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Lundi 14 septembre 2009 - Strasbourg Edition JO

21. Incendies de forêts de l’été 2009 (débat)
Vidéo des interventions
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  La Présidente. − L’ordre du jour appelle la déclaration de la Commission sur les incendies de forêts de l’été 2009.

 
  
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  Stavros Dimas, membre de la Commission. (EL) Madame la Présidente, je tiens tout d’abord à témoigner mon soutien à tous ceux qui ont été affectés par les récents incendies de forêts.

Cet été, la Communauté a contribué de manière décisive à éteindre le grand nombre de graves incendies qui ont éclaté dans divers États membres. Le programme pilote de la réserve tactique européenne de lutte contre les incendies a joué un rôle important et a aidé les États membres affectés par les incendies de forêts.

Je voudrais remercier le Parlement européen d’avoir approuvé le financement de ce programme pilote. Je tiens également à préciser que ce dernier ne représente qu’une petite partie, une application partielle des propositions et des idées contenues dans le rapport de Michel Barnier, que je remercie également.

Ce programme pilote est venu renforcer substantiellement le mécanisme communautaire de protection civile et, par extension, le mécanisme d’assistance aux pays frappés par des catastrophes naturelles.

Le mécanisme communautaire de protection civile a été utilisé par la France, l’Italie, l’Espagne et d’autres États membres de l’Union pour mettre des ressources aériennes de lutte contre les incendies à la disposition de la Grèce, de l’Italie, du Portugal et d’autres pays. En fait, pour la première fois, deux avions communautaires ont participé, en association avec des forces aériennes grecques, portugaises et françaises, aux efforts de lutte contre les incendies dans le cadre d’un programme pilote visant la création d’un corps européen indépendant de sapeurs-pompiers.

À l’occasion de ces récents incendies, de nombreux hommes politiques, scientifiques, journalistes et simples citoyens ont à nouveau fait entendre leur voix, réclamant la création, au niveau européen, d’une force spécialisée dans la lutte contre les incendies capable d’intervenir directement et efficacement lorsque les ressources nationales de lutte contre les incendies s’avèrent insuffisantes.

Des efforts considérables ont été consentis en ce sens en vue de créer une force d’intervention indépendante pour lutter contre les incendies de forêts. Comme je l’ai déjà dit, le soutien du Parlement européen a été un facteur décisif qui nous a permis d’allouer des fonds à l’affrètement d’avions de lutte contre les incendies. Pour la première fois cet été, du 1er juin au 30 septembre, nous avons préparé et mis sur pied une force aérienne de lutte contre les incendies sous supervision de la Commission européenne: la réserve tactique européenne de lutte contre les incendies, dont les avions ont pris part à des opérations dans plusieurs pays. Plus précisément, elle a été mobilisée dans six des neuf incidents au cours desquels l’aide du mécanisme communautaire de protection civile a été requise.

En réalité, les forces aériennes nationales grecques, portugaises ou italiennes et celles provenant d’autres pays ont été rejointes par les avions purement communautaires, battant pavillon de l’Union européenne et non d’un de ses États membres.

Ce programme pilote avait pour objectif de combler les carences des États membres en matière de capacité aérienne, et non de remplacer les ressources nationales disponibles. Comme indiqué précédemment, les avions de réserve affrétés ont été déployés cette année au Portugal, dans le sud de la France et en Corse, en Italie et en Grèce, dans la région de l’Attique, qui a connu des incendies de grande ampleur. La flotte est basée en Corse, une île située au cœur des zones d’intervention potentielles en Méditerranée.

J’estime qu’il est urgent de créer une capacité indépendante de lutte contre les catastrophes naturelles au niveau communautaire. Nous espérons que ce programme pilote formera le cœur d’une future force européenne de réaction rapide aux incendies de forêts et autres catastrophes naturelles ou d’origine humaine.

Les avis divergent naturellement concernant les feux de forêts: certains évoquent le principe de subsidiarité dans le secteur de la gestion et de la protection des ressources forestières, tandis que d’autres émettent des réserves à l’idée de transférer de nouvelles compétences à la Commission dans le secteur de la protection civile. D’aucuns font également valoir que l’existence d’une force européenne de lutte contre les incendies donnerait un faux sentiment de sécurité à de nombreuses autorités nationales, qui pourraient négliger les investissements nécessaires dans les ressources humaines, les moyens de lutte contre les incendies et, surtout, les mesures de prévention des incendies et autres catastrophes naturelles.

Outre ces réactions, il existe une série de problèmes pratiques, de problèmes de coordination, notamment sur la question des incendies de forêts. Quels seront ainsi les critères et les priorités à retenir pour déterminer comment les unités aériennes européennes de lutte contre les incendies seront utilisées lorsque des incendies éclateront simultanément dans plusieurs pays, par exemple au Portugal et en Grèce?

Quoi qu’il en soit, toutes ces questions seront analysées dans un rapport qui sera présenté par la Commission européenne en vue d’un débat au Conseil de ministres et au Parlement européen sur la gestion du programme pilote cet été.

Le Conseil, le Parlement européen et la Commission devront tous être convaincus et travailler de concert à la création de ce mécanisme. Parallèlement, bien sûr, les États membres ne doivent en aucun cas se dérober à leurs obligations en matière d’information, d’éducation et de prévention.

J’ajouterai quelques mots concernant le mécanisme communautaire de protection civile, créé en 2001, qui est intervenu ponctuellement les premières années. Depuis 2005, les interventions au sein et à l’extérieur des frontières de l’Union (réparties plus ou moins équitablement entre ces deux zones) ont quintuplé, et nous avons amélioré sensiblement la coordination et l’assistance assurées par ce mécanisme.

Tout le monde reconnaît l’importance des interventions menées dans le sillage du tsunami et de l’ouragan Katrina. En réalité, dans les deux cas, nous avons été les premiers à envoyer des spécialistes dans les zones sinistrées Cela étant, comme je l’ai déjà dit, il reste encore un long chemin à parcourir, et quiconque lit le rapport Barnier constatera l’ampleur des progrès que nous pouvons encore accomplir en matière de protection civile, au bénéfice des citoyens européens et, naturellement, de la protection de l’environnement.

 
  
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  Theodoros Skylakakis, au nom du groupe PPE. (EL) Madame la Présidente, chaque année, 400 000 hectares de forêts sont détruits dans le sud de l’Europe. Ce désastre systémique d’une ampleur considérable s’aggravera dans les décennies à venir. Pendant 30 ou 40 ans au moins, nous vivrons, quoi que nous fassions en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, sous un climat dégradé qui, surtout dans le sud de l’Europe, où les forêts sont vulnérables, n’apportera que du négatif. Nous serons confrontés à l’avenir à des incendies de plus grande ampleur et à des dangers plus graves.

Dans des circonstances ordinaires, la lutte contre les incendies est la responsabilité et l’obligation des États membres, et ceux du sud de l’Europe en gèrent avec succès des dizaines de milliers par an. Chaque année, cependant, dans des circonstances exceptionnelles, certains incendies extrêmement destructeurs nécessitent une aide et une solidarité extérieures.

La décision présentée par le Parti Populaire Européen (Démocrates-Chrétiens) repose sur ces constats et illustre notamment l’impérieuse nécessité de mettre en place une force européenne de réaction rapide, comme évoqué par le commissaire Dimas et proposé dans le rapport Barnier.

Elle illustre la nécessité d’une mobilisation flexible et immédiate des ressources du Fonds de solidarité de l’Union européenne, celle de traiter les incendies de forêts dans le sud de l’Europe comme une priorité au titre du plan d’action européen en préparation, qui doit permettre de s’adapter au changement climatique, et celle de voir la Commission présenter le plus rapidement possible sa proposition en faveur d’une politique communautaire de gestion des catastrophes naturelles.

Pour mon pays, et surtout pour mes concitoyens affectés, il importe que cette décision soit approuvée par le Parlement européen. Il importe que cette Assemblée démontre qu’elle est sensibilisée à cette question fondamentale pour l’Europe méridionale.

 
  
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  Anni Podimata, au nom du groupe S&D. (EL) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, cette année, à nouveau, l’histoire des incendies de forêts se répète pour le pire. Chaque automne, nous revenons après les vacances parlementaires pour débattre de la réhabilitation des régions touchées et de l’aide aux victimes.

Cette année encore, en Grèce, nous déplorons des centaines de milliers d’hectares brûlés et un désastre écologique et économique sans nom, tandis que l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la France ont connu des catastrophes de même ampleur.

Monsieur le Commissaire, une chose est sûre, et vous y avez fait allusion: nous semblons incapables de tirer les leçons de nos dernières erreurs. Pendant au moins six ans, nous avons débattu d’une force européenne commune de protection civile. Il s’agit d’une demande récurrente du Parlement européen, dont l’importance a cependant été dévaluée par les erreurs de certains gouvernements nationaux - erreurs de conception et d’application des mécanismes et mesures préventifs, incapacité ou absence de volonté d’imposer une législation stricte rendant obligatoire la reforestation des zones détruites et non-exploitation de toutes les ressources communautaires disponibles pour compenser les victimes.

Au niveau communautaire, avant même la force de protection civile, les priorités de base de la Commission doivent être d’activer directement les ressources du Fonds de solidarité et, surtout, de les libérer des mécanismes bureaucratiques.

Enfin, Monsieur le Commissaire, vous savez mieux que nous tous que nous sommes confrontés à une nouvelle génération d’incendies, les incendies de forte intensité, qui sont directement liés au changement climatique et affectent essentiellement les forêts de la Méditerranée et du sud de l’Europe. Nous devons donc revoir immédiatement la protection des forêts aux niveaux national et européen en adaptant la prévention et la lutte contre les incendies aux nouvelles circonstances et en intégrant ces politiques à la batterie de mesures à mettre en œuvre pour que les États membres puissent répondre au défi du changement climatique.

