Index 
 Précédent 
 Suivant 
 Texte intégral 
Procédure : 2010/2769(RSP)
Cycle de vie en séance
Cycles relatifs aux documents :

Textes déposés :

B7-0448/2010

Débats :

PV 08/07/2010 - 11.3
CRE 08/07/2010 - 11.3

Votes :

PV 08/07/2010 - 12.3

Textes adoptés :

P7_TA(2010)0290

Débats
Avertissement
Jeudi 8 juillet 2010 - Strasbourg Edition JO

11.3. Corée du Nord
Vidéo des interventions
PV
MPphoto
 

  La Présidente. − L’ordre du jour appelle le débat sur sept propositions de résolution sur la Corée du Nord(1).

 
  
MPphoto
 

  Bastiaan Belder, auteur. − (NL) Madame la Présidente, la répression à l’égard de toute critique potentielle contre l’ordre établi en Corée du Nord est si stricte qu’aucune information concernant quelque dissident ou activiste que ce soit n’est rendue publique. Telle est la conclusion amère d’une lettre ouverte que cinq organisations de défense des droits de l’homme ont adressée en date du 14 juin aux ministres des affaires étrangères de l’Union européenne. Ce constat permet également de mesurer la gravité de la situation dans l’empire affamé de Kim Jong-il. Nous ne connaissons les noms d’aucun dissident ou activiste sur le territoire de la Corée du Nord. Ces informations doit pouvoir arriver jusqu’à nous. La situation n’est même pas comparable à celle de l’ex-Union soviétique ou de la Roumanie de Ceausescu.

La lettre ouverte du 14 juin exhorte les fonctionnaires européens à réagir beaucoup plus vigoureusement face aux violations incessantes des droits fondamentaux des citoyens nord-coréens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leur pays. Plusieurs recommandations concrètes sont formulées dans ce sens dans la résolution commune du Parlement, et je m’en félicite. Continuons, par exemple, de rappeler à la Chine, à tous les niveaux politiques européens, les responsabilités qui lui incombent à l’égard des réfugiés nord-coréens.

Par ailleurs, j’approuve totalement le point 14 de la résolution. La Commission protège les droits des travailleurs nord-coréens du complexe industriel de Kaesong en inscrivant une clause non équivoque sur ce point dans l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud.

Madame la Présidente, officiellement, la Corée du Nord affirme garantir la liberté religieuse de ses 24 millions d’habitants. Dans la pratique, toute personne trouvée en train de distribuer des bibles ou de participer à une réunion secrète de prière risque d’être envoyée dans un camp de travail, voire même exécutée, selon les témoignages de réfugiés. Au début de ce mois, nous avons découvert que Son Jong Nam avait été torturé à mort dans une prison nord-coréenne pour avoir prêché l’Évangile, pour avoir porté la bonne parole auprès de ses compatriotes. Quelles sont les preuves de son crime: vingt bibles et dix enregistrements de pratique religieuse? Il semblerait que ce soit cela que les autorités nord-coréennes craignent littéralement mortellement.

 
  
MPphoto
 

  Gerald Häfner, auteur.(DE) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, nous avons bien fait de saisir l’occasion qui nous est offerte aujourd’hui de débattre de la situation en Corée du Nord, un pays qui s’est tellement isolé du regard du reste du monde que seules quelques personnes savent ce qui s’y passe, et que la population de ce pays ne sait pas ce qui se passe dans le reste du monde.

Je vais me centrer sur deux points. Le premier concerne la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, un pays où des gens sont enlevés dans la rue et passent le reste de leur vie dans des camps; un pays où parfois même la génération suivante passe toute sa vie emprisonnée dans des camps parce que leurs parents avaient prétendument commis des crimes; un pays où des gens sont exécutés en public pendant que d’autres sont obligés d’assister à ces exécutions, etc., etc. Nous estimons qu’il est grand temps qu’une commission indépendante enquête sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, comme nous le proposons dans la résolution commune.

Le deuxième point que je tiens à évoquer est lié au fait qu’il est ridiculement difficile de sortir de ce pays, de s’en échapper. Le droit de choisir son lieu de résidence et de circuler librement devrait être l’un des droits les plus fondamentaux de tout individu. Or, nous sommes aujourd’hui témoins d’une situation où ceux qui réussissent à quitter la Corée du Nord ne sont pour la plupart pas admis dans un autre pays et sont donc renvoyés chez eux.

