est uniquement grâce à eux qu’il est possible d’adapter correctement la plupart des règlements et que ce processus et les propositions relatives au dialogue transatlantique des législateurs et à l’assemblée transatlantique revêtent une importance cruciale.

En outre, il est capital d’élaborer aujourd’hui des stratégies à long terme, d’être en mesure d’établir des plans communs et que les deux parties sachent quels seront nos intérêts communs dans dix ou vingt ans, afin de pouvoir fonder notre politique concrète sur ces éléments. Je crois aussi que cela donnera à la République tchèque un point de départ qui lui permettra de souligner ces éléments lors de la réunion du 5 avril avec les États-Unis, afin de pouvoir assurer un lien plus fort dans notre intérêt commun.

Pour terminer, tout cela fonctionnera uniquement si l’Union européenne est un partenaire plus solide et plus honorable, si elle possède quelque chose comme le traité de Lisbonne et si elle jouit d’une liberté d’action dans la politique étrangère. Je dois donc également demander que nous protégions nos intérêts maintenant et que nous nous rappelions que nous devons accomplir ces progrès pour pouvoir entamer un véritable partenariat avec les États-Unis d’Amérique, d’égal à égal.

 
  
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  Erika Mann (PSE). - (EN) Monsieur le Président, je voudrais dire quelques mots de nos relations économiques. Je tiens à remercier mon collègue, M. Millán Mon, pour son excellent rapport.

Il faut que nous nous rappelions ce que nous voulons réaliser. Je veux dire par là que c’est le Parlement européen, qui a reçu beaucoup plus tard le soutien du Conseil et de la Commission, qui avait formulé cette idée de relation économique plus forte et de création d’un marché transatlantique. Cette idée d’un marché transatlantique a été suivie par celle d’un Conseil économique transatlantique (CET). Chacune de ces initiatives ne peut survivre que s’il y a un fort soutien des deux côtés. La présence d’un nouveau gouvernement aux États-Unis ne signifie pas automatiquement un fort soutien au Conseil économique, étant donné qu’une immense crise économique et financière nous occupe actuellement.

Par conséquent, je demande instamment à la Commission et au Conseil de veiller à ce que le Conseil économique transatlantique reçoive tout l’appui nécessaire, ce soutien n’étant pas automatiquement acquis.

Je voudrais simplement vous rappeler les trois points à l’ordre du jour, qui sont très importants et qu’il nous faut résoudre d’une manière ou d’une autre. L’un d’entre eux est l’agenda des différends commerciaux. Cet agenda est encore très vaste, mais je voudrais me concentrer sur un sujet important, à savoir l’affaire Airbus-Boeing, qui a été portée devant l’OMC et qui est constamment reportée. Je vous demande instamment de trouver une solution. Cette question n’est pas à l’ordre du jour du CET, mais nous allons devoir trouver rapidement une solution, faute de quoi nous aurons des difficultés dans un secteur capital.

Ma deuxième demande vise à ce que vous fassiez en sorte que nous disposions enfin d’une feuille de route, et que la transparence soit établie sur les types de sujets qui seront débattus au sein du CET. Nous l’avons demandé à de nombreuses reprises. Je sais bien que le Conseil y travaille, mais nous n’avons pas encore réalisé de progrès notables. Nous aimerions qu’une audition sur la sécurité des conteneurs associant les deux parties soit organisée très prochainement. Cela a été convenu lors de notre dernière réunion du CET, mais un suivi sera nécessaire.

Mon dernier point est le suivant: faire en sorte qu’en ce qui concerne les industries à forte intensité énergétique, vous signaliez à l’attention du CET l’idée consistant à identifier en commun des critères de référence. C’est la seule manière de résoudre les problèmes posés par les industries à forte intensité énergétique.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. DOS SANTOS
Vice-président

 
  
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  Anneli Jäätteenmäki (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, la semaine prochaine, le président des États-Unis, le président Obama, voyagera en Europe pour sa première visite à l’étranger afin de montrer son engagement en faveur d’une alliance et d’un dialogue transatlantiques.

Par son élection à la présidence, il a apporté l’espoir et le changement, non seulement aux États-Unis, mais pour le monde entier, et aussi en Europe. Il est impératif que l’Union européenne mette en place des réseaux de communication afin de garder un dialogue solide avec les États-Unis sur de nombreuses questions clés, comme le conflit au Moyen-Orient, la crise économique et le changement climatique. Ces questions sont des problèmes mondiaux et, par conséquent, elles doivent être discutées dans le cadre d’une coopération internationale, avec les États-Unis, l’Union européenne, les États européens, la Chine, l’Inde et tous les États du monde.

 
  
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  Bogusław Rogalski (UEN) . – (PL) Monsieur le Président, l’élection présidentielle aux États-Unis a ouvert une nouvelle ère dans l’histoire des relations avec ce pays et une nouvelle ère pour ce pays lui-même. J’espère que cela représentera pour les États-Unis un changement empreint d’évolution et non de révolution.

Je suis toutefois très préoccupé par les relations étranges, et qui se consolident, entre les États-Unis et la Russie aux dépens d’accords internationaux conclus avec certains pays européens, comme la Pologne ou la République tchèque, par exemple. Sur la question de la construction d’un bouclier antimissile, par exemple, les États-Unis sont revenus sur les engagements précédents envers ces pays. Rappelons également les visas que les États-Unis exigent toujours de certains États membres. Cela ne devrait pas se produire dans les relations transatlantiques entre l’UE et les États-Unis.

Le renforcement de la coopération transatlantique est une affaire particulièrement importante dans la lutte contre le terrorisme, laquelle doit avant tout se baser sur le respect de la législation internationale. Comme Barack Obama l’a déclaré: «Aucune nation isolée, quelle que soit sa taille ou sa puissance, ne peut venir seule à bout de tels défis.» Souvenons-nous en dans cette Assemblée, car il me semble souvent que nous pensons que l’Union européenne sera capable de relever ce défi mondial seule.

 
  
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  Zbigniew Zaleski (PPE-DE). - (PL) Monsieur le Président, dans son document, notre collègue M. Millán Mon, tout comme la commissaire et le ministre, a présenté des solutions, des stratégies et des objectifs envisageables, qui devraient nous guider dans notre coopération avec les États-Unis. Je voudrais revenir sur une autre réflexion et la partager avec vous.

Je pense que le slogan électoral de Barack Obama - «Le changement dont nous avons besoin» - nous concerne également, nous les Européens. Je pense à un changement d’attitude de notre part à l’égard des États-Unis. D’une part, nous admirons la richesse, l’économie, les sciences, le cinéma, la musique et la liberté de ce qui constitue historiquement une jeune société. D’autre part, nous montrons de l’antipathie, voire de l’hostilité - c’est le cas de bon nombre de députés de gauche - face à la politique américaine, à la piété américaine et au capitalisme américain. Paradoxalement, la Russie est une amie fidèle, quels que soient ses actes, y compris les pires attentats, comme l’assassinat de journalistes, et les États-Unis sont un partenaire déguisé en ennemi, un ennemi qui, il est vrai, a aidé l’Europe à se libérer des nazis et qui n’était pas obligé de faire de tels sacrifices, mais qui l’a fait de son propre gré. Les États-Unis sont perçus comme un ennemi qui a participé à la reconstruction de l’Europe, mais malgré cela, ils n’ont pas acquis le titre de partenaire de coalition permanent.