 
  
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  Izaskun Bilbao Barandica, au nom du groupe ALDE. (ES) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, je vous remercie pour vos explications.

Je pense en effet que nous avons besoin d’une politique communautaire, ne serait-ce que pour prévenir les incendies, qui ont frappé tout au long de l’été, comme nous avons pu le voir.

Je tenais également à ouvrir mon intervention par un hommage aux quatre pompiers qui ont perdu la vie en juin à Horta de Sant Joan, dans la province de Tarragone, et en exprimant mes condoléances à leur famille et à leurs collègues.

Nous avons besoin d’une politique de prévention, mais aussi d’une politique de coordination. N’oublions pas qu’on soupçonne que de nombreux récents incendies ont été commis à des fins spéculatives et immobilières. Je pense donc que nous devons nous atteler, à l’échelle de l’Europe également, à promouvoir la sécurité en investiguant et en harmonisant les peines encourues pour délit environnemental. Nous devrions également envisager la possibilité de poursuivre les auteurs de ces actes au moyen d’un mandat d’arrêt européen.

Les professionnels doivent se voir accorder les ressources nécessaires pour pouvoir mettre au point des mécanismes innovants de mesure du climat, du vent et des températures, afin de pouvoir travailler dans les conditions qui s’imposent car, au final, ils nous protègent tous.

 
  
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  Michail Tremopoulos, au nom du groupe Verts/ALE. (EL) Madame la Présidente, il est intéressant de noter que les Grecs sont les plus nombreux à s’exprimer sur cette question extrêmement importante qui préoccupe toute l’Europe méridionale, étant donné que de gigantesques feux de forêts détruisent régulièrement de vastes secteurs et affectent la qualité de vie, la biodiversité, le développement régional et l’avenir des citoyens.

Souvent, et notamment dernièrement en Grèce, les incendies de forêts résultent de politiques de logement et de gestion des forêts mal conçues et contradictoires, qui encouragent les incendies criminels et les démarches illégales visant à mettre la main sur des zones boisées. Malheureusement, les deux principaux partis ont essayé de limiter et de réduire la protection constitutionnelle des forêts.

Les pressions constantes en faveur de changements d’affectation des sols, l’expansion des zones résidentielles et, bien sûr, les décharges non contrôlées auxquelles on boute le feu ou qui prennent feu spontanément, associées au changement climatique et qui, pour certaines, ne sont que de simples alibis, accroissent aujourd’hui le risque d’une multiplication des catastrophes naturelles.

Il importe donc de se concentrer davantage, au niveau européen, sur la prévention, la protection et la gestion rapide des risques au moyen d’une coopération coordonnée. Dans ce cadre, nous devons assurer la mise en œuvre d’une politique forestière européenne commune et durable et veiller à ce que les crédits du Fonds de cohésion, du Fonds de développement régional et du Fonds de solidarité alloués à la prévention et à la gestion des risques et à la réhabilitation des zones affectées soient concrètement utilisés de manière rationnelle et durable.

Les fonds débloqués pour restaurer les zones affectées doivent être utilisés sur la base de mesures rationnelles de reboisement et d’études scientifiques. Soulignons qu’ils devraient être remboursés par les États membres s’il s’avère que les zones forestières affectées ont été reclassées en zones résidentielles ou touristiques.

Par le passé, et même il y a deux ans, le Parlement a adopté des résolutions contenant des recommandations en faveur de la prévention des risques naturels et d’actions rapides pour lutter contre ces derniers. Dans les faits, malheureusement, celles-ci n’ont guère eu d’effets. Nous pensons que la protection à long terme des forêts et de la biodiversité n’est possible que si des politiques viables de prévention et de gestion des risques sont mises en œuvre au niveau national, régional et local, en assurant l’implication active des communautés locales, en permettant aux citoyens de rester vivre en zone rurale, en créant de nouvelles professions écologiques, en encourageant l’apprentissage et la formation tout au long de la vie et en renforçant les services forestiers en mettant l’accent sur les brigades volontaires de lutte contre les incendies de forêts.

Enfin, nous devons accroître les efforts visant à développer des mécanismes plus efficaces de réaction rapide aux catastrophes naturelles en renforçant la force permanente de protection civile à laquelle M. Dimas a fait référence et en exploitant davantage les conclusions du rapport Barnier. Dans ce cadre, nous déposons aujourd’hui une résolution devant le Parlement européen, dans l’espoir qu’elle nous permettra d’avancer, en termes d’actions conjointes et de coopération de la part des États membres, en direction d’une véritable prévention et d’une véritable gestion des catastrophes naturelles et d’un recours plus efficace aux fonds de l’Union européenne consacrés à cette question. Nous le devons à nos enfants.

 
  
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  Nikolaos Chountis, au nom du groupe GUE/NGL. (EL) Madame la Présidente, mon pays, la Grèce, a vu de vastes pans de son territoire ravagés par le feu pour la troisième année consécutive. Les incendies de 2007, l’une des plus grandes tragédies du genre, et ceux de cette année dans le nord-est de l’Attique illustrent le niveau de déficience du système de sécurité incendie et de protection de l’environnement.

Je rappellerai à l’Assemblée qu’Athènes est la capitale européenne comptant la proportion la plus faible d’espaces verts par habitant et affichant le niveau de pollution atmosphérique le plus élevé, mais aussi que les incendies de 2007 et 2009 ont exacerbé le problème environnemental.

Le changement climatique peut être utilisé pour expliquer en partie les catastrophes qui ont frappé le sud de l’Europe. Cependant, l’on constate également des lacunes au niveau des politiques nationales et de la politique de l’Union européenne, dans la mesure où le changement climatique n’a pas été correctement intégré à la stratégie environnementale.

Les gouvernements grecs permettent le développement des secteurs incendiés et la réaffectation du patrimoine foncier de l’État, et les fonds européens ne sont pas élastiques. Face à une telle situation, Monsieur le Commissaire, je voudrais vous demander si la Commission européenne a l’intention de contribuer à la sauvegarde institutionnelle des forêts du pays en lançant sur-le-champ la procédure d’élaboration et de ratification des cartes forestières qui, si elles avaient existé, auraient peut-être pu empêcher ces incendies volontaires.

La Commission compte-t-elle cofinancer directement les travaux de lutte contre les inondations et contre l’érosion, afin d’éviter de nouveaux désastres dans les régions affectées? Compte-t-elle financer un reboisement adapté, car le reboisement actuel ne suffit pas à réparer les dégâts? Enfin, compte-t-elle débattre avec le prochain gouvernement issu des prochaines élections en Grèce, quel qu’il soit, de la création d’un parc municipal sur le site de l’ancien aéroport d’Hellenikon, qui apporterait un souffle d’air frais à l’Attique?

Je vous remercie et, comme on dit en Grèce, j’adresse tous mes vœux au commissaire pour sa fête.

 
  
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  Niki Tzavela, au nom du groupe EFD. (EL) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, j’ai été ravie de vous voir parmi nous et d’entendre vos propos. J’estime que ces derniers répondent également à la lettre que nous vous avons envoyée au deuxième jour des incendies, dans laquelle nous présentions, en plus d’autres suggestions détaillées, notre proposition d’une action commune de prévention et de lutte contre les incendies dans le sud de l’Europe.

J’ajouterai que je suis ravie de voir que l’ensemble des députés européens des différents partis grecs et du parti espagnol ont répondu à notre appel en faveur d’une présence commune au Parlement européen et d’efforts conjoints visant à développer une stratégie européenne de gestion des catastrophes naturelles.

Monsieur le Commissaire, il semble que le changement climatique entraîne des incendies et des inondations et qu’il représente désormais un phénomène structurel majeur, car les incendies et les inondations dont nous sommes témoins constituent un phénomène structurel.

Nous ne devons pas penser à moyen et à court terme mais poser les bases d’une stratégie à long terme. Les autorités des pays méditerranéens devraient donc unir leurs efforts en vue de convaincre leurs partenaires du nord de la nécessité du mécanisme auquel vous avez fait référence, au titre tant de la subsidiarité que de la solidarité.

Je comprends, Monsieur le Commissaire, que les pays du nord de l’Europe se montrent réticents quant à la subsidiarité. J’espère que le phénomène des catastrophes naturelles n’affectera que l’Europe du sud, mais je crains fort que le changement climatique n’atteigne un rythme tel que des catastrophes naturelles - d’un autre type - frapperont peut-être bientôt les régions plus au nord. Vous avez donc eu raison de proposer que nous planifiions cette stratégie de prévention et de gestion des catastrophes naturelles.

Nous disposons pour l’heure de cette petite unité stationnée en Corse. Elle a fait du bon travail cet été. Le commissaire en charge de l’environnement doit développer et soutenir d’urgence cette unité dans sa recommandation en la matière, à l’adresse tant de la Commission que du Conseil. J’appelle les députés européens des pays du sud à coopérer avec leurs gouvernements et à soutenir les recommandations faites par M. Dimas à la Commission et au Conseil, car tous les pays du sud en tireront profit.

J’ai lu la proposition de résolution du Parti Populaire Européen (Démocrates-Chrétiens) et je suis d’accord avec son contenu. Je suis ravie que ce groupe l’ait déposée. J’y ajouterais cependant quelque chose. Le changement climatique étant à l’origine des incendies et des inondations, la Commission devrait veiller tout particulièrement, lors de la conférence de Copenhague, à préparer une stratégie de prévention et de gestion des catastrophes naturelles, à déterminer le budget nécessaire à un telle prévention et, dès lors, à renforcer cette réserve tactique européenne exemplaire de lutte contre les incendies.