C’est pourquoi je tiens particulièrement à exhorter les ambassades de l’Union européenne à prendre en charge les personnes qui réussissent à venir jusqu’à elles, à les aider à s’installer dans des pays plus sûrs, et à y trouver un soutien suffisant pour y démarrer une nouvelle vie. Cela est important, compte tenu de la situation dans laquelle se trouvent ces personnes. La situation actuelle est révoltante.

 
  
MPphoto
 

  Miroslav Mikolášik, auteur. − (PL) Madame la Présidente, la République populaire démocratique de Corée n’a rien de démocratique: c’est un des pays au monde ayant les plus mauvais antécédents en matière de violations des droits de l’homme. En effet, mes rencontres personnelles avec des représentants de la société civile dans la péninsule coréenne m’ont apporté de nouvelles tristes preuves des violations extrêmement inquiétantes et graves des droits de l’homme qui sont commises dans ce pays. Je suis profondément déçu que la situation des droits de l’homme en RPDC ne se soit pas améliorée mais plutôt détériorée depuis la dernière résolution du Parlement européen. Plus de 150 000 prisonniers politiques sont encore détenus dans des camps de concentration, où ils subissent travail forcé, torture, et faim. Je suis également choqué par la pratique de la culpabilité par association, qui provoque l’incarcération de familles entières, enfants compris. L’Union européenne et ses États membres doivent donc unir leurs efforts et exercer de plus fortes pressions diplomatiques et politiques sur le gouvernement de la RPDC pour obtenir qu’il respecte les droits fondamentaux de ses concitoyens.

Permettez-moi de conclure sur une réflexion: nous devons également empêcher les sanctions bilatérales et multilatérales qui ont de graves répercussions négatives sur les citoyens nord-coréens appauvris, qui souffrent déjà de la faim et de l’oppression systématique.

(Applaudissements)

 
  
MPphoto
 

  Janusz Wojciechowski, auteur.(PL) Madame la Présidente, c’est une très bonne chose que le Parlement s’intéresse à la situation en Corée du Nord, car c’est une source de très grandes inquiétudes dans nos sociétés.

Récemment, nous avons pu voir jouer des sportifs nord-coréens à l’occasion de la coupe du monde de la FIFA. Nous avons été particulièrement impressionnés par leur premier match, match âprement disputé contre le Brésil, et au cours duquel ils ont joué dans des conditions d’égalité. Lors des matchs suivants, ils n’ont pas si bien joué. Pourquoi évoquer cet événement sportif? Eh bien, selon certaines sources, lors de la participation de la Corée du Nord en phase finale de la coupe du monde il y a quarante ans, au cours de laquelle les joueurs de l’équipe nationale avaient réalisé de belles performances, leurs résultats n’avaient cependant pas été jugés satisfaisants par les autorités du régime coréen, et les joueurs ont ensuite fait l’objet de répressions, et ont été détenus dans des camps de travail forcé. Si j’attire l’attention sur ce fait, c’est pour que nous examinions la situation aujourd’hui, afin de veiller à ce que rien de semblable ne se reproduise. Il faut que les autorités sportives interviennent à ce sujet, car elles ont plusieurs moyens de faire pression sur les autorités coréennes pour faire en sorte que rien de semblable ne se reproduise. Nous sommes très préoccupés par ce qui risque d’arriver à ces sportifs.

 
  
MPphoto
 

  Jaromír Kohlíček, auteur. – (CS) La République populaire démocratique de Corée est présentée depuis de nombreuses années comme le pays où sont commises les pires violations des droits de l’homme. Il est incontestablement nécessaire d’approuver les points de la proposition de résolution qui demandent à la République populaire démocratique de Corée de mettre fin aux exécutions publiques, d’abolir la peine de mort, de cesser de recourir à la torture, et de libérer les prisonniers politiques.

Par ailleurs, la demande visant à obtenir que tous les citoyens qui en ont besoin aient accès à l’aide alimentaire et à l’aide humanitaire est, à mon sens, hypocrite. Il est notoire que la mise à disposition d’une quantité suffisante de nourriture est un problème de longue date en Corée du Nord et, sauf erreur de ma part, un grand nombre de pays d’Afrique et d’Asie rencontrent des problèmes similaires, or le Parlement européen n’adresse pas de demandes similaires aux gouvernements de ces pays.