Je parle donc de normes et d’avis appropriés, fondés sur le bon sens, et pas sur la seule idéologie correcte et honnête, comme s’il s’agissait d’un écho revenant de Moscou. Tout ce qui est mauvais ou incorrect à propos des États-Unis doit être évalué en conséquence, mais tout ce qui est positif et qui pourrait nous aider à réaliser les objectifs de l’UE doit être apprécié. La coopération doit se fonder sur des réalités, ainsi que sur une volonté permanente de résoudre les problèmes ensemble. Les nombreuses déclarations, les applaudissements, les amendements et les résolutions complètes que la gauche a déposées ces quatre dernières années et dont j’ai eu l’occasion d’être le témoin ont souvent été sous-tendues par une attitude négative généralisée, qui n’était pas nécessairement étayée par des faits. Permettez-moi de prononcer une dernière phrase, monsieur le Président. Barack Obama n’est devenu président que par la volonté de la nation, une nation avec qui ça vaut la peine de coopérer, une nation qui protège les valeurs auxquelles nous attachons également de l’importance.

 
  
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  Libor Rouček (PSE). - (CS) Chers collègues, l’Europe et les États-Unis font face à toute une série de problèmes et de défis mondiaux. La crise financière et économique, les problèmes du réchauffement de la planète, le terrorisme, la prolifération des armes nucléaires, les problèmes non résolus et les conflits au Moyen-Orient, en Irak et en Afghanistan et bien d’autres problèmes. Ni l’Union européenne ni les États-Unis ne peuvent résoudre tous ces problèmes sans une indispensable coopération mutuelle, comme la coopération stratégique et un partenariat stratégique du genre de celui qui a été discuté ici. Un partenariat fondé sur des valeurs communes en matière de liberté, de droits humains et civils et de démocratie, des valeurs qui ont prouvé leur grandeur ces 60 dernières années.

L’arrivée du nouveau gouvernement aux États-Unis a suscité ici une énorme volonté de coopérer. Il y a quelques semaines, plusieurs d’entre nous ont eu l’occasion de se rendre à Washington et de discuter non seulement avec des sous-secrétaires du département d’État, mais également avec nos homologues du Congrès, du Sénat et de diverses institutions scientifiques. L’Europe montre une volonté de coopérer, de mener des actions ensemble et de résoudre conjointement des questions. Je voudrais donc aussi adhérer à l’appel des députés européens qui demandent d’entamer une collaboration bien plus étroite et plus intense avec nos homologues américains.

Toutefois, la coopération stratégique entre l’Europe et les États-Unis ne devrait pas se retourner contre des pays tiers, contre des partenaires tels que la Russie ou la Chine. Par exemple, il n’est pas possible de résoudre les questions du désarmement ou du contrôle des armes nucléaires sans la coopération de la Russie. Je me réjouis donc, entre autres, de la reprise des négociations sur le traité START, et des discussions avec nos partenaires russes sur la question des systèmes américains de défense antimissiles en Europe. Tout cela est important. Je voudrais conclure en souhaitant à la présidence tchèque beaucoup de succès lors du prochain sommet qui se tiendra à Prague, et en remerciant M. Millán Mon pour son rapport.

 
  
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  Ignasi Guardans Cambó (ALDE). - (ES) Monsieur le Président, Gordon Brown a déclaré récemment dans un discours qu’il a prononcé aux États-Unis, à Washington, en tant que premier dirigeant européen intervenant dans cette capitale, que, de mémoire de politicien, il ne se souvenait pas d’une époque où l’Europe était aussi bien disposée à l’égard des États-Unis. C’est certainement vrai. Il n’y a jamais eu autant de pro-américanisme, autant d’américanisme, pourrions-nous dire, dans l’ensemble de nos sociétés et, évidemment, dans l’ensemble des élites politiques, culturelles et sociales.

Nous devons en tirer profit. C’est un sentiment commun qui va au-delà de la sympathie personnelle pour le nouveau gouvernement et qui s’ajoute à un vaste programme commun sur lequel nous pouvons travailler, que nous avons entre les mains et qui est très bien expliqué dans le rapport sur lequel nous devrons voter demain.

Cependant, il est également très important de bien se rendre compte que, bien que nous partagions beaucoup de choses, nos intérêts ne sont pas toujours identiques et que, par conséquent, dans certains domaines, comme des amis qui se parlent maintenant face à face, qui se regardent dans les yeux et qui sont capables de travailler ensemble, nous aurons toujours des points de divergence. C’est d’autant plus vrai que nous servons des sociétés différentes et je parle tout particulièrement des domaines économique et commercial, où il reste des questions que nous devrons résoudre en nous appuyant sur la meilleure collaboration possible, sans toutefois oublier la position de chaque partie.

Dans ce contexte, l’Union européenne doit faire son autocritique sur ce qu’elle devrait faire et sur ce qu’elle devrait améliorer pour être crédible. Nous savons que dès que le traité de Lisbonne sera adopté, nous disposerons d’instruments plus clairs et nous pourrons alors les mettre en œuvre. Dès maintenant, nous devons être conscients que si nous voulons nous faire respecter et apparaître sur l’écran radar des États-Unis, nous devons également revoir notre mode de fonctionnement.

 
  
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  James Elles (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, je pense que nous avons affaire à un rapport très important, étant donné que notre rapporteur, Francisco Millán Mon, s’est montré capable de recueillir la quasi-unanimité de la commission des affaires étrangères. Je n’ai encore jamais assisté à cela dans le passé: tous les groupes s’alliant véritablement pour montrer qu’ils sont favorables à un partenariat transatlantique plus solide. J’ai en effet noté que, dans ce rapport, nous qualifions maintenant ce partenariat de «partenariat stratégique le plus important» que nous ayons. Nous en avons beaucoup d’autres, mais celui-ci est pour nous, dans l’Union européenne, le tout premier.

Comme mentionné précédemment, il y a un nouveau ton, mais j’ai également le sentiment qu’il s’agit d’une nouvelle tonalité de la part des Américains, qui cherchent à savoir ce que l’Europe peut faire pour être un partenaire au sein du système mondial, et que nous allons devoir réfléchir à ce que nous pouvons apporter à ce processus.

Je pense que le point d’orgue de ce débat a été le moment où vous avez affirmé, Madame la Commissaire, que ce que nous recherchons était un dialogue de nature plus stratégique, la capacité à examiner les tendances à long terme, comme le fait le rapport NIC 2025, à regarder plus loin pour voir que nous pouvons partager une analyse commune, à décider des actions communes consécutivement à cette analyse. Je présume que cela nécessitera l’élaboration d’actions au sein de l’Union européenne, peut-être notre soutien au budget 2010, si nous voulons être en mesure de formuler notre propre réflexion à long terme - car il y a très peu de réflexion à long terme, que ce soit à la Commission ou même dans notre Assemblée, sur les tendances à long terme constatées dans le rapport du NIC.

Ce faisant, nous allons devoir trouver un moyen d’établir des conditions plus équitables pour la participation des Européens et des Américains à ces débats. Au cours des cinq dernières années, nous avons assisté à un afflux considérable de think tanks américains venus à Bruxelles nous dire ce que nous devrions faire dans certains domaines politiques particuliers, mais on entend très peu de choses sur les Européens capables de faire savoir aux Américains, à Washington, quelles sont nos idées à propos de l’élaboration de la politique européenne. Nous devons nous concentrer sur ce point et mettre à disposition les ressources budgétaires appropriées afin de produire ce type d’effets, de façon à obtenir, dans nos discussions transatlantiques, un équilibre entre notre apport et l’apport américain.

 
  
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  Ana Maria Gomes (PSE). - (EN) Monsieur le Président, sauvé par l’élection d’Obama des cendres laissées par l’administration Bush, le partenariat transatlantique ne suffit plus si nous voulons résoudre les principaux défis auxquels l’humanité est confrontée, mais il reste quand même nécessaire.