Nous espérons que la stratégie européenne de prévention et de gestion des catastrophes naturelles sera traitée comme une priorité absolue et qu’elle occupera une place de choix à l’ordre du jour de la conférence de Copenhague.

 
  
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  Franz Obermayr (NI). (DE) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, ce qui s’est passé en Grèce cet été ne devrait jamais pouvoir se répéter en Europe. Rien qu’en Grèce, 75 incendies au total ont ravagé le pays, dont six ont échappé à tout contrôle et dont le plus grave, comme nous avons pu l’entendre aujourd’hui, a frappé la périphérie nord d’Athènes. Seuls les efforts courageux et désintéressés des corps de sapeurs-pompiers, essentiellement composés de volontaires, et d’autres associations de bénévoles ont permis d’empêcher que les incendies dans de nombreuses régions ne se propagent de manière incontrôlée et de limiter au maximum les tragédies humaines.

Je suis donc rempli d’estime pour mes camarades, les corps de sapeurs-pompiers volontaires, dont les équipements - pour le dire poliment - n’étaient pas toujours à la pointe de la technologie, comme nous avons pu l’entendre. Si j’utilise les mots «collègues» et «camarades», c’est parce que j’ai moi-même été, pendant des décennies, membre d’une organisation bénévole de lutte contre les incendies en Autriche et que j’éprouve donc une sympathie et une empathie absolues pour les efforts consentis.

Venons-en aux observations de la Commission. J’estime remarquable que des forces d’intervention européennes puissent venir en aide aux sapeurs-pompiers locaux lorsque ceux-ci sont débordés. Je reste cependant convaincu que le vieil adage «Aide-toi et le Ciel t’aidera» est un axiome important et, pour cette raison, je pense également qu’il est essentiel de développer des mécanismes de protection civile. À cet égard, la seule chose que je puisse faire est d’inviter et d’appeler à exploiter le savoir-faire existant, notamment en Europe centrale, en Allemagne et en Autriche, c’est-à-dire les systèmes volontaires nationaux, les corps de sapeurs-pompiers volontaires qui ont fait leurs preuves depuis plus d’un siècle.

En tant qu’homme du feu, je serais également ravi de nouer des contacts avec les organisations régionales et nationales de sapeurs-pompiers volontaires. Dans de tels cas, il est intéressant également d’agir soi-même et, si cette action est perçue comme souhaitable, je peux proposer de mener un projet pilote avec nos amis grecs axé sur l’instauration d’une brigade de pompiers volontaires dans une région ou une municipalité donnée. Je serais également plus qu’heureux d’aider et de participer activement à un tel projet en collaboration avec mes collègues de l’association de lutte contre les incendies de la province de Haute-Autriche.

 
  
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  Barnier, Michel (PPE). − Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, naturellement, je voudrais remercier le commissaire Dimas de sa présence, de ses réponses et de l’attention qu’il continue de porter à toutes ces catastrophes.

Nous avons beaucoup travaillé ensemble lorsque le président Barroso m’avait demandé de préparer un rapport, qu’il a d’ailleurs cité, sur la création d’une force européenne de protection civile.

Ce rapport, je l’ai présenté le 9 mai 2006. Quand je le relis, et que je vois toutes les catastrophes qui se sont produites, je me dis qu’il reste toujours d’actualité.

Madame Tzavela, évidemment, il n’y a pas que la Grèce. Tous les pays sont concernés, et j’ajouterai qu’il n’y a pas seulement les catastrophes naturelles, il y a aussi des catastrophes humaines, dues aux hommes. Je pense aux catastrophes maritimes, l’Erika et combien d’autres, aux accidents industriels du type de Tchernobyl. Il y a d’autres catastrophes naturelles que les incendies. Je pense au tsunami. Nous pouvons craindre un jour un tsunami en Méditerranée, comme il y en a eu un au début du vingtième siècle, qui a totalement détruit la ville de Messine.

Franchement, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, les outils que nous mobilisons ne sont pas à la hauteur de ces catastrophes qui vont se multiplier sous le double effet du réchauffement climatique et des transports. Voilà pourquoi je pense qu’il nous faut être plus ambitieux.

Je remercie la Commission, le commissaire Dimas et toutes ses équipes de la direction générale qui font fonctionner le mécanisme de protection civile. Je pense qu’il faut aller plus loin. Avec les pays membres qui le souhaiteront, on peut imaginer des coopérations renforcées. Si on n’est pas 27 pour faire cette force de protection civile, commençons à être 12 ou 15. Puis, vous verrez que cela concernera tout le monde.

Quand je dresse la liste des catastrophes, je peux dire que tout le monde est concerné: les inondations qui ont touché l’Allemagne en 2002, les grandes pandémies et aussi le terrorisme. Voilà, Monsieur le Commissaire, pourquoi je souhaiterais que la Commission prenne l’initiative d’aller plus loin, de proposer aux États membres d’aller plus loin. Notre Parlement, la commission de l’environnement, la sous-commission «sécurité et défense» vous soutiendront dans ces initiatives volontaristes.

 
  
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  Edite Estrela (S&D). (PT) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, nous revoici en train de débattre des incendies. Chaque année, en effet, une partie des forêts d’Europe est ravagée par les flammes. Avec le changement et le réchauffement climatiques, il ne faut guère espérer d’amélioration.

Si les catastrophes naturelles ne peuvent être évitées, des mesures préventives doivent pouvoir être prises. Nous pouvons agir directement en ce sens en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre et en mettant en place une politique forestière adaptée qui reconnaisse les multiples services environnementaux rendus par les forêts, notamment en tant que puits de carbone.

Pour être honnête, le mécanisme européen de protection civile est plus efficace, et plusieurs États membres ont accompli de gros efforts et ont investi lourdement dans la prévention des incendies et dans les mécanismes de réaction rapide face aux incendies. Ainsi, dans mon pays, le Portugal, un plan prévoyant notamment le réaménagement du pays, la création d’un budget spécifique pour la lutte contre les incendies, la révision de la législation et un programme de réhabilitation des zones incendiées a été adopté. Même ainsi, nous ne sommes pas épargnés par les incendies.

Tous les États membres frappés par les incendies doivent en faire plus et le faire mieux. Quant à la Commission européenne, elle doit également adopter les propositions avancées par le Parlement européen dans un certain nombre de résolutions. Plusieurs documents mettent en avant des solutions. Le rapport Barnier et d’autres déposés par le Parlement ont déjà été évoqués ici. Personnellement, j’ai rédigé un rapport sur les catastrophes naturelles en commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, et j’ai également soumis certaines propositions.

Les États membres qui se retranchent derrière des raisons financières pour ne pas avoir été particulièrement prompts à perfectionner le mécanisme doivent se voir rappeler qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Il est fondamental également qu’un accord international - et ambitieux - de lutte contre le changement climatique soit conclu lors de la conférence de Copenhague. Enfin, Monsieur le Commissaire, nous attendons toujours une directive sur les incendies comparable à celle produite sur les inondations.

 
  
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  François Alfonsi (Verts/ALE). − Madame la Présidente, cet été, la Corse aussi a été victime de très graves incendies, comme la Sardaigne, la Catalogne, la Grèce, les Canaries, et tant d’autres régions d’Europe.

Pour toutes les populations sinistrées, tout d’abord, notre groupe voudrait demander que soit garantie la solidarité européenne à travers la mise en œuvre du fonds de solidarité.

Que fera la Commission à cet égard? C’est la première question que je voudrais poser à M. le commissaire.

Ce 23 juillet, en Corse, la canicule a été exceptionnelle: 44 degrés, un air très sec, un sirocco très fort. Dans un tel contexte, qui sera de plus en plus fréquent à cause du réchauffement climatique, les moyens locaux ont été débordés, alors que les années précédentes, la météo était plus clémente et la Corse avait été épargnée.

La leçon, pour moi, est simple: quand surviennent de telles circonstances météo, des circonstances que l’on sait anticiper, que l’on sait prévoir, il faut pouvoir compter sur le renfort d’une force européenne de protection civile, telle qu’elle avait été préconisée par le rapport Barnier, et qui permettrait notamment d’attaquer les feux naissants avant qu’ils ne dégénèrent, car après c’est trop tard. Quand le feu est rentré dans la forêt, il ne s’arrête que quand toute la forêt a brûlé.

Il faut donc, pour nous, aller bien plus loin que le projet-pilote que vous avez évoqué, Monsieur le Commissaire. Que compte faire la Commission pour mettre en place au plus vite cette force de protection civile qui réponde réellement au défi majeur qui est lancé à tous les Européens pour la protection de la nature, notamment pour lutter contre les feux en zone méditerranéenne?

Est-il normal que le budget 2010 ne prévoit rien pour cette force?

Nous avons déposé un amendement en ce sens. Espérons que les grands groupes, et notamment le PPE de M. Barnier, acceptent de nous aider pour faire passer cet amendement.

 
  
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  Georgios Toussas (GUE/NGL). (EL) Madame la Présidente, les incendies constituent un problème éminemment politique qui se manifeste sous une forme extrêmement aiguë dans des pays tels que le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie et la Grèce, avec de redoutables conséquences pour les citoyens comme pour l’environnement.

Pour ce qui est de notre expérience en Grèce, les incendies qui ont ravagé le nord-est de l’Attique, la région du mont Cithéron, la préfecture d’Eubée et d’autres régions de Grèce, provoquant des dommages incalculables, résultent de la politique d’incendies volontaires de l’UE et des gouvernements successifs de notre pays, qui veulent transformer les terres, les forêts et les massifs montagneux en biens de l’économie capitaliste.