Il n’en demeure pas moins que ce pays est confronté à une pénurie alimentaire, et que cette pénurie représente objectivement un énorme problème, source de malnutrition et d’autres problèmes de santé connexes pour les citoyens de ce pays. La situation est incontestablement grave, et je ne suis pas du tout convaincu que les quelques mesures proposées dans une résolution permettront d’aboutir à des améliorations significatives. Les critiques formulées par les auteurs qui en ont profité pour s’en prendre à la Chine, constituent un exemple classique d’hypocrite transfert de responsabilité, et révèlent la politique «à deux vitesses» appliquée par les auteurs. Les pays de l’Union européenne sont invités à accorder l’asile aux réfugiés nord-coréens alors même que l’Union européenne applique des accords de réadmission à l’égard de tous ses voisins du Sud. S’il ne s’agit pas de l’illustration d’une politique «à deux vitesses», alors je ne sais vraiment pas comment qualifier ces propos hypocrites.

On chercherait en vain dans toute la résolution la trace d’un effort visant à réduire les tensions ou à démilitariser la péninsule coréenne, c’est-à-dire des mesures qui s’imposent. Aucun membre du groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique ne peut voter pour une résolution formulée de la sorte.

 
  
MPphoto
 

  Kristian Vigenin, auteur. − (EN) Madame la Présidente, tout d’abord, je tiens à souligner qu’il existe un large consensus au sein de cette Assemblée sur la situation en Corée du Nord. Il a été très facile d’aboutir à une résolution commune et, comme vous pouvez le constater, celle-ci n’a fait l’objet d’aucun amendement, ce qui montre bien que nous faisons cause commune.

Par ailleurs, je souhaite soulever un point -que mon groupe a également évoqué hier - à savoir que le recours à la procédure d’urgence n’est peut-être pas la meilleure façon d’aborder ces questions puisque rien de vraiment urgent ne s’est produit en Corée du Nord. Nous méritons peut-être de disposer d’un peu plus de temps pour élaborer une résolution plus complète et pour débattre un peu plus des recommandations possibles et des solutions plus complexes que nous pouvons offrir.

Je ne veux pas répéter ce qui a déjà été dit dans la résolution au sujet des graves violations des droits de l’homme qui sont commises en Corée du Nord. Nous avons sans doute affaire à un pays qui n’a pas son pareil au monde à ce jour. Je voudrais tout de même souligner que, parmi toutes ces violations, les exécutions publiques auxquelles assistent des enfants sont sans doute les plus répugnantes. Je ne crois pas qu’il faille mettre toutes ces violations dans un certain ordre, mais il s’agit vraiment là de quelque chose de répugnant.

Heureusement, nous avons reconnu dans notre résolution que la Chine a un rôle à jouer. Les changements intervenus en Chine, notamment dans le domaine des droits de l’homme, ne sont peut-être pas suffisants à nos yeux, mais ils sont un bon exemple, et la Chine pourrait peut-être se servir de ses relations pour favoriser certains changements en Corée du Nord. Cela devrait être l’un des sujets futurs de nos discussions avec la Chine, à l’occasion de notre dialogue bilatéral.

Enfin, permettez-moi de dire que la nomination d’un représentant spécial de l’Union pour la Corée du Nord pourrait être une très bonne mesure pour favoriser une approche plus complexe à cet égard.

 
  
MPphoto
 

  Monica Luisa Macovei, au nom du groupe PPE. – (EN) Madame la Présidente, la traite d’êtres humains en Corée du Nord demeure un grave problème. 80 % des réfugiés nord-coréens en Chine seraient victimes de cette traite. Les femmes sont particulièrement vulnérables, étant victimes de prostitution, de viols, de mariages forcés et de la traite de mariées. De nombreuses victimes de la traite d’êtres humains ne parlent pas chinois et sont donc virtuellement prisonnières.

