Anneli Jäätteenmäki, auteure. − (EN) Monsieur le Président, nous débattons une fois de plus de la difficile situation qui règne au Zimbabwe.
Il règne aujourd’hui dans le pays une forte inflation atteignant plusieurs centaines de millions de pour cent, et un taux de chômage qui prive de revenus plus de 90 millions d’habitants. À cela s’ajoutent de nombreuses violations des droits de l’homme.
Le Parlement se demande que faire. Nous avons répété à maintes reprises que nous n’acceptons pas les violations des droits de l’homme. Nous avons sommé les pays africains d’y remédier, mais rien n’a été fait.
Je pense qu’à l’avenir, lorsque nous accorderons une aide humanitaire aux pays africains, nous devons la conditionner au respect des droits de l’homme. Nous n’avons pas été assez stricts dans certains cas et, dans d’autres nous nous sommes contentés de dicter ce qu’il fallait faire.
Nous devrions peut-être coopérer plus étroitement avec tous les pays africains ainsi qu’avec l’Union africaine, et tenter de les amener à comprendre la situation, afin que l’Union européenne ne continue pas d’accorder de l’argent si les violations des droits de l’homme persistent.
Judith Sargentini, auteure. − (EN) Monsieur le Président, le premier alinéa de notre résolution résume tout: «vu ses nombreuses résolutions antérieures sur le Zimbabwe, dont la dernière en date du 8 juillet 2010». Nous parlions alors des violations des droits de l’homme dans les champs diamantifères du Zimbabwe, et nous parlons aujourd’hui des expulsions dans la périphérie de Harare.
Les personnes expulsées l’avaient déjà été en 2005 lors de l’opération Murambatsvina, qui, soit dit en passant, signifie «se débarrasser des ordures». Ce sont les mêmes personnes, dont on s’est débarrassé une première fois comme on le fait d’ordures, qui sont aujourd’hui expulsées. La dernière fois, il s’agissait du gouvernement de Mugabe qui luttait contre le MDC. Cette fois-ci il s’agit du gouvernement d’union nationale de la Zanu et du MDC. Je dois avouer que je suis profondément déçue de constater que ce type de violations des droits de l’homme persiste encore sous ce gouvernement d’union nationale.
Je ne crois pas que ce sera notre dernière résolution sur le Zimbabwe. Je serai encore ici la prochaine fois pour faire valoir à nouveau mes arguments.
Véronique De Keyser, auteure. − Monsieur le Président, cette urgence humanitaire se place sur un fond de dissension politique entre Mugabe et Tsvangirai, et cette dissension se cristallise autour de la demande qui a été faite à l’Union européenne de ne pas accepter les nouveaux ambassadeurs ayant été nommés unilatéralement par Mugabe. Mais cette urgence humanitaire est à relier aux élections et aux gains politiques qu’il peut y avoir à chasser des populations des lotissements dans lesquels ils séjournent.
Rappelons-nous, en juin 2005, on l’a dit, l’opération Murambatsvina, une cité qui avait connu l’intervention musclée des bulldozers de Mugabe à des fins strictement électorales et où 700 000 personnes avaient perdu leur maison. Bis repetita, aujourd’hui, 20 000 personnes, parmi les plus pauvres du Zimbabwe, logées dans les lotissements de «Hatcliffe Extension», pas très loin de Harare, sont menacées d’expulsion sous prétexte qu’elles ne peuvent pas payer les loyers exorbitants qu’on leur demande; la manœuvre est assez grosse.
Rappelons-nous aussi que la situation humanitaire et économique continue à se détériorer pour des millions de Zimbabwéens, que le taux de sida y est le quatrième au monde et que la mortalité infantile y grimpe constamment.
Il y a autant de raisons, à ce moment-là, pour cette urgence et pour un appel vigoureux à toute la communauté internationale afin que, je ne dirai pas cette pseudo-réconciliation au sein du gouvernement unitaire du Zimbabwe, mais cette réconciliation, en tout cas, ne se dissolve pas aujourd’hui dans ces préparatifs belliqueux à la veille des élections.