Cette politique extrêmement dangereuse équivaut à armer les incendiaires qui, à en juger par les vagues d’indignation et les plaintes des habitants des régions affectées, ont à nouveau agi de manière concertée. Soyons clairs sur un point: à moins de résoudre le problème fondamental de la commercialisation et du changement d’affectation des terres, aucun mécanisme, aussi bien équipé soit-il en ressources dernier cri, ne sera en mesure de mettre un terme à ce grave problème, qui conduit à la destruction de l’environnement et hypothèque l’avenir de notre planète en général.

Les premières conséquences tragiques de cette politique ont été observées à Eubée le 12 septembre 2009 - il y a quelques jours à peine - sous la forme d’inondations catastrophiques qui ont balayé l’île ravagée par les flammes. Les travaux anti-inondations inadaptés et le sol rendu instable par les incendies, associés à l’intensité des intempéries, ont fait un mort et ont gravement endommagé les villages, les routes, les ponts et autres infrastructures. Les précipitations soudaines n’expliquent pas à elles seules ce niveau de destruction. Le fait qu’à chaque catastrophe naturelle, ce soient les travailleurs qui pleurent leurs morts et voient leur vie et leur environnement détruits n’a rien d’une coïncidence.

Il est urgent de financer des mesures directes qui permettent de mesurer l’étendue des dégâts, d’indemniser les familles ouvrières, les éleveurs et les cultivateurs affectés, sans aucune réaffectation des sols, et de reboiser les zones incendiées. La propriété des vastes domaines privés situés dans les montagnes et les zones boisées doit par ailleurs être transférée au gouvernement, et les forêts comme les commissions forestières devraient être restructurées et améliorées...

(La présidente retire la parole à l’orateur)

 
  
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  Mario Mauro (PPE). (IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, s’il ne fait aucun doute que l’instrument budgétaire - le Fonds de solidarité - dont s’est dotée l’Union européenne pour faire face à une question d’une telle importance est utile, il est vrai également que nous n’avons eu de cesse de mettre l’accent sur la question de la flexibilité depuis 2007, lorsque nous avons estimé qu’il nous fallait critiquer l’approche utilisée dans le cadre de cet instrument budgétaire.

Il importe que la gestion de cet instrument soit la plus flexible possible, de sorte que ce dernier puisse traiter des problèmes variant d’un jour à l’autre. Ainsi, il est tout à fait justifié que les États membres soient invités à fournir la documentation relative aux événements dans un bref délai - pas plus de dix semaines. Mais pourquoi, dès lors, le même délai n’est-il pas prévu pour y répondre?

Dans le même temps, nous réalisons que si, d’une certaine manière, l’étendue des dégâts est importante, elle doit être envisagée en proportion de ce que doit gérer chaque territoire, de sorte que nous puissions comprendre et définir ce dont ont besoin les différentes populations. Pour cette raison précise, le Parlement, en association avec la commission des budgets et d’autres commissions, formule depuis longtemps des commentaires qui sont en réalité destinés au Conseil, mais que ce dernier feint de ne pas voir. Si la question de la flexibilité peut être abordée, cela signifie que le Fonds de solidarité en tant qu’instrument peut être amélioré et rendu encore plus efficace, lui permettant de résoudre les problèmes considérables auxquels nous serons de plus en plus amenés à faire face.

Dès lors, Monsieur le Commissaire, notre demande est que les paragraphes 3 et 11 de cette résolution soient pleinement pris en considération, afin que la question de la flexibilité ne soit pas perçue comme une demande des États membres de pouvoir faire ce que bon leur semble pour être plus sûrs d’obtenir une réponse, mais comme une demande qui déchiffre les changements de manière intelligente, assurant ainsi que cet instrument soit réellement et totalement efficace.

 
  
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  Andres Perello Rodriguez (S&D). (ES) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, il ne fait aucun doute, en effet, que des progrès ont été réalisés ces derniers temps. Toutefois, en dépit de tous ces progrès, le sud de l’Union brûle de plus en plus. Dès lors, la résolution adoptée par le Parlement ne saurait être une résolution de plus servant à démontrer notre profonde préoccupation pour les désastres qui surviennent ailleurs.

Les incendies de forêts surviennent pour toute une série de raisons, mais personne ne peut nier qu’ils sont alimentés par le changement climatique. Indépendamment des responsabilités pouvant être épinglées dans certains États membres ou certaines régions autonomes, il est certain que le Parlement doit appeler clairement la Commission à agir prestement et à déployer toutes les ressources à sa disposition, qui ne sont pas négligeables. Les victimes, les dégâts causés et la nécessité de reboiser n’ont que faire de la bureaucratie ou des pénuries budgétaires.

Nous devons fixer nos priorités et nous devons agir. En l’occurrence, cela signifie changer de stratégies, mobiliser les ressources, les accroître et optimiser les politiques de prévention. Nous devons exiger que les États membres assument leur part de responsabilité si ce n’est déjà le cas, tout en partant du principe que ce problème ne concerne pas qu’une poignée de pays du sud de l’Europe et que le changement climatique n’affecte pas que certains États membres, mais qu’il les affecte tous et qu’il s’agit d’une cause commune.

L’une des principales missions du Parlement est donc de veiller à ce que l’Union européenne parvienne, lors du sommet de Copenhague, à des engagements clairs et fermes en faveur d’une réduction maximale des émissions de gaz à effet de serre, car ces derniers sont incontestablement à l’origine des incendies, de leurs causes et, par là, de la poursuite du changement climatique.

Cette résolution adoptée, il s’agit donc incontestablement du défi à relever par le Parlement Cependant, ce défi posé à la Commission doit être relevé si M. le commissaire souhaite réellement empêcher que la partie méridionale de l’Union, qui existe effectivement, continue de se consumer.

 
  
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  Veronica Lope Fontagné (PPE). (ES) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, en cette première séance plénière de la législature, nous devons malheureusement aborder la question tragique et désormais habituelle des catastrophes naturelles et, en particulier, des incendies.

Nous déplorons encore une fois la prolifération des incendies au cours de l’été 2009, qui ont causé des pertes en vies humaines. Vingt vies ont été emportées, toutes dans mon pays. Dès lors, mes premières pensées et toute ma sympathie vont aux victimes humaines de ces catastrophes.

Je tiens à souligner l’impact désastreux de ce type de catastrophe sur les vies des populations touchées, leurs économies, leurs emplois, leur héritage naturel et culturel, l’environnement et le tourisme. Dans ma région, 22 000 hectares sont partis en fumée cet été, dont la moitié dans des régions protégées pour leur importance écologique.

Nous devons répondre à ces problèmes sans hésitation; les citoyens l’exigent. Les institutions européennes ne peuvent pas se montrer à nouveau incapables de trouver une solution adéquate pour les personnes affectées. Nous devons pouvoir aider les victimes et accompagner la réhabilitation des zones dévastées. Nous devons continuer de miser un maximum sur la prévention et poursuivre le développement du service européen de protection civile.

Je voudrais lancer deux appels: premièrement, j’invite la Commission à analyser la situation et à prendre les mesures qui s’imposent pour compenser les coûts sociaux inhérents aux pertes d’emplois et de revenus pour les habitants des régions affectées. Deuxièmement, j’en appelle au gouvernement espagnol, qui assurera la présidence du Conseil à partir de janvier 2010. Celui-ci doit être capable de transmettre ses impressions et ses préoccupations à ses homologues. J’estime essentiel que le déblocage de la réforme du Fonds de solidarité de l’Union européenne soit reconnu comme une priorité de son programme.

La Présidence espagnole devra également s’engager fermement en faveur du développement d’une stratégie européenne commune. Elle devra enfin revoir les mesures de prévention et les modèles de gestion forestière qui favorisent les grands incendies.

 
  
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  Francesca Balzani (S&D). (IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, en tant que membre du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen qui a pu observer avec grande tristesse, y compris ces derniers jours, une succession d’incendies dévaster des régions entières près de la ville de Gênes, dans la région italienne de Ligurie, j’estime que l’Europe doit prêter attention à ces phénomènes et intervenir de toute urgence pour empêcher ces désastres malheureusement récurrents.

Aucun désastre ne devrait se répéter. Nous devrions veiller au quotidien à empêcher les catastrophes cycliques. C’est pourquoi j’estime que seule l’Europe peut - et doit - intervenir efficacement au moyen de mesures contraignantes pour préserver ces précieux espaces qui, chaque année, risquent de partir en fumée et qui représentent réellement notre patrimoine à tous. Il est vrai en effet que les incendies éclatent de plus en plus souvent dans le sud de l’Europe. Or, quand une partie de cette Europe, aussi infime soit-elle, disparaît dans les flammes, c’est en fait toute l’Europe qui se consume.

Nous devons agir au moyen de politiques de prévention et de politiques forestières adaptées. Par prévention, j’entends également des interventions axées sur une campagne précise, complète et ciblée contre toutes les formes de spéculation directement ou indirectement liées à ces catastrophes. Je pense cependant que nous devons également assurer un accès plus large, plus facile et plus rapide aux ressources essentielles, afin de pouvoir au minimum limiter les effets dévastateurs de ces désastres. Je fais référence avant tout au Fonds de solidarité, un instrument qui devrait incontestablement être employé plus rapidement au profit des régions affectées.

 
  
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  Françoise Grossetête (PPE). − Madame la Présidente, c’est en 2001 que nous avons réclamé un mécanisme européen de protection civile, au lendemain de la catastrophe du 11 septembre.

Par la suite, nous avons créé un fonds. Puis, il y a eu ce rapport Barnier, qui a insisté sur la nécessité de faire jouer la solidarité. Aujourd’hui, cette solidarité, elle fonctionne, mais il faut qu’elle soit plus efficace et que nous puissions passer à la vitesse supérieure.