L’Europe doit profiter de cette occasion et définir avec les États-Unis une stratégie de sortie de l’actuelle crise mondiale, en préservant la sécurité humaine - et cela ne signifie pas seulement la réforme du système financier international, mais aussi la réglementation de l’ensemble du processus de mondialisation et l’investissement dans une économie durable à la l’échelle mondiale.

Nous avons besoin de plus d’Europe, et d’une Europe plus forte, pour aider Obama à fermer Guantanamo, à mettre un terme aux prisons secrètes, à définir une autre stratégie pour les problèmes de sécurité en Afghanistan, au Pakistan, en Iran et au Soudan, et à instaurer la justice et la paix pour les Israéliens et les Arabes.

Il nous faut une Europe plus forte et un véritable partenariat avec les États-Unis en vue d’atteindre les objectifs de développement du millénaire. Nous ne serons pris au sérieux à Washington que si nous disposons d’une Union européenne capable de partager les tâches à accomplir et d’assumer ses responsabilités à l’échelle mondiale, d’une UE qui ne soit pas seulement la somme de ses parties, et nous serons alors en mesure d’influer sur les politiques de l’administration Obama, et nous pourrons faire naître le véritable partenariat transatlantique dont le monde a encore besoin.

 
  
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  István Szent-Iványi (ALDE). - (HU) Dans le discours qu’il a prononcé à Berlin l’année dernière, Barack Obama a déclaré que les États-Unis n’ont pas de meilleur partenaire que l’Europe. Il est grand temps que nous déclarions également que nous n’avons pas de meilleur partenaire ou de partenaire plus important au monde que les États-Unis d’Amérique. Nous devons rechercher des alliés parmi les États avec qui nous partageons des valeurs et des intérêts communs, et non parmi les États qui sont très éloignés de nous.

L’Europe n’a pas d’autre solution que ces relations transatlantiques. L’ensemble du monde occidental fait face à des défis majeurs: le terrorisme international, la prolifération nucléaire, le changement climatique et la crise économique. Face à ces défis, nous ne pouvons que réussir et obtenir des résultats si nous nous unissons.

Pour ce qui est de la crise économique, la tentation du protectionnisme se fait ressentir dans tous les pays. Aux États-Unis aussi, depuis, comme nous le savons, qu’ils ont annoncé un programme «Achetez américain». Nous devons agir ensemble contre le protectionnisme, car, en fin de compte, le protectionnisme ne nous protège pas, puisqu’il porte préjudice à tous.

La première visite et tournée européenne de M. Obama suscite de grandes attentes. Nous espérons que le sommet du G20 jettera les fondations d’une réponse institutionnelle commune et présentera des règles communes qui nous permettront de vaincre la crise économique mondiale.

L’Europe a l’ambition d’être un acteur international majeur. Le traité de Lisbonne en apporte les conditions préalables du point de vue institutionnel, mais rien ne remplacera la volonté politique. Nous devons assumer un rôle plus important sur la scène internationale, car ce n’est qu’alors que nous pourrons réaliser nos ambitions.

 
  
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  Călin Cătălin Chiriţă (PPE-DE). - (RO) Je voudrais remercier M. Millán Mon pour son excellent rapport sur les relations transatlantiques.

En tant que députés du Parlement européen, nous devons insister pour que l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique élaborent une stratégie commune pour six États de l’Europe de l’Est, la Moldavie, l’Ukraine, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Belarus, qui sont au cœur de la politique européenne de voisinage, afin de pouvoir obtenir des résultats concrets et à long terme dans la mise en œuvre du nouveau partenariat oriental et en ce qui concerne la synergie de la mer Noire. Je me félicite de l’ajout de mon amendement à ce sujet dans le présent rapport et je voudrais remercier mes collègues de soutenir cette idée.

Un autre élément qui revêt un intérêt particulier est la proposition du rapporteur de supprimer les visas pour tous les citoyens européens qui souhaitent se rendre aux États-Unis. Tous les citoyens européens doivent être traités de façon égale. Il est inacceptable que certains citoyens de l’Union européenne soient considérés comme des citoyens de seconde classe.

Je voudrais souligner le progrès concret et considérable qui a été accompli en matière de dispense de visa. Par exemple, de nouveaux passeports biométriques ont été introduits en Roumanie en janvier 2009: ils sont munis d’une puce qui contient les données à caractère personnel des citoyens et 50 éléments de sécurité, soit 18 de plus que sur les passeports actuels. Toutefois, je pense que les passeports biométriques ne doivent pas constituer une condition justifiant leur exclusion du programme de dispense de visa.

L’inclusion de tous les États membres de l’Union européenne dans le programme de dispense de visa doit être une priorité dans le dialogue entre la Commission européenne et les États-Unis

 
  
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  Józef Pinior (PSE). - (PL) (micro initialement éteint) (...) comme le président Barack Obama intitule le message qu’il adresse à l’occasion du sommet du G20 à Londres. La crise économique est devenue un défi pour le monde entier, mais elle constitue également une occasion d’approfondir et de reformuler les relations transatlantiques. Le rapport de M. Millán Mon présente les aspects stratégiques du partenariat entre l’Union européenne et les États-Unis. Il témoigne clairement de l’importance que le Parlement européen attache aux relations transatlantiques.

Ce nouveau chapitre des relations entre l’UE et les États-Unis devrait également servir à renforcer l’activité des institutions de l’UE aux États-Unis. Je pense aux institutions européennes, aux universités européennes et aux fondations européennes. Le moment est opportun pour reformuler notre partenariat, pour que l’Europe montre à Washington même et aux États-Unis le potentiel de l’Union européenne d’aujourd’hui et le potentiel de la science européenne, de la culture européenne et de la civilisation européenne. Nous devrions profiter du fait que les États-Unis ont un nouveau président, un président qui présente l’Amérique telle que l’Europe l’a toujours vue comme symbole de la démocratie et de la liberté.

 
  
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  Toomas Savi (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, le président Obama a déclaré: «L’Amérique n’a pas de meilleur partenaire que l’Europe». Je crois que je parle au nom de beaucoup d’entre nous en affirmant que cette notion est réciproque. L’élection du Président Obama a inauguré un nouveau chapitre dans les relations transatlantiques, qui avaient subi de graves revers. En tant que vice-président de la délégation pour les relations avec le Canada, j’ai même pu assister, à un moment donné, à une situation dans laquelle le Canada a fait office de médiateur entre l’Union européenne et les États-Unis.

Deuxième point: je me félicite de l’engagement du Président Obama en faveur de la diplomatie vis-à-vis de la République islamique d’Iran. Toutefois, en tant que partisan des Amis d’un Iran libre, j’espère que l’opposition démocratique en Iran y sera également associée. Les négociations avec l’Iran doivent être transparentes à tous égards. Cette nouvelle ère dans les relations entre l’UE et les États-Unis s’étendra également, nous l’espérons, à toutes les relations des États-Unis avec les pays tiers. Il convient à présent de répondre par des actes aux attentes du Président Obama vis-à-vis de l’Europe.

 
  
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  Alojz Peterle (PPE-DE). - (SL) Le nouvel agenda transatlantique était neuf en 1995. Beaucoup de choses ont changé depuis lors, ce qui explique que nous ayons besoin d’un nouvel accord de partenariat.