Le statut juridique des Nord-Coréens et la politique du gouvernement chinois qui consiste à arrêter les réfugiés et à les renvoyer en Corée du Nord accentuent la vulnérabilité des réfugiés à la traite à des fins de travail forcé et d’exploitation sexuelle. Aucune protection ne leur est accordée, ni par les autorités chinoises, ni par les autorités nord-coréennes, et la communauté internationale reconnaît peu leur situation de détresse. La Chine doit modifier sa législation afin de protéger les victimes de la traite au lieu de les renvoyer en Corée du Nord. Enfin, si des êtres humains sont exécutés, torturés, et emprisonnés illégalement, nous sommes bien face à une situation d’urgence au quotidien.

 
  
MPphoto
 

  David Martin, au nom du groupe S&D. – (EN) Madame la Présidente, quasiment tous les membres de cette Assemblée s’accordent à dire que la situation des droits de l’homme en Corée du Nord est désespérée. Je ne m’étendrai donc pas sur ce qui a déjà été dit par mes collègues.

La vraie question est la suivante: que peut-on faire pour y remédier? Ce n’est pas parce que la Corée du Nord a décidé d’être la Greta Garbo de la communauté internationale en souhaitant qu’on la «laisse tranquille» que nous ne devons pas nous en occuper. Vingt-quatre millions de personnes ont besoin de notre aide en Corée du Nord. Je voudrais suggérer quatre lignes d’action conformes à l’esprit de la résolution.

Premièrement, nous devons continuer à fournir une aide humanitaire, en veillant bien à ce que ce soit la population qui en bénéficie, et non le régime. Deuxièmement, nous devrions continuer à accroître les financements alloués aux ONG qui s’efforcent de faire entrer l’aide en Corée du Nord, et en particulier à celles qui cherchent à y faire entrer l’information. La création d’une radio dans un pays où aucune information ne circule est effectivement un outil vital. Troisièmement, nous devrions demander à Catherine Ashton de désigner un représentant spécial qui serait chargé d’engager un dialogue avec les Chinois, les Russes, et les Nations unies, afin de continuer à faire pression sur la Corée du Nord. Enfin, nous devrions faire tout notre possible pour aider les réfugiés. Comme d’autres collègues l’ont dit, les Nord-Coréens fuient leur pays et ils ne reçoivent pas l’aide qu’ils méritent.

 
  
MPphoto
 

  Marek Henryk Migalski, au nom du groupe ECR. – (PL) Malheureusement, les choses ne sont pas telles que l’ont dit MM. Vigenin et Martin. Malheureusement, il n’est pas vrai que nous soyons tous d’accord au sein de cette Assemblée sur cette question, puisque nous avons à l’instant entendu les communistes dire qu’ils avaient quelques réserves à émettre quant à notre position. Cela est malheureux car il semble que, sur cette question, nous devrions être unis.

Je viens d’un ancien pays communiste. Jeune adulte, j’ai vu de quoi le communisme est capable, et je me souviens de l’espoir dans lequel nous attendions que le monde libre, le monde occidental, fasse entendre sa voix. Nous avons parfois surestimé son importance, mais nous attendions le cœur empli de joie, espérant que quelqu’un interviendrait pour défendre nos droits, et je crois qu’il est de notre devoir, à nous qui représentons le monde libre, de veiller à ce que cette voix soit entendue aujourd’hui. Aussi devons-nous, comme l’a dit M. Häfner, garantir l’existence de médias libres ainsi que l’accès au moins, à ces médias en Corée du Nord. Nous devons nous y atteler, en coopérant bien entendu avec les États-Unis, car ce n’est que grâce à une telle coopération que nous pourrons garantir que les Nord-Coréens aient accès à des médias libres. Nous devons y veiller.

 
  
MPphoto
 

  Thomas Mann (PPE).(DE) Madame la Présidente, nous, les fans de football, vivons actuellement les aspects positifs du sport: l’esprit d’équipe, la joie de gagner et, comme hier soir, le respect de l’équipe adverse. Toutefois, nous avons également vu des footballeurs tenus personnellement responsables de défaites.

Une rumeur persistante laisse entendre qu’à la suite de leur sortie prématurée de la coupe du monde, les joueurs de l’équipe nationale de Corée du Nord ont été contraints au travail forcé - il faut espérer que cette information est inexacte. J’invite le gouvernement nord-coréen à expliquer où se trouvent ces footballeurs. Le fait que nous nous inquiétions à leur sujet n’est guère surprenant s’agissant d’un pays dont les dirigeants punissent la critique, où dix mille personnes sont torturées et maltraitées, et où d’innombrables personnes sont sous-alimentées.