Il faut développer deux points. D’abord, la réactivité. Toutes les personnes qui ont été concernées, malheureusement, par ces incendies déplorent que les procédures soient souvent trop longues et que la mise en œuvre prenne beaucoup trop de temps alors que, effectivement, lorsque nous sommes face à des incendies, il faut aller très vite. Il faut sans doute que nous ayons plus de souplesse, plus de flexibilité pour cette mise en œuvre, parce que le temps est précieux dans ce cas.

Et puis, il y a la prévention. La prévention, on n’en parle pas assez, parce qu’il s’agit du principe de subsidiarité. On dit que ce sont les États membres qui doivent décider. Or, lorsque ces incendies portent atteinte à la biodiversité, à l’environnement, quand ils touchent à ce qui est le plus précieux pour les hommes, c’est-à-dire leur patrimoine, leurs biens, leur maison, lorsque malheureusement cela fait disparaître des vies humaines, on n’a pas le droit de ne pas prévoir cette prévention. Il s’agit là d’une atteinte criminelle.

Il faut que cela cesse, et pour cela il nous faut aussi des moyens financiers. Il faut donc absolument se doter des meilleurs budgets possibles, pour que nous soyons beaucoup plus efficaces dans le cadre de ce mécanisme européen de protection civile. Veillons donc à ce que le budget, notre budget, prenne véritablement en compte cette problématique. Tout ceci exige aussi de nous une approche spécifique de nos politiques agricoles et forestières, et de cela, on ne parle pas suffisamment.

La prévention, la réactivité et les ressources, il faut tout faire en somme, pour que l’Europe du Sud sur des charbons ardents ne soit plus une fatalité.

 
  
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  Kriton Arsenis (S&D). (EL) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, cette année, à nouveau, le sud de l’Europe a été frappé de plein fouet par des incendies destructeurs, et des feux d’ampleur comparable ont également éclaté aux États-Unis et dans d’autres pays développés ou en développement.

Il ne fait aucun doute que le changement climatique menace les forêts de la Méditerranée et d’autres régions essentielles de la planète. Cependant, la destruction des forêts méditerranéennes anéantit la capacité des écosystèmes naturels d’agir comme des puits naturels de dioxyde de carbone. Des politiques européennes de prévention et de gestion des feux de forêts s’imposent, tout comme le soutien financier de l’Union européenne pour les pays, tels que la Grèce, qui ont été les plus touchés cette année.

Il ne fait aucun doute que, dans certains pays, de sérieuses lacunes ont pu être observées en termes de coordination entre les mécanismes de protection des forêts et les mécanismes de protection civile ainsi qu’au niveau des mesures préventives. De tels manquements ne doivent plus jamais se répéter. Il semblerait également que les forêts situées à moins de trois heures des grandes villes et des régions touristiques sont souvent menacées par les incendies. Nombreux sont ceux à estimer qu’ils peuvent tirer un bénéfice personnel de la destruction des forêts. Ils peuvent «planter» des maisons et d’autres bâtiments plus vite que les États membres et les écosystèmes naturels ne peuvent replanter des arbres sur les terres calcinées.

Souvent, les législations nationales entretiennent de telles attitudes et envoient les mauvais messages. Une politique européenne de protection des forêts, de restauration des terres brûlées et de reboisement menée au titre d’une aide européenne à la lutte contre le changement climatique est absolument nécessaire, tout comme une action européenne coordonnée de prévention et de lutte contre les incendies, de restauration des forêts et de création de nouvelles zones boisées.

Nous devons lancer ces mesures immédiatement, notamment à l’approche des négociations de la conférence de Copenhague, qui sera décisive pour l’avenir de notre planète. Nous devrions demander aux pays en développement de protéger les forêts vierges et nous pencher sur le fait que la destruction des forêts représente 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Nous devons donc montrer l’exemple en assurant une protection absolue des forêts menacées, de nos forêts qui sont menacées en Europe, à savoir les forêts méditerranéennes.

 
  
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  Markus Pieper (PPE). (DE) Madame la Présidente, l’étendue des incendies de forêts dépasse les capacités des petits États membres, notamment dans les régions particulièrement frappées par la sécheresse. C’est pour cette raison, naturellement, que le Parlement soutient le Fonds de solidarité de l’Union européenne. Nous appelons le Conseil à débloquer enfin ces fonds sans y poser le moindre obstacle. Les régions concernées ont besoin de cet argent de toute urgence pour la reconstruction et la prévention. Avec les programmes environnementaux et agricoles actuels, le Fonds de solidarité pourrait apporter une aide véritablement durable.

Ceci mis à part, cependant, la lutte contre les incendies est avant tout une compétence nationale. Sanctions plus lourdes à l’encontre des incendiaires, gel des projets de développement pendant une trentaine d’années lorsque l’incendie volontaire est avéré, formation des corps de sapeurs-pompiers: il est possible, et tout bonnement indispensable, d’en faire davantage. Toutefois, l’Europe doit elle aussi en faire davantage, surtout en termes de renforcement de la coordination. Le savoir-faire des corps de sapeurs-pompiers européens doit être transféré aux régions particulièrement menacées par les catastrophes, et il nous faut des règles plus pertinentes pour la gestion des opérations transfrontalières. Nous attendons des propositions de la Commission à cet égard. Celles-ci, cependant, ne devraient pas interférer avec les compétences des États membres. Cette question de non-interférence est capitale à mes yeux. Il est tout à fait possible d’imaginer une flotte aérienne et des corps de sapeurs-pompiers européens, mais uniquement lorsque toutes les capacités nationales auront été optimisées et que l’aide financière aux régions affectées aura enfin et concrètement été apportée.

Je pense qu’il est trop tôt pour transformer la prévention des catastrophes en une compétence européenne. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Commençons par l’essentiel, à savoir les mesures allant de l’aide européenne à l’auto-assistance, y compris au moyen du Fonds de solidarité, en passant par la formation et le renforcement de la coordination européenne.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. LIBOR ROUČEK
Vice-président

 
  
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  Inés Ayala Sender (S&D). (ES) Monsieur le Président, je tiens tout d’abord à aussi exprimer notre sympathie et notre soutien aux victimes et à leurs familles. Chaque été, en effet, nous devons déplorer cette situation.

De ce fait, il est de plus en plus important que l’Europe se dote enfin d’un instrument efficace. Monsieur le Commissaire, nous pensons, peut-être du fait que je suis moi-même issue du secteur des transports et que je suis une spécialiste de la sécurité routière, que nous devrions peut-être envisager quelque chose de comparable au plan d’action en matière de sécurité routière - un plan d’action européen assorti d’objectifs et de stratégies, dans lequel l’amélioration des interventions rapides dans un délai convenable, comme c’est le cas en matière de sécurité routière, pourrait peut-être nous aider et améliorer les conditions de travail et la formation des professionnels. Je pense par ailleurs qu’il est essentiel de sensibiliser et d’encourager une culture de la prévention. Nous tendons graduellement vers cet objectif en matière de sécurité routière. Pourquoi ne pourrions-nous pas faire de même lorsqu’il s’agit d’offrir une protection contre les incendies?

Nous saluons naturellement le fait que la coordination ait été améliorée parallèlement à la solidarité. Je pense qu’en envoyant les avions nécessaires, le gouvernement espagnol a contribué à sensibiliser les pays du Sud. Il devrait cependant en être de même entre le Nord et le Sud.

Nous nous réjouissons également que le projet pilote consistant à réserver tactiquement des avions de lutte contre les incendies pourrait à l’avenir se transformer concrètement en un organe d’intervention, ce qui est important selon moi.

Cela étant, certaines législations restent bloquées au Conseil, dont celles relatives au Fonds de solidarité et à la protection des terres. Elles pourraient pourtant, d’après moi, s’avérer très utiles.

 
  
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  Gaston Franco (PPE). − Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs les députés, cet été encore, la forêt méditerranéenne a été la proie des flammes: à Marseille, en Corse du Sud, mais aussi en Italie, en Espagne et, à plus grande échelle, en Grèce. Plus de 400 000 hectares de forêts et de champs sont partis en fumée, provoquant des dégâts matériels considérables, des atteintes irrémédiables à la biodiversité, ainsi que des pertes dramatiques en vies humaines.

Consterné par ce bilan répété, année après année, et conscient de l’effet multiplicateur du réchauffement climatique sur les incendies, j’appelle à une prise de conscience européenne pour une meilleure coordination des efforts et une mutualisation des moyens de lutte anti-incendie.

Je souhaite la concrétisation d’un vaste projet de coopération euroméditerranéen de lutte contre les feux de forêt dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée. Je salue les initiatives existantes, et notamment le système européen d’information sur les incendies de forêt, projet-pilote.

Je réclame néanmoins une réforme du Fonds de solidarité de l’Union européenne, afin qu’il devienne un outil performant de réponse aux crises et un renforcement de la force européenne de protection et du dispositif «europe aid» imaginé par Michel Barnier dès 2006 pour intervenir sur le territoire des 27 pays membres ainsi qu’à l’étranger.

Je pense qu’une des clés du problème des feux de forêt se trouve dans l’échange de connaissances et de bonnes pratiques en matière de prévention et je voudrais signaler le rôle pionnier joué par les forestiers-sapeurs dans mon propre département. Je peux, bien évidemment, mettre à la disposition de l’Europe cet exemple qui peut servir.