Vingt ans se sont écoulés depuis la chute du mur de Berlin, un événement qui a été suivi de l’élargissement historique de l’Union européenne. Durant cette période, nous avons été témoins de la vague tragique de terrorisme et des nouvelles menaces pesant sur la paix dans la région. De surcroît, nous avons pris davantage conscience du changement climatique et nous avons connu une crise financière, économique et énergétique. Il serait utile que nous fassions le point après la chute du communisme et que nous examinions l’état du monde en étant davantage sensibles à l’interdépendance des acteurs mondiaux. Il est nécessaire d’instaurer un partenariat plus étroit entre l’Union européenne et les États-Unis dans le contexte des nouveaux défis et perspectives.

Nous ne pouvons pas faire face seuls à une crise financière ou économique. Nous connaissons également une crise mondiale en matière de leadership. Nous devons progresser simultanément sur certains fronts. Nous ne réformerons pas le système financier international si le processus de Doha ne progresse pas et si nous n’œuvrons pas plus efficacement en faveur de la paix et de l’élimination de la pauvreté.

Si nous évoquons un multilatéralisme efficace, nous devons l’élaborer de manière à ce que chaque partie en sorte gagnante. «Yes, we can.» (Oui, nous le pouvons.)

Dans cet esprit, je suis partisan de consultations politiques régulières entre les deux partenaires et, notamment, d’un renforcement de la dimension parlementaire de la coopération en créant une assemblée transatlantique. En ce qui concerne le présent rapport, je suis particulièrement ravi de l’accent mis sur la suppression des obstacles qui entravent les investissements et la prestation de services financiers transatlantiques.

En conclusion, je me réjouis également de la volonté exprimée dans le rapport d’établir une coopération renforcée sur les programmes spatiaux, en particulier entre l’Agence spatiale européenne (ASE) et la NASA. Cela ne veut pas dire que je souhaite devenir astronaute, mais bien que je m’intéresse aux nouvelles technologies.

 
  
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  Helmut Kuhne (PSE). - (DE) Monsieur le Président, la grande majorité des citoyens de l’Union européenne, probablement la majorité des gouvernements de l’Union européenne et presque certainement la majorité de ce Parlement ont espéré en novembre que Barack Obama soit élu à la présidence. C’est une bonne chose, même s’il est possible qu’au cours de ce débat, certains députés aient fait preuve d’un léger scepticisme se demandant si tout cela était une si bonne chose.

Bien entendu, l’Europe doit représenter consciemment ses propres positions à l’avenir, mais l’époque des commentaires malveillants à l’égard des États-Unis est révolue, car nous ne pouvons plus tout rejeter sur George Bush quand cela nous arrange, et cela nous demande des efforts. La politique relative aux relations transatlantiques de la part de l’Union européenne, de la part de ce Parlement, ne peut plus simplement consister à adresser des exigences aux États-Unis; à présent, nous devons aussi répondre en apportant la contribution que nous souhaitons afin d’assurer l’efficacité de ce partenariat.

Prenez par exemple l’Afghanistan, que plusieurs députés ont mentionné. Que voulons-nous que l’Union européenne fasse pour améliorer et renforcer les missions de police, afin de faire avancer à grands pas le soutien civil et la reconstruction civile dans ce pays? Ce pourrait être la tâche de l’UE; l’OTAN peut se charger de l’aspect militaire. C’est un point dont nous devons discuter tout spécialement. Qu’avons-nous à offrir?

 
  
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  Janusz Onyszkiewicz (ALDE). - (PL) Monsieur le Président, pendant les 50 ans qui ont suivi la guerre, les fondements de la réflexion en matière de sécurité en Europe occidentale ont reposé sur une alliance étroite avec les États-Unis et sur le principe que la sécurité est indivisible et que la sécurité américaine est directement liée à la sécurité européenne. Il semble toutefois que la fin de la guerre froide et le report - espérons-le - indéfini d’un éventuel conflit majeur en Europe exige toujours que l’on ne remette pas ce principe en question. Au contraire, nous devons le soutenir et le considérer comme le fondement de notre réflexion sur notre sécurité commune.

Ensuite, je voudrais parler de ce que M. Kuhne a déclaré il y a un instant. Les États-Unis ont mis un terme à l’époque de l’action politique unilatérale et sont prêts à dialoguer avec l’Europe et à adopter des décisions communes avec l’Europe. La question est de savoir si nous sommes prêts à cela et si nous sommes disposés à faire preuve de fiabilité dans la mise en œuvre de ces décisions prises conjointement.

 
  
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  Tunne Kelam (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, M. Millán Mon a présenté un rapport à la fois important et excellent. Maintenant, la question est de savoir comment le mettre en œuvre sans perdre de temps.

La crise économique mondiale représente, pour les deux plus grandes démocraties du monde, une incitation à unir leurs forces sur la base de valeurs partagées et de systèmes économiques similaires, plus de la moitié du PIB mondial étant produite par les États-Unis et l’Union européenne. M. Severin a très bien observé la réciprocité stratégique qui veut que l’Europe a besoin d’États-Unis forts, et que les États-Unis ont besoin d’une Europe forte. Si ces deux partenaires pouvaient mieux coordonner leurs activités, et les coordonner plus efficacement, cela aurait un effet profondément positif sur la stabilité du monde ainsi que sur de très nombreux problèmes régionaux.

Oui, l’intérêt accru envers l’Europe, la plus grande flexibilité et la plus grande ouverture de la nouvelle administration américaine représentent une occasion dont il convient de tirer parti. Mais il est nécessaire de rappeler sans cesse que les relations avec les États-Unis continuent d’être le plus important partenariat stratégique de l’Union européenne. Mais le temps n’est plus aux déclarations, le temps de la mise en œuvre est venu, et ce rapport souligne trois priorités concrètes. Nous appelons à un accord sur un agenda commun à court et à long terme, ainsi que sur les questions mondiales et régionales. Nous demandons que l’on remplace cette relation vieille de 14 ans par un nouvel accord de partenariat transatlantique qui devrait également inclure un Conseil économique, et nous appelons à la création d’un Conseil politique transatlantique, ainsi qu’au renforcement des relations parlementaires sous la forme d’une assemblée transatlantique.

 
  
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  Martí Grau i Segú (PSE). - (ES) Monsieur le Président, l’élection du président Obama a donné lieu à un moment historique pour les États-Unis, dont l’importance toute particulière est largement ressentie et partagée en Europe.

Le président Obama est aujourd’hui tout à fait sur la même longueur d’onde que l’Europe en ce qui concerne une action politique fondée sur les concepts essentiels de «reconstruction» et de «redressement».

Le discours que le Premier ministre Gordon Brown a prononcé hier dans ce Parlement prouve clairement qu’il existe une compréhension mutuelle. Sans aucun doute, ces termes de «reconstruction» et de «redressement» méritent un leadership le plus proactif possible étant donné la crise actuelle, face à laquelle nous avons l’intention de nous diriger vers une économie verte, où la croissance et la protection de l’environnement ne s’opposent pas mais se complètent parfaitement.

Cependant, nous assistons également à une «reconstruction» et à un «redressement» des ponts entre l’Europe et les États-Unis, qui ont été endommagés au cours de la dernière décennie.

Le retour des États-Unis au multilatéralisme est un très bon signe pour l’Europe et assure la faisabilité de nos objectifs de paix, de justice et de prospérité dans le monde. Toutefois, ces dernières années, nous avons également constaté que les sociétés civiles de chaque côté de l’Atlantique se sont éloignées.

Nous devons, en tant qu’institutions européennes, encourager tous les types d’interaction entre les organisations, le monde universitaire, les moyens de communication et les acteurs sociaux afin de veiller à colmater cette brèche.