L’Union européenne doit poursuivre avec la même vigueur le sérieux dialogue avec le dirigeant soi-disant bien-aimé de la République populaire démocratique de Corée. Il est temps de mettre fin au travail forcé et à la torture, d’abolir la peine de mort et les exécutions publiques. Même des victoires potentielles au football ne pourraient masquer la réalité de la situation. La Corée du Nord présente encore de graves lacunes dans tous les domaines: droits de l’homme, chances de survie, et respect de l’individu.

 
  
MPphoto
 

  Charles Tannock (ECR). - (EN) Madame la Présidente, l’isolement de la République populaire démocratique de Corée est tel que nous ne pouvons que faire des suppositions quant aux violations des droits de l’homme qui s’y produisent. Des informations sont occasionnellement divulguées par des transfuges, et la réalité est vraiment atroce. Les camps de travail forcé, les enlèvements, les arrestations arbitraires, et la torture, semblent être les caractéristiques du régime tyrannique de Kim Jong-il. La peine de mort est appliquée régulièrement, au mépris de l’état de droit.

Nous demeurons tous extrêmement inquiets au sujet de la Corée du Nord. Non seulement en raison de la situation intérieure, mais aussi en raison du comportement belliqueux et impulsif, voire même paranoïaque, du pays au niveau international. Malheureusement, Pyongyang s’est doté d’armes nucléaires et cherche à collaborer avec les autres régimes ignobles existant dans le monde, notamment avec l’Iran. De plus, le récent naufrage d’un navire sud-coréen est sans nul doute le résultat d’une attaque délibérée du Nord.

À cet égard, la République populaire de Chine doit assumer sa responsabilité en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies, en exerçant des pressions sur la Corée du Nord. Je crois néanmoins qu’une amélioration durable de la situation des droits de l’homme en Corée du Nord ne pourra résulter que d’un changement de régime et d’une démocratisation qui, je l’espère, mèneront au bout du compte à la réunification avec le Sud démocratique.

 
  
MPphoto
 

  Joanna Katarzyna Skrzydlewska (PPE).(PL) Madame la Présidente, mon nom est très compliqué et je suis habituée à ce que les gens aient du mal à le prononcer.

L’histoire nous montre qu’il ne se passe pas un jour sans que les droits de l’homme soient violés dans les pays dirigés par un régime totalitaire, mais la situation est vraiment épouvantable en Corée du Nord. Le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée nie l’existence du problème des violations des droits de l’homme. Cette position est toutefois en totale contradiction avec les témoignages de réfugiés et de transfuges. Les camps de travail y sont synonymes de torture, d’esclavage, et de faim pour les milliers de citoyens coréens qui ont osé critiquer le régime totalitaire ou dont les opinions politiques sont «risquées». En Corée, tout individu est réduit au rang d’objet, dépourvu de libre arbitre ou de la possibilité de l’exprimer ouvertement. Nous savons, par exemple, que des couples mariés ont été contraints de divorcer parce qu’ils appartenaient à des classes différentes.

J’appelle donc tous les pays qui entretiennent des relations économiques de quelque nature que ce soit avec la Corée du Nord, à faire pression sur le gouvernement de ce pays, afin de démontrer que le reste du monde n’est pas indifférent à la situation de milliers de Coréens, et qu’il a bien l’intention de s’en mêler.

 
  
MPphoto
 

  Jacek Protasiewicz (PPE).(PL) Madame la Présidente, la Corée du Nord et Cuba sont les derniers vestiges du communisme dans le monde. Hélas, force est de constater que vingt ans après la chute de ce système criminel en Europe, il existe encore des pays où, au nom de cette idéologie malsaine, des gens meurent de faim, sont torturés, et emprisonnés, ou contraints de travailler dans des camps de travail et de concentration.