 
  
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  Eija-Riitta Korhola (PPE). (FI) Monsieur le Président, l’année écoulée a été l’une des plus tragiques en termes d’incendies de forêts. Nous avons perdu des centaines et des milliers d’hectares de forêts, essentiellement autour de la Méditerranée. Les conjectures quant aux causes de ces incendies sont sources de vives querelles, tandis que tout le monde est malheureusement bien conscient de leurs conséquences. Il a été suggéré que le changement climatique était responsable de l’augmentation du nombre d’incendies et qu’en Europe également, nous devrions nous préparer à des saisons d’incendies plus longues que la période de juin à septembre considérée comme la norme jusqu’à présent. Les étés commencent plus tôt et sont plus chauds et plus secs, surtout dans le sud, ce qui accroît le risque d’incendies. Il est vrai qu’exceptionnellement, cette année, de graves feux de forêts ont dévasté le nord-ouest de l’Espagne et le Portugal dès le mois de mars et que les conditions sont donc favorables aux incendies de forêts. Cependant, le problème en tant que tel ne réside pas dans un changement progressif des conditions naturelles; il est ailleurs.

Les spécialistes de l’environnement ont découvert que les incendies de forêts au sein de l’UE, en Australie et en Californie s’expliquent essentiellement par des facteurs socioéconomiques. Ils n’ont pour l’heure décelé aucun lien direct avec le changement climatique. Les principaux facteurs de déclenchement des incendies de forêts sont la construction et les pressions associées au besoin de nouveaux logements, l’agriculture, la culture de certaines espèces de plantes et d’arbres, le manque de connaissances et de prévoyance et la négligence de la part des autorités. Ainsi, le nombre insuffisant d’équipes de lutte contre les incendies et l’incapacité à élucider et à prévenir les délits pouvant entraîner des incendies sont à l’origine des tragédies de cet été.

Le changement climatique fera évoluer les conditions naturelles. C’est un fait. Mais il n’explique pas les catastrophes écologiques, notamment si le même phénomène réapparaît épisodiquement au fil des ans. C’est pourquoi il faudrait sans doute que nous soyons mieux préparés. Il est temps que les États membres de l’Union fassent un effort d’introspection, car l’apparition ou non d’incendies de forêts à l’avenir dépendra de nous. S’adapter à un environnement en mutation est une chose. Accepter des pratiques rigides et inadaptées et ne pas être préparés en est une autre.

(Applaudissements)

 
  
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  Sari Essayah (PPE). (FI) Monsieur le Président, je rejoins ceux qui ont fait valoir ici qu’il est toujours moins cher de prévenir les catastrophes que d’en payer les conséquences. La plupart de ces fonds devraient être consacrés à la prévention des incendies et des inondations dans le sud de l’Europe. Outre la surveillance par satellite, nous avons besoin du même type de système de vigilance et de prévention contre les incendies de forêts que celui exploité avec succès depuis de nombreuses années, par exemple en Finlande. En outre, nous devons veiller, au niveau national, à ce que l’équipement des corps de sapeurs-pompiers réponde aux normes, de sorte que les incendies puissent être circonscrits le plus tôt possible.

La multiplication des inondations est largement imputable au changement climatique, et la meilleure manière de les prévenir est donc de parvenir à un bon accord lors de la conférence de Copenhague. Néanmoins, la prévention des inondations est aussi une compétence nationale. Nous devons mettre en place une politique forestière pertinente, protéger les forêts de montagne et planter dans nos forêts des essences d’arbres adaptées dont les racines puissent absorber l’eau et garantir que celle-ci ne s’écoule pas trop vite. Des berges et des réservoirs devraient également être construits à proximité des masses d’eau, et les voies d’eau devraient être draguées pour un drainage plus efficace en période de crues. Nous devons reconnaître que ces questions sont avant tout de la responsabilité de chaque État membre. L’UE ne peut endosser de responsabilité pour des prérogatives nationales ou pour d’éventuelles négligences. Le Fonds de solidarité de l’Union européenne est avant tout un fonds d’aide d’urgence, et j’espère que les différents États membres seront prêts à investir dans une politique forestière à long terme, dans la prévention contre les incendies et dans la protection face aux inondations.

 
  
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  Gabriel Mato Adrover (PPE). (ES) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, un incendie est toujours une tragédie - une tragédie pour la population, une tragédie pour l’environnement et une tragédie économique et sociale.

J’ai eu la malchance de vivre de très près cette tragédie, cet incendie qui a éclaté cet été sur l’île de La Palma, aux Canaries. Je salue dès lors cette résolution, et je suis convaincu que nous pourrons l’adopter à l’unanimité. C’est une résolution exhaustive, qui a reçu de nombreuses contributions et qui, par-dessus tout, joue un rôle essentiel. Tout d’abord, elle rend hommage aux victimes, à toutes les victimes, et salue tous les volontaires qui ont lutté contre les incendies.

Ensuite, elle contient quelques réflexions tout à fait pertinentes concernant l’importance de la sécheresse et de la désertification sur la propagation des incendies et la disparition de centaines de milliers d’hectares chaque année.

Elle reprend également d’importantes réflexions sur les facteurs d’aggravation des incendies, tels que l’abandon graduel de la campagne, le manque d’entretien des forêts et les sanctions inadaptées appliquées aux incendiaires. Sur ce plan, nous nous devons d’agir, et d’agir fermement.

La Commission doit mettre au point une stratégie de prévention des risques, une stratégie efficace de lutte contre les catastrophes naturelles et un protocole en faveur d’actions uniformes. L’aide joue cependant elle aussi un rôle important, pour la restauration, le rétablissement du potentiel de production et la compensation des coûts sociaux et des pertes d’emplois.

Comme l’a indiqué le commissaire, la coordination est fondamentale. Une coordination s’impose cependant entre les différents instruments communautaires - les Fonds structurels, le Fonds de solidarité, qui doit clairement être réformé - et leur flexibilité, ainsi qu’avec des instruments tels qu’Aid Plus et, naturellement, le mécanisme de réaction rapide dont nous avons déjà discuté.

Nous devons aller plus loin dans la résolution de ces problèmes, et je suis sincèrement convaincu que cette résolution est le bon moyen d’y parvenir.

 
  
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  José Manuel Fernandes (PPE). (PT) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, si l’heure est à la solidarité, nous avons également la possibilité - je dirais même le devoir - de travailler à des améliorations, des changements et des ajustements. Les ajustements qui s’imposent d’urgence concernent le Fonds de solidarité de l’Union européenne, de manière à ce qu’il puisse être utilisé - et rapidement - pour répondre à ces catastrophes, tandis que les améliorations et les changements concernent la politique forestière.

Nous avons besoin d’une politique européenne des forêts qui vise à la fois à valoriser ces dernières et à empêcher les incendies. Dans de nombreux États membres, et notamment dans mon propre pays, le Portugal, il n’existe même pas encore de registre de toutes les terres, et nous ne savons donc pas à qui celles-ci appartiennent. Cette situation pose des problèmes en termes d’aménagement du territoire, de reboisement et de prévention des incendies.

Concernant cette politique de prévention, j’ai une question qui est également une suggestion: pourquoi ne pas inclure les mesures de prévention des incendies de forêts dans le plan de relance économique de l’UE, le plan visant à revigorer l’économie européenne? Si nous favorisions les mesures de nettoyage de nos forêts - et si, par exemple, le produit de telles mesures pouvait être utilisé pour fabriquer de l’énergie à partir de la biomasse au moyen de centrales spécialement conçues à cet effet -, si nous agissions en ce sens, nous aiderions certainement l’environnement en le protégeant. Dans le même temps, nous créerions des emplois, ce qui répond à l’un des autres objectifs actuels de l’Union.

 
  
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  Lambert van Nistelrooij (PPE). (NL) Monsieur le Président, il est bon qu’en ce premier jour de session parlementaire, nous débattions des catastrophes qui ont frappé le sud de l’Europe, et je remercie moi aussi mes collègues qui ont travaillé sur ces textes. Nous sommes face à une bonne résolution. Naturellement, cette question est avant tout affaire d’implication interpersonnelle ou de proximité avec les citoyens - comme nous n’avons de cesse de le répéter dans le cadre de nos élections - et de solidarité. Cette fois-ci, nous débattons des incendies dans le sud de l’Europe, mais, qui sait, peut-être évoquerons-nous cet hiver des inondations dans d’autres régions d’Europe. En commission du développement régional, nous avons débattu à plusieurs reprises des améliorations à apporter au Fonds de solidarité. Nous n’avons aucunement l’intention d’exiger de nouveaux instruments, mais plutôt d’améliorer ceux dont nous disposons déjà de manière à les rendre plus efficaces. Cela étant, Monsieur le Commissaire, qu’y a-t-il de si étrange dans tout cela? Nous avons exposé cette position en cette Assemblée et obtenu un soutien écrasant. Nous avons précisé où des améliorations pourraient être apportées, mais le processus a été bloqué par le Conseil. En deux ans, ce dernier n’a pas pris la moindre mesure en la matière. Ma question est donc de savoir si la situation a encore la moindre chance d’évoluer sur ce point. Vous faites état, à juste titre, des progrès en rapport avec le projet pilote et des avions qui ont été déployés, mais vous n’avez pas eu une seule parole concernant le dossier sous-jacent dont s’enquiert le Parlement avec tant d’insistance. Est-il toujours à l’ordre du jour? Que se passe-t-il?

Pour ce qui est de la force de protection civile, je dirais qu’en soi, le fait que l’Europe déploie ses propres instruments est une bonne chose, mais que l’essentiel des fondations relève des États membres. L’échange d’expériences et le déploiement centré sur la région au sens large devraient servir de base à ces fondations.