 
  
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  Luís Queiró (PPE-DE). - (PT) Contrairement à Mme Gomes, qui est intervenue il y a un instant et qui a déclaré que les relations transatlantiques ont repris grâce à l’élection du président Obama, je crois que l’annonce de la fin de ces relations a été clairement exagérée. Le rapport le prouve une fois encore et je félicite donc le rapporteur.

Pendant longtemps, l’Europe et les États-Unis ont entretenu une alliance vitale pour la prospérité, le développement et la mondialisation. Pendant longtemps, l’Europe et les États-Unis ont partagé des défis et même des ennemis communs, bien que certains, en particulier de ce côté de l’Atlantique, hésitent à le reconnaître. Pendant longtemps, aussi bien les Européens que les Américains ont su ce qu’ils devaient faire pour répondre aux besoins d’un monde qui reste injuste, inégal et dangereux et qui traverse aujourd’hui une crise mondiale.

Cependant, cette crise ne doit pas être une raison de faire marche arrière, de relâcher notre fermeté diplomatique ou l’engagement politique et militaire correspondant à nos obligations en tant qu’alliés, de tourner le dos à l’économie collective et de permettre le retour du protectionnisme, qui serait fatal à la reprise de nos économies.

À la merci d’une économie qui s’est ouverte à l’échelle mondiale, l’Europe et les États-Unis ont aujourd’hui de solides alliés comme le Japon, l’Inde, le Brésil et plusieurs pays d’Asie.

Malgré la crise actuelle, bon nombre de nations du monde entier ont toujours le regard tourné vers nos pays et espèrent un jour vivre comme nous. Pour toutes ces nations, l’Europe et les États-Unis doivent redevenir l’alliance qui conduit, partage et mondialise une économie prospère.

C’est également la raison pour laquelle le prochain sommet du G20 est si important, non parce qu’il sera l’occasion de voir qui est le plus proche de Barack Obama, mais parce qu’il sera l’occasion de prouver que nous pouvons apporter des réponses et assurer un leadership; nous coopérerons avec les nouvelles puissances sur les réformes nécessaires, mais nous devons être conscients que seul le modèle économique fondé sur la force créative de l’humanité permettra de créer de la richesse - et je veux bien dire de la richesse et non de la cupidité -, des emplois et le développement, et de vaincre la crise.

Monsieur le Président, pour créer de nouveaux emplois et pour être solidaires avec ceux qui sont le plus dans le besoin en ces temps difficiles, nous n’avons pas d’autre choix, si nous voulons une solution durable.

 
  
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  Dushana Zdravkova (PPE-DE). - (BG) Madame la Commissaire, je voudrais remercier le rapporteur, M. Millán Mon, pour son rapport complet et pour la position finale exprimée à propos de l’abolition du régime de visas.

Quatre ans après le début des négociations sur la suppression des exigences en matière de visas entre les États-Unis et l’Union européenne, 80 millions de citoyens des États membres doivent toujours faire la file et demander un visa américain pour leur passeport. En dépit du fait que des résultats significatifs ont été obtenus jusqu’à présent, le gouvernement américain refuse de prendre la dernière mesure, qui consiste à appliquer le principe de réciprocité aux cinq derniers États membres et à les inclure dans le programme de dispense de visas.

Dans notre résolution du 22 mai 2008 nous avons exigé que les négociations sur l’inclusion de tous les États membres dans le programme de dispense de visas aboutissent avant les élections européennes de juin. L’absence de progrès sur cette question jusqu’ici est inquiétante, tout comme le sont les nombreuses indications observées dans la presse que la politique américaine ne va pas connaître de véritable changement.

Je voudrais également souligner la visite que le commissaire Barrot a faite la semaine dernière à Washington, où les négociations sur la levée des restrictions en matière de visas se sont poursuivies. Nous ne connaissons pas encore clairement les résultats concrets qui sortiront de cette visite. Je crois qu’indépendamment des efforts déployés par la Commission, les objectifs que nous fixons ne seront pas atteints d’ici la fin de la législature de ce Parlement.

Néanmoins, je voudrais faire remarquer que, malheureusement, certaines mesures adoptées par des États membres individuels aident plutôt nos partenaires américains à ne pas considérer l’Union européenne comme un ensemble uni. C’est pourquoi je saisis cette occasion pour demander à tous les gouvernements européens de modifier leur politique et de prendre des mesures concrètes pour soutenir réellement les représentants de la Commission européenne.

En outre, je demande instamment à tous les députés européens de soutenir la déclaration élaborée à l’initiative de certains députés, dont moi-même, en faveur de la levée du régime de visas pour les citoyens de tous les États membres de l’Union européenne.

 
  
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  Urszula Gacek (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, l’élection du président Obama a été accueillie avec enthousiasme à la fois aux États-Unis et en Europe, mais on attend beaucoup du 44e président des États-Unis. Il fait face à une série de défis qu’aucun dirigeant de cette nation n’a encore eu, de mémoire d’homme, à relever en temps de paix. Il fait face chez lui à une crise financière et économique qui frise l’effondrement des marchés financiers, qui a eu des répercussions sur l’économie mondiale et est encore loin d’être résolue. Il s’est engagé à trouver une solution pour l’Afghanistan dévasté par la guerre, ainsi qu’aux répercussions que celle-ci est en train de provoquer au Pakistan. Il doit faire face au danger d’un Iran plus proche que jamais du statut de puissance nucléaire.

Nous croyons à une relation transatlantique solide fondée sur nos valeurs communes de démocratie et d’économie de marché. Nous respectons les priorités que le président Obama et sa nouvelle administration se sont fixées. Nous ne nous formaliserons pas si les États-Unis estiment que certains de ces objectifs ne seront atteints que moyennant une coopération entre les États-Unis et la Russie. L’Europe tend une main ouverte aux États-Unis. Voici quelques semaines, nous avons proclamé dans cette Assemblée notre disposition à travailler ensemble pour fermer Guantanamo Bay et trouver un asile aux anciens détenus.

Les États membres de l’ancien bloc de l’Est ont une dette de gratitude particulière envers les États-Unis. Nous avons été admis dans la communauté transatlantique plusieurs années avant de devenir membres de l’Union européenne. La Pologne a quant à elle traduit cette reconnaissance par sa volonté de soutenir les États-Unis en cas de besoin, y compris dans son engagement militaire en Irak et en Afghanistan. J’en appelle à la nouvelle administration pour qu’elle ne tienne pas ce soutien pour acquis. Une nouvelle génération de Polonais, qui a grandi dans une démocratie, a bien vite oublié cette dette. Dans la réalisation de leurs objectifs généraux, les États-Unis ne doivent pas oublier que ces fidèles alliés ont certaines sensibilités, surtout au moment où les États-Unis relancent leurs relations avec la Russie.

 
  
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  Geoffrey Van Orden (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, je tiens à prononcer quelques paroles de mise en garde, en particulier à l’intention de la nouvelle administration Obama. Au cours des 60 dernières années, les États-Unis ont adopté différentes attitudes à l’égard de l’intégration européenne. Naturellement, il la considèrent d’un point de vue extérieur, et peuvent même s’imaginer - à tort, je crois - qu’elle serait similaire à la propre expérience historique de l’Amérique. C’est le point de vue encouragé par la tendance fédéraliste, qui domine dans les institutions de l’Union européenne. Le danger existe que les interlocuteurs américains ne prennent le récit présenté par l’Union européenne comme un fait réel, plutôt que comme une histoire présentée sous forme de documentaire, mais contenant une bonne part d’éléments trompeurs et fictifs.