Marie-Christine Vergiat, auteure. − Monsieur le Président, j’aurais tendance à considérer que la situation des droits de l’homme au Zimbabwe n’est malheureusement pas une urgence au sens où nous l’entendons habituellement dans cet hémicycle.
Leur violation dans ce pays est effectivement récurrente comme en témoignent les nombreuses résolutions votées dans ce Parlement. Dans la dernière en date, cela a été dit, nous avons dénoncé l’arrestation, le 22 juillet, de M. Farai Maguwu, fondateur et directeur du Centre de recherche et de développement, coupable d’avoir dénoncé les atrocités opérées, y compris par les autorités militaires, dans les champs diamantifères.
Aujourd’hui, nous abordons la question des expulsions forcées. Cette question n’est pas nouvelle. En effet, Mme De Keyser l’a dit, une opération de ce type a été lancée par les autorités zimbabwéennes en 2005, dénommée «Murambatsvina», ce qui veut dire restaurer l’ordre. Tout un programme, n’est-ce pas? Ce qui montre bien quelle conception les autorités zimbabwéennes ont de l’ordre. 700 000 personnes avaient été alors concernées.
La communauté internationale, unanime, avait dénoncé les méthodes utilisées. Où en est-on aujourd’hui? La plupart des personnes concernées vivent toujours sous des tentes. Pire, en août dernier, des policiers armés, je dis bien des policiers, sont venus incendier les abris de quelque 250 déplacés, installés dans la périphérie d’Harare. 20 000 personnes, cela a été dit aussi, sont aujourd’hui menacées de subir le même sort au motif qu’elles n’ont pas payé leur taxe de résidence, qu’elles sont bien incapables de payer.
Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont, en effet, parmi les plus pauvres du pays. Allons-nous laisser faire sans rien dire? Allons-nous une fois encore rappeler les autorités zimbabwéennes à leurs engagements internationaux, comme l’a fait Mme Ashton, en juillet dernier, lors du récent sommet UE-Zimbabwe?
Nous savons bien que le torchon brûle entre le président Mugabe et le Premier ministre issu de l’accord politique global signé le 15 septembre 2008 et du gouvernement d’union nationale nommé le 13 février dernier.
Récemment, le président Mugabe a menacé de destituer à brève échéance le gouvernement parce qu’il avait osé le rappeler à ses obligations constitutionnelles.
Il est temps de réagir au Zimbabwe comme dans beaucoup d’autres pays à travers le monde pour cesser de dialoguer avec des dictateurs qui gardent le pouvoir par la force et la fraude, uniquement pour piller les richesses de leur pays à des fins personnelles.
Alain Cadec, auteur. − Monsieur le Président, j’essaierai de rester dans le cadre de la minute qui m’est attribuée.
Monsieur le Président, chers collègues, le Zimbabwe connaît des heures sombres. Une fois de plus, nous sommes amenés à adopter une résolution d’urgence qui concerne ce pays africain. La présente résolution condamne les violations des droits de l’homme pratiquées lors de l’opération Murambatsvina, dont nous venons de parler, lancée en 2005, qui a non seulement déplacé 700 000 personnes, mais aussi détruit leurs habitations et leurs moyens de subsistance. Parmi celles-ci, 20 000 personnes déplacées doivent vivre dans des abris de fortune dans des conditions extrêmes de pauvreté, de précarité et de promiscuité.
Nous sommes préoccupés par cette situation intolérable. Nous devons demander au gouvernement zimbabwéen dit d’union nationale – comme on l’a dit, ce n’est pas vraiment une union nationale – de leur fournir le minimum vital et de supprimer les taxes de résidence, comme celles demandées dans le quartier de Hatcliffe en périphérie d’Harare, qui peuvent s’apparenter quasiment à du racket. Cette situation doit être dénoncée à l’occasion de ce vote.
J’appelle l’Afrique du Sud, dont le rôle est essentiel en Afrique australe, et l’Union européenne à développer ensemble le dialogue avec les autorités zimbabwéennes sur les conditions sociales et économiques dans lesquelles le pays est plongé actuellement. Notre rencontre d’ailleurs la semaine prochaine avec nos collègues sud-africains sera l’occasion, je l’espère, d’évoquer cette tragédie.