Enfin, la réhabilitation: réparation des dégâts, reboisement et tout ce qui y est associé. Ces questions ne doivent pas être soumises à un contrôle centralisé, mais être décentralisées au niveau des États membres. Cependant, nous disposons également de ces fonds - Fonds structurels, fonds agricoles. Dès lors, pourquoi ne pas commencer? Il peut s’agir d’un plan économique, comme nous venons de l’entendre, mais aussi d’un plan de réhabilitation géré de manière exhaustive et dans lequel les instruments décentralisés jouent un rôle particulièrement important. C’est ce qu’exige cette résolution, et c’est pourquoi nous la soutiendrons résolument demain.

 
  
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  Antonio Cancian (PPE). (IT) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, la résolution intitulée «Catastrophes naturelles» déposée par le groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates-Chrétiens) a beau être extrêmement précise, je tiens néanmoins à attirer l’attention sur certains points évoqués ce soir mais qui n’apparaissent pas dans cette résolution, et qui font l’objet de mes propositions d’amendements.

En plus des incendies, l’été dernier a été marqué par d’autres catastrophes, la dernière en date étant survenue pas plus tard que le week-end dernier dans le sud de l’Italie. Je suis moi-même originaire d’une région d’Italie, la Vénétie, qui a été frappée en juin et en juillet par des glissements de terrain et des tornades. Je citerai à titre d’exemple Vallà di Riese et Borca di Cadore.

Nous devrions mentionner également dans la résolution les autres catastrophes naturelles, ne pas nous limiter aux incendies, car les inondations estivales n’ont malheureusement rien de nouveau. C’est l’un des scénarios auxquels nous devrons faire face à l’avenir, en conséquence, malheureusement, du changement climatique induit par le réchauffement de la planète. Nous devons donc insister sur les mesures de prévention et sur la construction d’infrastructures qui pourront empêcher ces catastrophes, ou à tout le moins en limiter les dégâts - ou pire - lorsque ces infrastructures favorisent les catastrophes. Je pense aux réservoirs dans les régions montagneuses, les ceintures vertes ou les zones rurales et forestières, ou encore le long des cours d’eau.

Ensuite, puisque, dans la majorité des cas, les catastrophes naturelles sont également provoquées par l’homme, il importe d’établir les responsabilités, de poursuivre les coupables et d’alourdir les peines. Enfin, je tiens à saluer l’idée de créer cette force d’intervention indépendante et le Fonds de solidarité qui lui est associé. Il importe cependant d’essayer d’élargir cette intervention à d’autres catastrophes, d’accroître les montants qui leur sont consacrés en regroupant différents fonds, de simplifier les procédures et d’assurer une meilleure coordination et une plus grande flexibilité, comme l’indiquait M. Mauro.

 
  
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  Mairead McGuinness (PPE). (EN) Monsieur le Président, j’écoutais ce débat depuis mon bureau. Il va de soi, Dieu merci, que l’Irlande ne connaît pas d’incendies d’une intensité telle que celles décrites par nos collègues du sud de l’Europe. Deux pensées m’ont frappée. La première, c’est qu’en cette Assemblée, nous tendons à n’évoquer que les questions qui concernent directement notre pays. Puisque nous avons actuellement un débat en Irlande sur le traité de Lisbonne - où nous évoquons la solidarité à travers l’Union -, je pense que nous devrions perdre cette habitude. J’estime que nous devrions être plus nombreux à aborder des sujets de préoccupations dans d’autres États membres, afin de forger un sentiment de plus grande solidarité entre membres de cette Assemblée concernant les préoccupations de nos concitoyens. J’apprécierais, par exemple, de voir d’autres personnes relayer les craintes qui pourraient voir le jour parmi mes concitoyens irlandais. Je pense qu’une telle démarche nous aiderait à promouvoir l’idée que l’Europe travaille pour tous et que nous ne défendons pas uniquement notre propre intérêt. C’est l’un des dysfonctionnements de l’Union européenne et une thématique avec laquelle nous nous débattons dans le cadre du débat sur le traité de Lisbonne.

Je soutiens la présente démarche et j’exprime ma solidarité pour les problèmes auxquels est confronté le sud de l’Europe. Attaquons-nous à ceux qui détruisent délibérément. Penchons-nous sur la prévention. La gestion doit jouer un plus grand rôle et, enfin, les Fonds de solidarité doivent être ouverts à ceux qui en ont besoin.

 
  
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  Juan Fernando López Aguilar (S&D). (ES) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je suis député européen de fraîche date - j’ai été élu le 7 juin - mais, à en juger par le débat, il apparaît clairement que cette question revient systématiquement sur le tapis en septembre, après une vague d’incendies dévastateurs qui touchent particulièrement l’Europe du sud - Italie, France, Grèce et Espagne.

L’incendie qui a dévasté l’île de La Palma, dans la région ultrapériphérique des Canaries, une communauté autonome espagnole dans laquelle je suis né et où je vis, a déjà été évoqué. L’important, cependant, est d’être conscient que, si ces catastrophes sont particulièrement intenses aux frontières méridionales de l’Europe, nous avons ici une occasion d’accroître la sympathie et l’attachement des citoyens vis-à-vis de ce qu’incarne l’Europe, à savoir une valeur ajoutée en termes de réaction.

Cela passe par une valeur ajoutée européenne en matière de prévention, mais aussi de coordination des institutions (Commission, Conseil et Parlement) vis-à-vis de la résolution, en coopération avec les États membres. La réaction doit cependant présenter une valeur ajoutée européenne.

C’est pourquoi il importe que nous passions de la parole aux actes en rendant le Fonds de solidarité plus flexible face aux urgences et en mettant sur pied cette force européenne de protection civile, qui reste en suspens. Ces mesures pourraient faire toute la différence à l’avenir, lorsque nous serons confrontés à ces urgences, qui ressurgissent chaque été des suites du changement et du réchauffement climatiques.

 
  
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  Ilda Figueiredo (GUE/NGL). (PT) Monsieur le Président, plus que toutes les démonstrations de solidarité face au fléau des incendies de forêts qui ravagent chaque année les pays du sud de l’Europe, dont la Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, nous devons adopter d’urgence les mesures nécessaires pour inverser la tendance, car ces incendies détruisent les forêts qu’il nous reste, les propriétés, le bétail, la biodiversité et, pire encore, un certain nombre de vies humaines.

Le moment est donc venu de s’attaquer de front aux causes de ce fléau et de tenir compte de l’abandon marqué et croissant des zones rurales. Il est temps de transformer la politique agricole commune de manière à financer la prévention, ce qui implique entre autres d’investir dans l’agriculture multifonctionnelle, et notamment dans la foresterie méditerranéenne, en soutenant l’agriculture familiale et en fournissant aux petites et moyennes exploitations agricoles et aux jeunes les conditions qui leur permettent de rester dans les zones rurales et, ainsi, de contribuer aux mesures visant à prévenir ce fléau annuel.

 
  
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  Malika Benarab-Attou (Verts/ALE). − Monsieur le Président, chers collègues, je suis satisfaite de ce que le commissaire Dimas a pu dire sur ce sujet et notamment qu’il ait parlé de l’importance de l’aide au-delà des frontières de notre continent.

Peut-on formellement envisager, dans le cadre du projet Union pour la Méditerranée, en plus de la protection écologique de la mer Méditerranée, cette aide urgente en cas d’incendie et le développement d’une expertise forestière sur ce sujet-là, à partager et développer avec les pays non européens de l’Union pour la Méditerranée?

 
  
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  Petru Constantin Luhan (PPE). (RO) Cet été, le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie et la Grèce ont dû affronter de violents incendies de forêts. En Grèce, les flammes ont dévasté une zone d’environ 21 200 hectares, détruisant quelque 2 millions d’arbres et au moins 150 maisons.

Dans un effort coordonné au niveau européen, la France, l’Espagne et Chypre ont envoyé des avions Canadair sur la région d’Athènes pour éteindre les feux. Le soutien stratégique de l’UE à la lutte contre les incendies de forêts s’est donc à nouveau avéré utile. Le Fonds de solidarité de l’Union européenne peut également fournir une assistance dans ce type de situation en prenant en charge certains des coûts inhérents aux mesures d’urgence destinées à restaurer les infrastructures, fournir des abris temporaires et protéger le patrimoine naturel.

Je tiens à attirer l’attention sur le fait que nous devons réduire la bureaucratie entourant l’accès à ce Fonds. Permettez-moi de vous fournir un exemple concret en provenance de mon pays. La Roumanie a été frappée par des catastrophes naturelles en juin dernier. Aujourd’hui, en septembre 2009, les Fonds n’ont toujours pas été alloués aux autorités roumaines. Je pense également que nous avons besoin pour l’avenir d’une politique forestière durable et d’une stratégie de prévention des catastrophes de ce genre.

 
  
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  Stavros Dimas, membre de la Commission. (EL) Monsieur le Président, je tiens à remercier les honorables parlementaires pour leurs contributions extrêmement constructives au débat de ce soir et pour les excellentes idées qu’ils ont proposées.

Les urgences ont souvent un coût humain, financier et environnemental élevé. À l’avenir, comme l’ont souligné de nombreux députés, nous serons sans doute confrontés à des catastrophes plus nombreuses et de plus grande ampleur des suites du changement climatique - pas seulement des incendies de forêts, qui ne se limiteront plus au sud de l’Europe et feront leur apparition dans le centre, voire au nord de l’Europe, mais aussi d’autres types de désastres, tels que des inondations. Nous devons donc consolider et améliorer en permanence les ressources européennes de gestion des catastrophes, dont la valeur ajoutée est aujourd’hui clairement établie.