Les États-Unis doivent comprendre que beaucoup d’entre nous sont d’avis que l’Union européenne va dans la mauvaise direction, et que son aspiration à créer un État appelé «Europe» ne reflète pas les souhaits de nos citoyens, justement attachés à la souveraineté de nos nations et à leur capacité à choisir et à congédier les gouvernements.

Il n’est pas non plus dans l’intérêt des États-Unis que l’engagement librement consenti par de nombreux pays européens vis-à-vis de la coalition soit usurpé par une Union européenne qui aurait un autre point de vue.

Je dois dire que j’ai beaucoup de respect pour M. Millán Mon, et je partage un grand nombre des sentiments évoqués dans son rapport, mais pas son idée principale, qui consiste à faire de l’UE en tant qu’institution notre unique porte-parole dans nos rapports avec les États-Unis.

 
  
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  Ioan Mircea Paşcu (PSE). - (EN) Monsieur le Président, même si l’unité occidentale nous a permis de gagner notre indépendance et de mettre fin à la guerre froide, au moment où nos pays ont rejoint l’OTAN et l’UE, les relations transatlantiques n’étaient pas au mieux de leur forme.

La crise actuelle et ses défis communs - la détérioration de la situation en matière de sécurité, les questions d’importance mondiale telles que l’énergie, le changement climatique, la prolifération nucléaire et les nouveaux centres de pouvoir, les questions régionales telles que le Moyen-Orient, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran et l’Afrique - exigent une intensification maximale de la coopération transatlantique.

Dans ce contexte, ce rapport apporte une contribution positive en suggérant avant tout des moyens en vue d’institutionnaliser ces relations, afin d’adopter une approche commune vis-à-vis de la Russie et des six pays d’Europe orientale, de réaliser l’unification du marché transatlantique, d’intégrer progressivement nos marchés financiers et d’étendre le programme américain d’exemption de visa à tous les États membres de l’Union européenne.

Nous ne pouvons pas échouer. Le coût, pour l’occident, serait la perte de l’initiative dans les affaires du monde, et peut-être pour longtemps.

 
  
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  Alexandru Nazare (PPE-DE). - (RO) Compte tenu des évolutions qui se sont produites ces dernières années dans l’Union européenne, au gouvernement américain et dans le monde entier, je pense qu’il est temps maintenant que nous révisions le partenariat transatlantique et que nous l’adaptions aux nouvelles réalités.

À cet égard, je me réjouis du rapport de mon collègue, M. Millán Mon, et je voudrais profiter de cette occasion pour le féliciter. Ce rapport réunit dans un document très utile les principales priorités de l’Europe dans ses relations avec les États-Unis. Je suis également ravi que les amendements que j’ai proposés aient été inclus dans le rapport.

Je voudrais formuler quelques remarques.

Premièrement, la coopération dans le domaine de la sécurité doit se poursuivre. Il est temps que l’Europe apporte une plus grande contribution sur le terrain en Afghanistan, où une guerre cruciale pour l’avenir de la région est en cours. Je voudrais aussi indiquer que mon pays, la Roumanie, a soutenu les efforts des États-Unis tant en Irak qu’en Afghanistan.

Deuxièmement, à propos du dossier énergétique, je crois qu’une action commune est indispensable pour coordonner les efforts de recherche et pour identifier de nouvelles sources d’énergie propre.

Pour ce qui est des relations avec la Russie, j’estime que c’est le moment approprié pour adopter une approche cohérente dans les relations entre les États-Unis et l’Europe d’une part et entre les États-Unis et la Russie d’autre part.

Enfin, je me félicite des propositions particulièrement constructives concernant la création d’organes de consultation transatlantiques, y compris pour la politique étrangère et de sécurité.

 
  
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  Luis Yañez-Barnuevo García (PSE). - (ES) Monsieur le Président, nous devons crier «Bonne nouvelle! Bonne nouvelle!» Le président Obama a accompli un autre miracle en parvenant, après de nombreuses années, à unir ce Parlement et l’Union européenne dans un objectif commun, qui vise à renforcer les relations transatlantiques.

Il y a déjà eu un moment similaire lorsque Bill Clinton et Felipe González ont signé l’agenda transatlantique en 1995. Cette époque était marquée par un grand optimisme quant à l’avenir, puis elle a été suivie par les huit années noires de la présidence de M. Bush. Il a radicalement divisé les gouvernements européens, mais pas vraiment l’opinion publique. Son gouvernement n’a pas cessé d’abandonner des principes fondamentaux pour l’Union européenne, tels que le multilatéralisme, le soutien apporté aux Nations unies et la légalité internationale.

Tout cela est en cours de reconstruction et nous avons bon espoir pour l’avenir des relations entre l’Union européenne et les États-Unis. Je félicite donc M. Millán Mon pour son remarquable rapport, qui est présenté à un très bon moment pour ce renforcement des relations entre les deux continents.

 
  
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  Íñigo Méndez de Vigo (PPE-DE). - (ES) Monsieur le Président, je voudrais également me rallier aux cris de «bonne nouvelle!» exprimés par M. Yañez-Barnuevo García, car je crois que ce rapport marque un tournant dans les relations avec les États-Unis.

Une amie m’a dit récemment qu’elle s’est rendue aux États-Unis et qu’elle a été surprise par le manque de connaissance des nouvelles institutions et des nouvelles procédures créées par le traité de Lisbonne.

Si je devais faire l’éloge ou une évaluation très positive d’un élément de cet excellent rapport de M. Millán Mon, ce serait précisément ceci: le rapport place les relations transatlantiques dans l’orbite du traité de Lisbonne et présente tous les principaux mécanismes prévus par ce traité pour que l’Union européenne puisse maintenir des relations amicales avec les États-Unis.

Le présent rapport nous fournit, à nous les Européens, les outils dont nous avons besoin pour pouvoir articuler cette volonté européenne, qui était si nécessaire dans le passé, qui l’est toujours autant aujourd’hui et qui le sera certainement à l’avenir.

Je voudrais également féliciter M. Millán Mon pour l’excellent rapport qu’il a rédigé.

 
  
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  Alexandr Vondra, président en exercice du Conseil. (EN) Monsieur le Président, je vous suis reconnaissant pour tous vos commentaires et toutes vos contributions à ce débat. Je suis ravi que le Parlement européen, la Commission et la Présidence partagent le même point de vue sur les questions qui revêtent le plus d’importance pour le dialogue stratégique entre l’Union européenne et les États-Unis. Je suis heureux d’avoir entendu un fort soutien en faveur des sujets que nous avons choisis pour notre première réunion informelle avec le président Obama, à savoir: premièrement, la sécurité énergétique et le changement climatique, deuxièmement, la coopération économique, et troisièmement, la coopération en matière de sécurité et de relations extérieures.

J’ai écouté attentivement d’autres observations, comme la nécessité de définir un nouvel agenda transatlantique, d’approfondir la coopération en matière d’aide étrangère et de politique de développement, de poursuivre la coopération en matière de justice et d’affaires intérieures afin de maintenir la dynamique sur le Conseil économique transatlantique, d’étudier la mise en place du Conseil politique transatlantique, etc. Nous les prendrons en considération au moment de notre préparation du Sommet ordinaire UE-États-Unis, qui se tiendra au mois de juin.

Ceux d’entre vous qui ont soulevé d’autres questions, telles que l’exemption de visa - car tous les pays de l’UE n’y participent pas - peuvent se rappeler comment, il y a un an, mon pays a dirigé les efforts dans ce domaine. Ce thème a également fait l’objet d’un débat au sein de ce Parlement, et je peux donc vous assurer que nous continuerons également d’aborder cette question avec le gouvernement des États-Unis.