Nirj Deva, auteur. − (EN) Monsieur le Président, maintes et maintes fois cette Assemblée a adopté des résolutions condamnant la tragédie du Zimbabwe. M. Mugabe n’a cessé de nous ignorer et a continué comme si nous n’existions pas et comme si nos avis ne comptaient pas.
Il y a une chose que nous pouvons faire immédiatement pour faire comprendre à M. Mugabe que nos avis comptent. Nous ne devons pas accepter les pouvoirs de Mme Margaret Muchada, qui a été nommée unilatéralement par M. Mugabe, en violation directe de la constitution zimbabwéenne, au poste d’ambassadrice zimbabwéenne auprès de l’Union européenne.
Mon collègue Geoffrey Van Orden a écrit à M. Barroso et à M. Van Rompuy à ce sujet. Si nous avons la moindre autorité, nous devons montrer à M. Mugabe, qui fait peu de cas de nous, que nous comptons bel et bien, et exiger que cette dame, son ambassadrice, rentre chez elle.
Filip Kaczmarek, au nom du groupe PPE. – (PL) Les expulsions au Zimbabwe révèlent un scandaleux mépris des droits de l’homme reconnus internationalement. Les expulsions forcées sans compensation ni logement de remplacement, sont totalement contraires au droit international. Le gouvernement du Zimbabwe enfreint ainsi ouvertement les droits civils, politiques, économiques, et sociaux garantis par la charte africaine des droits de l’homme et des peuples. La poursuite des expulsions expose de plus en plus de nouvelles personnes à la précarité et à l’état de sans-abri.
Nous appelons le gouvernement zimbabwéen à cesser ces pratiques et à arrêter les expulsions forcées. Les personnes déjà expulsées et leurs biens doivent recevoir une protection juridique, les victimes doivent recevoir compensation et réparation et, surtout, ces personnes doivent recevoir l’assurance d’obtenir un abri et d’avoir accès à la nourriture et à l’eau.
Lidia Joanna Geringer de Oedenberg, au nom du groupe S&D. – (PL) Il suffit de dresser la liste de tous les grands titres de journaux consacrés au Zimbabwe au cours des cinq dernières années pour avoir une vue d’ensemble des conditions qui règnent dans un pays dirigé depuis trois décennies par le président Robert Mugabe. Des titres comme «Zimbabwe - la police passe l’opposition à tabac» ou «Mugabe détruit l’Afrique» comptent parmi les formulations les plus mesurées, et les autorités de ce régime africain subissent constamment la pression de l’opinion publique internationale. L’extrême pauvreté et le manque d’accès aux services médicaux de base, les taux de chômage astronomiques qui atteignent 90 % et la courte espérance de vie moyenne, qui est aujourd’hui de 44 ans, sont le vrai visage du Zimbabwe.
Dans ces circonstances, il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement considère comme une priorité d’expulser 20 000 citoyens des banlieues de Harare, la capitale, les forçant à abandonner leurs maigres biens. Je joins ma voix à l’appel d’organisations internationales comme par exemple Amnesty International pour que le gouvernement zimbabwéen cesse la répression exercée à l’encontre de ses citoyens et se consacre à les aider réellement à l’école, à l’hôpital et sur le marché du travail. Le Zimbabwe, qui est un pays pauvre, ne peut se permettre de perdre du temps et de l’argent en investissant dans d’autres domaines.
Marietje Schaake, au nom du groupe ALDE. – (EN) Monsieur le Président, lors du sommet UE-Afrique qui se déroulera en Libye au mois de novembre prochain, il conviendrait d’évoquer le fait que Mugabe et ses défenseurs continuent d’être la pierre d’achoppement du processus de réconciliation et de reconstruction politique et économique au Zimbabwe. Ils pillent les ressources économiques à leur profit et n’accordent à leurs citoyens aucun des droits fondamentaux.
Environ 20 000 personnes vivant dans la périphérie de Harare sont menacées d’expulsion forcée. Le gouvernement impose des frais de renouvellement de bail allant jusqu’à 140 USD, mais dans un pays où le revenu par habitant est inférieur à 100 USD, ce montant est en fait impossible à payer et cette demande est abusive. En 2005, 70 000 personnes ont été expulsées et ces personnes vivent dans des conditions d’extrême pauvreté.