De nombreux Nord-Coréens nourrissent le simple rêve de fuir leur propre pays. En tant que représentants du monde libre, il est de notre devoir -en particulier dans le cadre des relations avec la République populaire de Chine, puisque ces relations se développent - de veiller à ce que ces réfugiés ne soient pas renvoyés en Corée, où ils risquent une lourde peine de prison, voire même la mort. Je me concentre sur cet aspect de notre résolution car je ne crois pas à l’efficacité des demandes de notre Assemblée ou du monde libre qui appellent à mettre fin aux violations des droits de l’homme en Corée du Nord. Dès lors, puisque nous ne pouvons pas améliorer la situation en Corée, faisons tout notre possible pour que ceux qui ont réussi à s’échapper de cette prison se voient offrir la possibilité d’une vie meilleure - même en Chine où, bien entendu, l’État est loin de suivre les mêmes normes que l’Europe en matière de liberté, de démocratie, et de respect des droits de l’homme. Mais la vie y est tout de même meilleure qu’en Corée du Nord.

 
  
MPphoto
 

  Elena Băsescu (PPE).(RO) La situation des droits de l’homme en Corée du Nord est source d’inquiétudes particulièrement graves. Le régime de ce pays interdit toute forme d’opposition politique, d’élections démocratiques, de liberté de la presse, et de liberté de religion.

Nous ne pouvons pas rester insensibles aux souffrances des Nord-Coréens qui n’ont pas accès aux produits alimentaires de base, ni à l’aide humanitaire. Je suis particulièrement préoccupée par la situation des femmes et des enfants en Corée du Nord, où plus d’un tiers d’entre eux souffrent de malnutrition.

Selon certains rapports, plus de 150 000 Nord-Coréens sont encore détenus, dans six camps de travail. Ils n’y reçoivent pas de soins médicaux et y sont très mal nourris. En fait, la réforme monétaire de novembre 2009 a échoué et a même fait augmenter le taux de pauvreté de la population.

Je suis d’avis que l’Union européenne doit soutenir la constitution d’une commission d’enquête des Nations unies, qui apportera la preuve des violations des droits de l’homme commises en Corée du Nord.

 
  
MPphoto
 

  Lidia Joanna Geringer de Oedenberg (S&D).(PL) Madame la Présidente, les Nations unies et un grand nombre d’organisations non gouvernementales transmettent continuellement à la communauté internationale des informations au sujet de la répression dont font l’objet des dizaines de milliers de Nord-Coréens. La torture et l’internement dans des camps de travail forcé, souvent pour des raisons liées à des opinions politiques, sont quotidiens dans ce pays. Une grande partie de la population souffre de malnutrition et de l’absence de soins médicaux appropriés. De plus, le gouvernement nord-coréen rejette toute forme de coopération avec les organisations des Nations unies, d’où l’impossibilité pour le peuple nord-coréen d’avoir accès à aucune forme d’aide humanitaire internationale.

Je pense que le Parlement européen a l’obligation morale d’exhorter les autorités de la République populaire démocratique de Corée à mettre fin à ces pratiques dans les plus brefs délais. En outre, compte tenu de la forte influence de la République populaire de Chine sur la politique de Pyongyang, la Commission européenne devrait évoquer ces questions dans le cadre du dialogue entre l’Union européenne et la Chine. Afin de mieux coordonner notre action, il serait judicieux de nommer un représentant spécial de l’Union européenne pour la Corée du Nord.

 
  
MPphoto
 

  Jaroslav Paška (EFD). (SK) La République populaire démocratique de Corée est sans doute un dernier vestige de la Seconde Guerre mondiale. Les divergences idéologiques et les intérêts suscités par le pouvoir ont divisé la nation coréenne en deux États, dont les dirigeants s’affrontent toujours au sujet de leurs droits et de leur vision philosophique du monde.

Le nord de la péninsule coréenne est devenu un énorme ghetto, où sont prisonniers des millions de Coréens qui, sous l’administration militariste de leur régime, ne peuvent que rêver de liberté.

Sous prétexte que le pays serait en état de guerre, les autorités nord-coréennes continuent de soumettre leurs concitoyens à ce régime militariste. Comment pouvons-nous aider les Coréens dans ces conditions?

Par une démarche active commune des grandes puissances. Ce sont les grandes puissances qui ont divisé les Coréens, il est donc de leur devoir de coopérer aujourd’hui afin d’exercer des pressions constantes sur les autorités nord-coréennes, notamment en les menaçant de poursuites pénales pour crimes contre l’humanité, afin de libérer le peuple nord-coréen.