En conclusion, je voudrais ajouter les réflexions suivantes. Il semble évident que la nouvelle administration américaine a tenu compte d’un grand nombre des messages que nous lui avions envoyés ces derniers mois et ces dernières années à propos de la relation transatlantique. Elle y apporte maintenant des réponses. Par exemple, nous sommes à présent invités à apporter une plus grande contribution stratégique à propos de l’Afghanistan. Il est également clair que l’apport stratégique devra s’accompagner d’un engagement très concret, et je crois donc que vous allez vous en souvenir au moment où nous discutons de notre contribution pratique à la future mission en Afghanistan. Cela ne doit donc pas être une surprise pour nous, dès lors que nous nous sommes vraiment engagés dans un débat sérieux et profond. Lorsque le président Obama a déclaré à Berlin l’an dernier que l’Amérique n’avait pas de meilleur partenaire que l’Europe, il n’émettait pas une simple déclaration de principe, mais invitait aussi l’Europe à en apporter la preuve.

Deuxièmement, il est clair pour nous tous que les défis auxquels nous sommes confrontés sont de plus en plus nombreux et de plus en plus complexes. Pour revenir à l’un des points que j’ai évoqués pour commencer, lorsque l’Union européenne et les États-Unis se seront mis d’accord, nous pourrons aider à fixer l’agenda mondial. Cela signifie également qu’il faudra prendre notre part du leadership et amener les autres à apporter leur soutien et à mettre à disposition des moyens pour atteindre les objectifs fixés. Mais pour ce faire, et pour être un partenaire crédible des États-Unis, l’Union européenne doit, dans toute la mesure du possible, parler d’une seule voix.

La Présidence tchèque continuera de veiller à ce que le partenariat transatlantique demeure une des pierres angulaires de l’Union européenne en matière de politique étrangère. Je me réjouis d’avance de pouvoir développer davantage encore cette relation à un moment où nous devons relever ensemble de nouveaux défis, et je me réjouis de la poursuite de la coopération avec cette Assemblée sur ce point.

 
  
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  Benita Ferrero-Waldner, membre de la Commission. (EN) Monsieur le Président, comme l’ont dit de nombreux intervenants, ce débat a montré qu’il s’agissait de savoir comment nous pouvons traiter les questions les plus importantes avec un partenaire stratégique aussi crucial que les États-Unis d’Amérique.

Étant donné j’ai déjà formulé au début un certain nombre de remarques très claires et pratiques, je me contenterai maintenant de quelques remarques concrètes.

Tout d’abord, le rôle des législateurs dans les relations entre l’UE et les États-Unis, et l’organisation institutionnelle de ces relations, sont très importants. Par principe, nous soutenons sans réserve le renforcement des liens entre les législateurs européens et américains. De toute évidence, la principale impulsion pour ce faire doit venir des législateurs eux-mêmes. Je sais que le Parlement européen est prêt à le faire, et cela doit aussi être le cas du Congrès. Néanmoins, j’estime qu’il serait utile que les législateurs européens entretiennent également des contacts plus intenses avec le Sénat, qui a des législatures plus longues, et avec les membres du Congrès, dont la compétence dans ce secteur pourrait faire progresser l’agenda du Conseil économique transatlantique.

Le traité de Lisbonne, quand il entrera en vigueur, conférera aussi au Parlement européen, comme cela a déjà été dit, un rôle renforcé dans l’élaboration du dialogue entre l’Union européenne et les États-Unis, tout particulièrement sur les questions de réglementation; comme cela a été mentionné, les think tanks seront certainement aussi très importants non seulement de la part des États-Unis envers nous, mais aussi de la part de l’UE vis-à-vis des États-Unis.

Concernant les institutions américano-européennes, je rappellerai, en premier lieu, que l’agenda transatlantique devrait être guidé par le fond plutôt que par les procédures. Comme je l’ai dit auparavant, il importera par conséquent, lors de nos premières rencontres avec le président Obama, de démontrer notre capacité à nous concentrer sur les résultats.

Toutefois, j’ai pris bonne note de votre appel en faveur d’une révision des accords actuels dans le cadre du nouvel agenda transatlantique. J’ai l’intention d’entreprendre un examen des structures afin d’aider celles-ci à produire de meilleurs résultats, et la Commission présentera des propositions adéquates.

Permettez-moi également d’évoquer brièvement le Conseil économique transatlantique (CET). M. Verheugen a déjà rencontré son nouvel homologue américain, M. Froman, le 23 mars 2009. Les principaux sujets traités par le CET sous la nouvelle administration sont les suivants. Tout d’abord, accroître l’importance des questions politiques stratégiques, tout en allégeant le poids des questions plus techniques à l’ordre du jour des sommets. Deuxièmement, le calendrier prévisionnel d’un futur programme de travail – sur ce point, M. Verheugen souhaite fixer une perspective à très long terme, mais cela doit être mis en balance avec la durée du mandat de cette Commission, et il nous faut obtenir des résultats à court terme. Enfin, la manière dont nous devons faire face aux pressions de la part des États membres - à qui nous avons promis, mais pas encore présenté, un programme à moyen terme - qui désirent être associés dans une plus large mesure aux travaux du CET.

Deuxièmement, je tiens à souligner que nous sommes une communauté qui partage des valeurs avec les États-Unis, mais il reste encore tout un chemin à parcourir. Par conséquent, nous devrons continuer à encourager les États-Unis à adhérer aux conventions fondamentales des Nations unies en matière de droits de l’homme, y compris celles relatives à la discrimination contre les femmes, et aux droits de l’enfant - pour n’en citer que quelques-unes. Cela comprend aussi notre position au sujet de la CPI, comme cela a été souligné à plusieurs reprises sous l’administration Bush, mais ce point sera repris.

Troisièmement, concernant l’exemption de visa et la réciprocité en matière de visas, que beaucoup d’entre vous ont évoquées: nous savons que, grâce aux efforts notables déployés par les États membres et au niveau de l’Union européenne, sept États membres ont été admis au sein du programme d’exemption de visa en novembre/décembre 2008. Cependant, cinq États membres ne bénéficient toujours pas de l’exemption de visa pour les voyages aux États-Unis. Nous allons donc continuer d’évoquer cette question.

Je peux vous dire que le vice-président Barrot et le ministre tchèque Langer ont soulevé la question la semaine dernière à Washington, et que la partie américaine a compris, de manière générale, notre position tout en soulignant en même temps que l’action du gouvernement fédéral se fonde sur des exigences légales, qui définissent clairement le cadre des futurs élargissements du programme et sont étroitement supervisées par le Congrès. La secrétaire Napolitano nous a informés qu’un autre État membre est tout près de faire son entrée dans le programme d’exemption de visa.

Enfin, concernant l’Afghanistan: non seulement nous avons déjà rendu de nombreux services dans le passé, mais, comme je l’ai déjà dit, nous sommes prêts à contribuer aux services de recherche de personnes, et il y aura un financement supplémentaire que nous prélèverons sur notre budget pour l’Asie, et qui sera affecté aux élections, à la police et, très probablement, à l’agriculture, car il est important de disposer de moyens de subsistance alternatifs.

Je suis toujours ouverte aux idées nouvelles, et un exemple, qui est repris dans votre rapport, consisterait à élever les réunions des ministres des affaires étrangères au rang de Conseil politique transatlantique, qui se concentrerait plus particulièrement sur les thèmes stratégiques. Comme je l’ai dit auparavant, nous envisageons de réorganiser, dans cette optique, l’agenda transatlantique à l’occasion du 15e anniversaire du nouvel accord transatlantique, c’est-à-dire en 2010.