De manière générale, la situation humanitaire, politique et économique au Zimbabwe continue à se détériorer, et des millions de personnes sont constamment en proie à la famine. Le pays connaît le quatrième taux de prévalence du VIH et une forte mortalité infantile. Les gens n’ont guère de chances de grandir en bonne santé et dans la prospérité, et s’ils y parviennent, ils sont privés des libertés aussi fondamentales que la liberté d’expression.
Le Zimbabwe se classe à la 123e place en matière de liberté de la presse. Le retour de quotidiens indépendants est un progrès pour l’accès public à l’information mais la situation reste très fragile. Je souhaite attirer l’attention en particulier sur la situation des personnes LGBTI au Zimbabwe. Les Zimbabwéens doivent avoir un accès illimité aux aides accordées et à l’assistance humanitaire, afin que les efforts déployés par le Zimbabwe pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement puissent progresser. C’est indispensable.
Timo Soini, au nom du groupe EFD. – (FI) Monsieur le Président, la situation désastreuse au Zimbabwe, la dictature qui règne depuis plus de 30 ans, est une honte pour la communauté internationale et pour le Zimbabwe même.
Une telle dictature, qui opprime sa population, est totalement inacceptable. Les acolytes de Mugabe s’empiffrent, vivent dans le luxe et roulent sur l’or, alors que d’autres vivent dans les rues ou dans des taudis d’où on les expulse maintenant.
Il faut mettre une limite à ce que la communauté internationale et l’Union européenne peuvent tolérer. Cette situation est absolument honteuse et la communauté internationale doit soutenir le boycott complet du pays. Il ne faut plus lui accorder d’argent. Il est temps de chasser une bonne fois pour toutes ce dictateur qui opprime son peuple. Chaque jour gagné par ces criminels pour rester au pouvoir est le résultat de notre impuissance et de l’impuissance de la communauté internationale à contrôler cet oppresseur.
Pour couronner le tout, il persécute systématiquement diverses minorités: minorités raciales, minorités sexuelles, et toutes les autres minorités dans leur propre pays. C’est tout simplement intolérable et je suis entièrement favorable à l’éviction de ce dictateur. Nous devons par conséquent mettre en pratique l’attitude très stricte que l’UE a raison de vouloir adopter.
Cristian Dan Preda (PPE). – (RO) En écho à ce qui a été dit jusqu’à présent par mes collègues députés, je rappelle que nous sommes face à une situation très difficile puisque les 20 000 habitants de Hatcliffe Extension sont menacés d’expulsion. Comme vous le savez, ils font partie de la fraction la plus vulnérable de la population du Zimbabwe, un pays qui, en plus de la situation économique catastrophique dans laquelle il se trouve, connaît des problèmes politiques majeurs.
Depuis sa création en février 2009, le gouvernement d’union nationale du Zimbabwe a très peu fait pour améliorer la situation de ses habitants, en particulier de ceux qui ont été expulsés en 2005. Notre réponse, ou notre réaction, à cette situation est, je crois, très claire. Le gouvernement du Zimbabwe doit prendre des mesures pour respecter ses obligations internationales. Cela implique de cesser et/ou de prévenir les expulsions forcées. Par ailleurs, nous souhaitons tous voir le retour de la démocratie au Zimbabwe. Or, ce à quoi nous assistons actuellement ne peut en être plus éloigné.
Corina Creţu (S&D). – (RO) Comme cela a déjà été dit au sein de cette Assemblée, le Zimbabwe est l’un des pays où, selon le rapport de l’institut international de recherche sur les politiques alimentaires publié la semaine dernière, la faim atteint des proportions catastrophiques. Le taux de sous-alimentation parmi la population, le nombre élevé d’enfants en sous-poids, et le taux de mortalité infantile sont trois indicateurs qui soulignent tragiquement une situation de pénurie alimentaire chronique touchant des millions de personnes.