 
  
MPphoto
 

  Cristian Dan Preda (PPE).(RO) Les violations des droits de l’homme qui sont commises en Corée du Nord sont si nombreuses que l’on ne peut toutes les énumérer. La plus grave est sans doute la sous-alimentation de la population, à laquelle s’ajoute la discrimination, lors des distributions de nourriture, entre ceux qui sont proches du régime et du gouvernement, et ceux qui ne le sont pas.

Selon Amnesty International, l’an dernier quelque neuf millions de Nord-Coréens, soit plus d’un tiers de la population, souffraient de la faim.

Je considère également profondément préoccupante la situation liée aux punitions collectives, où parfois jusqu’à trois générations d’une même famille sont envoyées dans des camps de détention où, comme l’a également mentionné M. Tannock, règnent la brutalité, la torture, le travail forcé et les exécutions publiques. La majorité des personnes envoyées dans ces camps ne sont jamais libérées. Si elles ont des enfants, ceux-ci peuvent passer leur vie entière en captivité.

Je voudrais conclure en signalant que, bien qu’il ait accepté de participer à l’examen périodique universel réalisé par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le gouvernement nord-coréen n’a cependant encore jamais accepté aucune des recommandations formulées dans ce cadre à son égard.

 
  
MPphoto
 

  Tadeusz Zwiefka (PPE).(PL) Madame la Présidente, à cette liste de faits dramatiques concernant la Corée du Nord, nous devons ajouter un nouvel élément. Je veux parler du chantage nucléaire auquel Kim Jong-il se livre et qui a, en un sens, paralysé le monde. Bien qu’il ne l’ait peut-être pas fait délibérément, l’Occident a assez souvent détourné son attention des événements survenant dans la péninsule coréenne. C’est pourquoi nous devons évoquer concrètement les crimes qui sont commis et réitérer nos demandes. La communauté internationale doit trouver une forme de sanctions dont les citoyens nord-coréens sentiraient le moins possible les effets. Mais ne nous faisons pas d’illusions: toutes les sanctions qui frappent le régime laissent inévitablement leur marque sur la société.

C’est pourquoi je pense que la seule mesure qui puisse être efficace à l’heure actuelle est une coopération avec les plus proches voisins de la Corée du Nord en ce qui concerne l’aide aux réfugiés, en particulier, car nous ne pourrons agir efficacement au nom de ceux qui n’ont actuellement aucun choix, que lorsque nous disposerons d’informations concrètes sur la situation sous ce régime communiste.

 
  
MPphoto
 

  Kristalina Georgieva, membre de la Commission. − (EN) Madame la Présidente, je tiens à féliciter le Parlement d’avoir entrepris ce débat. Si vous me le permettez, je tiens à saluer le jeune homme assis au n° 582, car l’avenir de la Corée du Nord est important pour l’avenir de nos enfants

Il est très triste de constater qu’au cours des sept dernières années, soit depuis l’adoption de la première résolution des Nations unies condamnant la situation déplorable des droits de l’homme en Corée du Nord, la situation s’est très peu améliorée, pour ne pas dire pas du tout. La Commission rejoint pleinement les préoccupations exprimées dans la proposition de résolution commune dont nous débattons aujourd’hui, quant à la nécessité de remédier aux très graves violations des droits de l’homme qui sont commises dans ce pays.

L’Union européenne n’a cessé d’œuvrer dans le sens de cette amélioration, dans le contexte international, depuis 2003, année où elle a proposé, dans le cadre de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, la première résolution condamnant la situation en République populaire démocratique de Corée, pays qui, comme de nombreux intervenants l’ont déjà signalé, n’a rien de vraiment démocratique. De plus, l’Union européenne continue de soulever la question des droits de l’homme dans le cadre du dialogue politique bilatéral avec la Corée du Nord. Comme plusieurs intervenants l’ont fait remarquer, nous évoquons également cette question, et plus particulièrement la question du retour forcé des citoyens nord-coréens entrés illégalement en Chine, dans nos discussions avec ce pays. Et nous continuerons de le faire. Ces personnes ne peuvent pas être simplement considérées comme des «migrants économiques».

Un grand nombre des éléments énoncés dans la proposition de résolution font donc déjà partie de la politique actuelle de l’Union européenne à l’égard de la Corée du Nord en matière de droits de l’homme. Nous nous réjouissons vivement de la convergence de vues qui existe entre les députés, d’une part, et entre les députés et la Commission, d’autre part. Nous sommes entièrement d’accord sur les mesures à prendre, y compris sur un point évoqué par de nombreux intervenants, à savoir: la nécessité de maintenir les programmes existants pour venir en aide aux Nord-Coréens les plus vulnérables, qui sont en situation de profonde détresse. Ils ne méritent pas d’être punis pour les péchés de leurs dirigeants.