Ce constat a par ailleurs été confirmé par les incendies de cet été, qui nous ont rappelé que la Communauté doit améliorer non seulement sa capacité de réaction aux catastrophes naturelles, mais aussi sa faculté de les prévenir, comme l’ont souligné ce soir de nombreux intervenants. Je rappellerai à cette Assemblée que la Commission a présenté en février une communication sur la prévention des catastrophes naturelles ou d’origine humaine, dans laquelle elle formulait certaines propositions.

Nous attendons les commentaires du Parlement européen et du Conseil concernant cette communication. Je pense que le nouveau Parlement nous transmettra sa réponse dans les temps, en principe en février. Nous pensons qu’il nous donnera son feu vert pour procéder aux travaux nécessaires en ce sens, comme le fera une résolution à ce sujet en provenance de la conférence à venir.

Plusieurs orateurs, à commencer par Mme Podimata, ayant soulevé la question, j’évoquerai également la thématique du changement climatique, la nécessité d’adaptation et la révision proposée de la stratégie communautaire relative aux forêts afin d’y intégrer les questions liées au climat. Cette démarche permettra également de se pencher sur les questions relatives aux incendies de forêts. J’ajouterai que cette communication de la Commission est fondamentale, tout comme celle publiée la semaine dernière concernant le financement de l’accord sur le changement climatique que nous espérons voir émerger de la conférence de Copenhague. Ce financement passerait par le déblocage d’une somme importante pour permettre l’adaptation au changement climatique dans les pays en développement. Les fonds seraient orientés vers les travaux nécessaires pour que les pays subissant les contrecoups du changement climatique sans avoir contribué à l’effet de serre puissent faire face à ces répercussions.

En réalité, j’ai proposé que nous n’attendions pas 2013 pour lancer cette action, mais que nous l’entamions tout de suite, dès 2010. J’espère que le Conseil acceptera, soit le 17 septembre, soit en octobre, que l’argent soit utilisé pour un démarrage immédiat des chantiers, afin que ces pays puissent constater que les propos et les propositions de l’Union européenne et des pays développés ne sont pas des paroles en l’air.

De nombreux autres points extrêmement importants ont été soulevés - de manière tout à fait pertinente - concernant le rôle du financement communautaire. Le mécanisme communautaire de développement rural et le Fonds européen de développement régional sont des facilités de soutien aux mesures nationales de prévention. La Commission utilisera les facilités fournies par le Fonds de solidarité de l’Union européenne pour soutenir les efforts de restauration dans les États membres.

J’ai entendu que l’intervention de la Commission devrait être immédiate et je tiens à clarifier le point suivant: il y a en fait deux questions, et je ne suis pas sûr d’avoir compris à laquelle il était fait référence. La première est la mobilisation du mécanisme communautaire de protection civile et la seconde est l’activation du Fonds de solidarité. Pour ce qui est de la mobilisation du mécanisme communautaire, je peux vous dire que celle-ci est instantanée, qu’elle intervient en temps réel. Je citerai l’exemple récent des incendies qui ont éclaté en Grèce: moins d’une heure après avoir reçu une demande officielle des autorités grecques, des avions italiens avaient décollé pour pouvoir être déployés sur le terrain le lendemain. La mobilisation est donc immédiate.

Comme je l’ai déclaré dans mon intervention liminaire, nous étions les premiers à avoir dépêché des spécialistes sur les lieux de la catastrophe au moment du tsunami et de l’ouragan Katrina. Nous avons été largement félicités pour les actions mises en œuvre grâce au mécanisme communautaire de protection civile. Cela vient confirmer à la fois les travaux accomplis ces dernières années et le potentiel de ce mécanisme, pour autant qu’il dispose des attributions et des ressources - notamment financières - lui permettant d’étendre ses activités au bénéfice de l’Union européenne, de ses citoyens, de la protection de l’environnement et de la propriété des citoyens européens.

Pour ce qui est du Fonds de solidarité, j’ai entendu - et je partage cet avis - qu’il fallait le rendre plus flexible. En réalité, il doit pouvoir réagir le plus rapidement possible, car la philosophie du Fonds de solidarité est précisément de couvrir les urgences ou une partie des urgences causées par les catastrophes.

Il est donc logique que la Commission agisse sur-le-champ et que les États membres, par le biais de leurs administrations centrales ou régionales, prennent des mesures immédiates pour que les fonds soient alloués. Signalons également la clause du Fonds de solidarité selon laquelle les travaux doivent être entrepris dans l’année suivant le versement. C’est une disposition logique qui nécessite cependant une plus grande flexibilité.

Pour conclure - je suis navré de ne pas avoir plus de temps pour répondre aux questions extrêmement précises qui ont été posées -, je tiens simplement à signaler, avant d’oublier, à propos des programmes de relance économique évoqués par certains orateurs, que ceux-ci sont effectivement une excellente idée, car il y a de nombreux avantages à tirer de l’inclusion de projets visant à prévenir les catastrophes que nous sommes plus ou moins en mesure de prévoir, y compris pour l’année prochaine - puisque, comme indiqué plus tôt, nous débattons de cette question chaque année. Ces projets généreront en effet une certaine activité économique et créeront davantage d’emplois, et ils éviteront des dommages équivalant à plusieurs millions d’euros de frais de restauration. Le retour sur investissements sera donc multiple, sans parler bien sûr du coût humain qui pourra être évité.

Enfin, je tiens à souligner que, si le risque d’incendies de forêts ou d’autres catastrophes, telles qu’inondations, tremblements de terre ou même interventions militaires - le mécanisme communautaire de protection civile est en effet intervenu avec beaucoup de succès pour des inondations, des tremblements de terre et des incendies de forêts et pour des déplacements de populations, par exemple après le conflit au Liban - ne peut être complètement écarté, il peut néanmoins être réduit grâce à notre coopération et à une meilleure réponse collective à de telles catastrophes. La Commission s’engage à renforcer la contribution communautaire en faveur de la prévention, la préparation, la réaction et la restauration relatives aux catastrophes, de manière à protéger les citoyens et l’environnement.

Je tiens à remercier une nouvelle fois le Parlement pour son soutien actif face à la nécessité d’améliorer la gestion des catastrophes au profit de tous les citoyens européens.

 
  
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  Le Président. − Le débat est clos.

Le vote aura lieu le mercredi 16 septembre.

Déclarations écrites (article 149)

 
  
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  Iosif Matula (PPE), par écrit. (RO) Je m’inquiète de l’ampleur prise par ces catastrophes ces dernières années, qui ont des causes naturelles, mais aussi humaines, et des répercussions pour les infrastructures tant économiques que sociales. Notre réponse à ce phénomène au travers du Fonds de solidarité de l’Union européenne apporte un soutien de poids face à la tâche qui consiste à reconstruire les régions touchées par les catastrophes tout en limitant les possibles répercussions transfrontalières desdites catastrophes. Je tiens cependant à souligner la nécessité de simplifier les critères de déploiement de ce Fonds et d’en améliorer la transparence, afin que les régions affectées puissent bénéficier d’un soutien communautaire le plus rapidement possible. Nous devons également autoriser davantage de régions à recevoir une assistance en rabaissant le plafond de déploiement. Je soutiens par ailleurs l’élaboration d’une stratégie européenne de lutte contre les catastrophes naturelles et de renforcement d’une force européenne commune prête à réagir aux quatre coins de l’UE en cas de catastrophe.

 
  
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  Richard Seeber (PPE), par écrit. (DE) Cet été, des incendies de forêts dévastateurs ont à nouveau ravagé certaines régions d’Europe. Ils ont non seulement provoqué des dégâts considérables, mais ont aussi coûté la vie à onze personnes. L’Europe doit faire preuve de solidarité face à de telles catastrophes naturelles. Des situations urgentes de ce type offrent à la Communauté l’occasion de démontrer ses qualités et permettent à la population européenne de découvrir la valeur ajoutée directe de l’Union. En termes d’application pratique, par contre, les règles de la subsidiarité doivent absolument être respectées. La gestion des mesures visant à prévenir les catastrophes et l’élaboration des plans de gestion d’urgence sont du ressort des États membres: l’UE ne doit pas s’immiscer dans cette prérogative nationale importante. Le Fonds de solidarité de l’Union européenne est un outil de gestion financière utile et pertinent. À long terme, la stratégie visant à empêcher les incendies de cette nature en Europe doit être améliorée, et nous devons arrêter de nous fonder sur une gestion de crise à court terme.

 
  
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  Dominique Vlasto (PPE), par écrit. − Face aux dramatiques incendies qui ont nouveau ravagé l’Europe du Sud, nous devons réagir pour parvenir à mettre fin à ces faits insupportables. D’abord, en organisant mieux les moyens d’intervention: c’est l’idée de Michel Barnier d’une force européenne de protection civile, capable d’intervenir en renfort des forces nationales. Pour circonscrire un incendie, il faut intervenir massivement et rapidement: la solidarité européenne doit effectivement être plus efficace. Mais la prévention reste fondamentale: il faut entretenir et débroussailler les forêts. Dans le sud de la France, 75 % de la forêt est privée. Il faut donc mobiliser les propriétaires et les inciter à entretenir leurs surfaces boisées. Cela passera notamment par la valorisation de la forêt méditerranéenne dont la rentabilité économique est trop faible: des initiatives soutenues par les Fonds structurels doivent encourager le prélèvement régulier de la biomasse et sa valorisation énergétique, le développement d’une sylviculture durable et d’un écotourisme responsable. Je demande donc à la Commission européenne de reconnaître les spécificités de la forêt méditerranéenne et de proposer un plan d’actions pour la protéger et valoriser ses richesses naturelles. Ce serait un minimum pour réduire durablement les risques d’incendies, préserver et restaurer les écosystèmes fragiles du Sud de l’Europe.

 
Dernière mise à jour: 5 janvier 2010Avis juridique