Au même moment, des centaines de milliers de personnes, parmi les plus pauvres du Zimbabwe, sont expulsées de leur logement dans le cadre d’une opération d’expulsion barbare dont le nom brutal se traduit par «éliminons les ordures». Ces personnes ont perdu leurs maisons, mais aussi leurs emplois, ce qui porte à 90 % le taux de chômage qui touche la population du pays. Tout cela se passe alors que le dictateur Mugabe a déclaré que son peuple était extrêmement heureux. Telle est l’opinion cynique exprimée par l’homme qui restera dans l’histoire comme le créateur de la dictature de longue durée la plus cruelle au monde.
Il me paraît absolument impératif d’exiger du régime zimbabwéen de cesser de toute urgence les expulsions forcées, de mettre un terme aux violations des droits de l’homme et aux persécutions des militants de la société civile, et de s’abstenir de commettre des actes de violence, qui se multiplient à une vitesse inquiétante.
Jaroslav Paška (EFD). - (SK) Le Zimbabwe est un pays dont les puissants dirigeants éprouvent depuis longtemps du mépris pour leur peuple et le font clairement savoir.
Nous pouvons, bien entendu, protester en arguant qu’on ne peut traiter des gens sans défense comme du bétail, que ces personnes ne peuvent être chassées de chez elles sans rime ni raison, ni privées d’aide. Mais les expulsions forcées des pauvres à Harare ne sont qu’un infime exemple de la mainmise de Robert Mugabe et de ses complices qui sont assis sur les richesses minérales de leur pays comme des grenouilles sur une source, qui exploitent ses ressources et s’enrichissent en laissant leurs concitoyens mourir de faim. Il me paraît naïf de croire que nous pouvons changer quelque chose par la persuasion et par nos critiques. Nos mesures doivent être plus énergiques; les gens comme Mugabe ne réagissent qu’aux conséquences financières ou à la force brutale. Nous disposons, me semble-t-il, de mesures financières. Il nous faut reconsidérer la dispensation d’aide financière et matérielle aux régimes qui agissent comme le régime de Mugabe, et tout simplement chercher d’autres voies, dont des sanctions, qui pourraient forcer ces dictateurs à respecter les droits fondamentaux de l’homme, je dis bien fondamentaux.
Eija-Riitta Korhola (PPE). – (FI) Monsieur le Président, il n’est pas étonnant que nos collègues soient si exaspérés par Mugabe. Il a fait de son pays, le grenier fertile de l’Afrique, un collecteur permanent de mauvaises nouvelles.
Le logement de remplacement fourni par le gouvernement s’est révélé totalement inadapté et a entraîné une aggravation de conditions de vie qui étaient déjà bien misérables. Une des raisons officielles invoquées par les autorités pour l’opération dans son ensemble était la tentative d’endiguer la propagation de maladies, mais l’absence de traitements disponibles après les expulsions jette le doute sur les motivations de ce gouvernement.
Tout le monde connaît la situation au Zimbabwe. La corruption du gouvernement et le désordre généralisé dans l’économie comme dans la société mènent de manière générale à une situation où les fondements de l’existence font tout simplement défaut. Nous devons par conséquent exiger du Zimbabwe qu’il donne une indication claire de sa capacité et de sa volonté de sauvegarder le niveau de vie de ses ressortissants.
Même lorsqu’il y a de bonnes raisons pour expulser de grandes quantités de personnes en vue de réaliser de grands projets, il est indispensable de commencer par penser au bien-être des populations déplacées. C’est quelque chose que le Zimbabwe a incontestablement négligé, que les raisons invoquées soient acceptables ou pas.
Monica Luisa Macovei (PPE). - (EN) Monsieur le Président, la situation actuelle au Zimbabwe est désastreuse et inacceptable. Près de 700 personnes ont été victimes d’expulsions forcées réalisées lors de l’opération Murambatsvina en 2005. Aujourd’hui, ce sont 20 000 citoyens qui sont menacés d’être expulsés par la force de Hatcliffe Extension près de Harare.
Le gouvernement a imposé des frais prohibitifs de renouvellement de bail aux personnes expulsées et n’a pas consulté ni informé les citoyens des nouvelles réglementations. L’opération Garikai qui devait aider les victimes des expulsions de 2005 ne fait que répéter les mêmes violations des droits de l’homme.