 
  
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  Francisco José Millán Mon, rapporteur. – (ES) Monsieur le Président, je voudrais tout d’abord adresser mes remerciements pour les interventions et les félicitations que j’ai reçues. Je constate que l’élément principal de ce débat est qu’il existe un large consensus sur l’importance des relations entre l’Union européenne et les États-Unis, ainsi que sur la nécessité de les renforcer, non seulement au moyen d’un programme commun destiné à relever de graves défis et conflits, mais aussi grâce à de nouveau mécanismes institutionnels.

À une exception près, je n’ai pas constaté d’objection majeure à propos des deux sommets annuels, de l’établissement d’un conseil politique transatlantique ou de l’amélioration et de la modernisation du dialogue entre les législateurs pour en faire un dialogue plus structuré, une sorte d’assemblée transatlantique, comme le recommande le rapport.

Sur ce point, je me réjouis également du fait que la commissaire ait estimé que ce renforcement du dialogue des législateurs était très utile et que ni elle ni le représentant du Conseil ne s’opposent à cet autre renforcement d’autres institutions qui, je le crois, est rendu nécessaire en grande partie par le traité de Lisbonne. Cela sera très recommandé et bénéfique pour les deux parties.

Je ne peux pas répondre en une minute à tous les commentaires que j’ai entendus, mais je voudrais dire, à propos de la Russie, que, comme M. Severin le sait, le rapport recommande une coopération constructive, mais, bien entendu, sans préjudice des droits de l’homme et de la législation internationale. En ce qui concerne la Chine, le rapport contient des références explicites et implicites, lorsque je parle de la participation des nouvelles puissances émergentes à la gouvernance mondiale. Bien sûr - et ma remarque concerne également, dans une large mesure, les amendements que j’ai reçus, heureusement peu nombreux -, le rapport ne peut traiter tous les sujets.

Le rapport doit accorder des priorités. Il est déjà trop long et la détermination de priorités implique des choix, des sélections et, parfois, des sacrifices. Je ne peux pas mélanger les sujets qui sont très importants avec d’autres sujets qui, bien qu’ils soient importants, le sont moins. Le rapport doit être lisible. Par conséquent, comme nous le disons en espagnol, il ne doit pas «vous échapper des mains» lorsque vous le lisez parce qu’il est trop lourd.

Mesdames et Messieurs, je crois que la coopération avec les États-Unis est cruciale, comme nous l’a rappelé hier le Premier ministre Gordon Brown, dans ce Parlement. Je crois qu’en adoptant demain ce rapport, le Parlement remplira son devoir: envoyer le message affirmant que nous désirons et que nous demandons une relation stratégique encore plus solide avec les États-Unis. Le rapport nous rappelle, comme M. Elles l’a précisé il y a quelques minutes, que la relation stratégique la plus importante que l’Union européenne entretient est la relation avec les États-Unis.

Je suis certain, j’espère et je suis confiant que la Commission et le Conseil feront tout leur possible dans les mois et les semaines à venir, qui sont fondamentaux, pour renforcer cette relation, y compris la dimension institutionnelle.

 
  
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  Le Président. - Le débat est clos.

Le vote aura lieu demain.

Déclarations écrites (article 142)

 
  
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  Corina Creţu (PSE) , par écrit. – (RO) L’élection du président Barack Obama pourrait marquer le début d’une nouvelle ère dans les relations entre les États-Unis et l’Union européenne, pour autant que les deux partenaires transforment leurs bonnes intentions et leurs déclarations de sympathie en mesures concrètes destinées à renforcer les liens qui les unissent et à mettre en place une coopération plus efficace.

La crise économique et le climat géostratégique actuel nous obligent à relever, ensemble, de grands défis, ce qui rend plus important encore le renforcement de la coopération transatlantique. Les États-Unis et l’Union européenne sont unis dans un partenariat d’une importance fondamentale pour les deux parties. Ce partenariat couvre tous les domaines d’activités, depuis les échanges commerciaux jusqu’à l’alliance militaire.

Dans ces circonstances, je pense qu’il est essentiel d’éliminer les dernières traces de discrimination qui existent dans les relations entre les États-Unis et l’Union européenne. Aujourd’hui encore, les citoyens de six États membres de l’Union européenne ont besoin d’un visa pour visiter les États-Unis. Les discussions entre la Commission et le Parlement européen et les autorités américaines devraient aborder ce problème en priorité afin d’assurer l’égalité de traitement de tous les citoyens de l’Union européenne sur la base d’une réciprocité totale. À cet égard, je salue l’inclusion dans ce rapport d’une demande, adressée aux États-Unis, de lever l’obligation de visa pour les six pays qui ne font pas encore partie du programme d’exemption de visa.

 
  
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  Daniel Petru Funeriu (PPE-DE), par écrit. – (EN) «L’Amérique n’a pas de meilleur partenaire que l’Europe», a déclaré le président Obama à Berlin en juillet 2008. Inversement, l’Europe n’a pas de meilleur partenaire que l’Amérique. Telle est la conclusion principale et la devise que l’on peut tirer de cet excellent rapport.

Dans le monde globalisé du XXIe siècle, l’Europe et l’Amérique doivent faire face aux mêmes défis, mais elles partagent également les mêmes valeurs et luttent pour les mêmes idéaux. Par conséquent, toutes les recommandations du rapport visant à renforcer les relations entre les États-Unis et l’Union européenne sont non seulement les bienvenues, mais elles sont aussi plus que nécessaires.

Parmi ces recommandations, les contacts entre les personnes me semblent être la véritable clé d’une coopération et de relations durables. Par conséquent, et j’insiste régulièrement sur ce point, je soutiens pleinement l’appel lancé au gouvernement américain à lever entièrement et dès que possible le régime de visas applicable aux citoyens européens. Il est inacceptable que les citoyens de cinq États membres de l’Union européenne soient encore confrontés à des obstacles et aient besoin de visas pour se rendre en Amérique. L’Europe est unie, et telle devrait être l’approche vis-à-vis de tous ses citoyens, et vis-à-vis de leurs droits et libertés.

Laissons les citoyens interagir, laissons les chercheurs coopérer et laissons les entreprises trouver des solutions communes à la crise économique actuelle. La liberté de mouvement entre les deux continents est devenue une question urgente et sera l’un des thèmes prioritaires de la rencontre du 5 avril 2009 à Prague.

 
  
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  Csaba Sógor (PPE-DE), par écrit. (EN) Au cours des 18 dernières années, les États-Unis ont dû faire face à de nombreuses critiques mais, dans le cas de la précédente administration républicaine, sous le président Bush, souvent pour de très bonnes raisons.

Je tiens à vous rappeler que sans le soutien et l’implication de l’Amérique, certains des problèmes du continent européen seraient encore en suspens. Très souvent, durant la période mentionnée précédemment, il est apparu que l’Union européenne pouvait être frappée d’impuissance et se révéler incapable de résoudre les conflits qui ont lieu à notre porte, sur notre continent.

Sans la participation américaine et les accords de Dayton, peut-être y aurait-il encore la guerre en Bosnie. Et, j’en suis sûr, il n’est nul besoin de souligner que le statut du Kosovo serait encore confus, et donc très frustrant non seulement pour la population du Kosovo, mais aussi pour les puissances européennes.

En dépit des nombreuses lacunes de la démocratie américaine, celle-ci a réalisé quelque chose dont, à ce stade, nous ne pouvons que rêver: elle a un président noir. Je place de grands espoirs dans les relations transatlantiques, et j’espère sincèrement que les choses vont s’améliorer pour le plus grand profit de l’Union européenne et des États-Unis.

 
Dernière mise à jour: 12 août 2010Avis juridique