Globalement, nous sommes d’accord sur la marche à suivre, mais il y a trois points sur lesquels la position de la Commission diverge légèrement. Je tiens à expliquer la position de la Commission et les raisons de nos divergences.

Le premier point concerne la proposition d’inscrire, dans l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Corée du Sud, une clause de suivi des travailleurs nord-coréens du complexe industriel de Kaesong. Le texte négocié de cet accord de libre-échange prévoit la possibilité de désigner des zones de perfectionnement passif. Les deux parties reconnaissent que ces zones pourraient favoriser la paix dans la péninsule coréenne, mais avant qu’une zone puisse être reconnue telle au titre de l’accord de libre-échange, elle doit être proposée par l’une des parties et être examinée par un comité spécial composé de représentants des deux parties. Vu la situation politique actuelle, il est peu probable qu’une telle proposition soit faite à brève échéance, quand l’accord de libre-échange sera entré en vigueur. Toutefois, je tiens à vous assurer que la Commission saisira toutes les occasions de traiter cette question qui se présenteront à un stade ultérieur.

La deuxième proposition formulée dans la proposition de résolution concerne l’éventuelle nomination d’un représentant spécial de l’Union pour la Corée du Nord, proposition que plusieurs intervenants ont soutenue aujourd’hui. L’Union européenne s’est engagée à renforcer sa contribution à la coordination internationale, et la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission y est profondément attachée. Elle étudie actuellement tous les moyens possibles d’y parvenir dans un double contexte: d’une part, le réexamen du mandat de tous les représentants spéciaux de l’Union et, d’autre part, la création du service européen pour l’action extérieure. C’est dans ce contexte que la haute représentante et vice-présidente devrait poursuivre l’objectif de l’accroissement de la participation de l’Union européenne à la coordination internationale.

Le troisième point est une proposition de constitution d’une commission d’enquête des Nations unies. La Commission européenne approuve vivement les motifs de cette demande formulée dans la proposition de résolution. Nous estimons toutefois qu’il serait plus prudent, à ce stade, de concentrer tous nos efforts sur l’appui au mandat du nouveau rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, M. Marzuki Darusman, qui a été chargé par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies de se pencher sur la question des droits de l’homme en Corée du Nord. Nous devons donc veiller à ce qu’il dispose de tout le soutien dont il a besoin pour accomplir sa mission. La Commission estime qu’il s’agit aujourd’hui de la meilleure ligne de conduite à adopter.

(Applaudissements)

 
  
MPphoto
 

  La Présidente. − Le débat est clos.

Le vote aura lieu tout à l’heure.

Déclaration écrite (article 149)

 
  
MPphoto
 
 

  George Sabin Cutaş (S&D), par écrit. – (RO) La situation des droits de l’homme et de l’aide humanitaire en Corée du Nord demeure un sujet d’inquiétude pour l’Union européenne en tant que défenseur des droits de l’homme sur la scène internationale. Par ailleurs, dans la résolution du 25 mars 2010, les Nations unies expriment leur préoccupation face aux violations graves des droits civils, politiques, économiques, sociaux, et culturels en République populaire démocratique de Corée. Il est regrettable que le gouvernement nord-coréen ait décidé de refuser de coopérer avec les Nations unies sur la base des mécanismes de défense des droits de l’homme, dont le mandat du rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord.

L’Union européenne a le devoir d’exhorter la Corée du Nord à respecter les droits de l’homme. Elle doit également intervenir en toute indépendance pour venir en aide à la population de ce pays, en maintenant les programmes d’aide humanitaire et les modes de communication existant en Corée du Nord, et en accordant l’asile aux nord-coréens réfugiés sur le territoire des États membres.

La nomination d’un représentant spécial de l’Union européenne pour la Corée du Nord nous permettrait de suivre de plus près la situation des droits de l’homme dans ce pays et de mieux coordonner les actions entreprises par les États membres face à problème.

 
  

(1) Voir procès-verbal.

Dernière mise à jour: 11 octobre 2010Avis juridique