J’insiste moi aussi pour que le Zimbabwe cesse ces expulsions dans la région de Harare. J’exhorte le gouvernement du Zimbabwe à modifier immédiatement l’opération Garikai afin de satisfaire à toutes les obligations découlant du droit international et des droits de l’homme.
Je demande à la Commission d’aborder cette question de toute urgence avec le gouvernement du Zimbabwe.
Charles Tannock (ECR). - (EN) Monsieur le Président, je n’avais pas l’intention d’intervenir, mais mon collègue Geoffrey Van Orden ne peut malheureusement pas être parmi nous cette semaine. Il est connu pour critiquer depuis bien longtemps le régime odieux et brutal du président Robert Mugabe. Je pense que nous ne verrons malheureusement la fin de la dictature de la Zanu-PF que lorsque Mugabe sera mis en bière.
Il y a quelques années, lorsque Morgan Tsvangirai est devenu Premier ministre après une négociation de partage des pouvoirs, j’ai eu l’espoir d’une possibilité de réconciliation et de paix, d’une transition vers une démocratie véritable, mais il semble que Mugabe a été en mesure de resserrer sa poigne et de revenir au type de comportement qui lui vaut une triste réputation aujourd’hui - à savoir la violence, les expulsions et la répression. Ce sont, au final, les Zimbabwéens pauvres qui souffrent dans cette économie quasiment à genoux. S’il n’y avait pas l’aide vitale accordée au Zimbabwe par certains gouvernements, comme par exemple la République populaire de Chine, qui octroient des subventions, ou encore l’argent de la Libye et d’autres pays, il ne survivrait pas.
Je dois avouer que j’ai récemment été déçu par la visite du président Zuma au sein de ce Parlement. Il est venu ici demander à l’Union européenne de lever les sanctions imposées au Zimbabwe en raison de l’afflux de réfugiés en Afrique du Sud. Je crains que nous devions dire à M. Zuma que ce n’est pas possible. Nous devons émettre un signal fort et condamner la façon dont Mugabe traite son propre peuple. Je voudrais appuyer les commentaires de mon collègue Nirj Deva, devant moi, qui a dit que nous pourrions en effet faire un geste en refusant l’accréditation de l’ambassadrice du Zimbabwe récemment nommée auprès de l’Union européenne.
Máire Geoghegan-Quinn, membre de la Commission. – (GA) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je remercie infiniment les députés qui ont participé à ce débat.
(EN) L’Union européenne suit cette affaire de très près, à la suite notamment de l’opération de «nettoyage» de 2005 qui a eu des conséquences désastreuses sur les conditions de vie de 700 000 Zimbabwéens.
En 2005, l’Office d’aide humanitaire de l’UE, ECHO, a fourni 3,25 millions d’euros pour soutenir la sécurité alimentaire, les activités agricoles, et la distribution de rations alimentaires aux personnes vulnérables.
La situation actuelle n’est pas une répétition des événements qui se sont produits au Zimbabwe en 2005. La Commission prend note de la résolution du Parlement et de ses recommandations. Nous n’avons pas reçu à ce jour d’indication claire de la part de nos partenaires confirmant une répétition des événements de 2005.
Nous suivons la situation de près grâce à notre bureau de délégation de l’UE et grâce à notre bureau ECHO local. Nous entretenons des contacts permanents avec l’Office des migrations internationales et les organisations locales de défense des droits de l’homme concernées par ce problème.
Cette fois-ci, un avis de renouvellement de bail valable pendant cinq ans a été envoyé à la population. Les locataires incapables de rassembler les fonds nécessaires ont été priés de soumettre leurs dossiers au ministère du gouvernement local et ont reçu le soutien d’une ONG locale travaillant avec des sans-abri.
Grâce au soutien d’une ONG locale active dans le domaine des droits de l’homme, à savoir Avocats du Zimbabwe pour les droits de l’homme, leurs cas seront entendus par le tribunal cette semaine.
L’UE soutient déjà le travail de cette ONG active dans le domaine des droits de l’homme, qui représente les intérêts des plus pauvres, incapables de payer les sommes exigées et donc susceptibles de perdre leur terrain.
Je peux toutefois vous assurer que l’UE continuera de suivre de près la situation et de mobiliser des aides si et lorsque nécessaire.